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Fillon, un genre de Trump bien peigné ?

Le rapprochement entre François Fillon et Donald Trump peut sembler incongru. L’ancien premier ministre un peu terne au premier regard n’a pas grand’chose en commun avec le décoiffant nouveau leader du monde libre.

Disons pourtant ici qu’il y a quelque chose d’assez troublant dans la similarité entre ces deux hommes politiques qui ont surgi de manière inattendue du coeur de leur électorat en entonnant fortement le couplet culturel de ce peuple de droite.

François Fillon n’est pas un homme neuf. Il a débuté en politique en 1976 dans les cabinets ministériels, la même année qu’Alain Juppé qui a eu une première vie professionnelle. Député depuis 1981 et ayant partagé tous les combats et les responsabilités des droites depuis lors, il est le véritable candidat identitaire de cette primaire.

Rétrograde sur les moeurs, il s’est opposé successivement à la dépénalisation de l’homosexualité, au PACS, au Mariage pour tous et a été adoubé par la Manif pour tous. Il a également tenté d’imposer aux fournisseurs d’accès de censurer internet. Signalons tout de même qu’il est un des très rares députés de droite à avoir voté l’abolition de la peine de mort.

Rétrograde sur les droits des travailleurs, il propose la fin des 35 h sans plus de précision (candidat à la tête de l’UMP en 2012, il visait les 48h), l’obligation de travail d’intérêt général pour les titulaires du RSA et il y’a peu encore l’obligation pour les chômeurs d’accepter n’importe quel poste leur est proposé par Pole emploi. L’orientation générale est facile à déterminer: les pauvres sont des feignasses qui n’ont qu’à bosser.

Dans la course au candidat qui propose la plus grande suppression du nombre de fonctionnaires, il a décroché le pompon. Un demi-million, pas moins, sans bien dire lesquels. Peu importe que ce soit irréaliste, ce n’est pas le sujet. Ils n’ont qu’a bosser plus, ces feignasses, et il est le candidat à le dire le plus fort.

Ce n’est pas une histoire d’amour personnelle. La personnalité se bâtit sur la durée, et Fillon n’a pas bâti grand’chose. A l’ouverture de la primaire, il était le quatrième homme. Non par défaut de notoriété bien sur. Contrairement à un Montebourg qui a été découvert par les téléspectateurs il y a 5 ans, Fillon n’était pas un inconnu: il a parait-il dirigé le gouvernement de la France pendant un quinquennat. Tout simplement, en une campagne et trois débats il s’est adressé sans souci de mesure au coeur de ses électeurs, qui se sont reconnus dans son discours.

Nous voyons de plus en plus les emportements l’emporter sur toute approche raisonnable, y compris au sein des partis de gouvernement. Les conservateurs placent largement en favori le candidat qui leur a tenu le discours le plus dur, le seul candidat déclaré au centre qui rencontre quelque succès d’opinion théorise la rupture avec des élites dont il est le représentant le plus achevé, et les turbulences s’annoncent fortes dans la primaire de la gauche. Vers où allons-nous?

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • jlcatalan

    1. Si la Droite & le Centre ne réussissent pas
    l’alternance de 2017 à 2022,
    si des résultats tangibles ne sont pas perceptibles et perçus,
    alors l’alliance
    du désespoir et du dégoût mettront le FN au pouvoir en 2022.

    2. Pour réussir cette alternance, la condition nécessaire est
    l’Union des
    Français. Il ne faut pas cliver, il faut rassembler, il ne
    faut pas opposer les
    Français entre eux, il faut les réunir pour atteindre
    l’objectif qui nous est
    commun.

    3. Les moyens et les conditions pour atteindre ces objectifs
    doivent être
    réalistes. Nos politiques « rasent gratuit » depuis trop
    longtemps pour
    être élus, puis oublient leurs promesses et leurs engagements
    électoraux.

    4. Les 7 candidats à cette Primaire Droite & Centre
    développaient des idées
    communes;

    c’est normal ils sont issus d’une même famille politique.

    Cependant des nuances importantes viennent polluer un
    diagnostic commun.

    5. Le diagnostic commun tient en particulier

    à la dette de la France et au déficit budgétaire qui
    l’alimente,

    aux dépenses publiques qui font le déficit

    au chômage

    à la croissance économique

    à la lutte contre le gaspillage de nos ressources fiscales

    à l’Union Européenne et
    la place de la France
    en Europe et dans le Monde.

