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Le respect des libertés : le nouvel étendard de la construction européenne ?

L’une des trois conditions fondamentales pour intégrer l’Union Européenne, outre l’abrogation de la peine de mort et le respect des principes de l’économie de marché, est le respect des libertés. Ainsi, en théorie, les pays membres de l’UE respectent tous les libertés individuelles et collectives. C’est pourquoi, la défense de celles-ci ne devrait pas être un sujet d’importance.

Pourtant, le cas polonais prouve le contraire. Le gouvernement conservateur du PiS (parti Droit et Justice, d’inspiration conservatrice et eurosceptique) souhaitait en effet interdire totalement l’avortement, actuellement autorisé sous des conditions restrictives, à savoir le viol, l’inceste, un risque pour la santé de la mère ou une malformation grave du fœtus. Suite aux manifestations importantes du début du mois d’octobre, le gouvernement a ensuite reculé. Cette attaque contre les libertés fait d’ailleurs suite à la remise en cause du Tribunal constitutionnel (organe équivalent au Conseil constitutionnel français).

Ces épisodes montrent donc la nécessité que l’UE devienne beaucoup plus offensive sur la question des libertés individuelles. Passe encore, face aux contingences économiques et budgétaires, que la Commission européenne ait les pires difficultés à contribuer au redémarrage de l’économie du continent. Mais le respect des libertés n’est pas sujet aux mêmes contraintes.

Concrètement, la Commission pourrait par exemple conditionner le versement d’une partie des fonds structurels au niveau de développement de ces libertés. Une telle démarche pourrait en outre permettre de redonner du sens à la construction européenne qui en manque terriblement. L’UE apparaîtrait alors comme un organe protecteur face aux excès des gouvernements nationaux soumis à la pression court-termiste des élections.

À propos de l'Auteur

Mehdi Mahammedi-Bouzina

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • David Pattee

    « la Commission pourrait par exemple conditionner le versement d’une partie des fonds structurels au niveau de développement de ces libertés » : ce n’est pas la première fois qu’une telle mesure concrète et qui me semble efficace est suggérée. Pourquoi pas n’est-elle pas reprise ? Je suis contrarié que la partie européenne de mes impôts serve à financer ceux dont le but est de détruire l’Europe.

    • Le fait est que dans leur défense acharnée de leur souveraineté,les Etats se mobilisent moins sur la politique économique que sur leurs marges sur les libertés publiques…

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