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2015, Année européenne du développement

Après un « sabbat » de douze mois sans objectif spécifiquement consacré pour 2014, sinon la poursuite des actions entreprises en 2013 au titre de l’Année européenne des citoyens, 2015 renoue avec la tradition des « Années européennes » ad hoc.  Par une décision conjointe du Parlement européen et du Conseil, prise sur proposition de la Commission, ce millésime a en effet été proclamé « Année européenne du développement » afin de mettre en évidence la coopération de l’UE avec les pays en développement.

De fait, le calendrier n’a pas été exploité comme un jeu de hasard. L’année 2015 marque en effet une étape à l’échelle mondiale en tant qu’année-charnière de la mise en œuvre des « Objectifs du Millénaire pour le Développement » (OMD) adoptés par les Nations unies en 2000 avec la « Déclaration du Millénaire » de l’ONU.  Les OMD recouvrent d’importants enjeux humanitaires, tels que la réduction de l’extrême pauvreté, la lutte contre la mortalité infantile et les grandes épidémies, l’accès à l’éducation, la disponibilité de l’eau potable, l’égalité des sexes ou le développement durable. L’UE a contribué à leur réalisation à la fois sur le plan qualitatif en s’en inspirant pour ses propres initiatives et sur le plan quantitatif en y consacrant, en plus du financement de ses engagements classiques en matière d’aide (projets et programmes de développement, action  humanitaire), une enveloppe budgétaire spécifique d’un milliard d’euros. Au-delà des progrès déjà accomplis  et consciente des efforts restant encore à entreprendre sur cette voie en considération de résultats parfois mitigés, elle entend rester attentive, aux dires de ses responsables, à la définition d’un nouveau cadre à l’échelle des Nations unies  pour l’après-2015. Les négociations en cours à ce niveau visent à maintenir le cap sur le terrain de l’éradication de la pauvreté ainsi que de l’amélioration de la santé et de l’éducation mais aussi à mettre davantage l’accent sur des préoccupations écologiques (développement urbain durable, lutte contre les changements climatiques, protection des océans et des forêts).

De telles perspectives ne sauraient cependant faire oublier que la politique européenne en matière de coopération au développement plonge ses racines dans la genèse-même de l’histoire de l’UE. A partir de dispositions embryonnaires incluses en dernière minute dans le Traité de Rome et suivies bien plus tard d’une consécration décisive dans le cadre du Traité de Maastricht, c’est, concrètement, d’une expérience de plus de cinquante-cinq ans que ses promoteurs et ses artisans successifs peuvent se prévaloir. Des acteurs qui ne se cantonnent pas uniquement aux bureaux bruxellois mais qui, à la faveur d’une organisation décentralisée, coopèrent étroitement avec les autorités et les populations locales ainsi que la société civile européenne.

Concrètement, ses promoteurs ont choisi d’articuler le déroulement de l’Année européenne du développement autour de 12 thèmes mensuels : « L’Europe dans le monde » en janvier ; « Education » en février ;  « Femmes et filles » en mars ;  « Santé » en avril ; « Paix et sécurité en mai » ; « Croissance verte durable, emploi et commerce décents » en juin ; « Enfants et jeunes » en juillet ; « Aide humanitaire en août » ; « Démographie et migrations » en septembre ; « Sécurité alimentaire » en octobre, « Développement durable et action climatique » en en novembre ; « Droits de l’homme et gouvernance » en décembre.

Nous souhaitons donc profiter de l’occasion offerte par l’Année européenne du développement pour consacrer épisodiquement quelques réflexions à cette dimension de l’action européenne. Elles semblent d’autant plus opportunes qu’un sondage révèle le peu de connaissances que les citoyens ont de cette politique, à laquelle ils se déclarent pourtant globalement favorables. Nous évoquerons, notamment, ses étapes marquantes, ses instruments, le contenu des politiques poursuivies, voire les problématiques qui en découlent, telles que celle, emblématique, de la cohérence de telles politiques aussi bien entre l’UE et ses Etats membres qu’entre la coopération au développement et d’autres politiques communautaires (agriculture, pêche, commerce, immigration, environnement, etc.).  En retour, nous accueillerons avec intérêt tous les commentaires que cette thématique aux multiples facettes pourra  inspirer aux témoins de cette « épopée » solidaire et, plus généralement, aux familiers de SLE, voire aux lecteurs occasionnels.  Il semble en effet que la matière constitue une riche opportunité pour un partage des connaissances et des expériences… sans négliger l’expression de points de vue sinon diamétralement opposés, du moins quelque peu nuancés.  Ainsi, par une association d’idées liée à l’une des composantes du « huitième art », d’aucuns pourraient être tentés de paraphraser Prévert évoquant le verbe « photographier » : c’est parfois à l’imparfait de l’objectif que se conjugue le verbe « développer ». D’autres préféreront transposer à ce volet singulier de l’action extérieure de l’UE le fameux paradoxe formulé par Mark Twain : « ils ne savaient pas que c’était impossible. Alors, ils l’ont fait ».

 

Gerard Vernier

 

 

 

Gérard Vernier et Sulena

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • lechinois3000

    Comme d’habitude clair net et précis . Nous avions une bonne politique de développement , l’attirance des USA , nous a fait copier des politiques lamentables comme celle que le FMI et la Banque Mondiale

    « le Fonds monétaire international (FMI) impose des politiques d’ajustement structurel (coupes drastiques dans les dépenses sociales, privatisations, « flexibilisation » du marché du travail, etc.) à la grande majorité des pays dits en développement (PED).
    L’objectif principal affiché est d’assainir les finances publiques afin de repartir sur de « bonnes bases ».
    Les résultats ont été dramatiques. La pauvreté, l’exclusion sociale et les inégalités ont explosé, tandis que le problème de la dette s’est aggravé. La dette des PED a été multipliée par quatre entre 1982 et 2012 et le service de la dette, siphonnant parfois jusqu’à 50% des recettes budgétaires, a empêché la plupart des PED de réaliser des investissements socialement utiles et écologiquement responsables.
    Pour déterminer l’orientation à adopter face à la crise sans précédent dans laquelle les peuples d’Europe sont plongés, il apparaît donc très utile de se pencher attentivement sur ce qui s’est passé dans les pays du sud.
    Voir article de :
    Olivier Bonfond, CEPAG, mai 2014 http://www.cepag.be/publications/no

    Je me souviens de l’arrogance des « élites » de la Banque Mondiale et du FMI au Zaïre et au Congo . Ils arrivaient avec des plans organisés et écrits depuis Washington et les Ministres de ces pays ne pouvaient que signer, sans même pouvoir y changer une virgule.
    La Commission suivait !!! en y perdant son âme ,ses valeurs et sa politique.

    • gerard vernier

      Ce commentaire exprimé par un homme de terrain que je crois reconnaître s’inscrit tout à fait dans le débat souhaité par SLE.
      La seule nuance que j’apporterai en ce qui concerne le « suivisme » imputé à la Commission a trait au fait qu’elle s’était donné pour objectif de tenter de contrebalancer les « gros sabots » chaussés par le FMI et la Banque mondiale en matière d’ajustement structurel par l’insertion d’une dimension sociale dans les politiques ainsi imposées. Mais l’enfer reste souvent pavé de bonnes intentions…

  • bonjour je propose pour les salaires une égalité lorsque il y a une augmentation de la faire à égalité c’est a dire nous faisons le total qui coûte a l’entreprise et le diviser par le nombre de salariés ce qui fait qu’il n’y a pas de différence comme c’est avec le pourcentage et le P.D.G. a la même somme que le plus petit salaire LELOT

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