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Choqué ? Non. Indigné ? Non. Affligé ? Définitivement oui…

L’échec du Parti socialiste est flagrant, malgré un discours de campagne globalement bon. Les raisons sont multiples et la conclusion le soir du 25 mai sans surprise. La campagne a été tardive et réduite à la portion congrue. Les militants, très peu formés aux thématiques européennes, avaient une grande difficulté à pouvoir expliquer pourquoi le vote socialiste était nécessaire. De nombreux élus sans crédibilité ne peuvent plus porter la parole au niveau médiatique. La ligne politique sans perspective n’incite pas à la mobilisation de l’électorat. Certains débats politiques organisés par la Gauche du PS ont contribué à rendre le discours inaudible. Enfin, le Parti socialiste est sans vision et sans explication d’ensemble du monde, de l’Europe et de la France. Pour toutes ces raisons, franchement, pourquoi les sympathisants socialistes auraient-il voté PS ?

« FN réagir » titre Libération.

J’aurai plutôt titré « PS réagir ».

Parce que si on est en là, c’est parce que le PS est dans un état lamentable depuis (euh, en fait, je ne vais pas compter pour ne pas être méchant). Mais juste un petit retour en arrière avec les congrès du PS. 2005 : synthèse générale, 2008, fraude au congrès, 2012 : un seul candidat des 4 grandes motions, 2014 : Cambadélis nommé sans vote. Voila, une histoire courte pour résumer l’état de notre parti : ça fait 9 ans qu’on n’a pas vraiment élu notre premier secrétaire.

Retour aux Européennes, j’ai voté deux fois socialiste (j’avais une procuration). Non, en fait, j’ai voté deux fois pour Martin Schulz. Au début du mois de mai, j’étais assez pessimiste : vous allez faire une mauvaise campagne. Ça va être catastrophique. En fait, lorsque vous avez parlé d’Europe, vous n’avez pas été trop mauvais. Une bonne campagne quand on a fini par faire campagne.

Parce qu’on a parlé d’Europe trop peu et trop tard, y compris auprès des propres militants du PS.

Et puis, tant d’autres raisons structurelles expliquent ce score… Lorsque les raisons sont structurelles, il n’y a pas de surprise.

Raisons conjoncturelles, structurelles, manière de faire campagne. Voila mon humble retour de simple militant socialiste sur pourquoi on s’est pris une raclée (en grande partie méritée) à ces Européennes.

L’échec du Parti socialiste

Le Parti socialiste a donc fait moins de 14 % (LOL). L’analyse des tendances est intéressante, car elle montre les dynamiques à l’œuvre et l’explication de ce faible score. Il semblerait ainsi que le potentiel de participation et le vote pour le PS de ses sympathisants aient diminué entre fin avril et l’élection. Un parti qui ne réussit pas à faire voter ses propres sympathisants, et lorsqu’ils viennent, ne votent pour lui qu’à 76%, est un parti dont la campagne a échoué.

Rappelons des éléments de contexte : une grave crise sociale, une campagne municipale exténuante, un changement d’équipe gouvernementale et, évidemment, de nouvelles annonces politiques. Certes, tout cela n’aide pas.

Un discours de campagne plutôt bon

Mais refaisons le point calmement sur cette campagne au-délà d’un simple constat d’échec. Qu’est-ce qui a fonctionné au Parti socialiste et qui n’a pas fonctionné durant ce mois de mai ?

Le mois dernier, j’avais formulé 7 propositions à M. Cambadélis. Ces dernières ont-elles été appliquées ?

  1. Rappeler les points clivants et forts du programme commun des socialistes européens : Il faut absolument communiquer sur le Smic Européen. Preuve que c’est possible et que ce sont bien les socio-démocrates qui portent cette mesure : en Allemagne, le Smic va se mettre en place prochainement dans le cadre de la grande coalition. 

