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Après les élections européennes du dimanche 25 mai 2014

Alors que nous venons de fêter l’anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, interrogeons-nous sur l’histoire contemporaine de notre continent.

La mainmise d’un peuple sur l’autre est du passé dans l’Europe occidentale, les camps n’existent plus, la paix est présente depuis presque 70 ans mais, inquiétant revers de la médaille, les mots de liberté, justice et paix sont devenus pour nous, et encore plus pour nos enfants, des abstractions. Par ailleurs, au cours des dernières décennies et malgré les crises, notre société s’est engagée dans la voie d’une consommation effrénée qui nous a fait oublier la valeur des biens les plus élémentaires (l’eau, l’électricité, le blé…) et qui détruit peu à peu notre planète.

Alors qu’avons-nous fait de cet héritage bâti dans le sang et la douleur ? De ces lendemains chantés par nos parents et grands-parents ?

« Et si c’était à refaire

Je referais ce chemin

Sous vos coups chargés de fers

Que chantent les lendemains »

Ecrivait Louis Aragon dans la « Ballade de celui (Gabriel Péri) qui chanta dans les supplices ».

L’Europe est née de la guerre et peut y retourner si nous n’y prenons garde ; si, indifférents ou englués dans les difficultés du quotidien, les citoyens perdent de vue les valeurs premières et prêtent à des discours de haine, faussement adoucis, une oreille complaisante ou même partisane.

Le dimanche 25 mai 2014, cette léthargie, et dans le pire des cas, les appels à ne pas voter ou à voter pour des forces extrémistes, nous ont fait rater une fois de plus un rendez-vous de l’histoire en ne légitimant pas fortement le Parlement européen et ne lui donnant pas ainsi tout notre appui pour s’engager dans des politiques économiques, sociales et environnementales volontaristes.

Après cet échec, chacun (Chef d’Etat, responsable politique ou simple citoyen) doit assumer ses responsabilités et en tirer les leçons. Mais, au-delà de la colère et de la déception, il faut continuer à se battre.

A Faisons l’Europe, nous avons travaillé pendant plus d’une année à l’élaboration d’une « Déclaration » qui traduit les valeurs humanistes que nous portons et qui sont celles de l’Europe.

Les trois directions inscrites dans cette « Déclaration » sont les bonnes. Plusieurs partis pro-européens se sont engagés à les suivre lorsque nous les leur avons soumises au cours de la campagne électorale :

– Rénover la démocratie européenne,

– Réaffirmer les droits et libertés des citoyens en Europe et dans le reste du monde,

– Mettre l’économie au service du progrès social et revenir à « l’économie réelle ».

 

Cela implique, pour vous, élus, le courage d’engager les mutations indispensables pour une Europe plus juste, plus fraternelle, plus économe et respectueuse de l’environnement et aussi plus forte dans le monde. Cela implique pour nous, citoyens, engagement et vigilance.

Ne laissons pas partir en déshérence le legs des générations passées et travaillons pour celles qui suivent en tenant compte des réalités de notre temps.

Faisons l’Europe !

 

sylvie-sternicha-leguevaques

 

Sylvie STERNICHA LEGUEVAQUES

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • philippe Waldteufel

    Je suis d’accord avec ce texte, je pourrais le signer. Mais je me désole qu’il comporte, comme tous les textes que je trouve en provenance des partisans inconditionnels de l’entreprise européenne, une zone aveugle.

    Comment faire lorsque la « doctrine européenne » s’oppose à la « doctrine française » ?

    La grève des cheminots exprime l’exigence que le service public ferroviaire demeure, conformément au modèle français, un monopole d’Etat. Cette exigence est partagée par un grand nombre de Français. Or l’Europe impose la concurrence. Comment s’étonner que les citoyens français marquent leur hostilité ou leur désintérêt vis-à-vis de l’Europe ?

    De même, beaucoup de Français sont fortement attachés au modèle français d’accueil de l’immigration, qui est l’assimilation (dans la civilisation préexistante), à telle enseigne que l’assimilation est donnée comme référence explicite dans le Code Civil. Mais l’Europ prône et impose progressivement le modèle de l’intégration (selon lequel toutes les civilisations sont à égalité). Pourquoi s’étonner que les Français marquent leur hostilité à l’Union Européenne en votant Front National ou simplement en s’abstenant ?