    6. Ces enjeux sont essentiels.

    Sur les trois candidats qui se disputaient la victoire et arrivent en tête

    N Sarkozy privilégait
    une dangereuse
    démagogie sécuritaire et d’immigration. Il est vrai que
    son quinquennat
    2007-2012 ne brille pas sur les sujets essentiels!

    Déficit galopant, explosion de la dette, échecs sur la
    croissance et l’emploi.

    C’est impossible de promettre aujourd’hui ce qu’il n’a pas su
    faire pendant 5
    ans..

    F Fillon veut paraitre
    raisonnable et
    posé, mais ses promesses sont intenables:

    – Comment réduire les dépenses en excluant les champs
    principaux? Sur la
    culture?

    – Comment réduire le nombre des fonctionnaires de 600000 sans
    accroître le
    désert républicain dans le pays? Le seul « projet comptable »
    est
    incompatible avec le vivre ensemble, indispensable!

    – F Fillon écrit dans Faire, son programme non chiffré, qu’il
    a mené pendant 5
    ans une politique à laquelle il ne croyait pas « par respect
    pour le
    Président de la République qui l’avait nommé ».

    Le seul respect que nous attendons est celui de la France.

    – La France est une République laïque, nous n’avons que faire
    de sa foi
    catholique revendiquée.

    Par contre les groupes confessionnels le reconnaissent.

    – F Fillon promet enfin de réduire la dette, mais sans dire
    comment.

    Ces deux candidats
    pratiquaient le
    racolage et la démagogie, et faisaient des promesses intenables. On ne
    peut en attendre que désespoir et désordre..

    A Juppé a une démarche de
    vérité et de
    raison.

    Il écrit ce qu’il veut faire et ce qu’il peut faire, il dit
    comment et rappelle
    que son seul mandat de 5 ans n’exclut bien entendu pas de tracer
    des
    perspectives. Le court terme est essentiel, le long terme est
    fondamental.

    A Juppé ne racole pas, ne promet pas inconsidérément, et chiffre
    tout ce à quoi
    il s’engage.

    C’est beaucoup moins
    attractif, c’est
    beaucoup plus raisonnable, c’est vrai.

    Le 20 novembre
    2016, les Français ont choisi d’éliminer Sarkozy, de placer premier un joueur de flûte et second un Homme d’Etat.

    Les Primaires Droite & Centre sont un vote sérieux qui
    engage l’avenir de
    la France.

    • Gerard Vernier

      Qu’en est-il du fameux « Au premier tour, on choisit. Au deuxième tour, on élimine  » ? Il semblerait que la volonté d’éliminer n’ait pas été absente à ce stade primaire de la primaire… du moins en ce qui concerne l’un des candidats.
      Reste une question à laquelle les familiers de « Sauvons l’Europe » ne sont sans doute pas totalement insensibles: « Et l’Europe dans tout ça ? » Il est loin d’être sûr que ce thème occupe une place de choix – voire une place tout court – dans la confrontation en vue du deuxième tour… Et pourtant: j’ai vécu, de l’intérieur, pas mal de tribulations au cours de l’année cruciale que fut 1995 pour un certain nombre de choix déterminants sur ce terrain souvent miné… et je dois reconnaître, tout en étant loin de partager les options du gouvernement français alors en place, qu’un démineur a fait oeuvre d’orfèvre à l’époque: il était ministre français des Affaires étrangères et s’appelait… Alain Juppé.

      • pap 63

        Hélas, dans ce contexte d’élection présidentielles, il m’ai difficile de choisir, alors que justement je conteste ce régime présidentiel. Quand au deuxième tour, si j’ai à choisir entre F. Fillon et Marine LE PEN, ce sont les deux que je voudrais éliminer, et comme je ne veux pas m’abstenir, il ne me reste que le vote blanc. Il faudrait créer un vote de refus que l’on pourrait qualifier de noir ou rouge et qui serait pris en copte pour les résultats, de même qu’il faudrait soit rendre le vote obligatoire, avec cette possibilité de vote blanc qui signifierait que peu importe le résultat, et ce vote noir ou rouge qui manifesterait le refus des alternatives proposées, ou en cas d’abstention supérieure à 50 % considérer que le résultat n’est pas acceptable.
        Enfin, comme vous je cherche la place de l’Europe dans tous ces programmes, si ce n’est celui de servir de bouc émissaire.