 

  1. Marteler encore et encore : « Voter PS, c’est Voter PSE ». « Voter PS, c’est voter pour le Smic Européen ».

C’est venu au fur et à mesure de la campagne.

 

  1. Rappeler que nous désignerons, pour la première fois, le prochain président de la Commission Européenne.

Ce point a été plutôt bien fait, dans les documents que j’ai pu lire.

 

  1. Continuer de rappeler que notre candidat commun est Martin Schulz, actuel président du Parlement Européen. Le meeting réussi au cirque d’hiver était ainsi absolument nécessaire !

Très clairement, il s’agit de la seule réussite du Parti Socialiste de cette campagne. Martin Schulz a clairement été mis en avant.

 

  1. Tout faire pour mettre en scène ce combat entre les candidats communs. A ce titre, M. Cambadélis, vous devrez mobiliser tous les députés socialistes pour qu’ils interpellent le CSA et France 2.

Sur la mobilisation des députés socialistes, quel échec ! Matthias Fekl est l’un des rares députés PS à avoir poser une question au gouvernement sur le sujet. Je tiens à l’en remercier de s’être saisi du sujet.

Sur la mise en scène du combat entre les candidats communs, je vous décerne très clairement un satisfecit. Vous avez demandé à vous faire remplacer par Martin Schulz sur France 2. C’est clairement un point que je tiens à souligner : qu’un responsable politique demande à se faire remplacer à une émission de télévision majeure est rare et je vous remercie de cette initiative.

Que France 2 ait refusé cette demande pose un problème politique. Comment peut-on accepter que le service public, financé par les citoyens, soit à ce point autiste et n’ait comme seul objectif l’audience des émissions de Pujadas ? Un audit citoyen ou politique sur les choix éditoriaux de l’audiovisuel politique devient absolument nécessaire et dépasse la seule question de la nomination du président de l’audiovisuel par le président de la république. Le gouvernement a eu raison de supprimer cette disposition aberrante issue des lois de l’ère Sarkozy, mais il faut aller beaucoup plus loin dans le contrôle démocratique de notre audiovisuel. Je ne suis, d’ailleurs, pas certain que le CSA ait fait son métier.

 

  1. Mettre en avant les meilleurs candidats : Edouard Martin, qui sera l’un des rares ouvriers du futur parlement, est un très bon exemple.

Heureusement, que Harlem Désir a été exfiltré. Car mon ressenti est le suivant : Pervenche Bérès a fait une très belle campagne. Tiens, un député européen sortant et impliqué ferait-il un meilleur candidat qu’un apparatchik ? Cela serait-ce une piste à creuser lors de la confection des prochaines listes, non ? Et puis, continuez d’avoir d’autres personnes issues de la société civile serait une autre piste lors de la confection des prochaines listes. Mon étonnement est grand : Edouard Martin n’a absolument pas bénéficié de son statut. Il resterait celui qui a trahi ? Peut-être, mais il faut continuer ce pari de l’ouverture pour que demain, ça ne soit plus une trahison de venir au PS lorsqu’on est syndicaliste.

 

  1. Et enfin, M. Cambadélis vous devez arrêter de jouer à « plus à gauche que moi, tu meurs ». Votre annonce que nous réviserons les règles de Maastricht, alors que ce n’est pas dans le programme commun était ridicule.

Sur ce point, après vos « dérapages » de début de campagne, le Parti socialiste s’est bien rattrapé pour se caler dans les pas du Manifesto.

Ceci dit, on peut noter une erreur sur les slogans : « imposons une nouvelle croissance ». Ce slogan est loin de m’avoir convaincu. La croissance diminuera fortement dans les années à venir. C’est d’ailleurs, l’une des thèses du nouveau parti « Nouvelle Donne » qui a su tout de même convaincre 3% des électeurs. De même, le slogan « l’austérité de Bruxelles est une erreur » est une faute de campagne. Il aurait fallu dire « l’austérité de la droite européenne est une erreur ».

