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Conseils d’un militant socialiste à M. Cambadélis

Le PS a démarré sa campagne tardivement, suite à des élections municipales exténuantes pour les forces militantes et les cadres du Parti. Non seulement sonné par la défaite, il a fallu – pour certains – digérer un remaniement, un plan budgétaire de 50 milliards € d’économie. Surtout, il a fallu encaisser le coup massue ultime pour tous les cadres intermédiaires du Parti Socialistes : la suppression des départements et la division par deux du nombre de région.

Démarrer une campagne tardivement n’est pas synonyme d’échec. En revanche, la composition des listes va peser sur le score du Parti Socialiste. L’exfiltration d’Harlém Désir est ainsi une bonne nouvelle : Pervenche Bérès, nouvelle tête de liste en Ile-de-France, s’est en effet beaucoup investie au parlement européen.

De plus, l’état de confiance de l’opinion envers la politique du gouvernement sera une vraie difficulté pour mobiliser les électeurs : la clarification opérée par Valls, quasiment sociale-libérale, pourrait presqu’avoir un effet positif. Savoir où l’on va est un élément essentiel pour l’opinion.

Le troisième élément qui jouera très négativement est la vision (justifiée) qu’ont les Français du Parti socialiste. Pour le coup, si l’exfiltration d’Harlém Désir était une bonne nouvelle du point de vue de la composition des listes, c’est la preuve de l’état de délabrement du Parti Socialiste : déjà 2 premiers secrétaires élus sans vote direct des militants.

Manque de confiance envers l’exécutif, composition des listes et mauvais fonctionnement du PS : Ces trois facteurs vont handicaper le PS pendant cette campagne. Ainsi, le Parti socialiste ne peut se permettre aucune erreur pendant le mois qu’il reste.

Ainsi, je me permets de formuler 7 propositions simples à M. Cambadélis, premier secrétaire du PS, vice-président du PSE et, surtout, directeur de cette campagne des européennes

  1. Rappeler les points clivants et forts du programme commun des socialistes européens : Il faut absolument communiquer sur le Smic Européen. Preuve que c’est possible et que ce sont bien les socio-démocrates qui portent cette mesure : en Allemagne, le Smic va se mettre en place prochainement dans le cadre de la grande coalition.
    Marteler encore et encore : « Voter PS, c’est Voter PSE ». « Voter PS, c’est voter pour le Smic Européen ».
  2. Rappeler que nous désignerons, pour la première fois, le prochain président de la commission Européenne.
    Rappel institutionnel : la Commission Européenne est l’équivalent du Conseil des Ministres. Le président de cette commission étant un premier ministre. Actuellement, il s’agit de M. Barroso. Ce dernier a été choisi dans l’ancien système par les chefs d’Etats : l’objectifs des chefs d’Etat était d’avoir la personne la plus transparente. Sur ce point-là, on ne peut que dire que M. Barroso a parfaitement fait ce qui était attendu à lui (c’est-à-dire : « RIEN »).
    Retour au rappel institutionnel : contrairement à la France, le Président de l’Europe n’a que peu de pouvoirs. Comme le président de l’Europe (Herman Van Rompuy) a peu de pouvoir, Le réel détenteur du pouvoir est donc le président de la Commission Européenne (le premier ministre donc). Ainsi, désigner le prochain président de la Commission Européenne, c’est désigner celui qui va impulser la politique européenne pour les 5 prochaines Années.
  3. Continuer de rappeler que notre candidat commun est Martin Schulz, actuel président du Parlement Européen. Le meeting réussi au cirque d’hiver était ainsi absolument nécessaire !
  4. Tout faire pour mettre en scène ce combat entre les candidats communs. A ce titre, M. Cambadélis, vous devrez mobiliser tous les députés socialistes pour qu’ils interpellent le CSA et France 2. Que France 2 envisage de ne pas diffuser le débat entre tous les candidats communs à la commission européenne est un scandale ! Vous devrez vous assurez que tous les socialistes qui passent dans les médias interpellent de manière directe les journalistes qui les interrogeront : pourquoi ne parlez-vous pas plus d’Europe ? Votre chaîne va-t-elle diffuser le débat entre les candidats communs ? Enfin, vous devez envoyer d’urgence à tous les militants socialistes une invitation à signer la pétition plus d’europe à la télé  ! Si cette pétition dépassait nettement 10 000 signatures, le message auprès du CSA serait très important !
  5. Mettre en avant les meilleurs candidats : Edouard Martin, qui sera l’un des rares ouvriers du futur parlement, est un très bon exemple.
  6. Et enfin, M. Cambadélis vous devez arrêter de jouer à « plus à gauche que moi, tu meurs ». Votre annonce que nous réviserons les règles de Maastricht, alors que ce n’est pas dans le programme commun est, euh, tout simplement, comment dire, en restant courtois et politiquement correct : risible, ridicule. M. Cambadélis, il n’est pas trop tard pour bien faire. Arrêter de raconter des idioties, qu’aucun autre parti socialiste européen ne défend.
  7. Racontez l’histoire économique du programme commun des socialistes européens : nous sommes d’accord pour réduire les déficits, mais nous avons besoin de plus de temps que ce que la droite européenne accorde à la France et aux autres pays. Surtout, si nous réduisons les déficits, l’Europe doit prendre le relais par des investissements dans le ferroutage, dans la jeunesse, dans l’énergie ou dans l’industrie.
    L’Europe doit arrêter de signer de signer des traites de libre-échange pour passer à des traités de juste-échange. Le libre-échange, c’est la concurrence, c’est le risque du dumping social. Le juste-échange, c’est valorisé l’environnement ou les critères sociaux dans les négociations. Enfin, s’il ne faut pas rejeter, en soi, des négociations avec les Américains, les députés socialistes européens ont raison d’être méfiants avec un traité transatlantique dont des éléments de la négociation échappent au contrôle démocratique. Ainsi, le vote sur ce traité transatlantique par les socialistes européens dépendra du contenu précis de l’accord.

Je suis militant socialiste, et parce que Martin Schulz est un bon candidat, parce que le programme commun est un programme crédible et clair qui permettra de réorienter l’Europe, je vais voter pour les listes PS sans l’ombre d’une hésitation. Mais, j’ai également envie de convaincre mes amis de voter (ce qui sera pas facile), et de voter socialiste (ce qui sera très compliqué). Alors s’il vous plait, aidez-moi en faisant une bonne campagne et en suivant ces quelques conseils !

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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