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Vers une Europe fédérale : quelle langue de travail ?

La crise économique et budgétaire qui touche les États membres de l’Union européenne, et plus particulièrement la Grèce, a amené la création d’instruments de solidarité budgétaire (Fonds européen de stabilité financière/FESF). Mais comme le demandent certaines personnalités (Virgilio Dastoli, Jean-Michel Baylet, Alain Juppé), associations (Sauvons l’Europe) ou partis politiques (PRG par exemple), la constitution d’un véritable État fédéral, des États-Unis d’Europe (EUE) semble nécessaire, inévitable à plus ou moins long terme.

 

Mais même si une Europe fédérale était constituée avec des institutions démocratiques élues par l’ensemble des citoyens européens, ces derniers conserveraient une autre nationalité, celle d’un des États fédérés dont ils sont membres. Ces États resteraient des États-nations car il ne serait pas possible de faire disparaître ce qui fait leur force : une histoire longue, parfois millénaire ; des habitudes culturelles, sociales mais surtout une (ou plusieurs) langue(s).

 

Or, une Europe fédérale implique des institutions communes (qui existent déjà en partie) et donc de communiquer. Aujourd’hui, le multilinguisme est largement utilisé, puisque obligatoire, il concerne essentiellement les documents finaux et les principales réunions et assemblées. Pour les autres documents et réunions de moindres importances, le multilinguisme se limite au mieux à trois langues (allemand, anglais, français) mais plus souvent à une seule, l’anglais.

 

Or, l’établissement d’un véritable État fédéral doit amener un respect total entre les différentes langues nationales, une véritable égalité. Or, il n’y a que deux solutions :

le multilinguisme intégral ;

l’espéranto.

 

Le multilinguisme intégral a l’avantage de respecter l’ensemble des langues mais est coûteuse et difficile à mettre en œuvre à cause du besoin de très nombreux traducteurs et des relations plus difficiles entre députés, fonctionnaires… du fait de l’absence de vecteur de communication commun neutre.

 

Or, ce dernier existe d’ores et déjà bien que peu utilisé : la langue dite de Zamenhof, l’espéranto. Sa simplicité et son faible coût d’apprentissage, sa neutralité, son efficacité dans la traduction et la communication – soulignée par feu l’espérantiste Claude Piron dans Confession d’un fou – lui donne une légitimité certaine pour devenir la lingua franca des futurs États-Unis d’Europe. L’espéranto permettrait de faciliter la communication, les échanges au Parlement européen, dans les différentes agences et administrations européennes pour ce qui est des institutions européennes mais également dans d’autres domaines :

– le monde universitaire qui historiquement à toujours eu une langue véhiculaire pour permettre à l’ensemble de ses membres de communiquer par l’écrit (livres, articles…) ou la parole (colloques…) ;

– la défense européenne puisque les différentes armées existantes n’ont plus (ou presque plus) les moyens de fonctionner seules en cas de projection sur des théâtres d’opérations extérieurs. L’espéranto serait en plus un symbole de la construction de la défense européenne que l’OTAN, dominée par les États-Unis d’Amérique et donc de langue anglaise, gène.

 

Pour conclure, je rappellerai que l’absence de langue de travail commune empêchera la formation d’une véritable fédération des États-nations européens respectant toutes leurs différences culturelles, la langue anglaise ne pouvant alors jouer ce rôle. Enfin, l’espéranto n’a aucunement pour but de remplacer les langues nationales, sa valeur propédeutique devant même faciliter l’apprentissage d’autres langues.

 

SOBOCINSKI Antoine

Étudiant

 

Notes:

– Sur le multilinguisme:

« En ce qui concerne la pratique de l’interprétation, le Parlement européen se distingue des autres organes de l’UE en ceci que le principe du multilinguisme global contrôlé y est respecté dans le travail quotidien. Ceci signifie qu’un service d’interprétation est assuré à partir de toutes les langues officielles de l’Union européenne et vers ces langues. À l’exception de réunions plus restreintes, les séances plénières et les réunions des instances, commissions et groupes parlementaires bénéficient d’une interprétation selon le même principe, dans la mesure où la capacité du service d’interprétation le permet. Pour les langues moins répandues, on vérifie, avant les réunions de plus petites instances, si des députés ayant pour la langue maternelle l’un des ces idiomes rares doivent y participer. Le droit de chaque parlementaire à bénéficier d’une interprétation des débats et de ses propres interventions dans sa langue maternelle est ancré dans le règlement du Parlement. Le Parlement européen incarne ainsi, dans son effort pour garantir l’utilisation de toutes les langues officielles dans la pratique parlementaire, la diversité linguistique de l’UE. » Source : Site de l’Europarlement.

 

– Sur l’esperanto

Les qualités de la langue sont soulignées par le rapport de François GRIN, L’enseignement des langues étrangères comme politique publique.

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Claude Olivieri

    Cela n’est ni réaliste, ni très sérieux. Cela fait de lustres que les espérantistes tentent d’exploiter la diversité linguistique de l’Europe pour pousser leur avantage. Mais cela ne résiste pas à l’examen. D’une part, on voit mal les États céder une part si vivace de leur entité culturelle au profit d’une « langue » artificielle. D’autre part, il faut bien se rendre à l’évidence : l’espéranto n’est pas une langue, car elle n’a rien à dire. C’est tout au plus un code. Ce n’est sans doute pas comme cela qu’on donnera à l’Europe ce supplément d’âme dont elle a besoin, ni qu’on la rapprochera des citoyens.

    • Laurent ZIBELL

      Il ne s’agit en rien de « céder » quoi que ce soit de la part des États. Imaginer une 1/2 seconde que l’ensemble des Européen(ne)s va se mettre à parler simultanément, et au niveau requis pour un débat démocratique, 23 langues, est une illusion absolue. Je ne parle pas de l’illusion des Français sur l’idée que qui que ce soit soit suffisamment ébloui par la Culture Française pour faire de la francophonie la norme en Europe – ni celle des Britanniques sur l’idée que l’Anglais est « naturellement » la langue des affaires, de l’argent, et donc du monde entier.

      Avant d’affirmer que l' »Espéranto n’est pas une langue, au plus un code », je vous invite, vivement, à constater par vous-même, et à apprendre. Rassurez-vous, ce ne sera pas long, et sans commune mesure avec ce que vous avez pu souffrir pour apprendre l’Anglais (ou toute autre langue naturelle).

      • Laurent, je crains que vous ne perdiez votre temps. J’ai remarqué quelque chose dans divers débats (dans la vie réelle et sur la Toile). Les gens curieux, respectueux des autres, ouverts… posent des questions; ils disent des choses du genre: « Mais ne croyez-vous pas que… il me semble que… » ou bien « Comment croyez-vous que… »
        .
        Par contre, ceux qui sont bardés de certitudes, ceux qui ont « les » solutions, qui se croient autorisés… Alors ceux-là foncent pour asséner leur croyance, sans même lire ce que vous avez écrit…
        On en trouve plusieurs de cet accabit dans ce fil de discussion.
        Les autres, gens « de bonne volonté » suivront le lien qui fonctionne en cliquant sur mon nom, et ils pourront visionner les 5 premières vidéos de Claude Piron, traducteur professionnel pendant 15 ans à l’OMS.

    • Claude Olivieri c’est vous qui n’êtes ni sérieux ni réaliste, excusez-moi de vous le dire.
      Car vous parlez sans savoir ni ce qu’est l’espéranto dans sa réalité linguistique (vocabulaire, structure etc…), ni les valeurs et la culture qu’il porte…
      .
      Le jour où les 3/4 des gens cesseront de parler avec assurance de ce qu’ils ne connaissent pas, mais qu’ils « croient » savoir, on aura fait beaucoup de progrès. A moins que l’Humanité n’ait disparu d’ici là (et l’Europe avec).

    • C’est triste de voir des gens qui ne connaissent pas l’espéranto, il est un préjugé!

  • Laurent ZIBELL

    100 % d’accord avec cet article.

    L’Espéranto est une langue extraordinairement facile à apprendre (elle a été conçue pour cela), environ 10 fois plus rapide que toute langue naturelle: en 1 an, à raison de 1,5 h / semaine, je suis parvenu au niveau où je peux lire, écrire, parler, comprendre à peu près tout ce que je veux (niveau B2 du Cadre Européen des Langues).

    D’autre part, une langue commune neutre est indispensable à une démocratie multiculturelle comme l’Union Européenne. Un débat politique n’est possible que si chacun(e) peut y participer sur un pied d’égalité. Lorsque la langue de travail est une langue nationale, cela donne un avantage énorme, et tout à fait démesuré, à celles et ceux dont c’est la langue maternelle. Cet avantage est d’autant plus important dans un débat politique, où il existe une prime à la vitesse, à l’élégance de l’expression, et où le fait de chercher ses mots pour des raisons linguistiques fait (indûment) douter des capacités plus générales du locuteur. Essayez de débattre en Anglais avec des locuteurs natifs de cette langue, et vous verrez combien vous apparaissez facilement plus faible et moins intelligent !

    Lorsque ce débat démocratique doit avoir lieu dans des enceintes où les ressources de traduction simultanées ne peuvent pas être aussi abondantes qu’au Parlement Européen, la « solution » du multilinguisme généralisé n’est tout simplement pas accessible, pour des raisons économiques.

    Pour des raisons d’équité et de respect même du principe d’égalité dans le débat démocratique, l’Espéranto est donc LA voie pour assurer une communication sans barrière entre les citoyen(ne)s européen(ne)s.

    • Et moi je suis 100% (ou allez, 98%!!!) d’accord avec votre commentaire. Mais nous avons un gros handicap à surmonter.
      .
      la plupart des gens ne peuvent ab-so-lu-ment pas imaginer qu’une langue soit à la fois riche de culture, précise, nuancée et… facile à apprendre.
      .
      Ils ne peuvent pas non plus imaginer qu’elle puisse être auxiliaire, partagée par une multitude, ET en même temps non hégémonique. Ce sont donc deux grands « malentendus » qu’il faut dissiper avant d’échanger sereinement.

      Il se trouve pourtant que 99% des personnes qui ont fait la démmarche de se pencher pendant… disons 2 à 10 h sur l’espéranto commencent à comprendre comment il se fait que cette vraie langue de culture ait également un grand degré d’internationalité (bien plus que l’anglais) dans son vocbulaire et sa syntaxe, et soit assez rapide à bien apprendre.

      Mais voilà, il y a aussi la part importante de gens qui se comportent comme un enfant de six ans à qui l’on suggère de goûter du homard:
      « J’aime pas ça!!!
      -mais comment peux-tu le savoir, puisque tu ne l’as pas goûté?
      -Je ne le goûte pas parce qu’il est méchant. Et pis il est pas beau!!!
      .
      Et voilà pourquoi votre fille, Europe… est muette.
      .
      Bon, il faut dire aussi que l’histoire, la géopolitique et les ancêtres des spin doctors sont passés par là!!!

  • Je ne crois pas que l’espéranto soit la solution, il faut trouver une langue QUI convienne aux peuples concernés. L’Union européenne,dans la situation actuelle, ne peut avoir une seule langue. Il faut l’accepter et surtout le faire accepter aux petits pays. ce sont les langues des grandes littératures qui devraient l’emporter : anglais, allemand, français,italien et espagnol. Une langue, ce n’est pas que des mots juxtaposés, c’est aussi des textes qui ont fait la culture européenne. Peut-on nier l’importance de Don Quichotte dans le mental européen ? ou de l’oeuvre de Goethe ? des Misérables ? des oeuvres de Shakespeare ? Des Fiancés ?

    • Laurent ZIBELL

      Il ne s’agit pas de faire disparaître les langues de culture que vous évoquez, mais de disposer d’un outil pratique et équitable de dialogue démocratique entre les citoyen(ne)s: une langue de communication internationale.

