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La Corse dans l’Europe des régions ?

« Un jour cette petite île étonnera l’Europe » :(parlant de l’île de Corse  dans le Contrat social de JJ Rousseau)( 1762 )

Un verdict sans appel en faveur des « nationalistes »

Le verdict des urnes en Corses le 10 décembre 2017 est sans appel. Malgré une forte abstention, les plus de 56% pour la coalition nationaliste traduisent un soutien à leurs idées et non pas un rejet de la classe politique locale, comme on le croit à tort à Paris. Dans cette coalition, cohabitent plusieurs tendances du mouvement national, des plus radicaux aux plus modérés, mais tous partent du postulat qu’il y a un peuple et une nation corse qui ont droit à la reconnaissance et à l’exercice de certaines formes de souverainetés, de l’autonomie de plein exercice jusqu’à l’Indépendance.

L’Europe qui s’invite, bon gré ou mal gré, dans le débat :

Il faut souligner aussi que la coalition nationaliste, au pouvoir à l’Exécutif de la Collectivité de Corse depuis décembre 2015, s’est montrée bien plus active et intéressée à prendre place en Europe que les forces politiques traditionnelles du passé. C’est ainsi que des liens permanents ont été tissés avec la Sardaigne voisine, les Baléares, la Toscane, la Catalogne, le pays Basque mais aussi la république de Malte quand l’Archipel a présidé l’Union Européenne. Le Président du conseil Exécutif, Gilles Simeoni, a vu d’ailleurs son engagement européen récompensé par son élection début 2017 à la Présidence de la Commission des îles de la très influente Conférence des Régions Périphériques et Maritimes de l’Union européenne (CRPM). Les contacts et visites avec Bruxelles se sont également multipliés.

On peut donc considérer que l’Europe est devenue partenaire de la Corse et sera invitée, indirectement, dans le nouveau rapport de force qui va s’établir avec Paris. Comme dans le cas de la Catalogne, l’irruption de la dimension européenne dans des questions internes à des nations ne va pas de soi. Les réactions timorées et apeurées des Institutions européennes sur la question catalane l’ont bien montré. Il faut bien comprendre qu’encore aujourd’hui l’Union européenne est avant tout une coalition d’états, malgré la célèbre phrase de Jean Monnet : « Nous ne coalisons pas des états, nous unissons des peuples ».

L’Europe des régions serait-elle un mythe ?

Au risque de choquer ou de surprendre, je m’inscris en faux contre celles et ceux, notamment dans les capitales de pays jacobins comme la France, qui balayent d’un revers de la main le « concept de l’Europe des régions ». Et d’ailleurs Jean-Claude Juncker a eu tort, lors d’un déplacement en Guyane française au plus fort de la crise catalane, de déclarer de manière péremptoire, sans doute pour faire plaisir à son hôte français, « comment pourrait-on gouverner une Europe composée de 350 entités ? », oubliant la taille de son propre pays.

En fait l’Europe des Régions existe déjà. Elle a une forme constitutionnelle avec le comité des régions, instance consultative composée de 350 représentants de régions et collectivités locales. Il s‘agit certes d’une instance consultative, mais qui a été dotée depuis le Traité de Lisbonne d’un droit de « contrôle de la subsidiarité » qui lui confère un statut proche de celui d’une vraie Institution. Le Comité des Régions en effet peut agir au nom d’une région d’un pays de l’UE disposant déjà d’une autonomie de plein exercice : si une région autonome de plein exercice estime que l’Union européenne, par ses lois ou actes, outrepasse ses prérogatives en agissant dans ses domaines de compétences, la Cour de justice peut être saisie par le Comité des Régions agissant au nom de cette ou ces régions.

Quand le Parlement de Wallonie a failli bloquer un traité international de l’UE !

