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Exit Brexit ?

Au terme du troisième round des négociations, Michel Barnier le négociateur en chef pour l’Union européenne a regretté que les discussions sur le règlement de la dette que le Royaume-Uni doit à l’Union européenne n’aient pas abouti.

L’ambiance est tendue entre le négociateur pour les 27 et le Royaume-Uni. Les négociations n’ont pas permis d’enregistrer des progrès décisifs sur les points principaux du divorce et en particulier à propos des questions financières.

« Nous sommes loin de constater des progrès suffisants pour pouvoir recommander au Conseil européen d’engager des discussions sur la future relation avec le Royaume-Uni » a affirmé Michel Barnier.

Il a cependant reconnu des « clarifications utiles » apportées sur certains aspects, comme, par exemple le sort des travailleurs frontaliers. Du côté britannique, l’interlocuteur de Michel Barnier, David Davis, a affirmé « que notre approche était plus flexible et pragmatique que celle de l’Union européenne », et a enregistré « quelques progrès concrets »

Cette nouvelle phase difficile de rencontres témoigne, une nouvelle fois, des difficultés qu’ont les Britanniques et l’Union européenne à s’accorder sur les points devant être placés au centre des négociations. L’Union européenne semble fermement décidée à orienter les négociations sur le règlement de la dette britannique, les questions des droits du citoyen européen au Royaume-Uni et la situation particulière de l’Irlande. Londres, songe déjà à l’après divorce et souhaiterait entamer les discussions sur l’avenir du partenariat économique entre les puissances. Les Britanniques ont d’ailleurs rendu public plusieurs documents exprimant leurs points de vue, sur la protection des données ou le règlement des désaccords afin de lancer le débat sur le futur partenariat.

Le Royaume-Uni a quand même fini par présenter pour la première fois, et sous les pressions répétées de l’Union européenne, sa propre analyse juridique de la facture que les Britanniques devront honorer en quittant la famille. Mais il manque toujours, une méthode de calcul précise pour établir le montant de la facture. Ce qui a fait dire à Michel Barnier « qu’il est clair que le Royaume-Uni ne se considère pas légalement obligé d’honorer certains des engagements financiers à long terme que l’Union européenne lui demande de respecter. »

Du côté de l’Union européenne les exigences très détaillées sont sur la table depuis juin : Le solde de tout compte que devra verser le Royaume-Uni pour honorer ses engagements financiers au sein de l’Union européenne est officieusement évalué entre 60 et 100 milliards d’euros. Ce montant inclut notamment les contributions déjà engagées au budget de l’Union européenne, à toutes les institutions et/ou entités établies par les Traités européens.

Les acteurs en présence des négociations sur le Brexit :

Michel Barnier, ancien Commissaire européen, choisi par Jean-Claude Juncker Président de la Commission européenne,

Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, parlementaire européen a été désigné par les représentants des peuples d’Europe pour participer activement à la négociation,

Pour le Conseil : Didier Seeuws, a été chef de cabinet d’Herman Van Rompuy en tant que premier Président permanent du Conseil européen,

David Davis, le Ministre britannique chargé, pour le Royaume-Uni, des négociations en cours
La Confédération européenne des Syndicats a précisé sa position autour de quelques approches importantes :

  • La protection de l’emploi, des conditions de travail, de l’environnement et des consommateurs,
  • Le droit de rester, de travailler et de circuler librement pour les citoyens de l’Union européenne au Royaume-Uni et pour les Britanniques dans l’Union européenne,
  • La création d’un fonds pour contribuer à neutraliser les conséquences dommageables pour l’emploi,
  • Que soit tenu compte des situations particulières de l’Irlande du Nord et de la République d’Irlande à propos des accords spécifiques existants

…et les patronats

Les patronats européens n’ont jamais, pour l’essentiel, soutenus la démarche du Brexit. Déjà à l’époque de la création de la zone euro, le patronat britannique, était pour monter, dès le début, dans le train en marche vers l’avenir monétaire et économique. Rappelons que si le Royaume-Uni n’est toujours pas dans la zone euro, ce n’est pas par non convergences avec les critères fixés par le traité européen, mais uniquement par idéologie.