      Faire accepter aux « petits pays » que les « langues des grandes littératures devraient l’emporter » est pour ces « petits pays » INACCEPTABLE. Ils ont souffert pendant des siècles de la domination politique des « grands » pays, ont conquis leur indépendance assez récemment, ils n’ont aucune envie de renoncer à leur langue. C’est pourquoi une langue neutre, n’appartenant à aucun pays, est la seule à avoir une chance non pas de l’emporter, mais d’être l’outil modeste, mais efficace, de la l’intercompréhension et du dialogue à travers lequel s’élabore démocratiquement l’avenir commun.

    • Gravier vous n’avez pas lu l’article, ou bien les phrases parcourues par vos yeux n’ont pas atteint votre cerveau.
      A ce qu’a dit Laurent, j’ajouterai qu’une culture ce n’est pas QUE des oeuvres littéraires. Une culture c’est aussi une vision du monde, une façon de se comporter avec les autres.
      Donc, d’une part, Laurent a souligné que de grandes oeuvres européennes ont été traduites en Eo, mais cette langue a aussi une littérature originale, notamment des oeuvres des années 30 écrites par des Hongrois. Que connaissez-vous de la culture et littérature hongroises?
      J’ai lu un roman polonais de l’auteur de « Quo Vadis » (Henryk Sienkiewicz) qui n’existait pas en français (pas encore traduit). J’ai appris un peu le polonais grâce aux voyages que l’espéranto m’a conduit à faire.

      Mais revenons à nos moutons « culturels ».
      LA CULTURE de l’espéranto, c’est le respect de l’autre dans ses différences, c’est la volonté de faire naître et grandir la paix.

      Au contraire, la culture « dominante » c’est la dilution de toutes les spécificités dans la grande bouillie de l’entertainement, du Mac Do, de la cohorte des marques comme signes de pseudo « valeurs » individuelles.

      Bon sang, que Laurent est patient…
      De mon côté, plus de 15 ans d’argumentation sur l’internet me font douter de la nature humaine…

      Bon sang, que la « rumeur » véhiculée par les « dominants » (vous savez, ces individus, qui, comme chez d’autres mammifères, sont prompts à se servir les premiers en effrayant les autres), que cette rumeur a bien été engrammée dans les cerveaux influençables!!!!

  • Ilias Kyvélos

    Cela fut longtemps un rêve, une illusion et un danger. Tout type de monolinguisme est une fermeture dans la mesure ou la spécificité, la différance, aurait dit Derrida, ne peut être entendu, prise en compte, évalué. Une langue, produite par de siècles d’évolution et et des transition des sens, de signes, de signifiants n’est pas un code d’équivalence sémantique c’est la pensée dans tout ce qu’elle a de plus précieux: son histoire et sa mémoire des transitions. L’ésperanto représente de ce point de vu un danger: Il constituera par son adoption comme « mode de travail » à une régression sémantique. Pour la première fois en Europe on aura à faire à une codification linguistique qui se retrouvera sans contact direct avec ce qu’il y a d’intraduisible à chaque langue nationale et donc sans se sentir le devoir de penser simultanément à une autre langue, à la langue de l’Autre. Plus qu’une langue, toujours plus qu’une langue devait être le mot d’ordre en Europe, fus-t-elle fédérale.

    • Laurent ZIBELL

      Vous ne répondez pas à la question. Il ne s’agit pas de savoir si l’Espéranto peut « remplacer » toutes les subtilités sémantiques des langues nationales, mais de savoir s’il est préférable que ce soit un outil neutre et accessible à tous qui soit utilisé pour communiquer avec des personnes d’une langue maternelle différente de la nôtre ou si ce doit être l’Anglais.

      Car ne vous faites pas d’illusion: lorsque le choix doit être fait aujourd’hui d’une langue étrangère à apprendre, c’est de l’Anglais qu’il s’agit. Ici, on n’est pas dans le danger (largement exagéré à mes yeux) d’un appauvrissement linguistique, mais dans celui, tout à fait concret, d’une hégémonie culturelle et économique. Lorsque 40 % des subventions accordées aux scientifiques dans le cadre du Conseil Européen de la Recherche (European Research Council) vont à des Britanniques, et moins de 15% à des Allemands, alors que la procédure est entièrement en Anglais, vous n’allez pas me faire croire que c’est uniquement pour leurs qualités scientifiques.

      Je précise que je parle l’Anglais depuis ma naissance, et que je maîtrise cette langue au niveau C2 (le plus élevé) du Cadre Européen des Langues.

    • Laurent ZIBELL

      Je précise que l’usage de l’Espéranto comme langue de travail et de dialogue démocratique n’est pas un monolinguisme, mais au contraire le fait de donner à chacun(e) la capacité à conserver sa propre langue, tout en ayant la capacité à dialoguer avec d’autres sur un pied d’égalité.

      Croyez-vous sincèrement que les Britanniques s’emm… à apprendre quelque langue étrangère que ce soit ? Croyez-vous qu’ils vivent dans un monde multilingue ?

    • Ilias, vos arguments ne tiennent pas car ils reposent sur une prémisse totalement fausse, à savoir que l’espéranto serait une langue « unique » remplaçant toutes les autres. Vous avez employé les mots « tout type de monolinguisme »…
      Au contraire, la neutralité politique de l’Eo, le fait que son créateur l’aie voulue langue AUXILIAIRE en font un idiome de rencontre, mais non de domination.
      Je suis l’exemple même de la polyglotte qui l’est devenue grâce à l’espéranto. C’était aussi le cas de Claude Piron, devenu traducteur à l’OMS parce que, adolescent, il avait eu un correspondant chinois en espéranto.

      Or, c’est exactement le contraire qui se passe avec le globish, ce sous-anglais certes très largement employé, mais que nombre de gens maitrisent TROP PEU pour être capables de s’exprimer de façon précise et nuancée. Ils ont donc recours à des périphrases, approximations etc…

      Malgré cela, et à défaut d’être maîtrisé comme outil de débat et de pensée, l’anglais envahit l’imaginaire des gens, dont une bonne partie ne « voit » plus la nécessité d’apprendre les langues considérées comme « mineures ».

      Je sais bien que depuis des décennies on (= les instances européennes)nous « vend » le pluri et multilinguisme, pendant qu’en pratique, insidieusement, cette diversité recule de plus en plus, et que l’anglais envahit toujours plus l’espace européen, à tous les niveaux…
      La « langue unique » qui bouffe les autres, ce n’est pas l’espéranto, c’est l’anglais… Les bobos et autres bouffis de leur propre importance ne savent plus dire « hiatus » ou « fossé », ils ne connaissent que « gap ». Les vols ne sont plus « intérieurs » mais « domestiques », et on ne parle plus de l’arguent ou de l’intrigue d’un film, mais du « pitch »…

      • Laurent ZIBELL

        J’ajouterais à votre commentaire que le « globish » est – peut-être – un outil de communication entre personnes dont l’Anglais n’est pas la langue maternelle. Cependant:
        (1) comme chacun fait des barbarismes à sa sauce, l’intercompréhension devient rapidement difficile
        (2) la durée d’apprentissage de la langue reste considérable (10 ans pour en général un résultat faible – avec un avantage aux locuteurs de langues proches de l’Anglais = néerlandais, suédois, danois)
        (3) vous ne tenez pas 10s dans un débat contradictoire face à un locuteur natif en Anglais. Et c’est LÀ que réside l’INÉGALITÉ fondamentale et anti-démocratique de l’usage de l’Anglais comme langue de communication internationale.
        Par comparaison, l’Espéranto est une langue facile et rapide à apprendre, une vraie langue dans laquelle les ambigüités sémantiques sont réduites, qui ne requiert pas de longs séjours linguistiques (onéreux et sources d’inégalités sociales), ni enfin n’est la langue propriétaire d’aucune nation, de telle sorte que tous sont ÉGAUX devant elle (sans que certains définissent la norme aux dépens des autres).

  • L’espéranto peut être un outil utile d’intégration européenne. Il va de pair avec le fédéralisme. Cependant,si nous recherchons des racines communes, il m’apparaît que les langues celtiques et proto-celtiques répondent à ce critère de choix. N’oublions pas que les Celtes peuplaient les 2/3 de l’Europe au milieu du 3ème siècle avant JC (et ce depuis 2 siècles), période de leur expansion maximale (Bretons, Gaulois, Celtibères, Galates…), avant qu’ils ne soient repoussés (vers l’ouest) par les slaves, les germaniques et (vers le nord ouest) par les romains.

    • Claude ce n’est pas incompatible. On peut diffuser l’espéranto, le faire monter en puissance ET promouvoir les langues celtiques.

      Mais ça ne répond pas aux mêmes besoins.
      Et surtout, il n’y a aucune comparaison possible en termes d’économie et d’équité… Les langues celtiques ne sont pas, et de très loin, aussi faciles à apprendre.

  • Laurent ZIBELL

    Au contraire de ce qu’affirment certains commentateurs, il existe des précédents historiques tout à fait réussis de langues construites pour constituer une cohésion nationale: l’indonésien et l’hébreu moderne. Dans les deux cas, il fallait réunir des populations qui parlaient des langues très différentes les unes de autres. Le choix a été fait d’une langue neutre, simplifiée (très simplifiée dans le cas de l’indonésien). Comme il est inutile de partir complètement du néant, on s’est appuyé pour les racines sur une langue existante (respectivement le malais – qui n’est pas une des langues des îles de l’archipel indonésien au départ, et très différent de la langue dominante, le javanais- et l’hébreu biblique).

    C’est exactement la démarche prise par L. Zamenhof pour créer l’Espéranto, avec un souci de simplification et de régularité encore supérieur pour la grammaire (16 règles en tout et pour tout, sans aucune exception) et des outils de construction de vocabulaire très riches et créatifs, qui permettent de reconstruire toute une famille de mots à partir d’une seule racine (ex: cheval, jument, écurie, poulain…) sans aucun effort de mémoire.

    Cessons donc de croire que c’est impossible: l’usage d’une langue neutre pour construire l’unité d’une entité politique a déjà été réalisé avec succès.

  • Georges Leconte

    Enfin un texte qui ose aborder une question essentielle. Et qui propose quelque chose de concret et de non impérialiste. Pour ceux à qui l’esperanto fait peur, il faut leur signaler que les pays où cette langue est la plus pratiquée sont, particulièrement, les pays de l’Amérique du nord.

  • Martina Latina

    Soyons sérieux, même si mon pseudonyme fait suspecter une préférence pour la langue internationale que fut si efficacement et si fidèlement le latin ! Je me résigne à l’écrire : le meilleur espéranto, la langue de travail qui porte le mieux… l’espérance de la bonne intelligence et de la meilleure entente possible entre Européens, reste une langue qui est à elle seule, par son histoire et sa simplicité, le « melting pot » des autres : l’anglais, « of course », d’ailleurs issu pour une bonne part du latin et du français, comme le fruit, le symbole et le sceau de l’indo-européen parlé sur cette péninsule de l’Asie depuis les lointains millénaires de l’humanité !

    Utilisons donc ce moyen de contact, quitte à savoir affiner les approches, à vouloir préciser les concepts, grâce à la traduction et la spécialisation passant par nos langages respectifs, pour tisser toujours mieux « l’union dans la diversité ». Car, comme le soutient le sémioticien et romancier U. Eco, la vraie « langue de l’Europe est la traduction », dans le droit fil du peuple qui porta l’Europe non point tant sur les fonts baptismaux que… sur les fonds méditerranéens : nous le savons, voilà trois millénaires à peine, les Phéniciens mirent au monde Europe ou « Vaste-Vue » en même temps que les techniques nautiques et l’art alphabétique. Parlons donc mieux entre nous, en regardant plus loin !

  • Sauvons l’Europe

    Tiens, ce billet a provoqué un débat intense! Pour faire la synthèse, je dirais qu’il existe actuellement un code avec lequel échangent les européens à Bruxelles et Strasbourg: le « communautary english », qui est une forme particulière de globish.

