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Après l’attentat de Cologne : l’Allemagne, les réfugiés, l’Europe et nous

Le 16 octobre Henriette REKER, candidate au poste de maire de Cologne était victime d’un attentat de l’Extrême-droite, deux jours avant l’élection. Elle a appris son élection depuis en sortant de son coma artificiel et écrit une lettre ouverte aux habitants disant qu’elle ne se laisserait pas intimider et qu’elle assumerait son mandat. Elle a été agressée parce qu’elle était l’adjointe au maire sortant (SPD), en charge des affaires sociales, de l’environnement et (surtout) de l’intégration.

Bien que non affiliée à un parti politique, elle avait été déjà proposée par les Verts (Grünen) pour ce poste d’adjoint, dans le cadre d’une alliance avec le SPD. NB : en Allemagne il y a en général deux élections locales séparées et à des moments différents, une pour le Conseil municipal (instance délibérative) et une pour le maire (exécutif) ; ce dernier n’est pas élu par le conseil municipal comme en France.

Henriette REKER, se présentait en concurrence avec un nouveau candidat du SDP, Jochen OTT, le maire sortant ne se représentant pas. Elle avait toujours le soutien des Grünen mais aussi de la CDU, des libéraux du FDP et des « Electeurs libre »; pour Les Verts c’est un choix de personnalité et une façon d’agir pour un rééquilibrage du pouvoir. Elle a été donc élue avec 52, 7% des voix contre 32% à OTT. Le candidat de l’AFD demeure sous les 5% ; un candidat humoriste, du type Beppe Grillo, obtient quand même 7,2%. La participation électorale a été seulement de 42,3%, plus faible dans les quartiers populaires, comme en France ; l’attentat n’a pas suscité plus de participation, on ne peut que le déplorer ; il est vrai que REKER était déjà donnée gagnante avant l’attentat.

Comme citoyen européen je peux voter à une élection locale et j’ai suivi les consignes des Verts, et surtout parce que j’ai eu l’occasion de croiser H REKER à une réunion de notre quartier de PESCH en février dernier, où elle venait soutenir la création par la Ville de logements d’accueil pour les réfugiés. J’ai été convaincu par son engagement, sa compétence et sa pédagogie vis-à-vis d’habitants inquiets par exemple de l’impact sur l’école. Elle était soutenue par une « initiative citoyenne » d’habitants d’ici en faveur de ce projet et par des associations antiracistes, caritatives ou d’églises.

Comment évolue la situation à Cologne et en Allemagne avec la montée du débat sur l’accueil des réfugiés ? Matériellement débordée par l’arrivée en flux continu de réfugiés venus de Bavière par trains spéciaux ou vols, la Ville de Cologne vient demander officieusement une pause de deux semaines pour pouvoir mieux organiser l’accueil. En effet à ce jour 9000 personnes ont été accueillies depuis début 2015 et la Ville est dépassée par les problèmes logistiques, lits, toilettes, containers, transport de nourritures … Heureusement les bénévoles sont nombreux à côté des agents publics, les dons des particuliers affluent et des entreprises apportent leurs appuis. Des postes de travailleur social (un pour 80 réfugiés) sont créés. Tout cela demanderait du temps, mais la pression de l’immédiat ne le permet pas, des constructions en dur assez bien équipées, on est passé à des accueils plus provisoires dans des halls, grandes tentes , containers etc.

Les communes sont en première ligne et toutes sont sollicitées, exemple : le bulletin municipal de Schömberg, petite ville de 3500hb du Juras Souabe (Bade Wurtemberg), où nous avons une maison de famille qui publie une annonce de recherche de logements. Les communes ont recours aux aides financières des Länder et de l’Etat fédéral. Le ministre SPD des finances du land de Nordrhein – Westfalen, le plus grand d’Allemagne, vient d’annoncer son projet de budget 2016 : sachant que 200 000 demandeurs d’asile auront été accueillis en 2015, il est prévu 3,7 milliards d’euros de dépenses totale pour les réfugiés (aide sociale, logement, soins, nourriture, services publics) dont 2 milliards iront directement aux communes. 2400 emplois publics supplémentaires y seront créés, en majorité dans les écoles où 40 000 enfants de réfugiés sont attendus. Le land prévoit en conséquence un endettement de 1,8 milliard, tout en protestant contre l’Etat fédéral qui ne prendrait en charge qu’un cinquième des surcoûts. Pour mémoire rappelons que le budget total de la région Ile-de-France pour 2015 est de 5 milliard d’euros.