Car expliquer la différence entre la rigueur de gauche et l’austérité de droite, entre la baisse nécessaire des déficits publics et le risque de la baisse trop rapide des dépenses publiques est assez difficile…

 

« De nouveaux investissements pour l’Europe » m’aurait semblé meilleur : investissements dans la jeunesse, dans l’environnement, dans l’énergie, etc.

 

L’erreur inverse d’une campagne faussement à Gauche est une campagne dépolitisée, de type « Vive l’Europe, l’Europe c’est bien ». Le PS a partiellement commis cette erreur. Dans certains territoire, la campagne a été du type « Il y a les fonds Feder, c’est top ». Magnifique méthode pour créer de l’abstention. En région Centre/Auvergne/Limousin, la profession de foi commence par « nous sommes des élus ». J’ai failli m’arrêter de lire à ce moment.

 

  1. Racontez l’histoire économique du programme commun des socialistes européens

 

Bon, là, il faut avouer l’échec relatif du Parti Socialiste : les arguments Gare sont très peu utilisables d’un point politique. La position du Parti Socialiste est très difficile à comprendre sur le traité transatlantique. Le lien avec l’explication de la politique économique du gouvernement a été très mauvaise. « Vous rejetez la rigueur en Europe, mais vous la faîtes en France ». Voila, un argument sur lequel, je n’ai jamais entendu d’éléments de réponse.

Néanmoins, la lutte contre l’austérité idiote de la droite européenne a bien été mis en avant.

 

Par ailleurs, d’autres erreurs ont été évitées. Le slogan « l’Europe sociale », slogan creux, n’a pas été utilisé.

 

Mais une campagne si tardive et réduite à la portion congrue

Tout d’abord, les municipales ont été votre grande priorité. Donc acte. Mais de voir des élus faire semblant d’être surpris par la conséquence m’afflige.

 

L’échec principal de cette campagne est le fait d’avoir parler de tout, sauf d’Europe. Taxe-carbone, taille des trains, Tweet de Mariani, réforme territoriale, débat sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, débat sur les primaires pour 2017, vote du pacte de responsabilité avec la crise des abstentionnistes, que de sujets importants mais qui auraient pu attendre…

TOUT, TOUT a été bon pour ne parler d’Europe. Mais quelle déception. Le discours simple aurait été « ce sujet est important, mais la priorité, ce sont les européennes, car… »..

 

Car, que de bruits médiatiques sur des sujets autres (ah ça vous préoccupe la réforme territoriale !) ! Saviez-vous qu’apprendre à se taire est une qualité ? Après avoir lancé la pétition « plus d’Europe à la télé » devons-nous lancer la pétition « plus d’Europe au Parti Socialiste » ? ou une pétition « parlez-moins, travaillez plus ? »

 

Des militants quasiment pas formés

Les propositions, les temps de formations aux militants ont été très réduits à cause de la primauté absolue donnée aux municipales. Si les militants ne sont pas formés, comment peut-on espérer expliquer les enjeux aux sympathisants, aux amis, aux passants ? Quand-est ce que le Parti Socialiste se mettra de nouveau à former ses militants, y compris avec des thèses différentes si nécessaire ? Pourquoi le parti socialiste n’a pas relayé la note de Terra Nova sur le changement de paradigme économique nécessaire à Bruxelles ? C’est d’ailleurs un regret que cette note soit sortie si tardivement.

De manière générale, la formation est inexistante au PS. C’est également le cas dans le mouvement des Jeunes socialistes. Vu le nombre d’enseignants dont dispose le PS ou d’étudiants qu’il y a chez les jeunes socialistes, c’est quand même un comble de ne pas réussir à avoir une formation digne de ce nom dans ce parti !

 

Des élus sans crédibilité au Parti socialiste

 

Je vais commencer par une phrase entendue lors de la soirée électorale :

D’abord, au lieu de parler d’Europe, on parle de la place du FN. C’est déprimant.