    Si l’esperanto devait être développé en Europe comme langue véhiculaire, ce serait pour en faire une lingua franca mondiale, tant qu’à faire…

    Arthur

    • Cher Arthur de « Sauvons l’Europe »,
      Vous me semblez avoir une étrange vision de la « synthèse »…

      Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une « position de Normand » comme dit l’expression (criticable, mais bon…) ou en d’autres mots vous ménagez la chèvre et le chou…
      Alors… « le « communautary english », qui est une forme particulière de globish. »… Certes, certes, on sait bien cela. MAIS les questions auxquelles vous évitez de répondre sont les suivantes:
      – est-ce équitable pour les pays non-anglophones (particulièrement du Sud ou d’Europe Centrale)
      – Cela fonctionne-t-il bien en tremes d’efficacité?
      – Est-ce démocratique?
      .
      De mon point de vue la réponse est un triple NON.
      Cela donne un poids énorme à la GB, crée des difficultés pour nombre de personnes d’autres pays, et n’est pas démocratique car cela n’a jamais été decidé par quelque vote que ce soit, mais a été imposé par des voies assez criticables…
      .
      Faire de l’Eo une « lingva franca » mondiale… Bien entendu je ne suis pas contre. mais vous savez bien qu’il faut que ça commence quelque part.
      La Hongrie reconnaît l’espéranto dans son système universitaire et ses examens. Ler Conseil de l’Europe a intégré l’Eo dans son document « Cadre de référence Commun des Langues de l’Europe »
      .
      Son vocabulaire aux un peu moins de 2/3 issu de racines latines… et un peu moins de 1/3 provenant de racines germaniques, avec quelques éléments sémitiques, de grec ancien ou de langues slaves rétablit un équilibre entre les diverses parties de l’Europe…
      .
      Cette langue a une syntaxe qui la rend maniable pour TOUS, y compris en Asie, mais son vocabulaire est clairement indo-européen.
      .
      C’est donc aux Européens de la soutenir, et de réussir linguistiquement ce qu’ils ont foiré avec l’euro…
      Pour une fois que les discours seraient en harmonie avec les actes, ce ne serait pas du luxe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Bonjour Martina Latina.

    Vous citez monsieur Umberto Eco pour qui la traduction est essentielle et je suis parfaitement d’accord : l’ensemble des textes législatifs définitifs, les sites internets institutionnels, les maquettes de présentation… doivent être traduits dans l’ensemble des langues. Mais pour ce qui est de la langue de travail, je vous citerez également Umberto Eco :
    « On pourra donc envisager l’adoption d’une langue véhiculaire à utiliser au Parlement européen, dans les aéroports, dans les congrès, et il me plairait que ce soit l’espéranto: il empêcherait les nations de s’entredéchirer, chacune voulant imposer sa propre langue. » (Source : http://www.freinet.org/espericem/pourquoi.htm#Citations).
    D’ailleurs, l’espéranto a été crée par un polonais et emprunte donc largement aux langues européennes (et donc le latin) pour les racines des mots.

    M. Laurent Zibell, je vous remercie pour vos nombreux développements.

    Cordialement.

  • Bonjour à tous,

    Cela fait des décennies que, pour des raisons historiques, économiques et géopolitiques, a été instauré un système que je nomme « ordre linguistique » (ou « TINA linguistique »!), mais qui est peu efficace et totalement anti-démocratique (cf Grin, voir plus bas). En 60 ans, on a « oublié » que l’espéranto avait été porté par des démocrates, des intellectuels, des syndicalistes… etc… et en général des citoyens qui ne sont PAS plus bêtes que ceux affirmant de façon péremptoire que l’espéranto ne serait pas une « vraie » langue. Ce déni commencerait à devenir risible s’il n’était aussi scandaleux. Il suffit de consulter le rapport Grin sur le site la Documentation Française (ou son résumé sur Wikipedia) pour comprendre à quel point l’opinion est désinformée (et les « élites » encore plus).

    J’invite les personnes de bonne volonté et les sceptiques à visiter ces liens sur le site Mediapart:

    « Rencontres avec l’espéranto »
    http://blogs.mediapart.fr/edition/rencontres-avec-l-esperanto
    plus spécialement
    Manifeste de Prague
    http://blogs.mediapart.fr/edition/rencontres-avec-l-esperanto/article/240910/le-manifeste-de-prague
    et cet autre article
    Tyrannie(s),liberté, luttes: un TINA peut en cacher un autre.
    http://blogs.mediapart.fr/edition/de-la-parole-aux-actes/article/111011/tyrannies-libertes-luttes-un-tina-peut-en-cacher-

    Ainsi que mon blog personnel sur ce même journal indépendant:
    http://blogs.mediapart.fr/blog/Dominique%20C

    et particulièrement ce billet:
    « Histoire résumée et critique de la concurrence anglais-espéranto »
    http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-couturier/061010/histoire-resumee-et-critique-de-la-concurrence-anglaisesperanto

    Hélas, je sais que les plus réfractaires préfèreront garder leurs « représentations mentales »… Il faut bien « faire avec » de telles attitudes…

    ————————-
    Dominique C, enseignante à la retraite et polyglotte (5 langues lue écrites parlées FR EN, IT, EO, ES, sans compter la connaissance élémentaire de 2 autres: DE, PL et la compréhension passive de 3 autres CA, PO, OC)

  • Joëlle Lasserre

    L’espéranto est une fausse solution; cette « langue » permet une communication simplifiée, elle n’a pas de contenu culturel de référence commun à tous.
    La solution de l’interprétation de toutes et vers toutes les langues est une situation qui permet à chacun de s’exprimer dans toute la richesse de sa langue et de sa culture et d’être compris par l’intermédiaire de ces médiateurs culturels que sont les interprètes.
    Toutefois, dans des réunions plus restreintes où il n’est pas possible d’organiser une interprétation aussi complexe, on s’aperçoit que la communication se passe relativement bien entre les locuteurs de langues appartenant à une même famille: les espagnols, portugais, italiens, français et roumains, arrivent à se comprendre en parlant chacun leur langue (en faisant un petit effort d’articulation et de clarté); il en va de même pour le groupe des langues nordiques (allemand, néerlandais, scandinaves).
    Un peu de bonne volonté permet à ces personnes de se comprendre en limitant l’interprétation à la traduction entre grands groupes linguistiques. Cette méthode permet à chacun de conserver la richesse de sa culture d’origine, d’être identifié par les autres comme issu de cette culture, plutôt que de recourir à une « langue » artificielle « hors sol » et dépourvue d’enracinement. La communication passe aussi par cette reconnaissance de l’appartenance, de l’enracinement culturel, pas seulement par des mots ou codes et une grammaire débarrassée de son histoire.

    • Joëlle, mais quelle sorte d’autorité vous permet d’affirmer que la communication en espéranto est « simplifiée »???

      C’est hallucinant comme certaines personnes se croient autorisées à asséner ainsi LEUR « vérité ». En tant que polyglotte, je m’estime tout à fait fondée à affirmer que j’exprime autant de choses en espéranto, et avec autant de précision et de nuance, qu’en italien.

      • Joëlle Lasserre

        Ce n’est pas une questions d’autorité, mais une constatation devant la difficulté des échanges culturels. Je suis aussi polyglotte et je vois bien la nécessité fréquente d’une intermédiation linguistico-culturelle entre des personnes séparées par une même langue!
        Les incompréhensions entre locuteurs natifs anglophones venant de différentes parties du monde (UK, Australie, USA…) ou hispanophones (Espagne et Amérique latine), lusophones (Portugal, Angola, Brésil) font souvent ressortir la nécessité de l’intercession d’une personne familiarisée avec les différentes cultures, donne à penser que les locuteurs d’espéranto voient également évoluer leur langue en fonction de leurs racines culturelles personnelles.
        Pour se comprendre, ils doivent soient s’amputer de leurs spécificités, soit se résoudre à n’être qu’imparfaitement compris.
        Un exemple: les anglo-saxons parlent volontiers d’argent et jamais de religion, les français font plutôt l’inverse, et le fait de parler espéranto ne fera pas disparaître l’irritation et la mauvaise appréciation de la qualité de l’autre lorsque ces sujets seront abordés. La communication entre personnes n’est que marginalement une affaire de langue.

        • Non, Joelle, je ne peux pas être d’accord avec cette vision.

          On peut admettre, bien entendu, que partager une langue ne résolve pas tous les autres problèmes, ne fasse pas tomber tous les autres obstacles.
          Mais prendre prétexte de cela pour affirmer que la communication en espéranto est « une fausse solution », c’est un peu court, et à la limite de la manipulation.

          Comme bien des intervenants du fil, vous cherchez surtout à justifier votre méfiance envers une option minoritaire… que vous ne connaissez pas forcément très bien, d’ailleurs.

          Perosnne ne prétend que parler espéranto resoudrait « magiquement » tous les problèmes.

          Mais nombre de gens sensés (comme Albert Jacquard, Edgar Morin, le prix Nobel d’économie Reinard Selten, le prof d’économie des langues François Grin, Umberto Eco, nombre de députés européens, quelques dizaines de sénateurs français, beaucoup d’élus de tous niveaux etc etc…) ont compris qu’elle en résoudrait suffisamment pour que la démocratie et l’équité en soient augmentées.

          Car seuls les gens de mauvaise foi ou un peu obtus peuvent affirmer que la situation actuelle (cet « Ordre Linguistique », ce « TINA » où l’anglais se taille la part du lion) soit très démocratique et équitable. Elle n’est même pas efficace!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Benech

      Bon ! Visiblement vous n’avez pas étudié la solution espérantiste…

  • Mon message de 17 h 28 comportait des urls, il doit donc être validé.
    Il commençait par:

    « Bonjour à tous,

    Cela fait des décennies que, pour des raisons historiques, économiques et géopolitiques, a été instauré un système que je nomme « ordre linguistique » (ou « TINA linguistique »!), mais qui est peu efficace et totalement anti-démocratique (cf Grin, voir plus bas). En 60 ans, on a « oublié » que l’espéranto avait été porté par des démocrates, des intellectuels, des syndicalistes… etc… et en général des citoyens qui ne sont PAS plus bêtes que ceux affirmant de façon péremptoire que l’espéranto ne serait pas une « vraie » langue. Ce déni commencerait à devenir risible s’il n’était aussi scandaleux. Il suffit de consulter le rapport Grin sur le site la Documentation Française (ou son résumé sur Wikipedia) pour comprendre à quel point l’opinion est désinformée (et les « élites » encore plus).
    .
    J’invite les personnes de bonne volonté et les sceptiques à visiter ces liens sur le site Mediapart (…) »
    .
    En attendant la validation (dont je ne doute pas!) pour le retrouver dans son intégralité, je vous suggère de visiter mon blog de Mediapart (en lien dans l’en-tête du commentaire)

  • Bizarreries et facéties de l’internet: mon ancienne adresse a été automatiquement collée au lieu de la nouvelle. C’est bien Dominique%20C qu’il faut à la fin, pour aboutir à mon blog.

  • Bizarreries et facéties de l’internet: mon ancienne adresse a été automatiquement collée au lieu de la nouvelle.

    C’est bien Dominique%20C qu’il faut à la fin, pour aboutir à mon blog.

  • Rensk

    Une remarque… Le conseil de l’Europe (les 47 pays) traduit aussi toutes intervention… L’ONU le fait aussi

    Donc c’est possible… et me faire apprendre une autre langue à mon âge pour que je comprennent mon État… tsss…

    • Bonjour.

      Désolé de vous décevoir mais le Conseil de l’Europe ne traduit pas tout puisque
      « Le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Conseil de l’Europe. L’allemand, l’italien et le russe sont utilisés comme langues de travail. Divers documents existent également dans d’autres langues. » ( http://www.coe.int/aboutCoe/index.asp?page=CommentTravaillonsNous&l=fr )

      Quand à l’ONU, elle ne travaille qu’avec 6 langues : anglais (majopritaire), français, russe, arabe, espagnol, chinois. (http://www.un.org/fr/aboutun/languages.shtml)

      Donc la traduction intégrale n’existe pas , et encore moins pour la langue de TRAVAIL.