Quand la Wallonie s’est opposée pendant plusieurs semaines en 2016 à la signature du futur traité entre l’Union européenne et le canada(CETA) et a ainsi retardé la signature de l’accord (et la venue du Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles, il fallait lire les commentaires stupéfaits des médias français, complètement désorientés : «  Comment 3,5 millions de Belges francophones peuvent-ils paralyser à eux seuls un traité concernant plus de 535 millions d’Européens ! »  s’étonnait ainsi Europe 1, oubliant que l’accord sur la signature de ce Traité requérait l’unanimité des 28 et que, par exemple, Malte et ses 420 000 habitants aurait pu aussi bien bloquer aussi la signature ! Ils avaient oublié qu’en Belgique, état fédéral avec des Régions et des Communautés linguistiques autonomes de plein exercice, le Premier Ministre doit avoir leur accord avant d’engager son pays quand des traités engagent les compétences des régions et communautés comme c’est le cas avec l’environnement. Le blocage du parlement wallon n’a été levé que le 30 octobre 2016 quand la Commission européenne a négocié avec le Canada des déclarations qui ont quelque peu clarifié les questions de l’environnement et du droit du travail et satisfait ainsi une partie des demandes des députés wallons. En fait on peut remercier le parlement wallon d’avoir relevé un certain nombre de dangers liés à cet accord que les gouvernements nationaux n’avaient pas identifiés. La ratification du traité CETA par tous les parlements nationaux (aujourd’hui des 27) sera d’ailleurs périlleuse malgré les avancées obtenues par les Wallons!

Il faut d’ailleurs préciser que cet accord des wallons (et 6 autres entités autonomes belges) était rendu indispensable à la signature par le gouvernement belge du fait que certains aspects de ce Traité entraient en vigueur dès 2017 avant les ratifications. Le Traité repassera aussi pour ratification devant les parlements régionaux et communautaires de la Belgique.

Les régions autonomes peuvent être en effet déjà maintenant des acteurs de plein exercice aussi du processus de décision européen. C’est un fait peu connu car dépendant des législations nationales et variable selon le degré d’autonomie des entités. Si la Belgique est sans doute le pays aujourd’hui qui est le plus strict sur le respect des compétences régionales et communautaires, il y a d’autres exemples. Ainsi le gouvernement fédéral allemand associe toujours les Länder aux débats du conseil des Ministres européens sur les sujets de leur compétence, tel le transport, l’éducation, l’environnement. Ce sont eux qui, organisés en des « Conférences de Länder  » représentent à tour de rôle l’Allemagne comme par exemple sur les questions d’enseignement. Les Länder allemands disposent tous d’ailleurs de délégations à Bruxelles auprès de l’Union européenne qui fonctionnent comme des « mini-ambassades »

On peut citer aussi l’exemple des régions autonomes des Açores et de Madère du Portugal qui, ont la capacité de transposer directement des lois européennes dans leurs législations sans passer par le parlement de l’état national quand elles relèvent de sujets de leurs compétences.

Demain une Europe qui permettrait l’émancipation des territoires plus autonomes ?

C’est la question qui se pose au travers du cas de la Catalogne et qui pourrait la résoudre comme elle pourrait aussi servir de toile de fond aux discussions qui vont s’ouvrir entre Paris et la Corse.

Dans une Union réformée de caractère fédéral ou confédérale, on pourrait en effet très bien concevoir que, dans la mise en place d’une subsidiarité plus affirmée, il y ait de la place pour des territoires autonomes dotés de compétences élargies comme c’est le cas aujourd’hui avec les régions et communautés de la Belgique, des territoires portugais des Açores et de Madère, des Länder allemands, des régions italiennes … En quelque sorte « banalisés », le renforcement de l’autonomie de la Corse ou de la Catalogne ne deviendrait plus ainsi un « casus belli » avec les états nations mais une évolution salutaire vers une gouvernance plus proche des citoyens. Libres bien entendu aux différentes approches nationales de s’exprimer selon l’histoire, la géographie et aussi l’identité des peuples. Sans qu’il y ait de marche forcée, cette évolution pourrait toucher en effet presque tous les pays de l’Union. Ainsi, par exemple, jusqu’à la petite île de Gozo dans l’archipel maltais qui pourrait gagner en autonomie conformément aux souhaits de certains de ses représentants ?

On pourrait imaginer ainsi que des domaines précis tels l’environnement, l’éducation, les transports, une partie de la fiscalité, la santé et l’aménagement du territoire soient reconnues comme des compétences territoriales dans l’Union.

Recentrés sur les pouvoirs régaliens (Justice, police, solidarité sociale), les états nations au lieu de s’affaiblir ne pourraient-ils pas au contraire regagner en efficacité et en légitimité auprès des citoyens ?

Ainsi, une partie des activités de l’Union dans le domaine de l’énergie, les transports, l’organisation de la santé, l’appui aux entreprises et l’innovation seraient assurées par la coopération entre des entités qui pourraient être les états, les régions et les acteurs de la société civile.