    • pap 63

      Vous évoquez : « Pour réussir cette alternance, la condition nécessaire est
      l’Union des Français. Il ne faut pas cliver, il faut rassembler, il ne faut pas opposer les Français entre eux, il faut les réunir pour atteindre l’objectif qui nous est commun. »
      Je suis assez d’accord sur cette nécessaire union ou rassemblement, mais je ne vois pas l’objectif commun dans un monde du chacun pour soi.
      L’objectif que je voudrais partager est celui d’une société du partage, qui respecte le principe d’égalité en droits de tous les humains dans l’espace et le temps et veille à la défense de ces droits. Cela suppose deux démarches : une démarche individuelle, renoncer à vouloir dire moi et mes proches d’abord au profit du souci des plus faibles ou démunis. Et une démarche collective pour défendre les droits des plus faibles car si les êtres humains sont égaux en droits, il ne le sont pas en situations.
      C’est un objectif qui restera toujours à atteindre et demande à la fois une constante mobilisation et un suivi des progrès ou reculs vers cet objectif (Dans les deux démarches)
      A lire les programmes des candidats à cette primaire, je dois dire qu’ils favorisent un recul par rapport à cet objectif et soit divisent les Français (En désignant des boucs émissaires : Les fonctionnaires, les chômeurs, les pauvres (les assistés), les émigtés, et donc d’une façon générale ceux qu’ils voudraient voir sans droits et qu’on a appelé les « sans dents » en faisant référence à leur impossibilité d’accéder à des soins dentaires!
      J’ajouterai que bien que voulant être chrétien, je suis partisan d’un état laïc et je suis surpris de cette interférence religieuse qui voudrait soumettre une société à des règles religieuses. Cela est d’autant plus choquant venant de personnes qui prétendent se référer au Christ, alors que ce dernier a répondu à une question sur le paiement de l’impôt : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
      Enfin, nos institutions issues d’un coup d’état privilégient l’exécutif et un régime présidentiel où les citoyens « remettent » entre les mains d’un homme ou d’une femme (mais dans les faits de préférence à un homme) leur sort et leur avenir et cela sans contrôle. Et malheureusement, droite et gauche s’inscrivent dans ce schéma. Il est urgent de bâtir des institutions fondées sur la responsabilité, tant des citoyens que des élus avec des projets partagés et suivis, ainsi que des délégations fournies par les électeurs dans un cadre de compétences clairement défini, et une obligation de rendre des comptes sur l’utilisation faite de ces délégations.
      On en est loin, et je dois dire, en le déplorant, que les Français ont finalement les « élus » qu’ils méritent.

  • RESNOUS

    Je ne suis pas un fan de cet homme, mais effectivement comme Trump, il possède une présentation très différente de la quasi totalité des élus. En effet, il n’a pas besoin d’être agressif comme son abruti d’ex « patron » parti la queue entre les jambes.
    Son projet, en général de maitriser les dépenses et notamment de tenter de mettre fin à l’omni-puissance des fonctionnaires qui représentent, selon moi un état dans l’état.
    Mais ce qu’il faut cibler, ce ne sont pas les fonctionnaires de base mais ceux que l’on nomme les « hauts » (sans doute logent-ils tout en haut des bâtiments?) qui n’aspirent qu’à une seule chose faire carrière……….dans le privé pour ramasser plein de pognon. Et faire des dégâts dans notre beau pays. Bref, il faut avant tout supprimer cette merde d’ENA ne servant qu’à produire des parasites et des futurs élus!
    Donc, s’il est l’homme des projets de véritables réformes, j’applaudis des 2 mains.

  • Jean-Yves

    Ce qu’il nous manque vraiment, c’est une envie de vivre ensemble. Nous pas seulement au niveau de notre pays, mais surtout au niveau EUROPEEN.
    Cette belle idée des états unis d’Europe est en pleine déliquescence faute d’avoir réussi à dépasser la notion de la seule Europe économique.
    Or l’Europe doit d’abord être politique, solidaire, et porteuse des envies des peuples.
    Ce qui se passe à droite, en France, comme aux US, comme en GB, montre à l’envie que la mondialisation a fait son œuvre de pensée économique unique et maintenant de pensée sociétale unique basée sur le rejet d’autrui.
    Effectivement l’ENA produira les mêmes personnels politiques à l’infini, comme le jacobinisme français produire les mêmes effets à l’infini.
    Nous devons redessiner un projet européen pour les peuples européens beaucoup plus tolérant que ce que les médias veulent nous faire croire.
    Une Europe fédérale, sans les anglo saxons…. Soyons réalistes à leur sujet comme eux savent être pragmatiques au service de leur intérêt.
    Une Europe de New Deal, basé sur la maîtrise totale de nos énergies… durables bien sûr.
    Une Europe des peuples. Donc mettons fin aux technocraties pour donner le pouvoir aux urnes. L’Europe financière est utile, mais elle n’est pas une fin en soi.
    Bonne journée à tous

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