    • Rensk… Vous commettez l’erreur habituelle de bcp de gens: on peut très bien défendre l’idée de l’espéranto pour les générations futures, sans l’apprendre soi-même.

      C’est cette erreur qui constitue une part importante de la méfiance vis-à-vis de la langue équitable, les générations les plus âgées « refusant » en quelque sorte aux générations futures de bénéficier de plus d’équité et d’efficacité qu’eux-mêmes n’en ont eu.

      Et je vais vous dire une bonne chose: c’est d’un égoïsme incommensurable! Cela peut se comparer à l’attitude des nucléocrates qui lèguent leurs déchêts à des centaines de milliers de générations….

      Quant à votre vision des traductions, elle est partiellement erronée.
      Oui, beaucoup de traductions sont faites, mais elles sont de moins en moins nombreuses, et ce qui compte dans les travaux, ce sont aussi les langues des documents ORIGINAUX. Je n’ai pas le temps de détailler, mais selon que le texte original est rédigé en français, allemand, anglais ou espagnol (etc…) on peut en infléchir le sens et la philosophie…

      Mais bon sang, je vois que trop de « naïfs » ici pensent que « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Ils devraient bien retrouver l’esprit des Lumières et relire Voltaire!!!!

      • catherine vieilledent

        je dirais que toutes les solutions pragmatiques sont bonnes mais je rappellerai qu’en Europe, on ne fait pas que communiquer ou bavarder (les logiciels de traduction automatique intégrés sur internet sont d’ailleurs aussi une excellente solution pour la communication). On adopte aussi des traités, des lois et documents politiques (avec l’accord nécessaire des Etats membres, faut il le rappeler?) dans les langues officielles parce qu’ils ont un impact réel sur les gens.
        C’est un droit fondamental que de connaitre la loi qui s’applique à eux. C’est un droit consacré par les traités européens aux citoyens européens.
        Enfin il faudrait cesser de penser l’Europe sur le modèle un peu désuet de la Société des nations ou de l’ONU, où les peuples ne sont pas concernés.

        Mais là, nous ne sommes plus dans la simple communication.

  • Patrice BAUDEZ

    J’aime ce débat passionné sur un sujet qui me rappelle que, quand j’étais tout jeune, un Etat sorti du rêve et renforcé par ce qu’on a nommé holocauste ou shoah selon le choix de la langue, a choisi de ressusciter une langue morte pour échanger à égalité entre diverses langues maternelles, surtout européennes. Et, que je sache, l’utopie y a pris langue : pourquoi un fédéralisme européen, se souvenant combien le nationalisme a été meurtrier, ne se donnerait pas une langue propre ?

    • Merci Patrice… 🙂 Mais vous savez, la différence entre l’hébreu ressucité en Israël, et l’espéranto, c’est que l’hébreu était porté par une communauté aussi « reconnue », que combattue (par d’autres personnes) ainsi qu’une religion et… porté ensuite justement par ce grand drame qui avait traumatisé les Juifs.
      Même si la « re-création » de l’hébreu par Ben Yehoudah à partir de la langue religieuse, d’araméen, de yiddish, d’anglais… etc, date de la même époque que l’espéranto (fin XIXè) donc AVANT l’holocauste, le peuple qui l’a porté ensuite avait sans doute plus de raisons dans son imaginaire de vouloir sa réussite.
      .
      Le problème de l’espéranto, c’est que trop de gens manquent d’imagination. Ils ne voient que ce qui existe. Je dirais même « que ce qui est visible dans les médias » (car l’espéranto existe bel et bien dans le quotidien de cetaines de milliers de gens, peut-être même de millions). Il déduisent de l’ostracisme dominant que l’espéranto a échoué, sans analyser les NOMBREUX défauts et inconvénients de l’Ordre Linguistique. Autrement dit, bien que clamant leur attachement à la « démocratie », ils se conforment en fait à ce que décident les dominants (et qui est inégal, inéquitable).
      .
      Et -BIEN PLUS GRAVE !!! – ils refusent d’aller vérifier si ce qu’ils croient est conforme à la réalité ou si c’est de l’ordre de la rumeur ou du fantasme. D’où les accusations de « manque de culture » ou de « langue qui n’en est pas une, qui n’est qu’un code ».
      Inazo Nitobe, secrétaire adjoint de la SDN qui a proposé en 1922 d’ajouter l’espéranto comme langue de travail de cette institution, était agrégé d’anglais, mais n’avait pas de préjugés, et surtout, il avait pu constater de visu lors d’une visite à un congrès d’espéranto, que cette langue authentique fonctionnait parfaitement…
      Il était allé VERIFIER. Ce que bien des gens refusent de faire!!!!

    • Truc

      Bravo et l’Esperanto pourrait être celle-là.

  • Alpha-plus

    Enfin un sujet intéressant et qui malheureusement n’intéresse pas grand monde en Europe : la question linguistique. Lorsque l’on regarde l’évolution de la question linguistique en Europe, on ne peut que constater que c’est l’un des échecs majeurs de nos dirigeants. La diversité linguistique et culturelle est bafouée et les non-anglophones sont traités comme des demeurés par des eurocrates qui n’ont que le modèle anglo-saxon en tête (c’est normal ils ont été formatés aux « states ») et on voit où nous mène ce modèle : dans le mur, pas seulement l’euro, mais nous les européens avec, pendant que les anglais narquois, qui eux sont restés en dehors, nous regardent nous planter.

    On peut bien ce moquer de l’esperanto qui menacerait nos langues et nos cultures, mais comment l’esperanto pourrait détruire ce que l’asservissement au modèle anglo-saxon est déjà en train de détruire ?

    Au contraire, je trouve que l’idée de l’esperanto, dont le principal avantage est de ne pas avoir de culture propre, serait parfaitement adapté pour servir de langue d’échanges entre européens et justement d’échanges entre les différentes cultures européennes.

    Certes l’esperanto ne réglera pas tous les problèmes et supprimera pas la nécessité d’apprendre les autres langues européennes, mais c’est bien la première idée intéressante dont on parle ici.

    Et au pire je préfère une Europe esperanto qu’une Europe anglo-saxonne ou même pas d’Europe du tout, car à continuer de foncer dans le mur, on va finir par exploser comme a explosé l’empire éclaté. Rappelez-vous, ce n’est pas si vieux. Les peuples oppressés ne veulent ni du russe, ni de l’anglo-américain.

    • Bonjour Alpha-plus.
      Je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous dites que l’espéranto n’a pas de « culture propre » puisqu’il existe un certain nombre de chanson, de livre et même de films qui sont nativements issus de cette langue.
      Ensuite, en soutanant l’usage de l’espéranto avec cet article, je n’ai aucunement l’intention de supprimer l’apprentissage des autres langues mais bien de permettre une plus grande diversité derrière l’espéranto. D’ailleurs, c’est ce que préconise le rapport GRIN dont la référence se trouve en fin d’article.

    • « mais comment l’esperanto pourrait détruire ce que l’asservissement au modèle anglo-saxon est déjà en train de détruire ? »
      Bien vu Alpha plus!!! 😉

      En ce qui concerne la culture, Antoine a déjà répondu, et j’ajouterai que la « culture » ce n’est pas que des oeuvres littéraires ou artistiques, c’est tout une vision du monde: une façon de se dire « bonjour », de manger, de regarder les autres, de concevoir les rapports humains.
      Dans cette acception, on peut dire que l’Eo EST une langue de culture, celle du respect de la diversité, celle de la PAIX.

  • Voyo

    Depuis 2001, la Journée européenne des langues est célébrée chaque année le 26 septembre.
    A l’initiative du Conseil de l’Europe, les 800 millions d’Européens dans les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe sont encouragés à apprendre plus de langues, à tout âge, tant à l’école qu’en dehors. Convaincu que la diversité linguistique est une voie vers une meilleure communication interculturelle, le Conseil de l’Europe soutient le plurilinguisme à travers toute l’Europe. C’est, me semble t’il, une démarche juste mais coûteuse et, surtout, irréaliste.
    Qui en effet, peut apprendre et parler les 43 langues nationales parlées en Europe?
    Ce constat a amené l’Union Européenne à encourager chacun de nous à connaître un minimum de deux langues étrangères, en plus de sa langue maternelle : voilà qui est plus réaliste, moins coûteux mais …injuste ! Pourquoi en effet, y aurait-il des langues « reines »; de quel droit ?
    La recherche d’une identité européenne piétine : mais, peut-il en être autrement sans langue commune, neutre, relativement aisée à apprendre ? Que serait l’unité des Etats Unis avec 43 langues différentes ? Avant l’Euro, avoir une langue d’échange commune aurait probablement été un bien meilleur socle pour tisser des liens, pour la construction d’une identité, pour mieux exprimer et coordonner nos attentes.
    Or, cette idée d’une langue commune pour l’humanité n’est pas nouvelle ; elle avait déjà germé chez Platon avant bien d’autres tels que, Coménius, Condorcet, Comte, Montesquieu et Descartes notamment. Une langue pour que tout un chacun puisse communiquer à l’échelle de la planète, sur un pied d’égalité. Une langue qui préserve les langues maternelles et culturelles tout en instaurant un véritable dialogue interculturel et permettant de sortir de la confrontation, devenue fréquente, entre espaces linguistiques. Une langue qui ne permette plus que le peuple le plus puissant du moment impose la sienne, s’arrogeant ainsi une position privilégiée sur le marché des idées, de l’enseignement, de la recherche, de l’édition, de la production cinématographique…et conduisant 90% de la population planétaire à parler la langue des 10% restants ! Il s’agit bien évidemment de la langue, ou du langage, espéranto, régulièrement recommandé par l’Unesco. En 2007, le Conseil de l’Europe a fait traduire son Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues en espéranto. Tout citoyen européen peut désormais prouver son niveau par un examen officiel, voire même le faire valoir en tant que compétence en langues, nouvelle exigence attendue- dès la rentrée 2012- de la part des candidats au recrutement de personnels enseignants des premier et second degrés ainsi que des personnels d’éducation relevant du ministre de l’éducation nationale.
    Par ailleurs, actuellement, une pétition nationale recueille des soutiens pour que l’espéranto puisse être admis parmi les langues « option » au bac ; http://esperanto-au-bac.fr/
    Une solution au problème de la barrière des langues et du repli sur soi nous tend bien les bras.

  • Henri Masson

    L’écrivain François Cavanna avait écrit, en février 1989, « A propos… Dites-moi. Pour-quoi aucun gouvernement au monde n’a-t-il jamais proposé, (à l’O.N.U., par exemple) la promotion d’une langue ultra-simplifiée ? L’espéranto, ou une autre. On me dit que l’espéranto, au vocabulaire trop européen, ne ferait pas l’unanimité. Or, l’anglais, irrésistiblement, s’impose… Il n’est pas particulièrement simple, ni logique ! Ils ne veulent pas de l’espéranto ? Ils auront l’anglais. Tant pis pour leurs gueules. » (« La belle fille sur le tas d’ordures », éd. Archipel)

    C’est précisément ce vers quoi on s’achemine : vers l’anglais comme langue unique. Et ceci avec le concours de ceux qui, sans savoir ce qu’est l’espéranto, par le colportage de bobards, élargissent la voie du tout-anglais et facilitent l’élimination des petites langues et la marginalisation des plus répandues.

    Dès 1939, dans « Le viol des foules par la propagande politique », le sociologue et microbiologiste allemand Serge Tchakhotine avait écrit : “Il est clair que la nation dont la langue serait reconnue comme universelle, acquerrait des avantages économiques, culturels et politiques sur toutes les autres. Mais l’inertie et l’esprit conservateur des gouvernants de presque tous les pays empêche encore que l’Espéranto puisse devenir la langue auxiliaire mondiale.”

