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Marielle de Sarnez : « Je ne peux pas me résigner à Barroso »

Marielle de Sarnez était mercredi 8 avril l’invitée de Sauvons l’Europe dans le cadre de la campagne.

Européenne convaincue, elle martèle que la crise démontre le besoin d’Europe politique. Les clés pour en sortir, en effet, se situent largement au niveau communautaire.
-Il est nécessaire de mettre en place un régulateur européen, qui puisse discuter d’égal à égal avec les américains sur les marchés financiers.
-La lutte contre les paradis fiscaux est désormais indispensable. Elle peut se faire largement au niveau européen, en bloquant unilatéralement les flux de capitaux venant des pays sur liste noire.
-Les problèmes de relance commune remettent sur le devant de la scène la nécessité de terminer l’Euro: après l’union monétaire, il faut faire l’union budgétaire.
-Enfin, seule issue efficace au dumping, il faut mettre en place une harmonisation fiscale et une harmonisation sociale, avec un plan européen de convergence sociale, comme on l’a fait pour la monnaie.

Son appréciation de la présidence Sarkozy « faux succès » est assez sévère: elle a consisté à faire des déclarations en commun au niveau européen qu’on ne se donnait pas la peine de mettre en oeuvre par la suite. Ainsi de la reprise en main des banques, quand l’Etat français n’a attaché aucune conditionnalité aux aides qu’il a versées. Ainsi de la gestion bravache de la crise géorgienne, dans laquelle la présidence française s’est contentée d’habiller les propositions diplomatiques russes.

Cette absence de solidarité profonde de l’Union européenne apparaît clairement avec la crise que traversent les pays de l’Est: ils sont obligés de se tourner vers le FMI sans recevoir d’aide de l’Euroland. Aussi est-il nécessaire de relancer l’Union, avec une politique de recherche propre, un durcissement des normes sur la réduction des émissions carbone qui sont en réalité très peu contraignantes, la mise en place d’un modèle de soutien au développement qui fonctionne et qui passe notamment par la fin des subventions aux exportations et par la reconnaissance d’un marché commun africain relativement protégé au sein duquel les entreprises locales puissent se développer.

Ceci appelle une modification des politiques et des personnes. Le système de majorité qualifiée qui prévaut actuellement au Parlement européen oblige aux compromis, et crée une politique d' »accords techniques » structurels entre le PSE et le PPE, qui s’étend à la répartition des places et dont le centre est exclu.Les seuls cas d’opposition nette sont sur les votes à majorité non qualifiée, principalement sur les libertés publiques, où le centre et le PSE font souvent front commun contre le PPE.

Pour remédier à cette situation, sans revenir sur un débat constitutionnel qui finit par lasser les foules, il faut aller vers une désignation du Président de la Commission par les électeurs. C’est pourquoi le centre propose depuis longtemps un double vote, avec une urne pour élire les députés et une autre pour le Président de la Commission. Par ailleurs, devant la nécessité de faire obstacle à la reconduction de Barroso, Marielle de Sarnez déclare que le centre est prêt à passer une alliance avec le PSE sur un nom qui soit compatible avec tout le monde et dont l’engagement européen soit reconnu, comme M. Verhofstadt.

Enfin, Marielle de Sarnez indique que le Modem s’est lancé dans un travail de fond très poussé pour préparer son programme, avec une série de conventions dont la dernière aura lieu le 15 mai sur le modèle européen, et que ce travail profite également à la construction du programme du groupe ALDE.

Arthur Colin

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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