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Ca va mieux ?

Jusqu’y a peu, les militants de l’Europe n’allaient pas bien. Ceux de droite s’inquiétaient, ceux de gauche déprimaient. Ceux de droite sont souvent venus de la démocratie-chrétienne. Ils ne conçoivent l’Europe qu’en grand. Ils craignaient que le mini-traité promu par le principal candidat de la droite ne vienne, au fond, que légitimer une mini-Europe. Ceux de gauche s’alarmaient de devoir faire l’Europe de la preuve en seulement deux années.

Mais la candidate l’avait dit et les militants européens de gauche, ceux-là mêmes qu’une campagne référendaire récente avait tout de même un rien refroidis, et bien ces militants européens de gauche, parce qu’ils soupçonnaient une inconséquence de leur camp en la matière, finissaient par ne trouver le salut que dans un… mini-traité ratifié par un Parlement.

Après tout, il valait mieux une mini-Europe que pas d’Europe du tout. Tout cela fut déchirant mais, comme dans une autre Passion, le rideau du temple a aussi fini par se déchirer et dévoiler un Président de la République qui, à peine sorti de l’urne, affirme vouloir faire l’Europe à la vitesse du TGV. « Faites-moi confiance, votre récompense vous l’aurez quand viendra ce beau jour… » proclamait l’oncle félon qui voulut devenir roi à la place du Roi Lion.

On s’épargnera cette fois les libelles sur les foires et les marchés. Les militants européens de gauche tressaillent d’allégresse, au point, pour deux d’entre eux, de rejoindre la nouvelle formation gouvernementale. Au delà du plat de lentilles, toujours facile à avancer, ces deux ministres disent l’état profondément dégradé du rapport de cette gauche d’un autre temps à la construction européenne. Ce machin à douze étoiles, c’est le truc de Delors, Delors est des nôtres, alors ce machin est encore un peu le mien, pourrait dire l’électeur de gauche.

Mais après Delors ? Avant cet après, il y aura, espère-t-on, un traité simplifié pour faire repartir la machine. Et après le traité simplifié, il y aura quelque chose ? Il y aura la gauche convertie à la social-démocratie, si elle ne rate pas son rendez-vous avec l’histoire, ou plutôt si elle sait se doter de leaders qui ne lui feront pas rater son rendez-vous avec l’histoire. Car, bien évidemment, on ne saurait se contenter d’un traité simplifié, même s’il paraît dans l’immédiat la seule solution raisonnable, pour autant que les chefs d’Etat et de gouvernement parviennent à l’écrire. « Car enfin va venir le grand jour, nos ennuis sont finis, nous sortons de la nuit.

Et qu’est-ce qu’on doit faire ? », chante encore Skar dans Le Roi Lion. On doit faire un traité simplifié qui simplifie. Qu’il simplifie le fonctionnement de l’Union en permettant aux Etats pionniers et ambitieux d’envisager plus de supranationalité car c’est désormais la condition d’une réponse efficiente aux grands périls du siècle. Il faut aussi que ce traité simplifié densifie. Qu’il densifie l’existence des citoyens de l’Union. C’est tout l’objet de la Charte des droits fondamentaux, elle nous fait avancer tous les Européens vers une identité commune, ni catholique ni protestante ni libre penseuse, seulement démocratique et humaniste.

Omettre cette charte dans le traité en discussion serait une lourde faute. Ce texte est un manifeste politique, à l’image des toutes ces grandes déclarations qui ont inauguré des régimes nouveaux. Nul encan pour ces droits humains qui sous-tendent l’unification politique du continent. Réclamons-les, de Brest à Brest… Litovsk !

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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