L’architecture institutionnelle d’une telle Europe pourrait très bien ainsi faire une place de choix aux régions autonomes de plein exercice. Ainsi avec un Parlement européen aux pouvoirs étendus, un exécutif européen élu par ce parlement et unifié (fusion du poste de Président de la Commission et de Conseil, comme suggéré par Jean-Claude Juncker) existerait comme instance de codécision, un Sénat en place du Conseil des Ministres, qui serait soit seulement représentatif des états, soit élargi aux représentants des territoires sur les sujets de leurs compétences. On pourrait imaginer dans ce cas-là que le Comité des Régions y déléguerait des représentants avec un droit de vote.
Faisons donc une lecture positive des événements de Catalogne et de Corse, en ne les considérant pas comme des dangers de démantèlement mais comme une étape dans la construction d’une Europe à la fois plus proche de ses citoyens, respectueuse des différentes identités qui la composent, et en même temps, plus forte pour se concentrer sur les problèmes planétaires.

À propos de l'Auteur

Henri Malosse 30ème Président du Comité Economique et Social européen (2013-2015)

 

 

À propos Sauvons lEurope

Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire
  • jlcatalan

    salmigondis!
    Henri Malosse apparait comme le fédérateur de régions indépendantes des états qui font leur richesse, très importante pour la Catalogne, survie pour la Corse.
    Il doit y avoir des échanges inter-régionaux en Europe, mais l’Union Européenne n’a pas pour vocation de faire exploser les états.
    Unis dans la diversité, pas unis malgré les états, voire contre les états.
    Henri Malosse est un petit fonctionnaire qui cherche à exister.
    Sauvons l’Europe vous empruntez des voies bien surprenantes depuis quelque temps, reprenez-vous!

  • RAMBION Jean-Louis

    Qu’il est bon de lire cela! Comme quoi tous les politiques français ne sont pas des jacobins crispés qui se prosternent devant le monolithe sacré qu’est l’Etat! Oui on a besoin de pouvoir parler directement à son voisin sans passer par Paris. En tant qu’habitant de l’Occitanie je souhaiterais que l’enseignement scolaire ou extra scolaire du catalan soit développé chez nous et celui du français en Catalogne, car c’est quand même stupide de se parler en anglais! Et pour mettre cela en place je ne vois absolument pas le rôle que pourrait avoir le gouvernement français. Il est évident que la Corse doit créer des liens avec les états ou régions voisines pour avoir une vie réelle et ne pas être une colonie. De même la Corse ainsi que d’autres régions française doit assurer l’usage de sa langue (et la France doit quand même se décider à signer la charte des langues minoritaires), à moins qu’on ne souhaite que seul le français subsiste, mais je pense qu’en fait cela conduira à ce que seul l’anglais subsiste! A propos des langues, il serait intéressant de connaitre comment cela fonctionne en Italie au Val d’Aoste francophone ou dans le Süd-Tirol où après avoir eu le choix entre l’école italienne (presque vide) et l’école allemande, ils ont maintenant une école unifiée où ils apprennent les 3 langues (allemand, italien et ladin). Je pense que Sauvons l’Europe pourrait justement nous aider à la compréhension du fonctionnement du reste de l’Europe par des dossiers et par le relais d’opinions d’autres européens. Et pour ce qui est du statut (autonomie plus ou moins importante, confédération, indépendance) de ces peuples qui le sentent ainsi mais à qui on le refuse, je reste persuadé que l’homme est né pour être libre et qu’il n’y a pas d’autre choix que l’autodétermination.

  • Marco29

    Ce mouvement régionaliste est essentiellement un mouvement ÉGOÏSTE et IDENTITAIRE de régions riches, qui n’ont plus besoin des régions pauvres (ce n’est pas le cas de la Corse qui doit aussi réaliser que sa population vieillit).
    Chaque situation est cependant particulière.