Au niveau fédéral, l’euphorie « wilkommen in Deutschand » des mois derniers a été suivi d’un retour aux problèmes concrets à surmonter ; des sondages montrent les doutes de la population vis-à-vis de la maîtrise de la situation. La tension au sein de la coalition au pouvoir se fait publique ; on pouvait un peu le prévoir car l’engagement humaniste et résolu d’Angela Merkel pour l’accueil des réfugiés a pris de court des conservateurs, par exemple le leader de la CSU bavaroise, le premier à s’opposer ouvertement à la chancelière ; il est vrai que la Bavière est en première ligne pour l’accueil des réfugiés et que l’Autriche voisine s’empresse de les amener directement par bus à la frontière … Le ministre de l’intérieur De Maizière insiste pour des camps de rétention aux frontières et s’oppose au regroupement familial. Angela Merkel parait en minorité au sein de  la direction de la CDU et est soutenue bien plus par la gauche et les Verts… Pendant ce temps les réfugiés continuent de préférer l’Allemagne et leur arrivée en masse se poursuit, non entravée comme hélas dans la plupart des autres pays européens …

On a beaucoup parlé de Pediga, mouvement anti-islam reflet d’une opposition plus importante à l’accueil de migrants dans les ex Länder de l’est : les excès de leurs manifestations les disqualifient, si cela était encore nécessaire. Leur dernière trouvaille était de manifester le 9 novembre, jour d’anniversaire de la Nuit de Cristal de 1938 où les nazis ont lancé leur grande attaque contre les synagogues et les magasins juifs ! Heureusement, en dehors de Dresde, ils sont incapables de rassembler un nombre significatif de personnes. Par contre l’AFD, parti anti-européen qui avoisine les 5% aux élections, les rejoint de temps à autre alors qu’il s’était initialement créé sur une seule base économique et un retour au mark.

On voit bien que l’Allemagne, comme la Suède, qui ont donné l’exemple aux autres européens sans malheureusement être suivis, ne peuvent pas porter seuls ou presque la crise des réfugiés. Angela Merkel vise juste quand elle dit que les valeurs de l’Europe sont particulièrement mises à l’épreuve par cette crise. De belles paroles venus d’ailleurs ne suffisent pas (je pointe ma longue-vue de l’autre côté du Rhin vers l’hexagone), les mauvais actes sont une trahison de l’Europe (Cf. ORBAN et compagnie). La crise des réfugiés, comme la lutte contre les populismes et l’extrême droite, sont des combats à mener au niveau européen. A nous d’agir, citoyens européens, c’est urgent ; à nous de manifester notre volonté de voir appliquer au moins chez nous les droits humains à la dignité, soyons bénévoles si nous le pouvons et faisons pression sur ces gouvernements aveugles qui campent sur leurs petits égoïsmes nationaux et mettent en péril le fragile édifice européen.

 

Guy Morvan

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • jlcatalan

    L’Allemagne et la Suède ont sauvé l’honneur de l’Europe.
    L’Allemagne et la Suède réduisent l’accueil des réfugiés, débordés par le flot continu.

    Tout le problème tient en ces deux phrases.

    L’UE crée des « hotspots » en Grèce et Italie, c’est à dire encourage les réfugiés à venir dans ces pays, au prix des passeurs, au prix de leur mort.
    L’UE promet 3 m€ à la Turquie pour garder les réfugiés.

    Tout le problème tient en cette politique erratique qui fait semblant de voir la réalité.

