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Messieurs les centristes, encore un effort !

Le Modem et l’UDI viennent donc de trouver leur unité sur les questions régionales, nationales et européennes, tout en conservant leur identité locale. Bienvenue à l’Alternative!

Et une interrogation immédiate: pour quel projet européen? Car les élections européennes seront le premier terrain de ce nouveau mouvement. La Charte de l’Alternative évoque le sujet mais ceci se construit sur une ambiguïté redoutable: au Parlement européen, l’UDI siège au PPE et le Modem à l’ALDE. Quel groupe l’Alternative va-t-elle rejoindre? On pourrait imaginer que la question a été tranchée, pour une alliance électorale visant en premier lieu les européennes, mais on apprend dans le même temps que les présidents de ces deux groupes parlementaires se sont chacun félicités de ce rapprochement et ont invité la nouvelle formation à les rejoindre.

Or cette question est centrale: les équilibres politiques du Parlement européens se jouent dans ces groupes et évidemment pas au niveau des listes nationales. De fait, les députés suivent dans la quasi-totalité des cas les consignes de vote de leur groupe. Ce qui a conduit par exemple les députés UDI à suivre le PPE dans l’affaire Orban et à voter contre des mesures européennes de sauvegarde de la démocratie et des libertés en Hongrie, tandis que les députés Modem à l’ALDE votaient pour.

Aussi, dès la naissance de l’UDI nous avons régulièrement interpellé cette formation pour lui demander de prolonger vis à vis du PPE son mouvement d’indépendance par rapport à l’UMP.

Nous réitérons cette demande à l’Alternative de rejoindre l’ALDE, dont les votes correspondent davantage à la culture européenne et humaniste qui rassemble les centristes.

Allons plus loin. Sauvons l’Europe vient de proposer, dans son six-pack europrogressiste, une innovation institutionnelle fondamentale: que la majorité au Parlement européen nouvellement élu désigne non seulement le Président de la Commission, mais l’ensemble de la Commission et la mandate pour travailler sur un programme politique de coalition. Nous appelons pour cela à un rassemblement large des forces de progrès.

L’Alternative pose le constat dans sa Charte que la bipolarisation propre à  la vie politique française a cisaillé les familles centristes, que la dérive d’une partie de la droite est un danger et qu’elle refuse une alliance avec les appareils socialistes et Verts. Elle appelle cependant à un rassemblement de la droite républicaine, des sociaux-démocrates et des écologistes. Un tel modèle est pleinement vivable dans un Parlement européen élu sur une base proportionnelle et dans lequel les sociaux-démocrates sont largement présents.

Alors? L’Alternative sera-t-elle une des chevilles ouvrières d’un tel bouleversement de la démocratie européenne? Ou bien ira-t-elle se nicher dans le même groupe que ceux qui s’opposent à une Europe des libertés?

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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