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Referèndum 1O - Barcelona - Guinardó CC Teresa Grau Ros

Catalogne : l’équivalence constitution – démocratie est inepte

Mariano Rajoy : « il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne« . La suite va être difficile, c’est très dur de discuter et négocier avec un autiste! 90% de oui, avec une participation de 42%, soit 38% des électeurs. Combien de gouvernements dans les pays démocratiques peuvent affirmer qu’ils ont été choisis par 38% des électeurs ou plus?

Et ceci malgré tous les efforts du gouvernement espagnol, malgré la Guardia Civil, quel symbole de l’envoyer pour régler le problème, il n’y avait pas mieux pour montrer que les cadavres franquistes avaient du mal à rester dans les placards. Deux apartés sur l’importance des symboles : à Lekeitio (Euskadi- Pays Basque Espagnol) dans les années 60, la patronne de l’hôtel nous avait dit que s’ils étaient victimes d’un délit, ils iraient voir la police municipale, mais que jamais ils n’iraient se plaindre à la Guardia Civil vue comme une armée d’occupation; et quand François Mitterrand et Felipe Gonzales avaient descendu côte à côte la rue de la Loge à Montpellier pendant le sommet franco-espagnol fin Novembre 1988 pour célébrer le retour de l’Espagne dans l’Europe civilisée, dans la foule il y avait bien sûr beaucoup de personnes âgées réfugiées de la guerre civile espagnole, tellement heureuses de l’évolution de l’histoire, mais pour un bon nombre avec un grand regret, celui de toujours voir le drapeau franquiste. Et quel symbole de paix et de maturité donné hier par la population, les mossos d’esquadra et les pompiers. Comme l’a dit Ada Colau, la maire de Barcelone, pas vraiment engagée dans cette volonté d’indépendance, « la violence est toujours une défaite« 

Quand Mariano Rajoy parle de l’unité indissoluble de la nation espagnole, quand Eric Woerth dit qu’il est pour les états indivisibles, quel est le sens de ces phrases? Y en a -t-il seulement un? A quel moment se place-t-on? Et si je militais pour le retour de Montpellier dans le royaume de Majorque? Quelle horreur cette séparation au XIVème siècle! Si je me souviens bien, cette Espagne indissoluble a gouverné les Provinces Unies et une bonne partie de l’Amérique Latine, la France tout aussi indissoluble l’Algérie? D’accord, je sais bien que seul importe le moment présent et l’argent qu’on peut se faire à cet instant et que la chute du mur de Berlin a marqué la fin de l’histoire, enfin peut-être seulement celle de la culture et de la connaissance historique chez les hommes politiques. C’est quoi cette nation sacrée? En tout cas, Jean-Luc Mélenchon (je ne roule pas pour lui!) a très bien dit : « L’état espagnol perd son sang-froid. La nation ne peut être une camisole de force »

Mariano Rajoy : « la démocratie a prévalu parce que la Constitution a été respectée« . C’est inepte cette égalité démocratie = constitution, une constitution est un outil, comme l’argent, pas un but, ce n’est pas un livre sacré dicté par Dieu (et vu le mal que produit l’observation obscurantiste de ces livres sacrés, on peut douter de leur utilité!). Et puis, quant au respect des lois, on ne peut pas dire que l’état espagnol a été irréprochable: tir de balles en caoutchouc par la Guardia Civil (usage interdit en Catalogne depuis 2014), mise temporaire de toutes les forces de police sous une même chaîne de commandement sous la tutelle de l’état et blocage des comptes bancaires de l’exécutif catalan, avec toutes ces lois votées à la hâte pour permettre de reprendre le contrôle de la Catalogne quand on le souhaite, ce qui est justement le contraire de l’autonomie. Et le refus de laisser s’appliquer l’évolution du statut d’autonomie patiemment négocié en 2006?

Et maintenant? On n’a pas l’air parti pour une confédération qui sauvegarderait l’amour-propre de chacun, ni pour une séparation de velours comme en Tchécoslovaquie (un autre aparté: aux championnats d’Europe de patinage 2016 à Bratislava, je voyais mes voisins soutenir énergiquement des patineurs tchèques, je leur ai demandé s’ils étaient Tchèques, ils m’ont dit non, qu’ils étaient Slovaques, mais que c’était comme des cousins, et que quand ils gagnaient, c’était comme si des Slovaques gagnaient, je pense que Mariano Rajoy fait tout pour que cela ne puisse pas se passer ainsi entre Espagnols et Catalans par la suite).

