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T. Stavrakis/AP/SIPA

Quand apologie de la « race supérieure » rime avec « défense des Droits de l’Homme »

 

Vous pensiez que c’était impossible ?… Que nenni, ils l’ont fait !

Le gouvernement grec, son Premier Ministre en tête, a récemment nommé Eleni Zaroulia, députée du « parti » néo-nazi Aube Dorée, à la délégation nationale à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe,  instance de représentation des élus nationaux à l’échelle du continent européen. Poursuivons le paradoxe jusqu’au bout : Mme Zaroulia, membre d’un parti aux valeurs ô combien humanistes (tout dépend de ce que l’on entend par « être humain »), siège… à la Commission pour l’égalité et la lutte contre les discriminations !

Deux hypothèses :

Hypothèse 1 : Les dirigeants grecs et les autres parlementaires siégeant au Conseil de l’Europe, instance qui défend par excellence « les droits de l’Homme, l’Etat de droit et la démocratie », ont un sens de l’ironie assez exceptionnel.

Hypothèse 2 : il est grand temps de faire cesser cette mascarade et d’affronter la réalité : Aube Dorée n’est pas un parti démocratique et n’a aucunement sa place dans cette Assemblée.

Certes, il a obtenu 7 % des voix lors des dernières législatives en Mai 2012 et pourrait, en toute logique, avoir sa place parmi les 14 sièges que comprend la délégation grecque. Toutefois, et heureusement pour nous, l’Europe ne se résume pas à des procédures et possède des valeurs démocratiques supposées les dépasser.

Outre leurs symboles (croix gammée, salut hitlérien…), rappelons que des personnes se réclamant de l’idéologie prônée par Aube Dorée agressent tous les jours des immigrés, des handicapés, des Tziganes… en bref, tous ceux qu’ils ne considèrent pas comme « racialement Grecs ». Ou bien la charmante déclaration de Mme Zaroulia elle-même, qui affirmait devant le Parlement grec le 18 octobre que les immigrés étaient des « sous-hommes », « trimball[ant] toutes sortes de maladies » ?

De tels propos sont tout bonnement inacceptables.

Il était alors du devoir des membres du Conseil de l’Europe, et de leur possibilité statutaire, de dénoncer la nomination de Mme Zaroulia, et du devoir du gouvernement grec de l’exclure de cette délégation. Ne pas réagir et alléguer que « les procédures ont été respectées » serait  revenu non seulement à insulter ce pourquoi a été fondée l’Union européenne – préserver la paix sur le continent et le respect entre les hommes – mais aussi à conforter Aube Dorée dans sa position.

Face à la montée de la xénophobie en Europe aujourd’hui, il est du devoir de chacun de réagir et de s’impliquer dans cette lutte.

L’association European Grassroot Antiracist Movement (EGAM) a ainsi appelé l’ensemble des citoyens, tous horizons confondus, à marcher du Parlement grec à l’Acropole samedi 15 décembre, marche à laquelle ont répondu entre autres Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix, et Dario Fo, Prix Nobel de Littérature et qui aurait rassemblé plus de 10 000 personnes.

Cette initiative n’a visiblement pas laissé indifférent le gouvernement grec : Antonis Samaras a exclu Madame Zaroulia deux jours plus tard de la délégation. Espérons que cette prise de conscience sera prolongée par des efforts de même nature de la part des responsables politiques, qu’ils soient nationaux ou européens, avant qu’Aube Dorée ne poursuive sa contamination à d’autres Etats…

 

Sulena

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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