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La responsabilité de la Gauche espagnole : s’unir !

Comme hier au Portugal, les citoyens espagnols ont brisé ce week-end le cadre éprouvé du bipartisme. Les conservateurs sortants (et nous l’espérons, sortis), vont conformément aux traditions constitutionnelles tenter de former un Gouvernement minoritaire. S’ils n’y parviennent pas de prime abord, comme il est probable, ce sera au PSOE de tenter la chose.

Arithmétiquement, une majorité de gauche est sortie des urnes. Elle combine le PSOE, Podmemos (le Syriza espagnol) et Ciudadanos, nouveau parti centriste. Leurs plateformes politiques se concilient mal, en particulier sur la relation à l’Union européenne (Podemos conserve des positions de rupture très nettes) et sur l’indépendantisme catalan. Il est de leur responsabilité historique, dans un pays frappé par l’austérité, de s’accorder sur un programme économique et social de compromis et sur une gestion démocratique de la question catalane.

Observons également que ces élections, là encore, marquent une forte demande de renouvellement des cadres politiques. Les deux partis historiques réalisent le pire résultat de leur histoire conjointe et deux partis inconnus il y a deux ans ont un tiers des députés. Est-il absolument nécessaire que ce renouvellement soit porté en France par le Front National? Est-il normal que seul le retour politique de Bernard Tapie mette la situation des jeunes au centre du discours? Où sont les forces politiques républicaines qui porteraient ce discours?

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Chisséen

    Les contradictions sur les questions nationales et européennes ne sont pas l’apanage des partis espagnols. Le seul choix de sortie par le haut c’est une « union toujours plus étroite » entre les pays européens qui respectent les principes et une démocratisation des institutions européennes. Sans « plus d’Europe » (et moins de bureaucratie), il n’y a pas d’issue pour les chamailleries nationales sur le développement et la justice sociale. On voit mal, en l’espèce, qu’une union entre pro-européens et partis favorables à une rupture avec l’Europe, ait une quelconque chance de durée. Sauf à ce que l’Europe elle-même jette le gant !

    • Marc Blasband

      S’unir est une exigence pour tous en Europe, pas seulement en Espagne. La fragmentation en Belgique (d’où je suis) est pathétique. La ratage de l’union de socialiste et des écolos en France a prouvé être désastreuse. Oublions nos différences de virgules, oublions nos ego surdimensionnés, travaillons ensembles.

  • Munatius

    « de droite » ou « de gauche » ..il faut sortir de ces divisions d’un autre age et réaliser l’Union des Européens,pour un avenir pour tous..!

  • pap 63

    Encore un exemple d’institutions non adaptées à l’état de nos sociétés.
    Il ne peut exister de bipartisme.ìl est urgent de revenir à une situation de recherche de consensus dans un cadre unique qui serait celui de l’égalité en droits de tous les humains dans l’espace et le temps, la reconnaissance que notre planète appartient à tous les êtres humains vivants ou à venir, et que nous devons créer des structures démocratiques pour en gérer les ressources et non obéir aveuglément à la finance et aux lois du marché. Un premier pas vient d’être franchi avec la COP 21, il est urgent de le transformer pour défendre la vie et lutter contre toute forme d’exclusion. En sachant que les solutions seront diverses et variées même si elles feront toutes appel à la solidarité. Ceci est valable à tous les niveaux de gestion territoriale tant régionales quenationales ou continentale.

    • seveg

      Bravo totalement d’accord. C’est le chemin qui paraît a priori le plus difficile, parce qu’il est totalement neuf et constitue pour le coup une vraie rupture avec les habitudes politiques du conflit, mais pour moi aussi il me semble le seul possible.

  • Alexandre Martin

    Je partage l’analyse de cet article -même si j’aurais choisi une image moins cliché pour l’illustrer. En Espagne cependant (j’en suis originaire) la relation à l’UE n’est pas un sujet aussi obsessionnel et clivant qu’il ne l’est malheureusement dans la plupart des pays de l’UE, France comprise. Les espagnols continuent d’être fiers d’appartenir depuis 86 à l’aventure européenne, et leurs critiques portent avant tout sur les responsables politiques nationaux. Les difficultés à monter des coalitions viendront d’autres sujets, tels que la question Catalane ou la révision du mode de scrutin. Il faut espérer que les formations politiques, nouvelles comme anciennes, sauront les dépasser en faisant preuve de responsabilité. C’est peut-être une nouvelle ère politique qui s’ouvre, non seulement en Espagne mais à travers l’UE, avec des clivages politiques fondamentalement revisités, et l’émergence d’une nouvelle culture du compromis. A cet égard le fonctionnement du Parlement Européen, qui ne connait pas la majorité absolue, devrait servir d’exemple.

    • L’existence d’une majorité claire n’est pas en soi une mauvaise chose: elle permet d’attribuer plus clairement à un camp ou l’autre ses responsabilités. Mais nous gagnerions à une politique moins caricaturale, ce que le Parlement européen fait très bien. Désolé pour l’illustration, trouver des images libres de droit sans y passer trop de temps est parfois une gageure.

    • Gérard Vernier

      L’image choisie peut, certes, apparaître comme un cliché, voire pourrait heurter certaines sensibilités du côté des amis des animaux. Mais, en dépassant la connotation purement ibérique, il n’est pas défendu de se souvenir de ce que la mythologie nous enseigne que Zeus, très épris de la jeune princesse Europe, se métamorphosa en taureau (blanc, selon la légende) pour séduire et enlever celle-ci. Un symbole qui ne manque pas de donner à réfléchir à la lumière des tribulations que révèlent tant le passé que le présent de notre continent.

  • Jean-François Launay

    Ciudadanos est plutôt de centre droit et son leader, Rivera, a annoncé qu’il ne se joindrait pas à une « coalition des perdants ». Podemos qui n’a qu’un lointain rapport avec Syriza – ses leaders ont plus été inspirés par le chavisme – ne manifeste pas un enthousiasme délirant à l’idée de s’allier avec un PSOE auquel il a d’ailleurs taillé des croupières. La situation semble donc fort bloquée et l’on va vers une non-gouvernabilité http://www.deblog-notes.com/2015/12/une-espagne-ingouvernable.html

    • D’où effectivement notre position que chacun va devoir faire preuve de responsabilité et que ça ne va pas être simple.

      • Jean-François Launay

        C’est la saison : on peut croire au père Noël.

        • Aucune solution n’est simple vu ce résultat électoral. Autant en choisir de bonnes?

  • Pingback: A quoi joue Podemos? | Sauvons l'Europe()

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