Certains politiciens (les moins européens en fait) disent qu’une indépendance catalane serait mauvaise pour l’Europe, j’aimerais bien qu’ils m’expliquent pourquoi, la Catalogne est tout ce qu’il y a de plus pro-européenne, plus que la majorité de l’Espagne d’ailleurs. D’autres politiciens de toute l’Europe et réellement européens essaient d’élever le débat comme François de Rugy ou le Danois Pelle Dragsted invité par le conseil de diplomatie publique de Catalogne comme observateur : « Nous ne prenons pas partie pour ou contre l’indépendance mais nous reconnaissons le droit à l’autodétermination du peuple catalan, et il me semble difficile de savoir comment il pouvait exercer ce droit d’une autre manière que celle-ci, puisque les autorités n’ont pas voulu dialoguer sur ce sujet. » Mais maintenant, ce maintenant ayant en fait commencé depuis pas mal d’années de crispation, y a-t-il une autre solution que l’indépendance, ainsi que le disaient des militants pique-niquant devant un bureau de vote disant qu’ils allaient faire comme Gandhi, sauf le jeûne!, comme le dit une jeune Barcelonaise interviewée  » Je ne suis pas indépendantiste, ni nationaliste, je n’aime pas les drapeaux en général, mais j’ai voté en faveur du oui pour protester contre les récentes arrestations. Après les violences de ce matin, je crois que le chemin de l’indépendance est le bon.« 

Jean-Louis Rambioncitoyen français et européen mais aussi d’Occitanie Pyrénées-Méditerranée et du monde

3 enfants, 4 petits-enfants, retraité de l’enseignement

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À propos Sauvons lEurope

Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire
  • Jean-Pierre Lavanant

    Européen convaincu, fort de mon identité bretonne, je considère que la démarche d’autodétermination des Catalans se situent clairement dans leur appartenance à l’Europe. Dans les scrutins européens ils se sont prononcés à chaque fois majoritairement pour l’Europe, comme les Bretons. Nous sommes en train d’assister à un mouvement de fond pour une Europe des peuples, vers une intégration fédérale. La crispation des états-nation alléguant leur indivisibilité au nom d’une prétendue existence intouchable, « une et éternelle », n’y résistera pas.

  • Jean-François Launay

    Non un référendum n’est pas obligatoirement démocratique ! Non la Catalogne n’a pas un DROIT imprescriptible à l’autodétermination.
    OUI, la Constitution – largement approuvée par les Catalans – prévaut sur l’aventurisme de nationalistes qui veulent balkaniser l’Europe.
    Et les références au franquisme sont absurdes 42 ans après la mort du Caudillo et 39 ans après la Constitution. Les Gardes civils actuels n’ont pas servi sous Franco.
    Que Rajoy ait agi bêtement, n’empêche pas que Puigdemont soit un sécessionniste borné.
    Quant au résultat du référendum-bidon, il est digne d’une République bananière, avec ces 90% de SI !

    Jean-François Launay

  • Pierre Guiard

    Pour commencer le pouvoir espagnol, a prit le plus mauvaise décision possible, envoyer des forces de police contre des citoyens appeler a donner leur avis sur un sujet qui concerne la vie de ceux-ci, était la pire chose a faire et le meilleur moyen de radicaliser les indépendantistes, et de faire basculer les indécis dans l’opposition au pouvoir central, je serais catalan j’aurais voté pour l’indépendance par réaction au coup de force du pouvoir, alors que en tant qu’européen convaincu, je trouve ses revendications d’indépendance hors d’age, tout comme le brexit, l’avenir des pays européens est dans l’Europe, et l’unité.
    Il me semble évident que pour prendre une telle décision que celle de l’indépendance, le référendum est indispensable, mais il doit être fait dans des conditions normales, être suivit par un majorité des électeurs, et a tout le moins par au moins 70/ 75 % des inscrits, il n’est pas possible d’entériner une décision aussi importante, avec un gros tiers de électeurs inscrits.

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