  • C’est très joli, tous ces appels aux nobles sentiments, à la solidarité, à la responsabilité, à l’ouverture, mais…
    Il faudrait peut-être penser au rôle trouble de « l’Union » €uropéenne en Ukraine, aux sanctions à la Russie, au soutien à la Turquie, alors même que son rôle dans le conflit syrien est des plus douteux et à ses appels du pied pour l’intégrer dans cette « union ».
    Sans compter les rôles et influences pour le moins douteux de l’Arabie Saoudite et du Qatar qui, si je ne me trompe pas, pourtant pays arabes, n’ont pas accueilli un seul réfugié et ne sont pas restés inactifs concernant les soutiens aux terroristes.
    Sans compter non plus le rôle de notre grand allié, qui, après une intervention calamiteuse et scandaleuse en Irak, puis en Libye, se trouve en Syrie, là encore, à la manœuvre…
    Au-delà de ça, je m’arrête sur cette phrase de conclusion :
    « Faisons pression sur ces gouvernements aveugles qui campent sur leurs petits égoïsmes nationaux et mettent en péril le fragile édifice européen »
    Cet édifice européen, toujours en construction après 50 ans, serait encore fragile ?
    Gouvernements aveugles qui campent… Alors, c’est une « Union » ou non ?
    Petits égoïsmes nationaux : pourquoi, dès qu’on évoque le niveau national faut-il aussitôt l’affubler de qualificatifs méprisants ?
    C’est d’ailleurs le jargon même de la propagande incessante et intensive pour l’euro-atlantisme de l’ensemble des médias de grande diffusion…
    Pour finir, à vouloir dissoudre les « petits égoïsmes nationaux » au sein d’un grand ensemble indifférencié, au lieu de mettre en commun nos idéaux et nos richesses, nous finirons par mettre en commun notre mercantilisme et nos pauvretés.
    C’est finalement à ce constat qu’on aboutit lorsqu’on fait le triste bilan de 50 ans « d’Union » €uropéenne, toujours aux cris « d’une autre Europe » !
    http://www.upr.fr/?p=7320

    • Sauvons l’Europe

      Bonjour,

      C’est une Union pour certains bouts, pas pour d’autres, en construction dans plein d’endroits. Non pas que les ingénieurs du chantier soient très mauvais, mais simplement que les copropriétaires de la maison Europe ne sont pas d’accord entre eux sur tout et qu’en 50 ans, ils ont eu le temps de beaucoup changer d’opinions.

      Le problème central est que pour l’instant, les gouvernements nationaux ont réussi à s’opposer à toute construction d’une démocratisation du pouvoir européen.

      Par ailleurs, je ne comprends pas bien votre référence à un ensemble indifférencié? La France est un des états les plus centralisés, trouvez-vous que nous y sommes indifférenciés d’une région à l’autre? Pourquoi voulez vous qu’une Europe fédérale écrase tout ?

      • Bonjour,
        J’ai pris le temps de la réflexion pour répondre à votre question, qui, je l’avoue, m’a donné à réfléchir.
        En effet, la différence entre un niveau national dans lequel les différentes « régions » du pays conservent leurs spécificités, leur personnalité et l’UE avec des « eurorégions » qui nous entraîne vers une indifférenciation, ne saute pas aux yeux…
        Selon moi, le peuple français se reconnaît dans un pays bien défini, dont le gouvernement en principe démocratique œuvre pour son bien.
        Quand je dis « bien défini », je l’entends avec :
        – sa monnaie, disparue,
        – ses frontières, disparues,
        – son drapeau, occulté par le fond bleu aux 12 étoiles d’or, alors que le seul drapeau reconnu légalement dans notre pays est le tricolore,
        – son hymne, qualifié de facho et « toléré » uniquement dans les stades de foot ou au moment de la remise d’un trophée,
        – sa langue, mondiale, la langue de la diplomatie, mais poussée à s’effacer devant l’anglo-américain, promu dans les institutions européennes, dans nos écoles en France (merci Mme Fioraso), dans les publicités, dans l’omniprésence des films et séries américaines ou anglophones à la télévision et dans la promotion invraisemblable faite à nos « langues régionales », considérées maintenant comme faisant partie du patrimoine et appelées à se développer, alors que notre constitution dispose que la seule langue de notre pays est le français,
        – sa gastronomie, qui s’exporte,
        – ses vins, copiés dans le monde entier, avec des « guides » d’origine américaine,
        – sa haute couture, sa parfumerie, etc, etc,