    Comment susciter l’adhésion à une Union que vous voudriez à juste titre « plus juste, plus fraternelle, plus économe et respectueuse de l’environnement et aussi plus forte dans le monde » mais qui prend avec entêtement des orientations qui blessent, choquent, déconcertent les citoyens de notre pays ?

    Il faut prendre à bras le corps cette difficulté. Soit prouver aux Français qu’ils font fausse route, soit militer pour que l’UE infléchisse ses positions.

    • Damien

      Nous ne devons pas vivre dans la même France car peu de monde dans mon entourage supporte la grève de la SNCF à l’heure oú, à la suite de la crise, des pends entiers de la société luttent pour finir les fins de mois. En forçant les entreprises à ne pas produire, les employés se retrouvent au chômage forcé. Les syndicalistes de la CGT et de Sud, dans leur obstination et leur meconaissance de l’entreprenariait, ne montrent que la haine qu’ils portent à ceux qui osent…
      Votre analyse du vote extrémiste démontre aussi votre méconnaissant du sujet. En effet, il est principalement du à l’immaturité de la classe politique française, incapable d’assumer ses positions, dans la contradiction la plus totale, de reporter la faute sur l’autre. Et quand l’autre n’est pas l’opposition, il devient Europe! Oui ce desamour de l’Europe a été alimenté par les politiques qui aujourd’hui en payent les conséquences.
      Rien à voir avec la politique migratoire! Et non Mr, en France, il y aussi des gens qui pensent que tous les civilisations se valent!
      Pour finir, votre dernier propos est des plus aberrant! Les français, qui ne votent pas pour l’Europe, qui s’abstiennent largement, devraient avoir des gages de celle-ci? On croit rêver… Pour ma part, je trouve cela ridicule! Il y avait matière à changer la politique européenne lors de la dernière élection que se soit avec Les Verts en termes écologique et social, la Gauche radicale en termes de libéralisme et de lutte contre le capitalisme, ou les socialistes pour une société mariant social et liberté d’entreprendre.

      • Rubat du Mérac

        Assez d’accord avec Damien, dans les grandes lignes.

        J’ajouterait que les politiques omettent (volontairement, pour faire croire que la France est et restera une puissance qu’ils pilotent) un objectif important de l’intégration européenne, qui est de PROTEGER les européens contre les méfaits d’un mondialisation économique sans contrôle.

        J’ajouterait également que les partisans de cette Europe là peuvent être aussi bien de gauche, du centre, ou de droite, et qu’ils devraient commencer par s’unir pour la faire exister, avant de vouloir prendre un pouvoir qui n’existe pas encore.

      • hervé bocquet

        Bonjour,

        Nous n’avons pas à supporter ou ne pas supporter les cheminots. Il ne s’agit pas d’un match de foot, mais d’une possibilité offerte aux travailleurs de s’exprimer. Le choix de la méthode relève de leur compétence. La grève en est une et de surcroît, c’est un droit. N’en déplaise aux « victimes » collatérales dont je fais partie.

        Salutations naturelles.
        hervé

    • Sauvons l’Europe

      Bonne question.
      La réponse de Sauvons l’Europe, sur laquelle nous nous sommes fondés, est: la démocratie. Dans une démocratie européenne où les élus sont responsables devant le peuple, ils sont obligés de s’expliquer sur leur politique et de convaincre. Aujourd’hui, au contraire, l’UE est une boite noire bien commode pour faire passer les choses impopulaires au niveau national.

  • DUPUIS

    Plein accord

  • Philippz.Pollicand

     » Faisons l’Europe ! »

    Oui, mais laquelle, si je comprends, et si je traduis bien l’auteur de cet édito, elle serait pour une Europe fédérale, avec un pouvoir souverain fort mais limité (Affaires étrangères, Armée, Police, finance, monnaie, risques naturels avec service civil, économie-écologie-énergies essentielles) et des Etats fédérés régionaux (ça c’est ma note personnelle, considérant qu’une europe avec des Etats fédérés nationaux ne peut que conduire à l’échec en m

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