Puis le sketch. Assouline à Gollnish : « oui, vous souhaitez la misère des Français ». Non, mais c’est une blague ? C’est avec des anathèmes comme ça, qu’on va combattre le FN ? Ainsi, le problème est là : c’est nos cadres, nos élus.

Il est là le problème de notre parti socialiste. Un exemple, parmi d’autres ? Guigou et Moscovici qui ne font pas la campagne des européennes, mais leur propre campagne pour être Commissaire Européen.

 

« Le Peuple Français ne fait plus confiance à la parole politique » : Michèle Rivasi EELV. Voila tout est dit et c’est particulièrement vrai pour le Parti Socialiste.

 

Aujourd’hui, « Nouvelle Donne » a fait plus de 3% des voix. Comment un nouveau parti a-t’il pu faire un tel score en moins de 2 mois ?

 

La perte de crédibilité de nos élus, c’est aussi qu’ils sont là depuis trop longtemps. Ségolène Royal et Michel Sapin étaient ministre avec quasiment le même intitulé de poste sous Edith Cresson !

 

La perte de crédibilité de nos élus, c’est la lutte qui a pris un temps fou pour limiter le cumul des mandats.

 

Que lit-on dans les statuts du Parti socialiste :

« Tout candidat-e à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai maximum de trois mois après la tenue du scrutin. Il-elle devra avoir préparé avec le Parti les modalités de sa succession. ».

 

On a là une belle preuve de ce qu’est le Parti socialiste : un parti d’Elus qui ne respectent ni les statuts, ni les militants, ni la démocratie.

 

D’ailleurs, saviez-vous que pour les parlementaires européens la fin du cumul des mandats est pour 2019 ? Déjà 2017, c’était un peu tard. Mais 2019…

 

Et j’ai à peine parlé de la manière dont on a fait nos listes. Etre obligé de nommer Harlem Désir, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, pour éviter qu’il ne soit tête de liste…

 

Néanmoins, je m’étonne. Pourquoi les listes ont-elles validées par les militants de notre parti ? Je ne me l’explique toujours pas. Les militants du PS seraient-ils résignés ?

 

L’échec d’une ligne politique sans perspective

 

Evidemment, l’échec du PS est l’échec d’une ligne politique (genre : « pas assez à Gauche ? »). Néanmoins, il faut atténuer ce message. Si c’était totalement le cas, EELV aurait fait 13 %, Nouvelle Donne 8 % et le Front de Gauche 12 %, non ?

 

Les déceptions catégorielles ont joué sur la mobilisation. Les réformes sur les intermittents, la non-revalorisation des retraites, des difficultés dans la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, la réforme des universités ont évidemment joué dans le choix de vote de certains, directement impactés pour des changements. N’oublions pas le passage de la TVA à 20 % dans les centres équestres. Cela a pu diminuer d’autant le score du PS dans des zones rurales, mais touristiques.

 

François Hollande gouverne par compromis, il deçoit finalement tout le monde. Même lorsque le compromis est sur le long terme gagnant pour tous, il ne satisfait personne à court terme.

 

La ligne politique a aussi joué. Pourquoi diminuer le coût du travail sur les entreprises qui n’exportent pas ? C’est autant d’argent en moins pour investir ou pour les classes populaires. Cette baisse du coût du travail est, pourtant, absolument nécessaire pour rétablir le taux de marge des entreprises, ce qui leur permettra d’investir. Ce débat se comprend au sein de notre famille politique. Ainsi que cette ligne politique et que Valls ne fassent pas l’unanimité parmi les sympathisants socialistes n’est en rien surprenant. Cela a certainement joué dans notre faible score.

Comment peut-on demander des efforts, sans les demander vraiment à tous ? L’impression que certains s’en sortent toujours bien reste, à raison, bien présente. On peut répondre que les impôts ont surtout augmenté pour les plus riches, et c’est vrai. Mais est-ce suffisant ?

