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Que faire après les résultats du référendum irlandais?

L’Union syndicale* s’est d’emblée inscrite en faveur d’un approfondissement d’une construction communautaire qui implique davantage les citoyens européens. C’est pourquoi, elle ne peut qu’être interpellée par le NON irlandais, survenant après celui de la France et des Pays Bas en 2005.

 

Bien que ces NON ne traduisent pas forcement une hostilité à l’idée même de construction européenne, ils témoignent, une fois encore, de la distension des liens de confiance entre les citoyens et le projet européen, tel qu’il est promu du moins par les institutions et les gouvernements européens actuellement.

C’est un sujet de préoccupation majeure pour tous ceux, dont nous sommes, qui militent en faveur d’une intégration européenne sociale, écologique et démocratique renforcée.

Ces NON soulignent les limites d’une approche qui fait l’impasse sur la tenue préalable d’un débat public européen au sujet des finalités de la construction européenne, nécessaire à toute avancée ultérieure de l’intégration communautaire. Ils montrent aussi les difficultés d’une consultation populaire centrée sur un contenu technique sans vrai débat sur ses finalités et les priorités. De même, l’absence d’engagement réel des politiciens nationaux aux côtés de l’Union européenne, la tenue de propos souvent confus et contradictoires par certains responsables nationaux de premier plan, la superficialité des attitudes et de certains de ces propos, y compris au sein des cercles dirigeants des institutions communautaires, ne favorise pas la compréhension et engendre le désintérêt, voire le doute, parmi les populations. En outre, on peut s’interroger sur l’efficacité et la pertinence de la politique de communication des institutions communautaires et sur l’engagement personnel de certains membres du Collège.

L’Union Syndicale représente des milliers de personnes qui sont très engagées professionnellement dans le processus de construction européenne au sein des institutions communautaires. Elle ne souhaite pas que la morosité, voire la crise actuelle du débat européen ne fournisse le prétexte pour transformer les institutions communautaires et leurs agents en boucs émissaires. Sans les institutions, impossible de construire une Europe proche des citoyens. Sans un Service public européen compétent, indépendant et permanent il n’aurait été possible pendant 50 ans de vivre une telle période de paix, de stabilité et de prospérité. Ces institutions, ce Service public européen doivent donc être sauvegardés. Les fonctionnaires européens ne sont pas de simples technocrates, bornés ou autistes, mais des acteurs publics à l’écoute de la société, souvent en dialogue avec elle, accomplissant les missions qui leur sont confiées, sous l’impulsion des Etats membres.

Le NON irlandais tire encore une fois la sonnette d’alarme : l’Europe ne progressera pas si elle ne réussit pas à établir un lien de confiance avec ses citoyens. Les dirigeants politiques des Etats membres doivent faire campagne pour rétablir ce lien. Le lancement d’un débat public européen est en effet une condition pour préciser et clarifier la direction à prendre. Espérons que les prochaines élections européennes fourniront l’occasion pour commencer à aller dans ce sens.

Le Comité Exécutif de l’Union Syndicale

 

* l’Union Syndicale est l’un des principaux syndicats représentés à la Commission européenne, membre de la Confédération européenne des syndicats.

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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