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«Le vote préférentiel», antidote à l’abstention?

Eric posait ici-même la question de supprimer les élections européennes. Je ne suis pas d’accord du tout: ce n’est pas parce que le taux d’abstention y est traditionnellement élevé que l’on doit mettre fin au processus électif. A ce rythme, autant abolir les élections syndicales ou étudiantes.

Naturellement, on peut regretter l’absence de débats, qui sont essentiels pour politiser et polariser une élection. Mais encore plus que la faible participation, ce qui me révolte le plus, c’est la médiocrité d’une partie des candidats qu’ils soient super-cumulards ou des repêchés d’autres élections. Peut-être même que les deux vont de pairs, la médiocrité n’incitant que rarement à voter. Du coup, face aux nihilistes qui scandent «élections pièges à cons», on peut tenter de trouver des solutions pour forcer les partis à s’impliquer dans la bataille européenne. J’ai en effet la faiblesse de croire qu’il existe des méthodes de vote qui pourraient rendre attrayantes les élections européennes tout en forçant les partis à être plus pertinents dans le choix de leurs candidats.

Car on est quand même face à un vrai problème avec le scrutin proportionnel par liste. Par exemple, si on est un électeur traditionnel de droite, c’est quand même vachement difficile de voter pour une liste qui contient, certes Michel Barnier, mais aussi Rachida Dati. La tentation sera grande pour l’électeur conservateur, non pas de sanctionner l’UMP en votant pour un autre parti, mais de se contenter d’ignorer le scrutin. On pourrait dire la même chose pour l’électeur traditionnel du PS qui va devoir voter pour Vincent Peillon, le fantôme du Parlement européen, dans le Sud-Est…

Face à ce constat, on peut très bien imaginer la possibilité de choisir ses candidats dans toutes les listes que l’on veut. Ce type de vote existe en Irlande, aussi bien dans la République que dans le Nord, sous le nom de vote unique transférable. C’est un vote préférentiel et l’action de voter est assez simple: on choisit, par ordre de préférence, les candidats que l’on veut voir siéger en piochant dans les listes de son choix.

Par exemple, cela pourrait donner en Ile-de-France : 1) Daniel Cohn-Bendit 2) Michel Barnier 3) Benoît Hamon 4) Eva Joly, 5) Rachida Dati etc… Pour être élu, chaque candidat doit atteindre un quotient électoral. Une fois ce quotient atteint, les votes restants sont «transférés» aux autres candidats. En conséquence, compter les voix est assez complexe et peut prendre deux à trois jours.

N’empêche qu’avec ce système, qui favorise le vote sanction contre un candidat, on évite la tentation des partis à présenter des recasés d’autres élections. Il favorise aussi le débat entre les candidats. Le parachutage est par ailleurs un sport rare en Irlande. L’imprévisibilité du système permet aussi de donner un peu de suspense aux élections. En dernier lieu, cela encourage les députés européens à «vendre» leurs actions sur le terrain. Voilà, ce n’est qu’une première piste de réforme du mode de scrutin pour redonner un intérêt à ces élections, il en existe certainement d’autres.
Eurojunkie

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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