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Loi travail : sortir d’urgence du bras de fer

Ni passage en force ni retrait, mais une révision du contenu du texte El Khomri. C’est l’appel lancé par plusieurs personnalités dont Fabien Chevaler, Président de Sauvons l’Europe, aux différents acteurs du conflit pour éviter l’escalade.

 

Nous n’avons jamais regardé le monde en noir et blanc ni divisé les gens en bons et en méchants. Nous y voyons hier comme aujourd’hui une infinité de nuances. Nous n’apprécions pas les diatribes antisyndicales quels que soient ceux qui les profèrent, et en particulier lorsqu’ils ont des responsabilités à la tête de l’Etat. Nous n’opposons pas non plus conflit et négociation parce que nous savons bien que le conflit a été et reste un moyen souvent indispensable pour conquérir des droits sociaux ou empêcher des reculs. Mais nous détestons également le jusqu’au-boutisme et l’irresponsabilité de ceux qui, dans le monde syndical ou ailleurs, choisissent la fuite en avant et croient que du pire pourrait sortir un monde meilleur.

C’est pourquoi nous lançons un appel solennel à tous les acteurs du conflit actuel : il faut impérativement trouver les moyens de sortir d’urgence de ce bras de fer en n’humiliant personne. Cela exclut a priori à la fois un passage en force sur le texte tel qu’il est et un retrait pur et simple. Il faut donc réviser le contenu de la loi travail sur certains points, et en particulier de son article 2. Des pistes existent et ont déjà été proposées ces derniers jours par plusieurs personnalités de tous bords. Si on ne se décide pas à sauter ce pas rapidement, l’escalade du tous contre tous risque de tourner au drame. Il en va probablement de l’avenir de la gauche.

Jean Auroux ancien ministre du Travail, Gaël Brustier politiste, Fabien Chevalier président de Sauvons l’Europe, Daniel Cohn-Bendit ancien député européen, Joël Decaillon ancien secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats, Guillaume Duval journaliste, Pierre Henry dirigeant d’ONG, Nicolas Lebourg historien et politiste, Frédéric Sawicki politiste, Dominique Sopo président de SOS Racisme.

 

Appel initialement publié dans Libération du 30 mai 2016

À propos Sauvons lEurope

Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire
  • ran

    Je lis que l’initiative doit venir du gouvernement, ce qui justifie, jusqu’à présent, la contestation.

  • jlcatalan

    La « loi travail » n’a plus de sens que son article 2
    c’est fascinant de voir la différence d’objectifs entre
    – un gouvernement aux abois, qui conçoit bien mais trop tard dans le mandat Hollande, une loi qui aborde les vrais sujets,
    avant de la vider de tout sens pour « moyenner » avec tout le monde,
    non, un compromis est une négociation avec objectif commun,
    il s’agit ici d’une capitulation électorale
    – une CGT en grand péril, plus encore dans les entreprises, qui lutte avec les moyens les plus cyniques pour se sauver.

    La négociation a eu lieu, avec les syndicats responsables qui partageaient l’objectif: la CFDT est de ceux-là.

    Appeler à une modification de l’article 2 revient à initier le retrait complet de la loi, selon la CGT, et ses alliés inopportuns UNEF ou FIDEL dont les leaders ont un objectif de carrière politique (comme ceux qui les ont précédé)

    Votre appel est politique, seulement politique.

  • David Pattee

    Lorsque la CGT et le gouvernement auront réussi à faire élire la droite l’année prochaine à force de désorganiser la France (comme en 1968) elle sera revigorée certes, mais nous autres, où en serons nous ?

  • David Pattee

    Correction : Lorsque la CGT et le gouvernement auront réussi à faire élire la droite l’année prochaine à force de désorganiser la France (comme en 1968) la CGT sera revigorée certes, mais nous autres, où en serons nous ?

  • Pignon Michel

    Que les signataires s’expriment sur la loi travail c’est leur droit mais que « Sauvons l’Europe » publie cette expression, ce n’est pas dans son domaine d’intervention !

