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La Hongrie doit respecter l’Etat de droit

La Hongrie

Capitale : Budapest

Population : 9,83 millions d’habitants

Adhésion à l’Union européenne : 1er mai 2004 et membre de l’espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.

Le chef de l’Etat est Janos Ader, celui du Gouvernement est Viktor Orban, le Commissaire européen hongrois chargé de l’éducation, de la culture, et la jeunesse et des sports est Tibor Navracsiz.

La Hongrie dispose, en Europe, de : 21 sièges au Parlement européen, de 12 représentants au Comité des régions ainsi que de 12 sièges au Comité économique et social européen. Elle a assuré, pour la première fois, la présidence de l’Union européenne en 2011. A la Confédération européenne des syndicats – CES – quatre centrales syndicales hongroises sont représentées.

 

Le Gouvernement hongrois, va accentuer les dérives portant atteintes aux libertés

Le 8 avril dernier, le chef du gouvernement hongrois, Viktor Orban – grand admirateur de Vladimir Poutine – avec son parti le Fidesz, gagne les élections législatives avec 48,5%, un taux de participation de 69,4%, et une majorité des deux tiers au Parlement avec 133 sièges sur 199.

Fort de ce succès Viktor Orban va poursuivre sa stratégie de tentative de démantèlement des acquis européens contenus dans les traités européens et dans la charte des droits fondamentaux.

Pour la société civile organisée, c’est le pire des scénarios. Le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, a fait savoir que la première mesure du troisième mandat consécutif d’Orban serait de fermer « les organisations se mêlant de politique ». Autre conséquence : tous les financements étrangers pour l’aide aux réfugiés seront taxés de 25 %, même le fonds de l’Union européenne ou celui des Nations unies. Sans compter les 175 kms de barbelés entre la Hongrie et la Serbie…

La Hongrie, comme la Pologne et tous les autres pays qui ont rejoint l’Union européenne, notamment depuis le 1er mai 2004, l’ont fait sur la base de trois critères définis par le Conseil européen de Copenhague en décembre 1993 :

Critère politique : la présence d’institutions stables garantissant la démocratie, l’Etat de droit, les droits de l’Homme, le respect des minorités et leur protection ;

Critère économique : l’existence d’une économie de marché viable et la capacité à faire face aux forces du marché et à la pression concurrentielle à l’intérieur de l’Union ;

Critère de l’acquis communautaire : l’aptitude à assumer ses obligations découlant de l’adhésion et notamment de souscrire aux objectifs de l’Union politique, économique et monétaire.

« Tous ceux qui souhaitent adhérer à l’Union doivent respecter les critères d’adhésion », oui mais après ??

 

Respect démocratique et carton jaune :

« La boîte à outils des institutions européennes face à ce genre de défis est insuffisante. Il faut durcir la ligne par rapports à ces Etats membres mettant à mal les valeurs de l’Union européenne, mais surtout la rendre effective » déclare Enrico Letta, ancien Président du Conseil italien et Président de l’Institut Jacques Delors et de poursuivre : « Il faut que l’Europe dispose d’un carton jaune à l’encontre des Etats membres », pouvant aller jusqu’au carton rouge, si nécessaire.

La mise en œuvre de la procédure de l’article 7 du Traité est trop complexe pour aboutir aux sanctions en cas d’infractions aux valeurs de l’Union et de plus il requiert l’unanimité…

Autre réflexion serait de trouver les moyens de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne basée à Strasbourg. Alors que les discussions à propos du cadre financier ont débuté, la question du conditionnement du versement des fonds structurels au respect de l’Etat de droits est régulièrement évoquée.

N’oublions pas que la Pologne est le plus important bénéficiaire des fonds structurels et la Hongrie « en est le plus important en ratio de son produit intérieur brut, puisque 3% de celui-ci provient des fonds structurels » précise le chercheur Martin Michelot, directeur adjoint de l’Europeum Institute for European Policy à Prague.

Sur le long terme, la réponse européenne à la dégradation de l’Etat de droit en Europe devrait se concentrer sur le strict respect des critères de Copenhague.

Enrico Letta propose la création d’une commission « Copenhague » réservée à la surveillance, à l’évaluation du respect de ces critères et à leur application après l’adhésion.

Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour redonner de la crédibilité à l’Union européenne et aux citoyennes et citoyens les possibilités d’agir pour que la démocratie soit totalement respectée dans l’Union européenne.

Pour en savoir plus : wwww.institutdelors.eu

À propos Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe
  • Babar

    Sous le vocable et la pratique de la démocratie illibérale se cachent tous les principaux ingrédients à l’origine du suicide de l’Europe au début des années 1930:
    – autoritarisme assumé et « populaire »
    – mise au pas des des contre-pouvoirs institutionnels ou civils, (Justice, Media, ONG)
    – narratif historique ad hoc (avec debut de rehabilitation de l’Amiral Horthy)
    – capitalisme de connivence (marches publics « friends and family »)
    – chef charismatique,
    – adhésion populaire massive,avec recours fréquent au referendum aux questions biaisées
    – nationalisme ethnique intérieur au delà les frontières (avec ici une dose de religion d’Etat)
    – discours xénophobe.
    – recours systématique aux boucs- émissaires.

    Ajoutez a ces ingrédients. dans le cas Orban, une forte dose de schizophrénie a propos de l’UE: on tape dessus le weekend (et en période électorale), le reste du temps on encaisse les chèques de ladite Europe.

    Le seul ingrédient style « années trente » qui ne figure pas dans la recette Orbanienne est la porosité entre extrême droite et extrême gauche.

    Les résultats sont là, ça fonctionne : la « droite forte » et l’extrême droite confortent leurs positions, réunissant a eux deux 80% des sièges au Parlement (monocaméral !) de Hongrie.