    Tout est fait pour donner avantage à la langue qui renforce l’ordre socio-économique que le monde subit, et ceci avec la complicité de l’ignorance. Le « non-anglais » est progressivement éliminé dans l’enseignement supérieur, dans la chanson (il l’est déjà pratiquement dans l’Eurovision et il suffit d’écouter les radios pour voir que le processus s’accélère), dans la publicité sans que ceux qui aboient contre l’espéranto ne se posent des questions.

    Alors que la dernière phrase de ce bon article donne un éclairage essentiel et rappelle très justement que la vocation de l’espéranto est d’être une langue commune et non une langue unique, qu’il « n’a aucunement pour but de remplacer les langues nationales, sa valeur propédeutique devant même faciliter l’apprentissage d’autres langues », nous voyons des commentaires ahurissants qui ne sont pas sans rappeler ceux qui ont été lancés contre les inventeurs et les pionniers à qui nous somme aujourd’hui redevables d’inventions et de progrès.

    Par exemple, il y a l’argument selon lequel l’espéranto serait « artificiel ». Or, dès 1901, dans « La Revue de Paris », le fondateur de la sémantique, Michel Bréal, avait écrit : « Ce sont les idiomes existants qui, en se mêlant, fournissent l’étoffe de la langue nouvelle. Il ne faut pas faire les dédaigneux ; si nos yeux, par un subit accroissement de force, pouvaient en un instant voir de quoi est faite la langue de Racine et de Pascal, ils apercevraient un amalgame tout pareil […] Il ne s’agit pas, on le comprend bien, de déposséder personne, mais d’avoir une langue auxiliaire commune, c’est-à-dire à côté et en sus du parler indigène et national, un commun truchement volontairement et unanimement accepté par toutes les nations civilisées du globe.”

    Où sont les références et les sources de ceux qui prétendent avec arrogance que l’espéranto est ceci ou cela, n’est pas ceci ou cela, sans même l’avoir étudié sous ses aspects linguistiques, historiques, pratiques, philosophiques, sans avoir un vécu de la langue, etc. ?

  • Si l’ONU et l’UNESCO recommandent l’usage de l’espéranto dans les relations internationales, c’est que les qualités de cette langue internationale sont reconnues !

    La langue d’un pays ne pourra jamais être la langue internationale remplaçant les langues maternelles des autres pays car ayant une connotation colonialiste !

    Pour une question de justice et de démocratie, il nous faut une langue neutre comme l’espéranto au grand dam des Bourses, des dictateurs de tout genre…

  • Hervé LACOMBE

    Ayant eu l’occasion de participer à des réunions de travail à Bruxelles, c’est tout naturellement que nous avons parlé Anglais; si ma mémoire est bonne, il y avait 6 nations représentés.
    C’est un constat et on pourrait se demander pourquoi la langue anglaise est si universelle. Sans doute parce que c’est la langue la plus « vivante » qui soit.
    Et pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas codifiée par une quelconque Académie Anglaise… ce qui est un écueil pour qu’elle devienne la langue officielle européenne… à moins de créer cette Académie… mais la langue perdra de sa richesse créative.
    A suivre

    • Autisme… On ne peut réduire VOTRE expérience à celle de TOUS les Européens.
      « c’est tout naturellement que nous avons parlé Anglais », dites-vous?
      Ah ah ah… Ouaf ouaf…. ceci est une énorme victoire idéologique de l’axe Londres-Washington.
      .
      Et vous êtes très très très naïf (ou très très très méprisant) de ne pas vouloir tenir compte de l’expérience des « 99% » comme dit le slogan actuel de « Occupy Wall Street ».
      En fait, pour ma part, j’estime à MOINS DE 15 ou 20% la proportion d’Européens qui peuvent parvenir à suivre des réunions de travail en anglais. Et encore moins d’y faire valoir leur point de vue!!!!
      Mais bien entendu, je suppose que vous faites partie du « dessus du panier »!!! (ou vous en êtes convaincu…)
      .
      J’appelle cela un authentique humanisme… 🙁

  • Hervé LACOMBE

    S’il est vrai qu’il faut une langue commune pour l’Europe, cela devient encore davantage une nécessité à l’échelle mondiale.
    Proposer l’espéranto plutôt que l’anglais, ce sera dans les deux cas imposer une idéologie occidentale au monde.
    A suivre

    • Pourtant, la Chine est l’Etat où le plus d’universités offrent des cours d’espéranto si mes souvenirs sont bons. et l’espéranto ressemble au chinois dans une certaine mesure : http://www.esperanto-gacond.ch/comme-le-chinois.html

    • Non Hervé, l’espéranto n’est pas porteur d’une « idéologie occidentale ». L’Asie a été une des régions du monde qui se sont saisies assez tôt de la langue auxiliaire créée par Zamenhof.
      Son idéal étant le respect de toutes les cultures, le respect des différences, elle est bien plus « neutre » sur un plan « géopolitique » que n’importe quelle autre langue, car elle n’appartient à AUCUN état.
      Il ne faut pas confondre ceci avec la source du vocabulaire, dont les racines proviennent en effet de langues indo-européennes (c’est dû, en gros, au contexte, aux raisons historiques de sa naissance…). Par contre, cette base de vocabulaire se décline d’une façon qui rappelle certaines constructions de concepts en chinois, et de plus une syntaxe très souple lui permet de s’adapter à pratiquement toutes les langues.
      Je vais vous donner un exemple.
      Je ne parle pas chinois, mais je sais que dans cette langue « pêcheur » doit se dire approximativement « homme metier poisson attraper ».
      En espéranto, cela se dit: fiŝ-kapt-isto soit fiŝ (poisson) kapt (capturer) ist-o (celui-qui exerce-un-métier)
      Avec d’autres éléments, on aura
      instru-isto (enseignant)
      fleg-isto (infirmier)
      kurac-isto (médecin)
      farb-isto (peintre)

      mais pour cordonnier et bottier:
      ŝu-ripar-isto (réparateur de chaussures) et
      ŝu-far-isto (fabricant de chaussures).

      Dans la plupart des langues dites « naturelles » on a des mots très différents pour exprimer des concepts similaires.
      En français, les métiers peuvent être exprimés par les finales « -er » (boucher, ), « -ier » (charcutier, pompier), iste (fleuriste, pianiste, dentiste), eur (instituteur, docteur, agriculteur, danseur, animateur, éducateur, vendeur), « -ant » (représentant) ou des périphrases (employée de maison, technicien de surface, femme de ménage, femme de chambre…)
      Sur la question de savoir si cette langue est acceptable mondialement, on peuit discuter à l’infinie, et de façon STERILE. Car, comme vous el reconnaissez, si cen’est l’Eo, ce sera l’anglais qui est encore bien plus « occidental », plus dur à apprendre et à pratiquer, et dix fois plus marqué « idéologiquement ».
      Par contre, en ce qui concerne l’Europe, alors là il est ahurissant que l’Eo rencontre tant de résistances, car selon moi il représente l’essence même de la culture européenne, il a toutes les qualités requises pour faire prendre la « mayonnaise » de la construction européenne et même faciliter l’apprentissage mutuel des diverses langues d’Europe. Il a vraiment fallu toute l’influence de l’axe Washington-Londres, la puissance du British Concil, l’àplatventrisme des autres Européens, les subsides du Plan Marshall etc etc… pour que l’on promeuve en Europe la langue du pays le moins européen. Ce sont les bizarreries scandaleuses de l’Histoire

  • Hervé LACOMBE

    Je lis que « L’espéranto ressemble au chinois dans une certaine mesure ? »

    C’est une pirouette … A ce que je sache, j’ai retrouvé dans l’espéranto 23 des 26 lettre de mon alphabet + 6 nouvelles lettres « dérivées » et c’est tout …

    A suivre

  • Qu’est-ce que les lettres ont à voir là-dedans? Vous semblez confondre langue et code graphique pour transcrire la langue.

    Je vous rappellerai qu’une LANGUE c’est d’abord une façon de communiquer en parlant. L’écriture n’est qu’un support visuel, et une manière de garder trace de ce discours.

    L’écriture idéographique de la Chine a de grandes qualités, mais elle n’a souvent rien à voir avec l’énoncé parlé, et d’ailleurs je crois que dans un certain nombre des cas, les Chinois utilisent la transcription en caractères latins (Pin-yin) à des fins pédagogiques avec les enfants, avant que ceux-ci ne parviennent à maîtriser l’écriture reposant sur les concepts.

  • Pingback: Identité nationale et identité européenne | Sauvons l'Europe()

  • Catherine M

    passionné débat, je n’ai rien contre l’espéranto mais je rappelle que, pour l’Union européenne, le régime linguistique date de 1958 (multilinguisme intégral pour tout document contraignant et pour les échanges avec les institutions). C’est la moindre des choses si on n’envisage pas de transformer les juges, avocats, administrations en linguistes… d’autant qu’ils ont autre chose à faire et qu’une telle ambition serait le summum de l’inefficacité!
    Quant au débat sur une langue de travail pour raisons d’économie, c’est un peu court: le multilinguisme pèse 1% du fonctionnement de l’Union européenne (dont le budget est lui même très modeste, soit 1% du PIB cumulé des Etats membres). Le coût de l’absence de multilinguisme resterait à calculer, mais c’est un défi intellectuel et méthodologique que les gestionnaires d’économies n’ont pas relevé!
    Enfin, pour citer Todorov, une langue communique moins qu’elle ne transmet. A méditer…

    • Si le multilinguisme ne pèse que 1% du budget, n’est-ce pas parce que progressivement, avec l’élargissement de l’Union, on a renoncé à traduire une grande partie des documents???
      .
      Le coût de l’absence de multilinguisme ne devrait pas se calculer qu’en euros, mais aussi en influence… ne trouvez-vous pas que la GB, le moins européen des membres, ne pèse pas assez lourd comme cela?

  • Nous avons voté une europe mmulticulturel et plurilingue!
    Nous ne voulons pas ni de l’anglais (Le RU est dehors de la zone euro, donc en dehors de l’Europe) ni de l’esperanto

    • Mais qui est donc ce « NOUS »?
      Dites « nous » en ce qui vous concerne. Car les peuples n’ont jamais été consultés. Une enquête réalisée en France il y a deux ou trois ans par une association laisse fortement supposer que parmi les gens qui savent ce qu’est l’espéranto, environ la moitié sont favorable à ce que l’Union informe plus les citoyens sur l’existence de cette langue. Quant à ceux qui le découvrent au cours de l’enquête, une grande partie, en tombant des nues, trouve que cette langue est une bonne idée.
      L’échantillon, bien sûr a été choisi au hasard, dans la rue (sorties de métro, arrêts de bus…) et on obtient l’avis des « gens de peu » non des technocrates ou membres des classes moyennes et moyennes supérieures, qui sont généralement celles qui imposent leur vision du monde.
      Voir mon blog, il y a à nouveau du grain à y moudre… Par exemple le billet « Se croire libres ou rebelles, en étant soumis… »

  • Cédric Castel

    C’est inexact : La comparaison de l’anglais et de l’espéranto en termes économiques pour l’Union Européenne a été l’objet d’une thèse très sérieuse par Aurélien Portuese , glissée en vitesse sous le tapis par le lobby anglophone. http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1517424

    que vous pouvez télécharger ici en cliquant le lien « download » en ligne 4

    Sa thèse démontre le plus rationnellement du monde, par une analyse de Pareto, que l’hégémonie de l’anglais coûte 1 620 milliards d’euros par an à l’Union Européenne (institutions, particuliers et entreprises), de plus que ce que ne coûterait l’espéranto. Évidemment, ces 1 620 milliards sont payés par les Européens, mais pas le moins du monde remboursés par les Anglais, pour lesquels ceci représente un avantage commercial net, assimilable à une barrière commerciale du même montant.
    C’est donc une « taxe linguistique » que le Royaume-Uni prélève chaque année aux citoyens de l’Europe.