  • pap 63

    Cette loi mal ficelée, prétendant répondre à une évolution de nos société représente, en particulier avec son article 2, un thème plus fondamental d’un vieux débat entre les partisans d’une société verticale représentée par des institutions centralisées et les partisan d’une forme horizontale avec les partisans d’institutions décentralisées et fédérées au travers de différents échelons.
    À cela, il faut ajouter un phénomène de mondialisation dans lequel les inégalités se sont accrues au point que le patrimoine d’une centaine de privilégiés possèdent autant que 50 % de la population la plus pauvre! et via la spéculation sur les monnaies, la fraude et l’évasion fiscale qui entraîne un accroissement de la dette des pays, dictent leur conditions par dessus les gouvernements élus.
    Les pays Européens ont oublié ce qu’est la guerre avec ses méfaits.
    La peur est soigneusement entretenue pour diviser les populations et entraîner une forme de repli sur soi.
    Si “sauvons l’Europe“ doit lancer un appel, c’est celui au respect de la dignité humaine, à l’égalité en droits de tous les êtres humains et au respect de ces droits.Et cela à tous les échelons, qu’il s’agisse des entreprises ou des collectivités. Que ce soit en matière économique, politique, environnementale ou sociale.
    Il nous faut redécouvrir la notion de citoyenneté dans une société mondialisée.
    Cela passe par l’éducation et la connaissance.
    Quand aux élections présidentielles Française de 2017, elles représentent pour moi une catastrophe qui empêche toute forme de collaboration et d’union citoyenne entre habitants d’un même pays et avec les autres habitants d’Europe ou des autres continents.
    Enfin, je voudrais dire que, pour moi, “sauver l’Europe“ ne signifie pas sauver l’institution telle qu’elle existe, mais l’idée d’une volonté de paix entre les peuples qui la compose, et après avoir abandonné les idées de domination des puissances impériales qui la composaient lors des siècles précédents.
    Que cette Europe soit motrice pour défendre la dignité et les droits de tous les êtres humains.

    • Jean-Paul Marchetti

      Je suis d’accord à 100% .Malheureusement les institutions verticales comme vous les appelez ont perdu tout contact avec la réalité et à fortiori avec ceux qu’elles sont censèes représenter. Quel espoir reste à ceux qui n’ont plus que les cris et les actions insensées pour s’exprimer? Nous sommes soit au bord d’une révolution souhaitée par plus d’un ou un blockout total par ces institutions au nom de la sécurité de l’état et de la protections des citoyens. (Ceux qui ne les contestent pas).L’Europe n’est rien de plus qu’un grand marché contrôlé par la finance, qui ne veut rien lâcher et ne lâchera rien. Les institutions Européennes sont les otages consentants du véritable pouvoir qui les contrôle ou les achètent.L’exemple de la commission européenne et ses décisions contre les lanceurs d’alerte montre bien l’ampleur de la dégradation du tissu démocratique.Je ne suis pas optimiste pour notre avenir et celui de nos enfants.

  • lionel VUITTENEZ

    Pour moi la vie des gens n’est pas négociable. Or le droit du travail c’est la vie des gens qui travaillent au quotidien. Trop de compromis sur ce point nous a mené dans le piège et l’impasse néo libérale. Le conflit est là et j’espère qu’il va durer : ce n’est plus possible !!! Un moment il faut dire stop et refuser clairement les offres d’emploi inacceptables !!! La France se démarquait car elle avait refusé le choix des travailleurs pauvres et présentait au monde un modèle social fondé sur la solidarité par le chômage. Un revenu de base pour tous : voilà une solution pour sortir du piège de la division.

  • Eric Marchand

    Assez de compromis! de coups en douce sur les avancées sociales des travailleurs en France! les femmes et les hommes de gauche n’ont plus du tout confiance au parti socialiste! nous exigeons le retrait de la loi sur le travail! assez d’hypocrisie! de mensonges! Aux prochaines élections je voterai Mélenchon!

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