    Les Trois Singes (P, P, et E) n’ont rien vu, rien entendu et ne disent rien, quant aux Salvini, Wilders et autres « patriotes » ils applaudissent la sortie du nouveau modèle années trente.

    Selon l’idéologie « peuples contre élites » la démocratie étant décrite comme un luxe pour élites, autant s’en débarrasser tout en gardant le vocable. Le « peuple » se fout de la démocratie, parait il,tant qu’il y a du pain et des jeux

  • Marc Soufflet

    on ne comprend pas bien ce que vous voulez dire
    il est clair que le chef du gouvernement Hongrois a été élu par près de 50% des voix, ce qui est énorme, donc il a le droit pour lui
    rappelez nous avec quelles voix les commissaires européens ont été élus !?
    quand est ce que vous vous mettrez à respecter la voix du peuple qui voit plus clair que les dirigeants non élus de l’UE, ceux-là même qui veulent imposer à toute l’Europe leurs migrants , nous imposent des normes idiotes, détruisent nos régions en les regroupant entre entités qui n’ont rien à voir, nous pondent des lois à tour de bras que nous français on s’empresse de durcir encore
    les hongrois, les polonais, les tchèques, les slovaques etc … savent bien ce qui est bon pour eux et nous ferions bien de nous en inspirer

    • Gerard Vernier

      Vous vous faites l’écho d’une erreur récurrente de mise en perspective au sujet de la désignation des commissaires européens.

      Il convient d’abord d’observer que le Parlement européen, institution procédant d’une élection au suffrage universel, intervient de manière prépondérante dans la « ratification » de leur nomination – et ce à l’issue d’une longue procédure qui implique entre autres un véritable « examen de passage », dont – des précédents l’ont montré – les candidats proposés par les gouvernements nationaux ne ressortent pas toujours investis.

      Il y a lieu également de souligner que les ministres siégeant dans ces gouvernements et qui sont, à leur niveau, les interlocuteurs des commissaires ne sont pas davantage DIRECTEMENT élus pour l’exercice de leur mandat. Personnellement, je n’ai aucun souvenir d’avoir participé à l’élection de tel ou tel ministre en France…

      … si tant est que, d’une manière plus générale, ces ministres de plein exercice ou secrétaires d’Etat aient eux-mêmes, avant leur nomination au gouvernement, été confrontés, d’une manière ou d’une autre, à une compétition électorale au niveau local, régional, national ou européen. Un nombre significatif d’entre eux ont, certes, connu l’épreuve du vote, mais d’autres non, leur nomination au gouvernement étant une consécration de leurs compétences techniques. Du reste, si l’on s’intéresse un tant soit peu à la biographie des commissaires européens – information aisément accessible sur le site « Europa » – on constate que la très grande majorité d’entre peuvent se prévaloir d’une expérience d’élu(e)s dans leur pays d’origine ou au Parlement européen.

      Toutes ces mises au point pour souligner qu’il n’est pas inutile de remettre de temps à autres l’église au milieu du village pour dissiper le brouillard souvent savamment entretenu par la désinformation au sujet du fonctionnement de l’UE et dont certains citoyens, sincères mais crédules, sont victimes.

    • Babar

      Reponse en 5 points

      1- Sans l’ Europe les pays que vous citez seront relégués au rang de ces grandes réussites, telles ces grandes démocraties « independantes » que l’ Ukraine, la Moldavie ou la Belarus.
      Sans l’ UE ces pays ne sont plus rien.

      2- Les migrants « imposes » par l’ UE : le quota proposé était de 1,53% pour la Hongrie. Par exemple pour un total de 3 millions de demandeurs d’asile (sur 3 années en Europe) cela fait a tout casser 4500 personnes (a supposer 1/qu’ils y restent 2/que leur demande d’asile soit acceptée) soit 0,??% de la population Hongroise! Oui la Hongrie a du faire face a une forte vague migratoire, mais une infime partie de celle ci souhaitait y rester.

      3- le Président de la Commission est un élu. Les Commissaires sont auditionnes et parfois rejetés par le Parlement Européen, enfin depuis quand élit on des ministres d’un gouvernement? Les ministres français sont ils auditionnés par le Parlement?

      4- Enfin cette histoire de régions « détruites » ou « regroupées en entités qui n’ont rien a voir? » qu’est ce que l’UE a a voir la dedans?

      5- et concernant votre conclusion : cela signifie t il que les Allemands, les Français ne savent pas « ce qui est bon pour eux »?
      Et bien evidemment le musellement des media, la dependance de la Justice, le racisme et l’antisemitisme c’est « bon pour eux? »

      • Gerard Vernier

        Je constate que nous sommes sur la même longueur d’onde (voir mon commentaire publié ci-dessous il y a trois jours): nos réponses se font écho et se complètent, en tout cas sur un point fondamental concernant le mode de désignation des « gouvernants ». Heureusement, en bonne pédagogie, il n’est pas contreproductif de se montrer parfois répétitif !

  • Michel Collomb

    Qu’entendez-vous par « passer à la vitesse supérieure”? S’agirait-il de modifier la législation européenne, par exemple en réduisant le nombre de députés européens auquel ces pays rétifs ont droit? Ou bien de les exclure de certains programmes européens? Ou encore de soumettre leurs travailleurs venant travailler sur nos chantiers à un prélèvement fiscal beaucoup plus lourd?
    Les migrants ne peuvent pas servir de paramètre d’ajustement dans la construction européenne, car certains des pays-membres ont un intérêt évident à en accueillir.
    Aller plus vite, oui, mais dans quelle direction?
    Michel Collomb

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