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Du rififi chez les socialistes européens ? Bras d’honneur à Bratislava

Le Premier Ministre slovaque, Robert FICO, se retrouve actuellement au cœur d’une polémique en raison des propos peu orthodoxes – à défaut d’être européens – qu’il a tenus à l’encontre des réfugiés. M. FICO est actuellement membre du SMER (parti social-démocrate slovaque) et, par conséquent, du Parti Socialiste européen (PSE), appartenance qui suscite quelques soucis en termes de cohérence, voire de bon sens tout court.

Ainsi, la Slovaquie, emmenée par son Premier ministre, a décidé de porter plainte auprès de la Cour de justice de l’UE en attaquant le système de répartition de migrants adopté par les dirigeants européens fin septembre 2015. Grand prince, M. FICO a réfuté ces quotas de façon « ouverte » (nous ne sommes plus à un oxymore près). En effet, sont les bienvenus ceux de confession chrétienne, conformément aux racines de l’Europe (mais si, souvenez-vous de la Constitution européenne), les musulmans étant trop complexes à intégrer : « Nous ne pouvons pas facilement tolérer que 300 ou 400 000 musulmans viennent, qu’ils commencent à construire des mosquées », d’après M. FICO. La Slovaquie étant déjà incapable d’intégrer les Roms, elle ne va pas s’amuser à essayer d’accueillir d’autres personnes « avec des traditions différentes » à défaut de se voir elle aussi contaminée par ce mal contemporain : la diversité.

Le PSE menace de suspendre M. FICO, voire d’exclure le SMER de ce regroupement de partis, si ce brave homme ne renonce pas à poursuivre le Conseil européen quant à sa décision de répartir les réfugiés actuellement en Italie et en Grèce. Cette décision est d’autant plus cruciale à prendre que la Slovaquie est censée assurer la présidence tournante de l’Union européenne à partir du 1er juillet 2016.

A défaut de suspension, le chef de l’exécutif slovaque a simplement été mis « sous observation » par le PSE vendredi 9 octobre. Si la suspension avait été la sanction maximale qui aurait pu être prise par la présidence du PSE, des mesures plus radicales auraient été amplement méritées. La suspension slovaque aurait également permis d’accroître la pression sur le Parti Populaire européen (PPE), majoritaire au sein du Parlement européen, pour agir plus fermement contre le Premier Ministre hongrois, Viktor Orban, dont la triste réputation n’est plus à faire. La solidarité, valeur fondatrice de l’Union européenne et plus que malmenée ces derniers temps, ne saurait être davantage fragilisée par un parti qui se dit progressiste ! Outre la suspension, seul le Congrès du PSE peut opter à un stade ultérieur pour l’exclusion d’un de ses membres… A quand le franchissement du premier pas, par respect pour les citoyens qui ont confiance en l’Union européenne ?

 

Solen

  Solen Menguy

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Gerard Vernier

Gérard Vernier

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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