 

L’absence de perspectives sur ce qu’on fera après ces réformes de lutte contre les déficits est, en fait, le vrai problème de ce gouvernement et pour le militant socialiste que je suis.

Ainsi, quelles lignes politiques demain pour notre électorat ?

Je pose la question au gouvernement : faire le redressement (baisser les déficits, diminuer le déficit commercial, réformer le marché du travail, la formation professionnelle, réformer la justice pour lui permettre de fonctionner, corriger les failles dans le droit d’asile) est-il exclusif de faire le dépassement (la transformation de notre modèle écologique, le partage du temps de travail, les changements au niveau européen) ?

Néanmoins, est-ce le rôle du gouvernement qui doit déjà gérer les difficultés du présent, ne serait-ce pas le rôle du Parti que de penser le temps d’après ? N’est-ce pas le rôle du Parti que de proposer au gouvernement des réformes pour 2015 et 2016 ?

 

Par ailleurs, on remarque que nous échouons pour notre électorat à chaque fois que nous sommes au pouvoir ! N’y aurait-il pas un léger un décalage entre ce que nous racontons à notre électorat, ce que nous faisons, ce que nous pensons, ce que nous pouvons réellement faire étant donné les contraintes ?

Cela n’expliquerait-il pas une des raisons de la déception de notre électorat lorsque nous sommes au pouvoir ?

 

Je vais finir par une crainte. L’absence de perspective sur l’après serait-il un choix : la Croissance, la croissance, la croissance jusqu’en 2017 ? D’ici 2017, on ne ferait rien contre ce modèle économique créateurs de tant d’inégalités que la redistribution ne peut suffire à corriger ou pour promouvoir le juste-échange et la démocratie en Europe et en France ? Je n’ose y croire.

Dans ce cas, il ne faut pas s’étonner d’un score si faible, et il faut aller au bout de la logique : ouvrir le gouvernement au Modem, voire à l’Udi.

 

La Gauche du PS est responsable

 

On peut penser que c’est aussi la faute de la Gauche du PS ! Et si en s’opposant (et en échouant à s’y opposer) aux réformes de Valls, la Gauche du PS avait contribué au discours ambiant de « c’est une rigueur inacceptable, ce sont des cadeaux aux entreprises et tout ça, c’est la faute de l’Europe et il faut aller au conflit avec l’Allemagne ». Et imaginons un instant, si le PS avait été uni pour parler d’une voix solidaire, pour expliquer que ces réformes étaient indispensable pour la France en raison du déficit public et du déficit commercial et que ce n’était pas la faute de l’Europe, qui sait ? Peut-être qu’on aurait fait davantage de voix ? Peut-être qu’on aurait pu porter des messages forts pour la campagne européenne qui allait venir ?

Il y a une autre raison pour laquelle la gauche du PS est, en partie, responsable. Les citoyens veulent des responsables politiques qui soient positifs, qui soient capable de dire « ça, c’est bien », « ça c’est parfait », « ça, c’est correct, même si… ». Or aujourd’hui, la gauche du PS, c’est « NON ». Un peu comme Copé, quoi.

 

Un parti sans vision et sans explication du monde (ou avec des visions et des explications contradictoires)

 

De manière générale, ce parti ne propose aucune vision claire auprès de ces sympathisants et même militants. Le Parti socialiste, ce sont des valeurs. Elles sont nécessaires. Mais quelles visions du monde, de l’Europe, de la France, des citoyens ? Que de débats sans réponse…

Ainsi, j’ai mal à mon parti qui ne sait plus penser le monde et la France

 

Quelle histoire mon Parti raconte sur l’Europe qu’il veut dans 10 ans ? Je ne sais pas.

Quelle histoire, mon Parti raconte sur le rapport à l’autre dans 10 ans ? Je ne sais pas.