        « L’Union » €uropéenne, quant à elle, dispose dans ses traités que l’Europe est « un marché où la concurrence est libre et non faussée« .
        Où le fonctionnement des institutions (décidé par qui, au juste ?) est défini pour que les populations n’aient pas voix au chapitre, puisque certains commissaires se permettent même de parler de « dictature éclairée ». (Junker, par ex. : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens« )
        Les décisions de l’UE découlent des traités, qui se désintéresse d’œuvrer pour le bien des populations, puisque leur seule objectif, c’est de favoriser le business.
        La BCE, par ex. n’a de compte à rendre à personne et n’a qu’une seule mission « lutter contre l’inflation », même au prix d’un flirt permanent avec la récession, d’un appauvrissement généralisé et d’un chômage endémique.
        Enfin, il n’y a pas d’unité du peuple européen. Les Grecs ne se reconnaissent pas d’affinité avec les Allemands, par ex. Les Français avec les Lettons.
        Ce qui n’empêche pas que l’UE traite toutes les populations européennes de façon indifférenciée. Tous les pays sont soumis aux mêmes règles : déréguler, déréglementer, ouvrir les frontières, économiser sur tout, démanteler les services publics, réduire les aides, les retraites, les remboursements de santé, les budgets de l’éducation, etc.
        Et comme n’importe quel « citoyen européen » peut aller et venir dans n’importe quel pays membre, nous finirons pas avoir un « mélange » de population uniforme dans toute l’Europe, alors que, dans le même temps, ces « citoyens européens » peuvent être « détachés » pour travailler dans un pays aux conditions de leur pays d’origine. Une autre façon d’obliger le « brassage » des populations.
        Et surtout, il n’y a pas « d’union ». Cette « union » est un mythe.
        La seule union qui vaille, c’est celle des lobbies de multinationales pour faire valoir leurs intérêts et obtenir des modifications de législation pour les avantager.

      • Bonjour,
        J’ai pris le temps de la réflexion pour répondre à votre question, qui, je l’avoue, m’a donné à réfléchir…
        En effet, la différence entre un niveau national dans lequel les différentes « régions » du pays conservent leurs spécificités, leur personnalité et l’UE avec des « eurorégions » qui nous entraîne vers une indifférenciation, ne saute pas aux yeux…
        Selon moi, le peuple français se reconnaît dans un pays bien défini, dont le gouvernement, en principe démocratique, œuvre en principe pour son bien.
        Quand je dis « bien défini », je l’entends avec :
        – sa monnaie, disparue,
        – ses frontières, disparues,
        – son drapeau, occulté par le fond bleu aux 12 étoiles d’or, alors que le seul drapeau reconnu légalement dans notre pays est le tricolore, mais qui a connu récemment une tentative de réhabilitation (ou de récupération) par le gouvernement,
        – son hymne, qualifié de facho et « toléré » uniquement dans les stades de foot ou au moment de la remise d’un trophée,
        – sa langue, mondiale, la langue de la diplomatie, mais poussée à s’effacer devant l’anglo-américain, promu dans les institutions européennes, dans nos écoles en France (merci Mme Fioraso), dans de nombreuses publicités, dans l’omniprésence des films et séries américaines ou anglophones à la télévision et dans la promotion invraisemblable faite à nos « langues régionales », considérées maintenant comme faisant partie du patrimoine et appelées à se développer, alors que notre constitution dispose que la seule langue de notre pays est le français,
        – sa gastronomie, qui s’exporte,
        – ses vins, copiés dans le monde entier,
        – sa haute couture, sa parfumerie, etc, etc,

        « L’Union » €uropéenne, quant à elle, dispose dans ses traités que l’Europe est « un marché où la concurrence est libre et non faussée« …
        Où le fonctionnement des institutions (décidé par qui, au juste ?) est défini pour que les populations n’aient pas voix au chapitre, puisque certains commissaires se permettent même de parler de « dictature éclairée ». (Junker, par ex. : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens« )
        Les décisions de l’UE découlent des traités, qui se désintéressent du bien des populations, puisque leur seul objectif, c’est de favoriser le business.
        La BCE, par ex. n’a de compte à rendre à personne et n’a qu’une seule mission « la lutte contre l’inflation », même au prix d’un flirt permanent avec la récession, d’un appauvrissement généralisé et d’un chômage endémique.
        Enfin, il n’y a pas d’unité du peuple européen. Les Grecs ne se reconnaissent pas d’affinité avec les Allemands, par plus, par ex. que les Français avec les Lettons.
        Ce qui n’empêche pas que l’UE traite toutes les populations européennes de façon indifférenciée. Tous les pays sont soumis aux mêmes règles : déréguler, déréglementer, ouvrir les frontières, économises tous azimuts, démantèlement des services publics, réduction des aides, des retraites, des remboursements de santé, des budgets de l’éducation, etc.
        Et comme n’importe quel « citoyen européen » peut aller et venir dans n’importe quel pays membre, nous finirons pas avoir un « mélange » de population uniforme (ou informe) dans toute l’Europe, alors que, dans le même temps, ces « citoyens européens » peuvent être « détachés » pour travailler dans un pays aux conditions de leur pays d’origine. Une autre façon d’obliger le « brassage » des populations…
        Et surtout, il n’y a pas « d’union ». Cette « union » est un mythe ou un idéal qui a été dévoyé.
        La seule union qui vaille, c’est celle des lobbies des multinationales pour faire valoir leurs intérêts et obtenir des modifications de législation pour faciliter leur business.