Partie de bras de fer et renouvellement du Parlement européen :

On le constate à l’occasion de ce troisième round de négociations, et comme on pouvait le craindre, on ne sait pas si un compris va pouvoir se construire pour fixer les règles de ce type de divorce inédit, unique, car c’est bien une première, dans la grande Histoire de l’Union européenne, que nous devons gérer au mieux. Dans l’intérêt de toutes les parties en présence.

Personne ne peut prédire aujourd’hui comment va se conclure, ce que David Cameron, alors Premier ministre du Royaume-Uni, a provoqué par défi imbécile, par prétention démesurée, et par nationalisme outrancier. La société civile britannique commence à prendre conscience de la gravité de la situation. Des manifestations de plus en plus nombreuses réclament le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Il est même à penser que si le référendum avait lieu dans la période, la majorité contre le Brexit l’emporterait, car on est passé des discours faciles et abstraits à l’émergence des conséquences concrètes d’une rupture avec la famille européenne. En admettant que des compromis acceptables soient trouvés, quid de la procédure de ratification de ces compromis ? Parlement Britannique ? Référendum Britannique ? Parlement européen ? Quelles conséquences d’une différence de positionnement dans les procédures ?

En espérant qu’au bout du bout de cette partie de bras de fer, c’est-à-dire en 2019, à quelques semaines de l’élection du Parlement européen nous ne soyons pas à constater : Tout ça pour ça… avec les conséquences négatives auprès des citoyens lors du débat préparatoire à l’échéance du renouvellement du prochain parlement européen.

 

 

À propos Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe
  • François Zaragoza

    « Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, parlementaire européen a été désigné par les représentants des peuples d’Europe pour participer activement à la négociation, » Cela signifie-t-il qu’il a été désigné par le Parlement européen . « Participer activement  » c’est à dire ? Fait-il partie de l’équipe des négotiateurs que dirige Michel Barnier ? Est-il observateur au nom du P.E ?? Merci de vos réponses . François Zaragoza . Orléans

  • mareau

    Il n’existe qu’une seule clé pour résoudre tous les problèmes de l’Europe, y compris le Brexit ! Cette clé – portée par MACRON – est très subtile. Elle consiste – sur la base du volontariat – a créer des cercles concentriques d’intégrations, autour du binôme franco-Allemand. En poursuivant dans cette voie, on aura environ 16 pays importants (85% du PIB) qui accepterons d’harmoniser leur fiscalité (+ tout ce que propose MACRON). Cela revient à considérer que 12 pays restants, dont la Grande Bretagne pourront trouver un accord en dehors de ce très puissant cercle. On pourra même inclure, dans un cercle encore plus vaste, la Turquie et la Russie.

    Mais attention, ceux qui auront freiné des 4 fers, devront assurer leur responsabilité lorsque plus tard, ayant (enfin) compris leurs intérêts à se faire accepter dans le cercles intelligent des grands.

    Voilà un projet intelligent où l’intégration empêchera les grands groupes multinationaux à faire de l’optimisation fiscale sur notre dos. Arrêtons cette naïveté et les petits calculs qui nous divisent car certains (non élus) en profitent.

  • RAMBION Jean-Louis

    A propos de ce Brexit, on devrait plutôt parler de Engexit, vu que les Écossais et Irlandais du Nord ne l’ont pas souhaité.
    Vu que certains territoires autonomes de pays de l’Union européenne (Iles Féroé et Groenland pour le Danemark entre autres) ne font pas partie de l’Union européenne, pourquoi certains territoires autonomes de pays hors Union européenne (ce que doit devenir le Royaume-Uni) ne pourraient pas faire partie de l’Union européenne?
    D’accord cela ne correspond pas à une conception jacobine bien française (aparté: espagnole aussi, ces temps-ci) mais je suis sûr que dans beaucoup de pays de l’Union européenne on ne se dirait pas : il ne va pas bien celui-là!
    Un peu compliqué? Là, c’est vrai, mais si cela permettait de simplifier les lois et paperasses (en évitant d’enlever uniquement les lois qui protègent les peuples des puissants et des riches), savez- vous que sur le site impots-gouv.fr il y a 1928 formulaires (j’en cherchait un)?

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