Quelle histoire, mon Parti raconte sur le fonctionnement de l’économie ? Je ne sais pas.

Quelle fonctionnement des entreprises, tant au niveau Français qu’Européen, selon mon Parti, au delà de la nécessaire réforme du marché du travail qui permet une place plus forte pour la négociation ?

Quels changements à mettre en œuvre après les nécessaires mesures du redressement ?

En effet, Manuel Valls et François Hollande expliquent très bien les mesures à prendre à court terme pour redresser la France, en épargnant au maximum les plus pauvres et les précaires. Mais il n’y a aucune perspective… Aucune sur ce qu’on fait après…

 

Si l’on ne répond pas à ces questions, on ne pourra plus jamais s’adresser aux classes populaires (ni même à nos sympathisants), car défendre l’Europe de l’énergie et l’inversion de la courbe du chômage, ça ne suffit pas…

 

Alors, le Parti doit changer d’urgence. Il faut rencontrer les autres partis (Nouvelle Donne, le Modem, les écologistes, le Front de Gauche) de manière régulière. Il faut discuter très rapidement avec l’ensemble des associations (en commençant par celles du Pacte Civique), il faut aussi discuter avec des sympathisants et pas uniquement entre militants hyper politisés. Bref ouvrir notre Parti, encore et toujours.

 

 

 

Benoît Bloissere

Militant socialiste depuis 2006 (actuellement dans le Loiret)

Membre de Sauvons l’Europe depuis 2010

Benoit Bloissère – @ben_economics

 

Nota bene : veuillez excuser les éventuelles fautes d’orthographe. Je finis mon texte à 23h34 et ce n’est pas facile de se concentrer

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Dominique Mareau

    Il faut créer un parti social démocrate qui, dans le cadre des institutions européennes, pourra trouver des alliances fortes pour l’efficacité.

    Sinon la droite l’emporte et ses valeurs (fric + fric) seront encore majoritaires.

    Par ailleurs, le « tout où rien » de l’extrême gauche est irresponsable.

    Cordialement

  • Yggdrasil

    Texte globalement intéressant, mais beaucoup trop long. J’ai abandonné bien avant la fin.
    De plus vous mélangez l’important et l’accessoire, les idées et les personnes. Dommage.

  • Anouck

    Intéréssant mais faux concernant les jeunes socialistes, je vous conseille (notamment) de vous informer sur la campagne rise up menée depuis juillet 2012…

  • Vérot Monique

    Il est urgent de nous interroger sur la « réussite » de Nouvelle Donne.
    Avez-vous regardé de près leur réflexion et leurs propositions?
    Je crois que c’est exactement l’aggiornamento que devrait faire le PS.
    Réfléchir à un « socialisme » qui tienne compte du monde actuel tel qu’il est, et non faire une politique qui s’appuie sur des schémas archaïques tels que « la croissance » et le social libéralisme.

  • Dirk Esser

    Assez d’accord avec Monique. Malheureusement le discours de « Nouvelle Donne » était trop peu audible, un peu trop « intello ». Mais il est difficile d’apporter des réponses simples à des problèmes complexes, sans tomber dans le « Il n’y a qu’à.. » Ce qui manque au PS, et à toute la gauche, c’est un projet de société qui soit à la fois crédible et audible et qui fasse rêver les gens..Mitterrand avait, dans son temps, substitué le rêve européen à un rêve de sortie du capitalisme qui s’est relevé impossible, et cela a marché un certain temps…il ne faut pas oublier que c’est la France qui avait été moteur à l’introduction de l’Euro, les Allemands n’avaient pas été particulièrement chauds d’abandonner la Deutsche Mark… Ce c’est qu’on a pas expliqué aux gens est qu’il ne peut pas avoir de monnaie commune sans politique commune (économique, budgétaire, monétaire, sociale..) – mais est-ce que les peuples sont prêts à en accepter les conséquences ? Nous sommes typiquement dans uns situation où le « sur place » est impossible et où il faut soit avancer soit reculer. Mais comme presque personne n’est capable aujourd’hui de donner envie aux Français d’avancer – ils se demandent à juste raison « une Europe pour quoi faire ? » – les partisans du repli identitaire gagnent de l’audience – avec des conséquences désastreuses pour l’avenir de la France et de l’Europe. Difficile dans ce contexte de faire comprendre que nos différentes identités de Français (ou Allemand), Européen, Terrien ne se contredisent pas mais doivent se compléter si on vaut relever les défis de l’avenir… avec le problème en plus que la monarchie élective a, en France, fait élire un monarque à la tête de l’état qui est incapable de parler à « son peuple » – et que ça va encore durer 3 ans. Quoi faire ?