  • DESBRIERES

    L’Allemagne et la Suède ont sauvé l’honneur de l’UE.
    Moi j’ai honte de la France.
    Des logements sociaux sont vides dans les villes petites et moyennes ( cf aticle de Isabelle Rey-Lefebvre dans Le Monde du 30 juillet 2015)…

    Qu’est-ce qu’on attend ?
    Il y en a marre de donner un poids surestimé aux électeurs du FN et d’essayer de flatter ses électeurs comme le fond et les Républicains et le PS.
    Il y a plus d’électeurs près à accueillir. Il y a plus d’électeurs engagés dans et pour les associations caritatives. Il serait temps de tenir compte aussi de la volonté de ces électeurs.

  • Salvatore Annunziata

    Je partage au 110% l’analyse et la conclusion de l’intervention de Madame Morvan.
    Encore une foi on peut bien constater que nous avons besoin d’une Europe Fédérale. Je suis persuadé qu’il est temps de mettre carte sur table et interpeller directement les habitants des l’UE afin de savoir s’ils veulent ou pas une Fédération européenne ou si le refrain que nous entendons depuis des moins, selon lequel les européens ne veulent pas de plus d’Europe, il est vrai ou pas.
    Sauvons l’Europe pourrait être à la tête d’une pareille initiative ?

    Salvatore

  • Mialane

    Veuillez cesser de m’envoyer ce blog qui encombre ma boîte. Concernant le problème que vous abordez ici, je vous rappelle que le Liban (5 millions d’habitants, 10 000
    km2, régulièrement ravagé par des guerres et frappé par des attentats) accueille 1,5 million de réfugiés. L’Allemagne essaie de combler son prévisible déficit démographique en « ouvrant » des frontières déjà presque refermées et voudrait garder les réfugiés qui l’intéressent et « refiler le reste aux autres pays de ‘UE. Alors, assez de bons sentiments; on n’a pas encore relogé, en France, les victimes collatérales de « l’assaut » de Saint-Denis. Qu’attendez-vous pour demander la réquisition des logements vides t une changement total de politique permettant enfin de faire baisser le chômage?

  • En réponse à Sauvons l’Europe :
    Bonjour,
    J’ai pris le temps de la réflexion pour répondre à votre question, qui, je l’avoue, m’a donné à réfléchir…
    En effet, la différence entre un niveau national dans lequel les différentes « régions » du pays conservent leurs spécificités, leur personnalité et l’UE avec des « eurorégions » qui nous entraîne vers une indifférenciation, ne saute pas aux yeux…
    Selon moi, le peuple français se reconnaît dans un pays bien défini, dont le gouvernement, en principe démocratique, œuvre en principe pour son bien.
    Quand je dis « bien défini », je l’entends avec :
    – sa monnaie, disparue,
    – ses frontières, disparues,
    – son drapeau, occulté par le fond bleu aux 12 étoiles d’or, alors que le seul drapeau reconnu légalement dans notre pays est le tricolore, mais qui a connu récemment une tentative de réhabilitation (ou de récupération) par le gouvernement,
    – son hymne, qualifié de facho et « toléré » uniquement dans les stades de foot ou au moment de la remise d’un trophée,
    – sa langue, mondiale, la langue de la diplomatie, mais poussée à s’effacer devant l’anglo-américain, promu dans les institutions européennes, dans nos écoles en France (merci Mme Fioraso), dans de nombreuses publicités, dans l’omniprésence des films et séries américaines ou anglophones à la télévision et dans la promotion invraisemblable faite à nos « langues régionales », considérées maintenant comme faisant partie du patrimoine et appelées à se développer, alors que notre constitution dispose que la seule langue de notre pays est le français,
    – sa gastronomie, qui s’exporte,
    – ses vins, copiés dans le monde entier,
    – sa haute couture, sa parfumerie, etc, etc,

