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Trop tôt, Jean-Claude Juncker, pour baisser les bras !

Jean-Claude Juncker a le blues. Le Président de la Commission européenne a affiché son pessimisme quant à l’avenir européen dans un entretien à la radio publique allemande (Deutschlandfunk) diffusé ce dimanche 12 février dernier. Et il annonce qu’il ne briguera pas de deuxième mandat en 2019.

Jean-Claude Juncker n’explique pas les raisons pour lesquelles il ne souhaite pas rempiler pour un second mandat de cinq ans, mais son découragement est palpable. Le Président de la Commission européenne y dresse un portrait plutôt sombre de la situation dans l’Union.

Le Brexit semble avoir porté un sérieux coup à son optimisme : Au début de son mandat, à la tête de l’Institution qu’il avait qualifié de « Commission de la dernière chance », il affichait pour ambition de faire remonter la confiance des opinions publiques dans le projet européen. Il a donné son nom à un ambitieux plan d’investissements.

« Les Britanniques vont réussir à diviser les Vingt-Sept »

« Et à présent me voilà occupé, plusieurs heures par jour, déplore-t-il, à planifier la sortie d’un Etat membre, ce n’est pas un travail d’avenir ». Les conséquences du Brexit l’inquiètent particulièrement. « Les Britanniques vont réussir, sans trop de difficultés, à diviser les Vingt-Sept », confie Jean-Claude Juncker à la journaliste: « Ils savent déjà très bien comment s’y prendre ».

L’ancien Premier ministre luxembourgeois, âgé de 62 ans, s’inquiète plus généralement du manque de vision commune des Européens : « Certains pays aimeraient avoir plus d’Europe. D’autres trouvent que nous avons déjà trop d’Europe. Il y a ceux – dont je fais partie – qui voudraient une Europe plus sociale », dit-il encore.

Le Président de la Commission européenne est déprimé et tient à en faire part à l’opinion

En annonçant bien trop tôt son départ au plus tard à la fin de son mandat actuel (novembre 2019), JC Juncker prend le risque d’affaiblir sa propre position et fonction, à la veille même des échéances importantes de 2017 : Le Conseil européen de Rome le 27 mars prochain, qui marquera le 60e anniversaire des traités de Rome et qui devrait tracer des perspectives à propos de l’avenir de l’Union européenne, suivi des élections, en France, en Allemagne, au Pays Bas…

Plus gravement encore, pour l’Institution elle-même, chargée de « promouvoir l’intérêt général de l’Union » et de maintenir le cap du projet européen,  qui pourrait être ainsi déstabilisée, alors que désordres ou désarrois prévalent dans la plupart des États membres et que de nouveaux et graves défis extérieurs sont apparus.

Un tel risque de dérive de l’exécutif européen dans de telles circonstances doit être à tout prix évité.

Soit, le Président considère vraiment – dans ces difficiles et exceptionnelles circonstances et en application de l’article 246 du Traité sur Fonctionnement de l’Union Européenne – qu’il est nécessaire d’élire, par le Parlement européen, un nouveau Président ou une nouvelle Présidente de la Commission européenne pour en prendre, sans délai, la direction avec une énergie nouvelle. Une telle décision n’étant bien sûr envisageable que si un consensus préalable sur la personne du nouveau ou de la nouvelle Président (e) apparaissait possible.

Soit, le Président Juncker décide au contraire de poursuivre ses responsabilités et remobilise fermement son Collège pour toute la durée de la deuxième partie de son mandat.

Cette dernière alternative est la plus souhaitable malgré tout et peut-être la plus probable.

Il est en effet possible que le Président Juncker ait surtout voulu – avec le franc parler qui le caractérise – mettre les gouvernements des États membres devant leurs propres responsabilités, car la Commission européenne ne peut pas se substituer à eux pour défendre et actualiser, seule, le projet européen. Devant leurs ambiguïtés, leurs doutes, leurs indécisions, leurs divisions, leurs indifférences et même leurs hostilités – tous les efforts de l’exécutif européen pour faire avancer ce projet seront vains.

Un avertissement sérieux à la veille du grand rendez-vous du 27 mars prochain à Rome

La décision de JC Juncker va donner du grain à moudre aux eurosceptiques, de tous bords, aux anti-européens de toutes natures et aux pessimistes permanents.

Et nous alors les citoyennes et citoyens de l’Union européenne, JC Juncker, vous nous laisser nous débrouiller seuls ? Fuir ses responsabilités n’a jamais été la solution pour faire face aux turbulences.

La société civile organisée, pour qui l’Europe peut-être une des solutions en réponse aux enjeux de le période ne laissera pas se déliter un peu plus chaque jour, ce pourquoi elle mène le combat au quotidien depuis des années: Poursuivre la construction de l’Europe que nous voulons pour les européens, avec les européens, dans la diversité, l’unité et la solidarité.

C’est quand la tempête souffle au grand vent qu’il faut tenir le cap. Résolument, avec détermination et ténacité.

À propos Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe
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