  • André Landesman

    Le livre de Thomas Piketty « Le Capital au XXI° siècle » est en ce moment un best seller qui fait l’objet de nombreux commentaires, en France, et plus encore à l’étranger. Dans « Le Nouvel Observateur » du 29 mai Sophie Fay présente clairement la thèse de Thomas Piketty, qui repose sur un théorème. Lorsque les revenus du capital progressent plus vite que le PNB, il y a enrichissement automatique des plus riches donc une augmentation des inégalités, donc une crise . La France a vu les écarts de richesse croître pratiquement sans interruption pendant le XX° siècle, à l’exception de la période des Trente Glorieuses. C’est une illustration du théorème.

    Thomas Piketty voit une thérapeutique à cette crise dans l’impôt généralisé sur le patrimoine. Le Prix Nobel d’Economie 1988 Maurice Allais, qui était tout sauf un gauchiste, préconisait déjà ce système fiscal. En 1997 Roger Godino, dans son livre « Les sept piliers de la réforme », reprenait cette idée de remplacer un certain nombre d’impôts antiéconomiques, dont l’IRPP, par un impôt unique sur le patrimoine. Ce serait une réforme radicale. Un tel impôt est automatiquement redistributif. N’étant ni économiste ni fiscaliste je ne sais pas quelle devrait être la progressivité de l’impôt sur le patrimoine. Je ne sais pas non plus comment éviter une forte évasion fiscale de l’impôt sur le patrimoine, car il est plus facile de dissimuler un patrimoine que de dissimuler un revenu. De plus la mise en place d’un tel impôt sur le patrimoine soulèverait des conservatismes de tous côtés.

    Mais après la déroute en France des partis de gouvernements aux dernières élections européennes, une mesure s’adressant aux classes défavorisées serait opportune. La mise en chantier de l’impôt généralisé sur le patrimoine, si elle est possible, ne serait elle pas une mesure de ce type? En tous cas, symboliquement, elle ne pourrait qu’être bien accueillie, et si notre premier ministre portait politiquement la mesure il se comporterait en homme d’état.

  • pj-br

    Cette élection est le symbole du naufrage d’un PS malade de ses élus. Une bonne partie des débats internes est phagocytée par les élections. Entre le manque de temps des élus pour faire vivre le débat idéologique dans le parti et leur désir, plus ou moins inconscient, de prolonger le status quo qui leur permet d’être élu le débat interne meurt doucement. Et comme une partie importante des militants sont aussi des employés des collectivités territoriales les élus font pression plus ou moins ouvertement sur leurs employés pour obtenir le bon vote. C’est délétère.

    Sur François Hollande, il ne fait pas compromis; il fait des synthèses. C’est complètement différent. Il est très doué pour ménager la chèvre et le chou et finir dans l’équipe déclarée gagnante … mais il n’oriente pas les débats. En fait, il n’est pas adapté au poste de super président de la Ve qui décide de tout. Et il ne réussit donc pas à prendre des décisions. C’est juste une grosse erreur de casting. Ça pose quand même question sur notre mode de sélection de nos élus.
    Comme il ne décide pas vraiment, on n’a pas eu la réforme fiscale que les militants de gauche attendaient ( alors que tout était prêt http://www.revolution-fiscale.fr/ ), il a laissé la parole homophobe se libérer au moment du mariage pour tous, il laisse Valls tenir des propos que ne renierait pas Hortefeux, il continue à compter sur un retournement de tendance macro économique pour résoudre les problèmes du chômage. En fait il est la quintessence de l’incapacité des politiques à influer le monde.