    « L’Union » €uropéenne, quant à elle, dispose dans ses traités que l’Europe est « un marché où la concurrence est libre et non faussée« …
    Où le fonctionnement des institutions (décidé par qui, au juste ?) est défini pour que les populations n’aient pas voix au chapitre, puisque certains commissaires se permettent même de parler de « dictature éclairée ». (Junker, par ex. : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens« )
    Les décisions de l’UE découlent des traités, qui se désintéressent du bien des populations, puisque leur seul objectif c’est de favoriser le business.
    La seule union qui vaille, c’est celle des lobbies des multinationales pour faire valoir leurs intérêts et obtenir des modifications de législation pour faciliter leur business.
    La BCE, par ex. n’a de compte à rendre à personne et n’a qu’une seule mission « la lutte contre l’inflation », même au prix d’un flirt permanent avec la récession, d’un appauvrissement généralisé et d’un chômage endémique.
    Enfin, il n’y a pas d’unité du peuple européen. Les Grecs ne se reconnaissent pas d’affinité avec les Allemands, par plus, par ex. que les Français avec les Lettons.
    En réalité, il n’y a pas « d’union ». Cette « union » est un mythe ou un idéal qui a été dévoyé.
    De plus, l’UE traite toutes les populations européennes de façon indifférenciée. Tous les pays sont soumis aux mêmes règles : déréguler, déréglementer, ouvrir les frontières, économies tous azimuts, démanteler les services publics, réduire les aides, les retraites, les remboursements de santé, les budgets de l’éducation, etc.
    Et comme n’importe quel « citoyen européen » peut aller et venir dans n’importe quel pays membre, nous finirons pas avoir un « mélange » de population uniforme (ou informe) dans toute l’Europe, alors que, dans le même temps, ces « citoyens européens » peuvent être « détachés » pour travailler dans un pays aux conditions de leur pays d’origine.
    Une autre façon d’imposer le « brassage » des populations pour aboutir à un « peuple » européen de travailleurs / consommateurs…

  • gerard vernier

    (à Michel Carrière)
    En indiquant avec franchise, au bas de son premier commentaire, son appartenance, Michel Carrière se range clairement dans le camp des euroSCEPTIQUES en général honnêtes – qu’on ne saurait confondre avec les euroPHOBES maladifs, prisonniers de leurs préjugés, qui ont parfois sévi sur le site de SLE.
    C’est donc dans le même esprit de réflexion sereine et de dialogue que je souhaiterais faire valoir au moins des « nuances » – à titre d’exemples à ce stade – par rapport à quelques uns de ses propos, et notamment ceux du second commentaire.

    1. Un point sur lequel je partage assez largement ses vues concerne l’effacement progressif de la langue française devant l’anglo-américain.
    C’est effectivement une tendance que diverses voix dénoncent, parfois depuis plusieurs années – y compris des fonctionnaires européens eux-mêmes, sensibles à la préservation d’un certain plurilinguisme « pratique » (et non théorique) au sein des institutions de l’UE. Ces préoccupations, que les derniers élargissements de l’UE ont, hélas !, amplifiées, n’ont malheureusement rencontré que peu d’échos auprès des autorités françaises, quelle que soit leur couleur politique. Mme Fioraso ne devrait donc pas être la seule responsable à incriminer. Il n’en demeure pas moins que le combat continue sur ce terrain, grâce, notamment, à des associations très conscientes du problème.

    2. La « disparition » des frontières a, certes, donné lieu à un regain de questionnements à la lumière de l’actualité récente. Mais, indépendamment d’un contexte marqué par la montée du terrorisme,
    le familier que je suis des fréquents allers et retours entre la Belgique et la France – sans lien avec une quelconque « petite valise noire » moquée par Coluche – peut vous dire que la « douane volante » est loin d’être inactive… plus à l’intérieur des terres.

    3. Un drapeau national occulté par le fond bleu aux douze étoiles ? Un observateur attentif opterait davantage pour la cohabitation que pour l’occultation. Le pavoisement des lieux publics n’obéit pas en effet à la fantaisie des édiles, mais à un certain nombre de règles bien définies, qui réservent toujours la « place d’honneur » au drapeau national: ceci est bien explicité dans le « vade-mecum des Cérémonies, du Protocole et des Préséances » ainsi que dans le « protocole à l’usage des maires », tous deux édités par le Ministère de l’Intérieur.