    • Un grand merci de cette info, Cédric, j’en étais restée au rapport Grin, nettement moins pessimiste sur le montant!!!
      Ceci dit, votre lien ne fonctionne pas. On ne peut obtenir que le résumé, semble-t-il. Et je me demande en outre s’il est possible de se procurer une version en farnçais!!!!

    • Michel JACQUOT

      Après le BREXIT, ne pourra-t-on pas considérer que l’anglais ne soit plus une langue « européenne ». Ne peut on pas choisir l’espéranto, quitte à le moderniser?

  • Laurent

    Ce débat est complètement stérile …

    L’espéranto n’est pas une langue et ne le sera jamais. C’est une construction artificielle qui sera peut–être utilisée partiellement par quelques intellectuels, mais ne sera jamais assimilée par les peuples. Tout comme le calendrier révolutionnaire, pourtant plus « logique », a été relégué aux oubliettes de l’Histoire.

    Le but d’une langue, c’est de communiquer. Or force est de constater que la seule langue européenne, et même mondiale qui permet d’échanger entre Européens mais également entre citoyens du monde, c’est l’anglais. Cela touche tous les domaines, les « affaires » bien sûr mais aussi les échanges sociaux et humains.

    Si l’on veut gagner en efficacité, une seule solution. Consacrer l’anglais comme première langue de l’Union Européenne, et garder ses principales langues – allemand, espagnol, italien, français, polonais – comme secondes langues.

    A méditer …

    • Laurent, affirmer de façon péremptoire une « croyance » (une représentation mentale) ne l’a jamais transformée en vérité…
      Si le globish est ânonné, baragouiné par 80% des Européens (et parlé presque correctement par moins d’un quart d’entre eux), cela n’en fait pas une « langue » plus performante que l’espéranto, qui certes est moins parlé (logique, puisque PAS enseigné, sauf… sauf en Hongrie!!!… Où on peut passer cette langue pour l’épreuve d’entrée à l’Université), mais sert depuis ds années à de très riches échanges dans des domaines très variés: politique, sciences, littérature etc etc…
      Actualisez vos connaissance je vous prie! C’est lamentable d’imposer son ignorance aux autres.

  • Voilà, ce que je disais l’autre jour:

    – esperanto = une langue artificielle
    – l’€uro = une monnaie artificielle
    – l’UE = une Union artificielle!

    C’est TOUT!

    • Jean-Mathieu Robine

      L’historienne Anne-Marie Thiesse, dans son livre devenu un classique « La création des identités nationales, Europe, XVIIIe-XIXe siècles » (éditions du Seuil, 1999 et 2001, toujours disponible en format poche, coll. « Points-Histoire »), a démontré que les Etats-nations ont tous été des constructions artificielles, qui en tant qu’Etats-nations ne remontent pas plus loin, pour les plus anciens, que les XVIIIe et XIXe siècles (même si en tant qu’Etats certains sont plus anciens, même de nombreux siècles). Ce sont précisément leurs succès qui nous ont fait oublier leur caractère artificiel, d’autant plus que l’histoire que l’on nous a enseigné à l’école, comme le montre par exemple Suzanne Citron dans « Le mythe national, l’histoire de France revisitée » (éditions de l’Atelier/éditions ouvrières, 2008), est un produit de cette construction. La France (ou l’Allemagne, ou l’Espagne, etc.) qui existe prétendument depuis la nuit des temps (au moins depuis Clovis et même avant César ! ), avec sa langue nationale, son ou ses épopées nationales, sa religion nationale (parfois : ça dépend des versions du mythe), son folklore national, ses « frontières naturelles », c’est précisément ce que des intellectuels géniaux ont réussi à faire croire aux Européens pour fabriquer, tout à fait artificiellement, des espaces nationaux suffisamment homogénéisés pour les besoins politiques (la démocratie) et économique (des marchés unifiés à l’échelle des grandes entreprises de la révolution industrielle) des XIXe et XXe siècles.

      Mais croire, sous prétexte que l’idée nationale a fini par devenir une réalité, qu’elle n’est pas artificielle et que l’idée européenne le serait, c’est être très naïf. En réalité l’UE et l’euro ne sont pas plus artificiels que la nation française et la livre tournois (devenue franc). En fait, Emmanuel Todd et bien d’autres auteurs l’ont largement démontré, la France (dans ses limites continentales alias métropolitaines actuelles) est peut-être le pays le plus hétérogène d’Europe, donc celui qui avait a priori, au départ (au milieu du Moyen-Age, par exemple), le moins de chance de constituer un jour un Etat-nation ! On parle souvent de l’artificialité de la Belgique et on ne se rend pas compte à quel point c’est aussi le cas de ses grands voisins… L’unité nationale, y compris linguistique et surtout monétaire, s’est construite d’une façon tout aussi artificielle que le fait actuellement l’unité européenne.

      Anne-Marie Thiesse montre d’ailleurs très bien qu’artificiel ne signifie nullement illégitime : les Etats-nations ont largement prouvé leur pertinence et leur légitimité. Dans l’ensemble, les intellectuels et hommes politiques libéraux et nationalistes qui les ont inventé ont eu raison de le faire. Leur succès, impressionnant, parle pour eux. Si les fédéralistes européens se montrent aussi habiles que leurs devanciers nationalistes, la pertinence, indéniable, du projet européen a de fortes chances de les conduire à une légitimité et à un succès tout aussi écrasants que celui des Etats-nations. Après coup, c’est facile de trouver « naturelle » la réussite d’une construction, par définition artificielle : ce sera le sort de l’UE si elle réussi. Cette Europe unie n’est-elle pas déjà naturelle pour mes neveux franco-belges, dont le plus âgé a onze ans ?

    • Jean-Mathieu Robine

      Quant à la langue « artificielle » que serait l’espéranto, et au caractère supposé « naturel » des langues « nationales »… Sur ce point aussi il est utile de lire le livre d’Anne-Marie Thiesse (cité dans mon message précédent, ci-dessous).

      Le problème ne se posait pas en France ou en Angleterre, car on avait déjà la langue du roi et de son entourage : il suffisait de la décréter nationale (je simplifie, évidemment : résumer tout un processus en quelques mots est inévitablement réducteur). Mais de nombreux Etats-nations, en Europe et ensuite un peu partout dans le monde, ne pouvaient pas se former autour d’une puissante monarchie préexistante, et n’avaient pas la solution, très simple, donc que l’on peut croire « naturelle », de « nationaliser » la langue du souverain. En Italie, en Allemagne et dans les Etats-nations en formation au sein des empires d’Europe centrale et orientale, ce choix n’était pas possible puisqu’il existait pas d’Etat monarchique pré-existant sur lequel s’appuyer. Dans bien des cas il a fallu construire une langue artificielle, une « koinè » diraient les Grecs, à partir d’un ensemble de parlers et de dialectes : de ce point de vue le cas de l’hébreu moderne est loin d’être unique. C’est même un cas bien plus fréquent que celui des monarchies britannique (avec l’anglais), espagnole (avec le castillan) et française (avec le français). De ce point de vue, le fait que l’auteur du projet espérantiste ait été un juif polonais n’est évidemment pas un hasard. Et à certains égards, en proposant un tel projet linguistique, Zamenhof ne faisait pas une chose extraordinairement différente de celles qu’ont fait d’autres intellectuels du XIXe siècle : la vraie différence, c’est que sa langue, guère plus artificielle que celles élaborées ou améliorées par les libéraux nationalistes, n’était pas l’outil d’un projet national mais au contraire celui d’un projet international.

      Par ailleurs, à certains égards la notion même de langue est une notion politique, donc artificielle : il suffit de voir, sous nos yeux, l’éclatement du serbo-croate, ancienne langue unique de feu le royaume puis la république de Yougoslavie, en langues serbe et croate, à l’occasion des guerre yougoslaves des années 1990. Seules des raisons politiques ont pu mettre ainsi en danger l’ancienne unité linguistique et créer, sous nos yeux, deux « langues » arbitrairement séparées à partir d’une seule. Il s’est passé plus ou moins la même chose au XVIIe siècle avec la naissance conjointe du néerlandais (qui n’était auparavant qu’un dialecte allemand : son nom, « dutch », le montre bien) et de la république des Provinces unies. Et il se passe aujourd’hui un peu la même chose dans la grande Flandre belge, avec la distinction entre le flamand et le néerlandais (la Flandre des nationalistes flamands peut-elle se permettre d’avoir la même langue que les Pays-Bas, un pays étranger et protestant ?).

      La distinction entre langues « artificielles » et langues « naturelles » a certes une pertinence, mais beaucoup plus limitée et bien moins nette que certains, peu au fait de l’histoire des langues et de l’histoire politique, ne veulent bien le croire !

      • Jean Mathieu, brillante démonstration! Merci mille fois.

    • Truc

      On est sur un site « sauvons l’Europe »!

  • attibo

    D’un autre coté, vu l’auto-veto hors d’UE de Cameron, utiliser l’anglais comme langue de travail de l’union à 26 sera plus facile, dans la mesure ou ce ne sera plus la langue officielle que de l’Irlande(qui a aussi le Gaélique pour le côté couleur locale), donc d’aucun des « grands pays ». Cela donnera à l »anglais de cuisine » un caractère plus neutre et acceptable par chacun.

    • Jean-Christophe Groult

      L’UE n’autorise qu’une seule langue officielle par pays. L’Irlande a choisi le Gaélique, ce qui fait qu’à la sortie du Royaume-Uni, l’anglais ne sera la langue officielle d’AUCUN pays de l’UE, ce qui normalement en interdit l’usage (seule les langues officielles sont utilisables). Situation plutôt cocasse (qui sera vraisemblablement évitée par une astuce quelconque).

  • Serge Gerrard

    J’ai une solution que j’imagine etre pratique car elle ne comporte pas une organisation obligatoire ou ordonee de quoique ce soit :))).

    Il s’agit de preserver le status quo actuel et en outre s’entendre au plus haut niveau Europeen d’encourager l’enseignement de l’esperanto d’une maniere coordonnee pour faciliter toute communication dans le travail et communication entre compagnies et gouvernements sans que ce soit obligatoire de l’apprendre . Il s’agit de laisser le marche lui meme dicter si ceux qui le parlent seront avantages ou non car n’oublions pas que c’est ainsi que l’anglais s’est etendu .
    Evidemment le seul obstacle serait d’obtenir que l’europe tout entiere ou en majorite consacre un budget special pour une experimentation linguistique et administrative qui ne nuirait point si elle echouerait .
    Selon mon experience les jolis plans bien organises reussissent rarement avec les etres humains surtout dans un domaine de ce genre .

    • Robert Leleu

      Bona ideo ! Eku !

  • JL Chaumon

    J’ai travaillé dans des entreprises européennes, la langue de travail est l’Anglais, mais j’avoue que connaître par exemple l’Allemand qui est une langue très utilisée en Europe peut être un plus personnellement, je souhaiterais pour les jeunes en Formation une bonne maîtrise de la langue maternelle ainsi que de l’Anglais et pour les différences culturelles une autre langue de l’Union ainsi que des notions d’une langue hors Union par exemple Russe, Chinois,Arabe ou Japonais etc…

    • JL Chaumont: comme votre « Je souhaiterais » est mignon!!! Nous souhaitons tous beaucoup de choses, et en ce qui me concerne, je « souhaiterais » que règne plus de justice dans le monde, et que les Britanniques ne soient pas les seuls en Europe à apprendre très peu les langues étrangères.
      Je souhaiterais aussi que les divers Européens ne soient pas si ignorants des cultures des autres. En tant qu’espérantophone, j’ai eu la chance de voyager beaucoup en Europe, et j’ai découvert des gens et des cultures que je n’aurais pas du tout côtoyées sans cela.

  • Fabio Colasanti

    La proposition d’utiliser l’espéranto comme langue officielle de l’Europe est irréaliste.

    La mettre sur la table décrédibilise l’association « Sauvons l’Europe ».

