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Le beau Danube noir

2004 : adhésion de la Hongrie à l’Union européenne. Union européenne, terre d’accueil (sic), de la liberté d’expression et gardienne des droits de l’Homme.
2010 : Viktor Orban, membre du parti populiste Fidesz, devient le Premier Ministre hongrois.
Et en 2016 ?

En six ans, la Hongrie a changé de visage. Sieur (F)Orban n’a de cesse de réduire la liberté de la presse a une peau de chagrin. L’Autorité de surveillance et le Conseil des médias, créés en 2010, sont censés veiller à ce que tous les médias livrent une information « objective ». Une fois le postulat posé que ces deux organismes sont contrôlés par le Gouvernement, seules les mauvaises langues s’aviseront d’affirmer que la liberté de la presse est effectivement devenue un « objet » observé de loin. Rappelons que l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, à laquelle le TUE reconnaît la même valeur que les traités, est intitulé « Liberté d’expression et d’information »… Cette disposition va même plus loin que la Convention européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe, en prônant dans son alinéa 2, que la liberté des médias et leur pluralisme doivent être respectés.
Aujourd’hui le citoyen hongrois, surtout s’il n’est pas un fervent utilisateur des réseaux sociaux est informé par des médias nationaux totalement biaisés et au service de la propagande du régime. Les quelques médias indépendants autorisés à survivre afin de donner une impression de pluralisme médiatique sont souvent harcelés par des procédures administratives interminables (telles que la réaffectation de leurs ondes hertziennes ou la redéfinition de leur statut juridique) et souffrent de l’érosion de leur revenus publicitaires suite à la crainte grandissante de nombreux annonceurs de se voir l’objet de représailles politiques si ils financent ces médias à travers la publicité. C’est par exemple le cas de Klub Radio, radiodiffuseur privilégiant le débat et la confrontation des idées qui depuis quelques années est forcé de se tourner vers ses auditeurs pour récolter les fonds nécessaires à son fonctionnement.
Outre ces mesures liberticides, le Fidesz n’a pas manqué de modifier le fonctionnement des institutions publiques, s’assurant une mainmise croissante sur le fonctionnement de l’Etat (de non droit), exacerbant les discriminations, sans oublier le traitement inhumain réservé aux migrants.
Sauvons l’Europe n’avait pas manqué de réagir face à cette négation démocratique qui ne cherche plus à se dissimuler, au sein même de l’Union européenne : c’est pourquoi nous soutenon sans hésiter l’initiative citoyenne européenne (ICE) Wake up Europe, Act4democracy, lancée en octobre 2015 par plusieurs démocrates européens. Elle exige de l’Union européenne qu’elle mette en place un contrôle systématique de l’état de la démocratie et des droits de l’Homme en Hongrie, et qu’elle exhorte le gouvernement hongrois à retrouver le chemin des valeurs européennes. N’hésitez plus à la signer et à la diffuser dans vos réseaux en cliquant ici !

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • pap 63

    A des niveaux plus ou moins élevé, force est de constater que les pays composant cette union Européenne sont loin de respecter aussi bien la Charte des droits fondamentaux que la convention Européenne des droits de l’homme.
    Les libertés sont un peu partout remises en cause pour des questions de “sécurité“! Et cela me semble provenir d’une mauvaise approche, tant de la notion de liberté que de celle de sécurité.
    Pour ces deux notions, il faut faire appel à la notion de responsabilité.
    Le risque zéro n’existe pas, vivre c’est prendre des risques raisonnables.
    Ma liberté n’est pas limitée par celle des autres, mais au contraire prolongée.
    Et pour ce qui concerne la France, il faut voir comment est traitée la presse numérique!
    Un autre domaine où nous sommes défaillant est celui de la solidarité tant entre pays, qu’entre citoyens, et je ne parles pas de ce refus d’accueil des migrants. Les accueillir c’est voir en eux des “frères“, écouter et comprendre leurs problèmes et voir avec eux quelles solutions ont peut apporter à court, moyen et long terme.
    La démocratie ne peut vivre que fondée sur le respect de la dignité de tous et non sur la méfiance généralisée.
    Une collectivité se doit d’avoir des règles de vie en commun permettant le respect de tous les êtres humains tant en son sein,qu’à l’extérieur de cette collectivité. Cela concerne tous les actes tant individuels que collectifs.
    Compte tenu de la situation actuelle, tant en France, qu’en Europe ou au niveau planétaire, il est urgent que les citoyens s’interrogent sur leur niveau d’information, sur leurs actes et ceux de leurs élus. Mais aussi sur leurs institutions et leur fonctionnement : Garantissent elles l’égalité en droits de tous les êtres humains?(Essentiellement un citoyen = une voix)
    Et protègent les droits fondamentaux pour tous.
    Ma réponse personnelle est négative à toutes ces questions. Je déduis aussi de cette interrogation que la cause principale de cette négation est la primauté d’intérêts personnels ou privés prise sur l’intérêt général.

  • ulrich

    Est-il possible que l’Europe sera frappée par les déralliement de l’Italie et des pays balcaniques ?

  • jcb

    Bien sûr ça n’est pas très joli, mais il semblerait injuste de porter un jugement réprobateur sur la seule Hongrie qui apparaît comme un témoin de son époque, touchée par la crise financière, crise de l’Euro, crise sécuritaire, crise des migrants : chaque pays en Europe cherche des solutions à portée de main, à l’occasion en puisant dans le populisme ou des réflexes nationalistes qu’on préfèrerait anachroniques – l’Angleterre, la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark n’en sont pas exemptés – révélant l’absence de lieu d’échanges et de traitement des questions politiques à un niveau supra-national. Sauvons l’Europe est-elle en mesure de présenter un récapitulatif des propositions aujourd’hui portées par des responsables politiques, syndicaux ou privés pour un rebondissement européen d’envergure, ou bien de commenter les positions européennes des candidats français aux prochaines présidentielles ? Lors de l’intervention récente du président à la télévision, le sujet n’a pas été abordé ; et les candidats sont discrets sur le sujet. Quant au Brexit, le vote a lieu dans un mois et l’absence de connexions entre les citoyens français et la politique britannique ne permet pas de suivre les échanges qui ont lieu, donnant l’impression que seule la Grande-Bretagne est finalement concernée. En France, l’absence de déclarations des intervenants relayés par les médias ne permet pas de savoir si la question européenne est évitée du fait d’une éventuelle impopularité électorale et médiatique ou si tout simplement plus aucune perspective de maintien de l’intégration n’est encore portée par personne. Pourtant le marché commun, l’euro et la BCE sont des réalités qui semblent difficilement négligeables par un candidat à la présidence de la république.

  • palomby

    Le non respect des engagements d’adhésion devrait entraîner la suppression des subventions et rapidement, si pas de réaction, une exclusion de l’UE . Les politiques sont des mous ! Comme l’Europe qui représentait un espoir hors du commun pour les peuples. C’est un paradis de spéculation que se sont créé les riches . Rien à foutre des peuples et si çà bouge un peu trop on jette des miettes……
    Il faut changer les règles de cette Europe ridicule.

  • Danielle Foucaut

    On a accueilli bion trop vite et sans conditions réelles, les états du bloc de l’est après la chute du mur de Berlin. le résultat est là…et ce n’est pas fini|!

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