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L’austérité ne gagne plus

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Trois enseignements « à chaud » des élections partielles en Allemagne:

 

La Rhénanie-du-Nord hier, toute l’Allemagne demain ? L’élection partielle qui s’est déroulée dans ce land de l’est du pays (Cologne, Düsseldorf) a provoqué un petit séisme dans la vie politique allemande. Défaite historique de la CDU, victoire des sociaux-démocrates et progression du parti pirate : cette élection a montré les profonds changements qui pourraient apparaitre très rapidement dans la vie politique allemande. Et toute l’Europe ferait bien de s’y intéresser… Plus précisément, ce scrutin nous offre trois enseignements :

L’austérité ne gagne pas

Il était de bon ton, jusqu’à il y a quelques mois, de décréter que les adversaires du « tout austérité » en Europe étaient de doux rêveurs : 22 pays sur 27, et parmi les plus peuplés, étaient à droite. Il ne restait plus qu’à se résoudre à ces politiques où « croissance » et « emploi » sont des mots oubliés au profit du sacro-saint « équilibre budgétaire ». Après la victoire de François Hollande dimanche dernier, la droite conservatrice perd une nouvelle fois du terrain : le scrutin partiel allemand est un véritable revers pour la droite. La CDU, avec 26 % des voix en Rhénanie du nord, réalise son plus mauvais score jamais obtenu dans ce land. Certes le FDP a dépassé le score que leur promettaient les sondages avec plus de 8 % des voix, mais la droite rassemblée ne réalise que 34 % contre près de 43 % lors du précédent scrutin, en 2010. En France, comme en Allemagne, l’austérité ne gagne pas, elle perd du terrain.

Les partis réformistes progressent

Cette défaite du camp de l’austérité ne serait pas matière à se réjouir, pour des européens progressistes, si elle ne s’était pas accompagnée d’une nette victoire du camp réformiste et pro-européen. Les sociaux-démocrates et les verts progressent, totalisant à eux deux plus de 50 % des voix, une progression d’environ 4 points par rapport au précédent scrutin en 2010. C’est une bonne nouvelle. La montée en puissance des partis progressistes en France et en Allemagne est essentielle à la relance du couple franco-allemand comme moteur de l’Union Européenne. Un tel couple, de gauche, réformiste, serait à même de mettre en œuvre les politiques de relance et de solidarité intra-européennes dont le peuple européen a besoin.

Quand la contestation change de porte-parole

Un élément de ce scrutin sera peut-être moins commenté mais n’en est pas moins fondamental : la progression du parti pirate, qui, avec presque 8 % des voix, fait jeu égal avec le FDP, s’accompagne de la poursuite de la chute du parti de la gauche « Die Linke » (moins de 3 %). Ovni politique, incompréhensible pour ceux qui voient la vie politique actuelle avec des yeux des années soixante-dix, le parti pirate et sa progression mériteraient plus que quelques lignes pour être analysés. Disons tout de même que, du mouvement des indignés au parti pirate, une nouvelle forme de contestation semble se mettre en place en Europe. Plus libertaires, moins structurés, ajoutant la notion de conflit de génération à celle de la lutte des classes, ces nouveaux mouvements mériteraient d’être mieux compris par les progressistes européens. C’est un appel au renouvellement de la vie politique, de ses pratiques et de ses courants idéologique qui est lancé en Allemagne. Bien plus, il se fait entendre dans toute l’Europe.

 

Ce n’est qu’une élection partielle qui s’est déroulée hier soir. Mais il s’agissait du land le plus peuplé d’Allemagne. Surtout, elle est le signe de profonds bouleversements qui augurent une campagne électorale allemande de 2013 que les peuples européens auront intérêt à regarder avec beaucoup d’attention.

 

Antoine Terrien

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Enfin, on souffle un peu et l’horizon n’est plus bouché!
    A 90 ans, je n’espérais plus guère de renversement et méditais tristement sur mes espoirs de 1946!
    La raison vient quand même aux peuples mais il faut savoir attendre…

    Bonne suite électorale à tous…

    M.R.Isambert 64700 Bayonne

  • Niko

    Bon article sur un sujet très important qui mérite un approfondissement.

    Je me permets juste de corriger pour nos amis peu ou pas germanophiles, Düsseldorf et Cologne sont à l’ouest et non à l’est. Et qu’on ne me sortent pas la vieille et obsolète référence à la division Est-Ouest de l’Allemagne. (Cf.:http://www.questmachine.org/article/L_Allemagne_:_le_g%C3%A9ant_de_l_Europe_Occidentale)

  • HERBINET

    L’Europe serait-elle maraboutée par les Fleurs du mal ? Dans le village global aux identités plurielles, une folle angoisse traverse la chevauchée fantastique. Les milieux d’affaires angoissent en regard des sombres perspectives d’avenir. Oscillante entre morosité et pessimisme, l’opinion publique exprime sa crainte du chômage. Les créances douteuses et les dettes souveraines alimentent les turbulences des marchés gagnés par la volatilité. D’autant que le ralentissement économique de la zone euro dramatise les conditions du marché du travail.

