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Taxe financière européenne : qui osera ?

 

Les nouvelles générations d’Européens sont aujourd’hui priées, au travers de la règle d’or, d’accepter « la dette sans la dot ». En effet, il est une génération, au sens large, qui a bénéficié successivement du rattrapage technologique de l’après-guerre, de l’inflation et donc d’un monde neuf, du progrès salarial dans les statuts professionnels et dans le partage des profits. Puis l’inflation a été bridée à temps pour protéger leur patrimoine acquis, tandis que les règles de protection de leur statut ont été renforcées. La dette fut alors un tiers payeur commode. À ceux qui sont venus ensuite, a été réservée la plus grande flexibilité des emplois et des vies. Restait bien la dette sans la dot !

Le constat d’une fracture générationnelle nous semble incontournable pour comprendre et formuler des propositions concrètes d’action. Il n’a pas vocation à stigmatiser. En effet, même si « in fine » la Banque centrale européenne épongeait tout ou partie des dettes souveraines, elle ne dispose d’aucun philtre ni sortilège pour rajeunir la population européenne. Seule une movida générationnelle d’une ampleur sans précédent peut porter l’indispensable reconquista économique et démocratique dont l’Europe a besoin.

Pourquoi les mêmes jeunes sont-ils créateurs de richesse ailleurs dans le monde et réduits au rôle de supplétifs bon marché au sein de l’Euroland ? La crédibilité même de la zone euro est en jeu, car tout continent ne vit que par sa capacité de création et de renouvellement. La turbulence frappant l’Euroland ne s’explique pas seulement par la légèreté budgétaire d’une génération. Elle révèle surtout un manque total de visibilité sur les dynamiques futures de développement. À eux seuls, les États-Unis concentrent la quasi-totalité de la révolution internet et disposeront bientôt d’un quasi-monopole en matière de contenu digital. Beaucoup de jeunes talents européens y auront très largement contribué !

Un déclic mental s’impose qui passe par la mobilisation absolue de l’Europe au service d’un passage de témoin « Win-Win » entre seniors et nouvelles générations. Le temps presse. La jeunesse européenne ne peut s’engager sans moyens dans la bataille du désendettement.

Le déclic salutaire est celui d’une Euro Taxe Erasmus. Cette Taxe financière répondant au défi générationnel européen doit être construite avec tous nos contemporains pour répondre au basculement de civilisation en train de s’accomplir.

Quel dirigeant européen osera alors refuser à sa jeunesse les moyens d’une taxe financière pour assurer un avenir à notre continent ?

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • pair

    Je suis d’accord pour davantage de partage entre les générations, et aussi entre les couches sociales.
    Je voudrais cependant noter que ceux qui ont été jeunes au cours des trente glorieuses, et particulièrement ceux qui, nés avant la guerre, appartenaient à des classes creuses, ont travaillé durement pour relever la France et transformer sa société dans la ligne du programme du Conseil national de la Résistance.

  • Bellenger Pierre

    Cet article donne une vision des choses assez courageuse puisqu’elle tente de vouloir faire fonctionner un système qui ne peut pas fonctionner. Nous avons marié la Démocratie qui est un dépassement de la loi de la sélection naturelle, avec la Pensée-Unique qui est l’expression la plus sauvage de cette loi. C’est incompatible.

    Lorsque nous sortirons de cette absurdité, nous aurons un autre monde à construire, celui qui dépasse la loi de la sélection naturelle, et nous y sommes acculé par le fait même de notre « sapiencité ». Eh oui, nous sommes la mutation « Sapiens Sapiens ».
    C’est le thème de ma recherche actuellement. Quand le CNRS la prendra-t-elle en charge ?
    Pierre.Bellenger@wanadoo.fr

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