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Face à la crise : les propositions économiques alternatives : Le plan « Marshall » du DGB

 

Le temps de propositions syndicales alternatives est venu :

La tendance, de la Commission, à « techniciser » tout débat comme celle conduisant à marginaliser le social aboutissent à ce que les organisations syndicales interviennent beaucoup plus que par le passé dans le champ économique.

Voici l’exemple des propositions du DGB d’un « plan Marshall » pour l’Europe :

Ces propositions sont ambitieuses tant sur les objectifs que sur les moyens financiers à mettre en œuvre. Elles s’adressent à l’Allemagne mais surtout à l’Europe : résumé :

-les références essentielles : l’Europe est contrainte de se renouveler et a besoin de s’engager sur une nouvelle voie ; si nous voulons une Europe forte à l’avenir il faut investir dès aujourd’hui dans la production d’énergie durable, l’éducation et la formation, la recherche – développement, des infrastructures modernes

– les principes directeurs sur lesquels se fondent le projet du DGB : créer des emplois qualifiés ; relever les défis écologiques, sociaux et démographiques ; exercer le contrôle démocratique par le canal des institutions européennes élues ; être considéré comme un projet supranational appliqué dans l’ensemble de l’Europe ; être indépendant de la conjoncture avec des mesures à la fois de court terme et de long terme ; être solide sur le plan financier et assurer la juste répartition des moyens.

-les objectifs du « plan Marshall du DGB » (document de décembre 2012) : ce plan s’inscrit dans la suite des propositions déjà formulées par cette organisation syndicale en 2011 visant à créer un « Fonds d’avenir européen ». Les recettes de ce fonds seraient fournies par une taxe sur les transactions financières -dont l’assiette serait élargie- qui pourrait émettre des emprunts pour réaliser ses objectifs. Il s’agit de moderniser, par des investissements, les économies nationales européennes avec l’objectif d’instaurer une économie sobre en énergie.

Le programme d’investissement se déroulerait sur 10 ans (de 2013 à 2022) et engloberait les 27 Etats de l’Union Européenne.

-les moyens mobilisés dans le cadre de la proposition de « plan Marshall » : 260 milliards d’euros par an répartis entre 160 d’euros d’investissements directs et des subventions à l’investissement et 100 milliards distribués à des investissements privés sous forme de crédit bon marché à 10 ans.-

– les effets attendus de ces mesures : une impulsion de croissance supplémentaire de 400 milliards par an (3% du PIB de l’UE 2011) ; des recettes fiscales supplémentaires de 104 milliards ; des impacts sur l’emploi (sur le « long terme » indique le document du DGB de 9 à 11 millions de nouveaux emplois).

 

Pour l’Allemagne le DGB propose également des recettes provenant de la création d’un « impôt unique sur la fortune de 3% sur l’ensemble du patrimoine à partir de 500.000 euros pour les célibataires et de un million pour les couples mariés ».

 

Ces propositions visent à enrichir la démarche du «Contrat social pour l’Europe » adoptée en juin 2012 par la Confédération Européenne des Syndicats : rappelons en l’essentiel : pour la CES il s’agit d’affirmer les droits sociaux fondamentaux qui doivent avoir la priorité sur les libertés économiques au travers du dialogue social. La CES souhaite -tout comme le DGB- donner la priorité aux investissements dans les infrastructures durables, la recherche-développement, la technologie climatique et les ressources renouvelables ». Elle appelle de ses vœux une harmonisation de l’assiette pour l’impôt des sociétés par l’introduction d’un taux minimum de 25% qui est le taux d’imposition moyen actuel en Europe ».

 

Dans l’ambiance dominante de l’austérité en Europe, d’une croissance en berne il faut insister sur ces exigences de solidarité et de progrès social portées en particulier par le mouvement syndical européen.

 

Jean-Pierre Moussy

 

 

Annexe : « Plan Marshall pour l’Europe » : Coûts et avantages moyens à long terme induits par le plan Marshall pour les 27 Etats de l’U.E.

 

Coûts du plan Marshall :

Investissements annuels moyens dans la transition énergétique en Europe : 150 milliards d’euros

Autres investissements : 110 milliards d’euros

Somme des investissements annuels : 260 milliards d’euros

Avantages du plan Marshall (croissance, emplois, recettes, économies …)

Croissance supplémentaire du Produit intérieur brut : 3%

Impulsion supplémentaire à la croissance : 400 milliards d’euros

Emplois à temps plein supplémentaires : de 9 à 11 millions

Recettes fiscales supplémentaires pour les Etats de l’UE : 104 milliards d’euros

Recettes supplémentaires provenant des cotisations sociales  : 56 milliards d’euros

Economies supplémentaires en termes de diminution des coûts liés

au chômage : 20 milliards d’euros

Economies moyennes annuelles en importations d’énergie : 300 milliards d’euros

Financement et amortissement du plan Marshall

Emission moyenne annuelle « d’emprunts New Deal »…………………………….. : 180 milliards d’euros

Recettes de la taxe sur les transactions financières ………………………….. …de 75 à 100 milliards d’euros

Amortissement des crédits aux investisseurs privés et publics ……………………..100 milliards d’euros.

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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