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© Wayne77
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France Inter = France inter-dite

Dans un passé récent, « Sauvons l’Europe » s’était distingué par sa campagne en faveur de plus d’Europe à la télé. Sans que cet objectif soit perdu de vue, une autre sonnette d’alarme mérite d’être tirée et de recevoir ici-même un écho dans la mesure où elle concerne la voix de la France en Europe et, plus largement, dans le monde.

En effet, comme de nombreux compatriotes installés à l’étranger – voire leurs amis « autochtones » – j’ai vécu en direct, en ce début de janvier, l’impossibilité de capter désormais France Inter par radio à la suite de son basculement sur les ondes FM.

Les permanents de service à qui l’on a confié la tâche ingrate d’entendre les plaintes téléphoniques des auditeurs frustrés ne peuvent que répondre par le conseil, prodigué par leur hiérarchie, de se reporter sur internet. Et, en effet, je m’imagine très bien sous la douche, à essayer de suivre sur ordinateur les chroniques politiques de Thomas Legrand ou de Bernard Guetta…

Survenant quelques mois après l’éviction du chroniqueur britannique très francophile Alex Taylor, une telle décision ne peut qu’accentuer la perte de crédit d’une radio de service public à laquelle beaucoup sont attachés depuis des décennies.

Le député (Assemblée nationale) des Français de l’étranger pour la circonscription du Benelux, Philip Cordery, s’était fait récemment le porte-parole des mécontents avant que cette maladresse à courte vue ne produise ses effets. Dans un courrier adressé le 9 décembre 2016 à Mme Azoulay, ministre (avec un passé de non-élue, ce qu’on reproche d’ordinaire aux commissaires européens), le parlementaire s’est ainsi ému de ce fait accompli ayant pour conséquence immédiate de priver des centaines de milliers d’auditeurs de la possibilité d’écouter leur radio favorite dans les conditions habituelles. Selon lui, il s’agit, « pour les Français résidant hors de nos frontières », de la rupture d’un lien particulièrement important avec le pays d’origine. Dans son interpellation, il soulignait que la réception de France Inter constituait par ailleurs un vecteur de diffusion de la culture française et de la francophonie à l’étranger. En conclusion, il invitait la ministre à réévaluer sa décision.

On ajoutera qu’à défaut un avatar aussi emblématique d’une atteinte au principe de non-discrimination pourrait peut-être, à l’occasion, intéresser les juges…

 

Gerard Vernier

  

     Gérard Vernier, ancien fonctionnaire à la Commission, enseignant à l’Université Libre de Bruxelles

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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