    • Sauvons l’Europe

      Bonjour,
      Il y’a manifestement débat sur ce point, et ce débat traverse notre association. Nous n’avons pas voulu ici prendre position mais mettre en exergue la question linguistique, qui est très symbolique de nos tâtonnements sur une identité européenne…

      • Ouvrir le débat est tout à l’honneur de votre association. Il n’y a pas assez de débat sur ce sujet, bien trop de « consensus » reposant sur des voeux pieux, et des escamotages d’une partie de la réalité.

      • Kleiô

        Je ne suis pas si anglophobe!
        L Inde est une fédération où l on parle beaucoup de langues Mais la lingua franca est autant l anglais que le hindi pourtant langue officielle Et pourtant l Inde est loin d’être inféodée aux USA et encore moins a la Grande Bretagne
        Autre exemple Ni Tahar ben Jelloun ni Boualem Sansal n écrivent en arabe
        Ouvrons les yeux! Ou plutôt les oreilles

    • L’utiliser comme « langue officielle » me paraît en effet très prématuré.
      Par contre s’interroger sur ce qui pourrait renforcer l’évolution vers une identité européenne est tout à fait raisonnable.
      On n’est pas forcé d’enseigner l’espéranto à tout le monde, mais on pourrait favoriser un scénario « à la hongroise ». Dans ce pays, l’Eo est admis (parmi d’autres) comme valable à l’examen de langues obligatoire pour accéder à l’université.

      • (je m’adressais à Fabio, bien entendu)

    • Eric BENECH & Danie SOTTAS

      Irréaliste en quoi, je vous prie ?

  • Françoise Robache

    L’ESPERANTO n’est la langue maternelle de personne .
    Du moins tant que nous ne la parlons pas à nos enfants dès le berceau

    Dans le cas de l’EURO, je trouve significatif l’aspect de nos billets .
    Surtout pas de figures humaines ,qu’on pourrait ressentir comme nous appartenant à tous, même hors Euroland :
    des Beethoven ,Goya , Marie Curie etc.. & chiche , des Beatles .

    Dans les 2 cas , la frilosité est la même.
    On crée un outil de travail et on s’imagine que le supplément d’âme viendra après.
    A moins qu’on espère qu’il ne se passe rien

    • Françoise, j’ai du mal à comprendre votre commentaire… donner « un supplément d’âme » à la monnaie ne me smeble pas nécessaire…
      Il y a des enfants dont la langue maternelle est l’espéranto, mais même s’il n’y en avait pas, ce ne serait pas un obstacle au fait de l’utiliser pour rencontrer d’autres Européens PLUS FACILEMENT QU’AVEC L’ANGLAIS, et sur un terrain culturellement plus neutre. Lors de mes premiers voyages à des stages d’enseignants en espéranto, je suis allée derrière le « rideau de fer » en Pologne et je me suis fait des ami-e-s là-bas, puis un peu plus tard (1992) en Tchéquie j’ai connu Zdenka, Jarmila. Vers 1997, j’ai traduit en français des pages du site de Jésus de la Herras, un habitant de la région de Valence en Espagne…

    • Eric BENECH & Danie SOTTAS

      Si, effectivement, désormais – l’espéranto a 129 ans – l’espéranto est la langue maternelle de quelque mille personnes à travers le monde.

  • Bonjour.

    Et bien, la question fait réellement débat.Merci à Jean-Mathieu Robine, Dominique C, Cédric Castel pour la qualité de leurs interventions.

    En réponse à Attibo (11/01) : Même si le Royaume-Uni s’exclut d’une certaine manière, il n’est pas encore dehors, loin de là.

    Serge Gerrard (11/01) : Votre idée est intéressante. D’ailleurs, il serait pas mal qu’un réseau universitaire se forme autour de cette idée : cela validerai le rôle de l’espéranto grâce aux échanges, aux publications et permettrai une introduction progressive de l’espéranto au sein des cercles dirigeants.

  • C monfort

    il faudrait tout de même comprendre ce que veut dire Umberto Eco quand il dit « La langue de l’union européenne, c’est la traduction ».
    Le rêve de la langue unique est un joli rêve, la diversité aussi..

    • Eric BENECH & Danie SOTTAS

      Langue commune !

  • Rede

    Bonjour,

    Si vous considérez que l’espéranto est une langue-outil nécessaire à la communication entre personnes, c’est que vous estimez que l’Union européenne est vouée à aller vers un Etat fédéral.
    Comment pouvez-vous imaginer que les Etats-Unis d’Europe puissent fonctionner ?
    Quelle est la nécessité d’avoir un Etat fédéral européen ?

    Votre raisonnement sur la nécessité d’avoir une langue de communication entre les divers pays membres de l’UE fédérale qui ne soit pas l’anglais est parfaitement fondé.
    Seulement pourquoi vouloir d’un Etat fédéral européen qui n’est en réalité que l’asservissement des peuples d’Europe aux Etats-Unis… ou l’on parle anglais.

    Comment penser que les peuples d’Europe accepteront d’être gouvernés par des élites européistes hors-sol, constituées de défenseurs des intérêts des banques et des grands groupes ?

    Comment ne pas voir ce qui crève les yeux, à savoir que le projet paneuropéen ne pourra jamais fonctionner, parce qu’il se fait au détriment des peuples ?

    Connaissez-vous François Asselineau ?

    • enroute

      Tout à fait d’accord, l’énoncé repose sur des schémas simplistes qui se réfèrent à des notions politiques qui datent d’il y a un siècle : un Etat ou pas d’Etat ? Comment exercer une démocratie dans une langue qui n’a pas d’histoire ? Faut-il forcer les Etats à abandonner l’enseignement du français, de l’allemand, du portugais au bénéfice de l’espéranto ? Comme on a forcé à une époque l’apprentissage du français contre le breton, le basque et l’alsacien ?… On continue pourtant de parler ces langues… Dès l’introduction de l’espéranto, les français trouveront un moyen de dire « révolution » d’une autre manière que les autres, les allemands de dire « métaphysique » autrement que les autres, et les britanniques « pragmatisme » à leur manière… les langues sont nées de l’histoire, il n’a pas de sens de penser organiser une communauté humaine à partir de rien. La langue de l’Europe, c’est la traduction, comme le disait Umberto Eco. Quand à faire un projet politique sur une langue, c’est pour le moins étrange. Le multilinguisme coûte sans doute cher en dollars, mais en euro, c’est moins sûr. C’est peut-être la vie qui coûte cher : faut-il l’éradiquer pour autant ?

    • André Landesman

      Rede écrit:

      pourquoi vouloir d’un Etat fédéral européen qui n’est en réalité que l’asservissement des peuples d’Europe aux Etats-Unis…

      Je voudrais qu’on m’explique ça!

  • Robert Leleu

    Vu les propositions d’Asselineau.

    Ce retour à 1939 ne me plaît guère.

  • OUI MAIS EUROPE OCCIDENTALE SEULEMENT

  • OUI MAIS EUROPE OCCIDENTALE SEULEMENT ET IMPOSSIBLE AVEC DES PAYS DE L EST

  • Robert Leleu

    au lieu d’affirmer une contre-vérité, voyez
    http://uea.org/

  • Bertrand

    Vos propositions sont plutôt restrictives, je cite :

    « Or, l’établissement d’un véritable État fédéral doit amener un respect total entre les différentes langues nationales, une véritable égalité. Or, il n’y a que deux solutions :
    − le multilinguisme intégral ;
    − l’espéranto. »

    Elles présupposent, ou imposent que tout le monde accepte un État fédéral, ce en quoi je ne suis pas contre a priori, mais est-ce l’avis de tout le monde ? D’autre part, l’adoption d’une langue commune n’est pas vraiment tributaire de cette condition.

    Vos solutions linguistiques sont plutôt exhaustives. Le multilinguisme serait en effet la solution idéale, mais pratiquement irréalisable, en particulier pour la communication courante entre les peuples. Pour le reste (communications et documents officielles, littérature, etc.), il existe bien sûr des traducteurs et des interprètes. La seconde proposition, qui devient donc, telle que vous la présentez, la seule et unique, me semble très discutable à divers égards.

    Outre quelques défauts linguistiques qu’on ne développera pas ici, l’espéranto, par son côté plutôt « latin » ne pourrait convenir qu’à une partie restreinte de l’Europe, limitée à la partie ouest, voire sud-ouest de celle-ci. On peut dire qu’il partage alors le même défaut que l’anglais, dont il prétend pourtant combattre l’adoption en tant que langue commune, en ne favorisant qu’une partie des peuples européens, linguistiquement et culturellement. D’autant plus que la philosophie inhérente à l’espéranto a toujours été la « langue unique » plus que la « langue commune » ; le slogan originel était, est peut-être encore : « unu mondo, unu lingvo » (un seul monde, une seule langue). Quid de la diversité ?

    On pourra rétorquer que l’espéranto est la seule solution qui fonctionne ou qui a fonctionné. Certes, mais il faudrait s’entendre sur ce que signifie « fonctionner » concrètement : l’espéranto fonctionne sans doute dans les cercles, les clubs et les associations espérantistes, mais, au quotidien, et lorsqu’on voyage en Europe et hors d’Europe, il n’est pas d’un grand secours, il est même complètement absent pour la communication courante.

    D’autre part, affirmer plus ou moins directement qu’il est la seule et unique solution est soit une erreur, soit un mensonge. En effet, il en existe d’autres peut-être mieux adaptées à notre monde moderne, à la situation actuelle, à l’Europe. C’est aux peuples européens de juger, de choisir pourvu qu’on leur présente toutes les solutions sur un pied d’égalité.

    Un choix unique n’est pas un choix ! Il s’agirait de se décider en toute connaissance de cause, parmi diverses propositions dont le sérieux et la légitimité ne se calculent pas par rapport à l’audience. Plusieurs pistes sont à considérer, parmi les langues construites, donc « non nationales », que je ne citerai pas ici pour éviter toute polémique ou prosélytisme (ce n’est pas le lieu), en privilégiant la langue « commune » plutôt que la langue « unique », la langue « de synthèse » plutôt que la langue « syncrétique » ou trop « localisée ». D’autres critères, essentiellement linguistiques, devraient sans doute être définis pour qu’un choix véritable et pérenne puisse se faire.

    • Eric BENECH & Danie SOTTAS

      La philosophie inhérente à l’espéranto a toujours été la « langue commune ». L’espéranto est la seule et unique solution démocratique et équitable.

  • Eŭropanto

    Saluton !

    Vous avez reconnu « salut » , « saluti », « salam », « shalom »…

    Sinjoro , sieur, sir, señor, sidi, sahib,…

    On pourrait multiplier les exemples…
    L’espéranto n’est pas une langue que européenne, encore moins que latine.
    Essayez ! Provu ! Probieren !
    En japonais m’a expliqué que si l’alphabet est bien issu du latin, la grammaire, la construction des mots , lui est familière en … japonais , ce que m’a aussi confirmé un chinois ( lors d’une rencontre espérantiste).
    Chacun a donc, selon sa langue d’origine, des difficultés pour apprendre l’espéranto, mais ce ne sont pas les mêmes pour un francophone ou un arabophone, ou slavophone… etc.

    ESSAYEZ avant de parler ou d’écrire.
    Le jeu vous prendra une centaine d’heures si vous êtes francophone
    ( selon une étude de l’université de Paderborn )
    puisque l’espéranto n’a pas d’exceptions.
    Logique puisque c’est une langue construite.

    Que chacun parle, écrive, chante, pense … dans sa langue ( ce n’est plus le cas à l’Eurovision par exemple et cela a perdu de son charme ),
    et que tous aient une deuxième langue neutre.

    ESSAYEZ !

  • Eric BENECH & Danie SOTTAS

    Le premier pays à avoir introduit l’espéranto dans son système scolaire dès 1912 est la Chine. Mais bien sûr, ce pays n’a jamais été un pays colonial…

    • Eŭropanto

      Saluton Danie kaj Eric

      En effet la Chine n’a pas été un pays colonisé comme ceux d’Afrique, même si l’influence des puissances coloniales européennes a été forte au XIX et début XXe.