    4. Pourquoi cantonner l’UE à « un marché où la concurrence est libre et non faussée » ? Depuis le Traité de Lisbonne, la concurrence ne figure plus au rang des OBJECTIFS de l’Union; elle compte parmi les MOYENS permettant d’assurer le fonctionnement du marché intérieur. Ainsi, la « concurrence non faussée » est simplement mentionnée dans un bref protocole sur le marché intérieur et la concurrence, annexé aux traités. Si ce transfert de texte n’affecte pas juridiquement la portée du principe, il en va autrement sur le plan politique… et l’on sait que ce fut effectivement un des points sensibles – sans doute un peu exagéré, comme le mythe du plombier polonais – de la campagne référendaire de 2005 en France.
    Mais, au-delà de cette considération, réduire l’UE aux seules préoccupations de « business » – qui, certes, ne sont pas absentes de nombre de dispositions économiques des traités – ne rend pas compte de la réalité des ambitions de l’Union, pas plus que de son fonctionnement. Si SLE le veut bien, je me réserve d’y revenir dans une série de chroniques ultérieures faisant la chasse aux idées reçues… foi de témoin !

  • @gerard vernier
    Merci pour votre réponse.
    En effet, concernant la concurrence, je suis resté avec cette affirmation qui existait dans le projet de traité de constitution européenne.
    Même si les « affaires » ne sont pas l’objet principal des traités, il n’en reste pas moins qu’il y a environ 40000 lobbyistes qui arpentent quotidiennement les couloirs des institutions européennes, où travaillent une trentaine de commissaires et 700 députés européens. Ce qui nous met le ratio à environ une quarantaine de lobbyistes pour un seul eurodéputé.
    On en est rendu à ce que les projets de loi européenne sont aujourd’hui directement rédigés par lesdits lobbyistes… À une époque révolue, cette activité était un délit appelé « trafic d’influence ».

    Concernant la prédominance de l’anglo-américain, j’ai cité l’omniprésence des films et séries en matière de télévision, de cinéma, en DVD, et j’ai oublié de mentionner la radio avec une écrasante majorité de chansons en anglais.
    Comme le disait un leader politique : « Imaginez la tête que ferait un américain en voiture dans son pays, si la presque totalité des stations de son autoradio diffusait des chansons avec des paroles en français ».
    D’ailleurs, des personnalités se sont plaintes : Michel Serre, Bernard Pivot et également certaines institutions, l’Académie française, il me semble… Mais rien ne bouge.
    La constitution française stipule que notre langue est le français. Pourtant, à deux reprises, le gouvernement a tenté de faire ratifier la charte des langues régionales et minoritaires, au motif qu’elles font partie de notre patrimoine. Et pour ça, ils n’ont pas hésité, là non plus, à modifier notre constitution pour autoriser ce qui était interdit.
    Nulle doute qu’à la longue, cette « fameuse » charte finira par être ratifiée, ne serait-ce que pour être en conformité avec les directives européennes qui le demandent.

    Concernant notre drapeau, en effet les deux drapeaux français et européen sont souvent arborés ensemble, mais le drapeau français est encore le seul drapeau autorisé légalement. Les institutions qui pavoisent ainsi les édifices le font donc au mépris de notre propre législation.
    Enfin, quand je dis que notre emblème est méprisé, il suffit pour en avoir l’illustration, d’aller sur le site de l’Élysée où le drapeau français en est absent et seules de très légères marques tricolores subsistent en bas de page.
    On a pu en avoir une autre illustration récemment, lorsque Hollande a proposé que les Français mettent un drapeau à leur fenêtre à la suite des attentats. Le fiasco fut patent : avec un emblème méprisé à ce point depuis si longtemps, très peu de Français en possèdent encore un.

    Après, dans ce genre d’examen, on en revient à la question du verre à moitié plein ou à moitié vide. Moi, depuis plusieurs années, je le considère désespérément vide et suis consterné de voir qu’une majorité de mes concitoyens, rassérénés par les discours qui passent continuellement à la télévision, continue de considérer que la situation n’est pas consternante. Le durcissement actuel, avec l’état d’urgence, le plan Vigipirate, les restrictions de liberté et la surveillance des communications qui s’accentue, devrait pourtant suffire.
    Lorsque le démantèlement de l’État sera entrepris ou lorsque le projet de « Grand marché transatlantique » qui n’est rien d’autre qu’une vaste escroquerie internationale en bande organisée sera ratifié, peut-être qu’ils commenceront à se sentir légèrement inquiets… Ce sera probablement trop tard.

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