    Que l’Europe des Affaires nous sorte de l’ornière !

    Sortir de l’ornière ou subir l’angoisse ? Pour autant, le Medef, pionnier et éclaireur, plaide en faveur du fédéralisme en insistant sur une audacieuse Europe des Affaires. A l’instar du marché des panneaux solaires, les marchés porteurs représentent la poule aux oeufs d’or. Ne pas subir la mondialisation, mais s’intégrer dans le processus d’internationalisation, BORN GLOBAL est l’art d’entreprendre dans les biotechs, dans les cleantechs et dans les high-techs. En quête de croissance et d’emplois, BORN GLOBAL utilise la diversité culturelle, avec pour credo de voir  » l’opportunité dans chaque difficulté  » . Soutenue par le Medef, la  » compétitivité équitable  » assure aux entreprises un environnement mondial compétitif sans dumping fiscal, social ou monétaire. Loin du débat politique avec querelles politiciennes, luttons contre l’endettement européen, régulons la mondialisation, fédéralisons les dettes, brandissons l’européanisme, mettons en lumière un socle de valeurs communes, simplifions la reconnaissance des diplômes à l’échelle européenne et dépassons l’Europe des nations pour nous diriger vers l’Europe des peuples. Vivier de compétences plurielles, Paris, Berlin, Nicosie sont des preuves vivantes du creuset des richesses de la culture européenne.

    Que le chemin de croix est long !

    Impasse politique ou refondation de la gouvernance ? Opacité et lâcheté conduisirent l’Occident à s’embourber. Les crises à répétition s’analysent dans la multicausalité : spéculation, court-termisme, cupidité, capitalisme mal gouverné et unité monétaire sans réelle coordination politique. Las du simulacre de vérité, las des tromperies politiciennes, le citoyen, banquier de la démocratie, exerce un contrôle démocratique. De la puissance de son régime, du partage de sa vision, la démocratie européenne finalise la solution politique à la crise de la dette souveraine, sans chimère, sans propagande, avec l’assurance de la médiation de l’information. Si épineuses fussent-elles, les questions relatives aux faiblesses de l’euro, à l’irresponsabilité des actionnaires et à l’abus de pouvoir des marchés financiers, étaient au centre des débats démocratiques dans l’enceinte du village global. Rendant hommage à la pensée humaniste du XVIIIème siècle, les  » héritiers  » dénoncent la DEPRECIATION du FUTUR. Par ailleurs ils proposent de bâtir des économies en adéquation avec le cercle vertueux du développement durable, d’étendre les principes de la démocratie au sein des processus des entreprises, d’inverser le rapport de force par l’écologie et par le social, de retrouver le rythme long de l’innovation. Et si nous sonnions le glas de l’actionnaire roi ?

     » Où se termine l’arc-en-ciel  »

    Au diable les herbes acides !

    Que la démocratie européenne triomphe !

    Au jardin européen, cueillez les Fleurs plurielles !

    Que les toques cuisinent l’acception fédérale de la construction européenne !

    A l’aune des fondements de nos identités plurielles naîtra la culture européenne !

    Que s’affirme l’identité européenne, s’inscrivant dans un temps long et dans un espace de paix !

    Pierre-Franck HERBINET

  • Bellenger Pierre

    Je retiens la phrase :
    La montée en puissance des partis progressistes en France et en Allemagne est essentielle à la relance du couple franco-allemand comme moteur de l’Union Européenne. Un tel couple, de gauche, réformiste, serait à même de mettre en œuvre les politiques de relance et de solidarité intra-européennes dont le peuple européen a besoin.

    C’est exact, mais tant qu les progressistes ne dénonceront pas le traité de Maastricht, ce sera vain, car qui a le pouvoir juridiquement : La Finance . Il faut à tout prix reconquérir le primauté du Politique sur l’économie et la finance.

  • HERBINET

    Très chers fédéralistes,

    Comment parvenir à un équilibre entre croissance économique et protection de l’environnement ? Admirateur d’Andrée CHEDID, Pierre-Franck HERBINET *(1) brandit  » Ni du limon, ni de l’étoile; nous tenons de l’un et l’autre à la fois. Les contraires embroussaillent nos chemins; notre avance se réalise à la lente cadence du choix.  » Sachant que le modèle actuel de développement conduit à des crises multiples, le développement durable avec des objectifs clairs s’impose comme LE modèle pour les deux prochaines décennies.

    D’autre part, la paix, la compréhension mutuelle entre les cultures et le dialogue en faveur d’une société pluraliste sont aux centres des orientations pour la continuité culturelle.

    Veuillez recevoir chers fédéralistes, l’assurance de nos salutations distinguées.

    Le Directeur de la Publication.

    *(1)
    Pierre-Franck HERBINET,
    Ancien Secrétaire Général du Mouvement Démocrate Jura,
    Ancien télé conseiller de Corinne Lepage,
    Membre de la commission égalité des genres et des chances du Mouvement européen,
    Membre de la Société Civile Européenne,
    En adéquation avec le réseau ETAL.

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