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Le monstre Lunacek

La mobilisation de la France catholique dans la rue commence à faire sévèrement tourner la tête à l’UMP. Hier, elle piétine violemment les mesures de non-discrimination mises en place à l’école par… le gouvernement Sarkozy. Aujourd’hui elle découvre un nouveau monstre européen à abattre: le rapport Lunacek.

Quel nom! La sonorité évoque une idée lunatique, une absurdité comme on ne peut en voir surgir que des tréfonds les plus noirs de l’Europe (en l’occurrence les verts autrichiens, tendance deux mamans) avec un petit côté carpathes dévoreur d’enfants du meilleur effet.  Car attention, le gouvernement ou les lobbys LGBTI (c’est quoi le I?) bloqués en France par les marcheurs infatigables cherchent à contourner l’obstacle de nos fiers paladins par la contrainte européenne. Alors que rien à voir, le rapport Lunacek est une initiative du Parlement européen sur l’écheveau depuis des années.

Qu’y a t-il de si terrible là-dedans? Passons sur le verbiage classique (« une nouvelle définition de l’identité humaine »). Le Parlement européen demande depuis 10 ans à la Commission d’établir une feuille de route contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, comme il y en a sur le racisme, les roms, etc… Ne voyant rien venir, il met en place un projet de feuille de route qu’il adresse respectueusement à la Commission. On mesure le changement de civilisation!

Concrètement, ce rapport propose deux choses qui fâchent:

– la reconnaissance par chaque Etat de l’état civil des autres Etats, ce qui signifie qu’un résident d’un pays y ayant légalement changé de sexe ou étant entré dans un PACS ou un mariage avec une  personne du même sexe, devrait pouvoir exiger dans les autres pays que ce statuts soit reconnu. A l’heure actuelle, le passage de la frontière peut vous transformer d’homme en femme, et vice-versa. Mais pour l’UMP, chacun chez soi.

– une éducation sexuelle adaptée à ces sujets. Le gouvernement Sarkozy l’a fait en France, mais pour l’UMP c’est désormais une ligne rouge. On ne parlera même pas d’échanges de bonne pratique et de coordination non impérative.

Concrètement, le rapport Lunacek est issu d’une démarche de consensus entre les différents groupes parlementaires européens, le PPE, l’ALDE, SD, les Verts et la GUE. Il enregistre donc ce qui se fait de plus partagé au niveau européen par des députés qui ont été élus sur une base partisane nationale. Mais l’UMP a choisi de s’en désolidariser (avec les droites allemandes et autrichiennes et bien sur toute l’extrême-droite) et se trouve donc dans une position fortement minoritaire. Mieux: elle a voté un contre-rapport présenté par … Philippe de Villiers.

Signalons pour terminer le cas de l’UDI, dont la majorité a voté de concert avec l’UMP. Nous avons déjà soulevé les difficultés que posaient la présence de l’UDI au sein du groupe UMP, compte tenu de la solidarité de groupe qui se met naturellement en place. Nous n’en saluons que plus le vote dissident de Jean-Marie Cavada et de Michèle Striffler, qui ont rejoint le consensus européen aux côté des élus Modem.

 

Edit:  Boris Jamet-Fournier (@boris_tweets) me signale que le I  de LGBTI est pour Intersexe. Merci à lui et à la grande communauté d’Internet qui fait progresser chaque jour la connaissance humaine 🙂

Arthur Colin

 

 

Arthur Colin

 

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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