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Delors: L’Eurogroupe est moralement et politiquement responsable de la crise

 

Jacquers Delors s’exprimait il y’a peu devant le groupe SD du Parlement européen, et Notre Europe met à notre disposition son discours, que vous trouverez ci-dessous pour plus de commodité de lecture. Et nous qui connaissons la modération légendaire de Jacques Delors, voyons avec plaisir qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère et ne ménage pas ses mots.

 

 

Qualifiant au passage le nouveau Traité d' »usine à gaz », Jacques Delors reprend sa position classique sur l’absence d’équilibre d’un pilier monétaire par un pilier économique. Mais il en précise cette fois la signification et met en cause les ministres des finance composant l’Eurogroupe pour leur absence de courage politique à se mettre en cause les uns les autres. Il pointe en particulier les trucages grecs, la bulle immobilière espagnole et le fait que l’Irlande « faisait des folies avec ses banques ». Pourrions nous rajouter à son propos le bouclier fiscal à la française? Sa conclusion est sans appel: le Conseil Européen porte la responsabilité morale et surtout politique de la crise. La BCE en prend également pour son grade: aucun des représentants des banques centrales nationales n’a évoqué les sujets qui fâchent, et le Conseil de la BCE partage donc la responsabilité, « alors qu’ils ne viennent pas aujourd’hui nous donner des leçons. »

 

Plus fondamentalement, Delors revient sur ses opinions de l’époque et admet une erreur: pensant le fédéralisme impossible, il avait mis en avant la coopération entre Etats. C’est un échec et il en tire clairement la leçon: une monnaie unique ne peut exister que dans le cadre d’une union de transferts. Ce qui implique une reconstruction européenne. Ce qui implique une coopération renforcée véritable dans l’Eurozone pour créer des « transferts raisonnables ». Il faut un transfert de souveraineté vers les institutions européennes, faute de quoi il se fera implicitement vers l’Allemagne. Et ces institutions européennes ne peuvent pas être simplement en pilote automatique par des règles, mais doivent être politiques, « discrétionnaires » pour pouvoir s’adapter aux différences de chaque pays. L’Europe doit devenir le vecteur d’une nouvelle croissance durable, et y affecter les moyens financiers nécessaires. Des eurobonds le permettraient et créeraient un marché financier européen.

 

L’Europe doit enfin se doter d’une tête. Delors se livre à une défense poussée de la méthode communautaire, qu’il distingue d’un fédéralisme dirigé par la Commission: la méthode communautaire est dirigée par les gouvernements, qui décident en commun. Pas par les chancelleries qui contournent les institutions européennes pour se coaliser dans la préservation des intérêts nationaux. Le système mis en place ne débouchera sur rien de concret, car trop compliqué. La démocratie, c’est la simplicité. C’est les élections, et que les citoyens comprennent ce qui se passe.

Et pour terminer une formule magnifique: « l’Europe a le choix entre la survie et le déclin. C’est aussi simple que ça. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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