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Référendum en Hongrie : l’appel au boycott, une forme de résistance

Ce dimanche 2 octobre Victor Orban le premier Ministre hongrois n’a pas réussi son coup. Ouf !! Et c’est tant mieux ! Mais la situation reste inquiétante.

La société civile hongroise organisée s’est mobilisée en appelant au boycott des urnes, ce qui a eu pour effet que seul 39,8% des électeurs ont voté. Ce résultat, en dessous du quorum de 50% de participation nécessaire d’après la Constitution hongroise pour donner quitus à la consultation, ne permet pas de valider ce référendum.

C’est un revers politique important pour Viktor Orban, mais qui, seul, ne le fera pas changer dans ses appréciations et analyses politiques envers l’Union européenne. Si les mots ont un sens, ce même Viktor Orban participant au Conseil européen de Budapest les 15 et 16 septembre dernier – chez lui donc – a adopté avec les 26 autres Chefs d’Etats ou de gouvernement les conclusions de ce Conseil et sa feuille de route dans laquelle il est écrit, entre autre, et notamment dans le chapitre « Migrations et frontières extérieures » : « poursuite des efforts visant à élargir le consensus de l’Union européenne en ce qui concerne la politique migratoire à long terme, y compris sur la manière d’appliquer les principes de responsabilité et de solidarité à l’avenir »

Qui est Viktor Orban ?

En 2010 l’écrivain György Konrad le décrivait ainsi : « Orban c’est Poutine en moins violent, et Berlusconi en moins capitaliste. C’est un étatiste qui veut diriger seul la politique, l’économie, les médias, tout… »

Après la non validation des résultats de son référendum, la Constitution hongroise d’aujourd’hui ne lui convient plus, elle est un obstacle à sa politique aveugle d’atteinte aux droits de la personne humaine : Eh bien, changeons de Constitution !!

V. Orban n’hésite pas à déclarer dans un quotidien allemand que l’afflux des réfugiés en Europe, selon lui « musulmans dans leur majorité » constitue une menace pour l’identité chrétienne de l’Europe.

Un mur peut en cacher un autre…

Après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, qui aurait pensé que l’on verrait quelques 27 années plus tard se construire un mur de barbelés de 175 kms entre la Hongrie et la Serbie voisine, pour ne faire référence qu’à celui-là…

Cette ambiance délétère en Europe accentue les tensions. Si le référendum hongrois est invalidé, il n’empêche que 98,3% des électeurs hongrois, c’est à dire plus de trois millions de votants, se sont exprimés pour le rejet des quotas proposés depuis des mois par l’Union européenne.

Les Syriens, notamment, sont victimes des bombardements, en particulier sur ALEP, orchestrés par l’aviation russe en appui à celle de Bachar El Assad, qui sont responsables de la situation de fortes migrations que l’on connaît en Europe. Quel enfant, quelle femme, quel homme peut résister à ces pilonnages quotidiens auxquels on assiste chaque jour grâce à des reporters courageux ?

Passons des rêves aux réalités :

Si Viktor Orban voulait se montrer efficace, en tentant d’intervenir auprès de V. Poutine et ainsi agir pour réunir les conditions mettant fin à cette guerre qui n’a que trop duré, il ferait œuvre utile pour les habitants des zones géographiques concernées et pour l’Union européenne, à commencer par la Hongrie.

La Commission européenne réitère ses propositions :

Le Commissaire aux migrations, Dimitris Avramopoulos, avait prévenu que le référendum n’aurait aucun impact juridique sur les engagements adoptés par TOUS car « les Etats membres de l’Union européenne ont la responsabilité légale d’appliquer les décisions prises » c’est-à-dire mettre en œuvre le plan de répartition de 160 000 demandeurs d’asile entre les (encore) 28 Etats membres de l’Union européenne, adopté il y a un an et qui malheureusement est à l’arrêt.

Qui porte la responsabilité de cette non solidarité ? L’Union européenne ou certains de ses Etats membres ?

À propos Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe
  • jlcatalan

    j’observe que ni V Orban ni les Hongrois ne contestent l’accord passé entre l’UE et la Turquie pour tarir le flot des migrants via la Turquie.

    j’observe que les marines italiennes et espagnoles qui repêchent les migrants, et il faut les sauver, deviennent en fait le chainon manquant des passeurs: Il suffit désormais d’entasser des centaines de migrants sur un rafiot, pour qu’il soit récupéré par un navire européen et les malheureux emmenés dans un camp italien non gardé.

    V Orban parle de façon haïssable, manie des mots loin des valeurs européennes,
    mais que fait l’Union Européenne?
    L’accord financier avec la Turquie est honteux.
    Où est la vision globale, généreuse, mais ferme?

    Ne transformez pas V Orban en bouc émissaire de nos incapacités.

    • Jean-Paul Marchetti

      Oui la gestion de la crise migratoire par les Européens est indigne de pays dits démocratiques et fort loin des valeurs que l’Europe est censée représenter.

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