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Cambridge Analytica, l’autre rive de la propagande

Cambridge Analytica arrive désormais en pleine lumière. Les lecteurs de Sauvons l’Europe ont pu découvrir cette entreprise de propagande électorale qui fut la plate forme technique du Brexit. De quoi s’agit-il?

Cette entreprise promeut une communication par les réseaux sociaux non institutionnelle: elle récolte, principalement via Facebook, des informations personnelles en grand nombre sur les citoyens (environ 4 à 5.000 par personne, sur des dizaines de millions d’américains lors de la campagne de Trump). Chaque citoyen est ensuite analysé pour déterminé son profil de vote, et pour pour créer des messages adaptés permettant principalement de le motiver s’il vote bien et de le pousser à l’abstention s’il vote mal. Ces messages sont essentiellement des fake news et sont émis depuis de faux comptes non liés à la campagne officielle.

Dans une extraordinaire caméra cachée organisée par la chaîne britannique Channel 4, le PDG de cette société croyant parler à un client lui promet aussi être capable de corrompre ses adversaires politiques et de leur envoyer des prostituées, ukrainiennes de préférences.

Or Cambridge Analytica n’est pas une simple entreprise privée de communication dont les pratiques seraient particulièrement douteuses. C’est un outil créé par une famille de milliardaires américains très conservateurs pour imposer dans les élections démocratique les candidats et les politiques qu’ils souhaitent. Dirigée à l’époque par Steve Bannon, Cambridge Analytica a dans son tableau de chasse le Brexit et la campagne de Donald Trump, ainsi que de nombreuses campagnes « locales » en faveur du Tea Party.

Nous nous sommes habitués à considérer la menace électorale venant du Kremlin et de ses armées de trolls payés et de pirates informatiques cherchant à pénétrer les systèmes de votes. Assez clairement, un équivalent privé existe également outre-Atlantique et ne dédaigne pas de mettre les deux pieds en Europe.

Compte tenu de ce danger conjoint, Sauvons l’Europe ne peut que renouveler son appel à un virage réglementaire vers la privacy by design qui peut seule protéger la démocratie de ces pratiques reposant sur l’exploitation du big data.

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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