      L’Espéranto est de plus en plus enseigné en Chine car le temps d’apprentissage est court. Voyez : https://blogs.mediapart.fr/dominique-c/blog/250314/un-musee-de-lesperanto-ouvert-en-chine.

      Et comme d’autres endroits du Monde il y a

      Le Musée international espéranto à l’Université de Zaozhuang depuis 2013.
      Il occupe une surface de 680 m² et présente une collection de
      26 000 objets.

      kore/ cordialement

  • Eric BENECH & Danie SOTTAS

    L’espéranto a été considéré comme « Chef-d’oeuvre de logique et de simplicité » selon 42 savants de l’Académie des Sciences, Institut de France, le 1er juin 1924.

  • Munatius

    A une époque ou l’électronique règne en maitre ,la question d’une langue « européenne  » n’est vraiment pas un problème et la traduction simultanée est tout à fait au point;ce qui n’empêche pas tout Européen d’apprendre plusieurs langues non pas forcément pour le « travail »,mais pour le plaisir de lire dans le texte tant d’auteurs merveilleux.. Ce serait le rôle d’une Education multinationale pour faire le nécessaire auprès des jeunes générations…

    • Eŭropanto

      Je ne suis pas certain que cela ne soit pas un problème et je ne suis pas vraiment convaincu ( vu le nombre d’erreur) que la traduction électronique soit autant au point que vous le dites.

    • Catherine Vieilledent

      arrêtons de chercher la solution miracle et universelle, elle n’est pas de ce monde et peut même nous « planter ». Apprendre les langues des voisins est une démarche incontournable (la vérité se dit dans plusieurs langues, surtout pas une seule, sauf si on est Dieu), la « traduction est la langue de l’Europe (Umberto Ecco), il ne faut pas avoir peur de la diversité, accueillir la diversité est un geste fondateur qui implique retenue, modestie et ambition. A quand une vraie pensée sur la diversité? sans renoncer à la recherche du bien commun, s’entend…

      • europanto

        Saluton, Holla … Catherine
        Je pense que tu es d’accord avec les espérantophones : Ils parlent tous plusieurs langues en réalité… notamment les langues des voisins ». Ils ne souhaitent pas l’hégémonie d’une langue unique, ce qui est le risque existant aujourd’hui. A chacun ses langues, l’espéranto comme langue internationale pour tous ( même ceux qui n’ont pas le temps ou les les moyens de s’immerger totalement dans les langues des voisins : il faut plus de 1000 heures pour apprendre l’anglais, seulement 100 pour l’espéranto, soyons pragmatique.

  • louchet francois

    L’esperanto est peut etre une belle idee sur le plan
    « theorique », mais soyons un tout perir peu pragmatiques!

    Il est un fait indiscutable: l’anglais, qu’on le veuille ou
    non, est devenu LA langue internationale. Il suffit de voyager un peu sur la planète
    pour constater qu’on se fait comprendre a peu près partout si on parle anglais.
    Faudra-t-il demander a nos amis européens, japonais, indiens, américains du
    nord ou du sud, africains, australiens, etc…d’apprendre en plus de l’anglais
    une nouvelle langue « internationale » (qui à mon avis aurait bien du
    mal à la devenir), la seule au monde pratiquement sans litterature propre?

    En tant qu’universitaire scientifique, je peux vous dire que
    les publications en une autre langue que l’anglais ne sont pas lues et
    encore moins reconnues et citées!!! Le nombre de publications au niveau mondial
    est tellement important que personne ne « perdra son temps » à lire ce
    qui n’est pas écrit dans la langue très largement majoritaire qu’est l’anglais.
    J’ai toujours publié en anglais. L’immense majorité des articles que je lis
    sont en anglais. Je corresponds avec mes collègues en anglais. Les colloques
    que je fréquente sont anglophones (et sans traduction simultanée fort
    heureusement!).

    Comme le dit Antoine dans sa présentation, « le monde universitaire historiquement
    a toujours eu une langue véhiculaire pour permettre à l’ensemble de ses membres
    de communiquer par l’écrit (livres, articles…) ou la parole (colloques…) ».
    C’est parfaitement vrai: cette langue véhiculaire (qui était autrefois le latin
    en Europe) est actuellement (et incontestablement) l’anglais au niveau mondial.
    C’est un fait.

    Ce que je dis sur la communication scientifique est aussi
    valable dans bien d’autres domaines. Les notices d’appareils électroniques par
    exemple sont souvent incompréhensibles en français, alors que la version
    anglaise est nettement plus claire. L’explication est simple: la version
    originale est en japonais ou en chinois ET en anglais, les autres sont des
    traductions généralement automatiques (avez-vous déjà essayé?). Allons nous exiger
    de nos relations commerciales des traductions dans un espéranto encore plus fantaisiste???

    Il est illusoire de croire que la prédominance de l’anglais
    pourra être inversée à l’initiative de quelques gaulois irréductibles, même
    s’ils obtenaient l’appui de leurs cousins « germains »! J’ai constaté
    lors de mes voyages le peu de goût qu’a la majorité de mes compatriotes pour
    l’apprentissage des langues étrangères. Je ne vois donc pas l’intérête d’en
    rajouter une nouvelle. Si nous voulons défendre notre culture européenne au
    niveau de la planète, oublions les exceptions culturelles isolationistes, n’en
    créons pas une nouvelle, et agissons dans la langue la plus universellement répandue,
    l’anglais. Ne perdons pas notre temps sur l’accessoire et battons nous sur
    l’essentiel, car la tâche est rude.

    • Europanto

      Saluton, Hello

      Personne ne dis que l’anglais n’est pas une langue d’usage international de fait aujourd’hui. Est-ce pour antant juste ?
      Aucun espérantiste ne souhaite l’hégémonie de l’espéranto.
      Le projet est simple : à chacun ses langues, l’espéranto comme langue internationale ( rapide à apprendre 100 heures, contre 1000 pour l’anglais… Je me demande où est le pragmatisme.

      Je pense que vous devriez vous intéresser à la littérature originale en espéranto avant d’écrire des contre-vérités.

      Je me demande aussi de quels gaulois vous parlez quand les auteurs les plus célèbres en espéranto sont William Auld (écossais anglophone), Marjorie Boulton ( thèâtre en espéranto, anglaise anglophone), Ivo Lapenna (croate), Tibor Sekelj (récits d’exploration, hongrois), Miyamoto Masao (Japon), Edwin de Koch (Afrique du Sud), Sylla Chaves (Brésil), Humprey Tonkin ( anglophone, professeur de littérature anglaise,spécialiste de la Renaissance et de Shakespeare, diplômé à Cambridge, doctorat à Harvard, président de l’Université de Hartford etc..
      Ainsi que de jeunes auteur de talent : Istlan Ertl ( hongrois, polyglotte, vivant au Luxembourg) …

      Je laisse à une personne qualifiée en littérature le soin de donner son avis sur les qualités littéraire de l’espéranto
      « L’espéranto est en mesure d’exprimer les nuances les plus
      subtiles de la pensée et du sentiment, il est propre à permettre, par
      conséquent, l’expression la plus juste, la plus littéraire, la plus
      esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et
      les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles
      des langues nationales. »

      Maurice Genevoix (1890-1980)
      Ecrivain et essayiste, membre et secrétaire perpétuel de l’Académie Française, lors d’un entretien sur la RTF (ancêtre de Radio France / France Inter), le 18 février 1954

  • Philippe Barillon

    Personnellement, je militerais plutôt pour une langue mondiale basée sur les langues des signes qu’utilisent les sourds. En plus d’éviter l’acculturation lié l’usage d’une langue étrangère, elle permet de conserver le language non verbal d’origine car chacun s’exprimerait dans sa langue oralement et en langue internationale avec les mains. En prime, cela permettrait la communication à distance (jusqu’à 50m environ, dans les lieux silencieux (bibliothèques, lieux de culte, etc..) et facilite l’inclusion des sourds !

  • Frederic Beaugeard

    Le français devrait être la langue commune de l’Europe et être enseignée en premier.
    Après, ce serait les langues aux frontières respectives de chaque état européen, et/ ou la langue régionale locale.
    Puis viendrait au choix, les diverses langues européennes, les langues anciennes, la langue régionale locale, ou une langue régionale européenne limitrophe. Le choix étant totalement libre à l’université. Actuellement, l’anglais en premier détruit la diversité de l’apprentissage des langues européennes, et nous inféode culturellement et intellectuellement au Monde Anglo-saxon.
    Le français progresse et a un poids certain dans le monde. Il contre-balancerait l’influence économique de l’Allemagne.
    Il correspond aux valeurs modernes européennes, et est toujours bien accueilli en Europe de l’est.
    Les cadres de l’administration et d’Europol, les diplomates, les officiers de la future armée et des douanes aux frontières extérieures européennes se devaient de parler aussi français.
    Toutes les écoles internationales européennes de part le monde devraient être bilingues français et langue d’origine de l’établissement. Un réseau international d’écoles bilingues français et langue du pays où elles résident devrait être établi avec un accès aux universités européennes, écoles de commerces, et autres institutions.
    Des universités bilingues français et langue du pays devraient être créées dans chaque capitale européenne.
    Le noyau dur des pays de la Francophonie et les diverses territoires européens d’outre-mers devraient être incités à faire de même.
    Ainsi, dans le cadre d’une fédéralisation (même des nations/ confederation), l’Europe obtiendrait sans combattre, en deux générations, une position de superpuissance.

    • Europanto

      Je suis en désaccord avec :

      « Le français devrait être la langue commune de l’Europe et être enseignée en premier ».

      Et pourquoi pas une autre langue nationale ? Le grec par exemple ?

      Vu la charge symbolique que chaque nation investit dans sa langue, je ne vois pas comment on peu raisonnablement penser que la langue commune puisse être la langue d’une nation.

  • François Mennerat

    Quel peut donc bien être le rapport entre la marche vers une Europe fédérale que suggère la première partie du titre et cette discussion récurrente sur une langue unique qui traduit une revendication unificatrice et centralisatrice ?
    Gommer la diversité, imposer à tous une langue unique, fût-elle l’Esperanto, c’est exactement l’inverse de ce qu’est le fédéralisme, respectueux des particularismes et de la subsidiarité. Hélas, ce contre-sens est la règle en France, mais il faut l’éradiquer. Dans un (vrai) État fédéral, on ne s’occupe au niveau fédéral que de ce qu’il vaut mieux faire ensemble, de manière intégrée. Et ceci n’est pas une vue de l’esprit. Encore faut-il avoir envie de s’unir, dans la diversité, pour être plus fort ensemble.
    Attention aussi à l’usage abusif du terme de « nation » dont beaucoup seraient bien en peine d’expliquer quel concept in recouvre. La plupart des pays européens regroupent des populations d’origines diverses. Pour ma part, je suis citoyen de la République française qui m’a accordé en conséquence le passeport que j’utilise. Je suis surtout citoyen de l’UE, même si tous les Européens ne parlent pas tous la même langue. Le prétendu Concert des Nations s’est toujours achevé dans le bruit sourd des canons.
    Et l’Esperanto ne changera rien à ce fait avéré : « le nationalisme, c’est la guerre ». Ce n’est pas une question de langue.

    • Emmanuel DESBRIERES

      Saluton, Bonjour, Hola, Hello, Guten tag…

      L’espéranto défend la diversité linguistique.

      L’espéranto n’a pas pour projet de devenir une langue unique.

      Que chacun parle, chante, écrive sa ou ses langues.

      L’espéranto est neutre ! Anationale !

      C’est ça son intérêt pour favoriser le dialogue d’égal à égal

      et pouvoir dire ce qu’on veut dire, et pas ce uniquement ce qu’on peut dire.

      Personne n’est naif au point de de croire que parler la même langue empêche les conflits, mais pour les résoudre il faut une langue neutre. Un accord discuté dans la langue des puissants, y compris français, est-il un accord juste qui respecte la diversité.

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