    Sinon sur Nouvelle Donne: ce parti ne réussit à exister que parce qu’il tient le discours que devrait tenir le PS. EELV aussi d’ailleurs. Le PS reste bêtement productiviste en attendant tout de la croissance. Sauf que la croissance ne résoudra rien. De 2000 à 2013 le PIB a augmenté de 50% en France ( http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08112 ) et le chômage n’a pas disparu pour autant.
    La PS, tout occupé qu’il était à gérer les échéances électorales, na pas perçu le changement de paradigme qu’implique la crise écologique. On ne reviendra jamais à la croissance des 30 glorieuses.
    Ce qui veut dire que :
    * On ne peut pas compter sur l’augmentation de notre pression sur la planète pour trouver du travail à tout le monde (par exemple je ne vais pas acheter un voiture de plus pour sauver les emplois dans l’industrie auto)
    * Les revenus du capital risquent fort d’être plus élevés que la croissance et les inégalités vont donc se creuser si on n’agit pas.

    En fait le drame du PS c’est qu’il est trop occupé à gérer les prochaines élections pour intégrer les résultats d’un Piketty ou d’un Larrouturou à son corpus idéologique.

  • fanchon78

    Vous avez raison sur un point essentiel : vous auriez pu/dû vous coucher plus tôt. J’ai lu toute votre analyse du début en me réjouissant de pouvoir « partager » ce texte. Mais comme disait un évêque, passé 22h l’Esprit ne souffle plus… Dans ces cas-là, je vais dormir, et je remets mon envoi au lendemain matin, après relecture : ou vous n’auriez pas perdu de temps à délayer, ou vous auriez coupé la fin. Tant mieux si tout le monde ne vous a pas lu jusqu’au bout : le meilleur aura été lu.
    Je ne vais donc pas m’attarder sur des détails décevants, qui s’expliquent par votre « jeunesse » dans le PS (et le manque de formation au moins historique).
    Seulement mettre à jour vos conclusions : le CN de samedi nous a donné une réponse.

    Quel que soit le parcours personnel (et plutôt souterrain) de Cambadélis, je crois qu’il est en train de tenter un sursaut de dignité pour notre parti. Au moins justifie-t-il sa légendaire intelligence.
    Avec 8 ans 1/2 de retard, et malgré l’illégitimité de son « élection », il a – en 2 mois seulement – remis une organisation en route, rappelé ce que devait être le PS et lancé des projets indispensables – sur tous les points que vous avez dénoncés. Y compris dans le premier CN digne de ce nom depuis 8 ans 1/2 : il m’a semblé que Camba répondait même à un défi interne au BN, en prouvant que c’était possible ! Il a même fait de l’humour.
    (J’ajoute que tous ceux dont vous dénoncez les rsponsabilités ont continué d’en faire la preuve pendant toute cette journée de samedi : j’ai tout vu et entendu, de plus incroyable !)

    Maintenant l’essentiel : ce qui devait être lu et entendu parviendra j’espère bientôt à tous les militants – suivant le huis-clos indispensable samedi. Car c’est de l’espoir que je ressens aujourd’hui ; j’ai essayé de le transmettre hier soir en réunion de section. Entre les infos entièrement vouées au Brésil, les militants n’en avaient RIEN perçu. Mais le dossier était si bien fait qu’il doit parvenir aux adhérents – exemplaire. (Même si certains honorables membres des plus éminents de ce parti les ont laissés en vrac sous leur siège en partant… j’ai fait de la récup)

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