    * Le divorce est-il à l’amiable ? : Slovaquie/Tchéquie et Danemark/Groenland, pas de problème.
    Ce serait également le cas pour la Flandre et la Wallonie si elles le
    souhaitaient (pour être vraiment indépendantes ou pour fusionner
    l’une avec les Pays-Bas, l’autre avec la France).
    .
    * Si une grande région de l’UE comme l’Écosse est contrainte de revendiquer son indépendance suite à un Brexit dur qu’elle désapprouve pour rejoindre l’UE, voir pour adopter l’euro.
    Aucun égoïsme fiscal ici, donc pas de problème.
    Mais le Brexit sera très soft !
    .
    * Suite à conflit majeur tel que l’effondrement de l’URSS
    ou
    la désagrégation de la Yougoslavie suite à la guerre : Pays Baltes et
    Bosnie etc. OK.
    .
    * La Catalogne et la Lombardie/Vénétie 2 régions très RICHES dans un environnement national très PAUVRE.
    L’une réclame l’indépendance et l’autre plus maline un arrangement fiscal.
    Mais c’est la même chose : elles ne veulent plus payer pour les régions pauvres de leur nation d’origine !

    • Marco29

      «Aujourd’hui, sur le plan productif, LES RÉGIONS RICHES N’ONT PRESQUE PLUS BESOIN DES RÉGIONS PAUVRES de leur propre pays »

      10 06 15 Une dynamique de séparatisme régional
      https://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/une-dynamique-de-separatisme-regional
      « Et l’on conçoit en quoi c’est une bien mauvaise
      nouvelle pour nos équilibres interrégionaux.
      Les industries d’autrefois, en effet, se situaient au plus près des mines de charbon dont elles tiraient leur énergie.
      Mais elles irriguaient progressivement l’ensemble des économies nationales , par la création de sous-traitants et la recherche de nouveaux bassins de main d’œuvre.
      Ainsi, chez nous, en France, l’industrie, qui était apparue dans le Nord et le Nord-Est, s’est-elle progressivement transférée vers le Sud et l’Ouest.

      Mais aujourd’hui, les nouvelles activités créatrices de richesse sont hyper-concentrées dans quelques villes et elles n’ont pas besoin du reste du pays …. »

  • Marco29

    De moins en moins de pays et de régions seront « indépendants » à l’avenir.
    Nous sommes de plus en plus liés par l’UE, les contrats internationaux, la mondialisation et soumis à des rapports de force avec lesquelles il serait stupide de ne pas négocier.
    Ces liens ne sont pas seulement des LIENS
    DE DÉPENDANCE mais aussi DES LIENS DE COOPÉRATION !
    Au point que pour le Brexit il est quasiment impossible de défaire tous
    les liens, alors qu’ils ne sont même pas dans la zone euro.
    D’où le renoncement de May à un Brexit dur.

    Personne n’est « indépendant ».
    La vraie question est celle de L’ARTICULATION DES STRATES DE POUVOIR : communes (à fusionner), départements (à supprimer pour la plupart), régions. État nation, UE.

    Les indépendantistes catalans auraient bien dû s’imaginer qu’ils
    allaient se heurter à un mur : Rajoy et le reste de l’Espagne, l’UE (qui ne peut accepter un tel précédent), les entreprises.
    Quant à la population elle est très partagée.

    Mais il y avait chez eux une autre motivation portée par les indépendantistes extrémistes et l’extrême-gauche qui sont atteint de la « maladie identitaire » (la maladie du siècle ?)

    – 15 10 17 « Le droit à l’autodétermination n’implique pas nécessairement celui à l’indépendance »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/16/les-ambiguites-du-droit-international-sur-l-autodetermination_5201388_3232.html
    « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes peut se heurter à un
    principe fondateur du droit international public : CELUI DES ÉTATS À
    PRÉSERVER LEUR INTÉGRITÉ TERRITORIALE. »

  • Marco29

    Une EUROPE des RÉGIONS est totalement PRÉMATURÉE (dans 50 ans?).
    Une Europe faible car en miettes serait un rêve pour POUTINE et aussi
    pour tous les LOBBIES (financier, pharmaceutique….).

    Tout le contraire de Macron qui veut une Europe forte et unie.
    Il faut d’abord que les organismes communautaires et le Parlement européen deviennent FORTS et FONCTIONNELS (fin de l’unanimité dans tous les domaines et pas seulement dans quelques-uns).

    • RAMBION Jean-Louis

      Dans les différentes réponses précédentes, il y a pas mal de choses qui ne cadrent vraiment pas avec ce que je pense:
      – Comment juger si un séparatisme est légitime ou pas, et dans un autre pays? Si je comprends bien, si l’URSS ne s’était pas effondrée, rien n’aurait justifié que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie retrouvent la liberté?
      – Les indépendances ou autonomies peuvent justement permettre de passer de liens de dépendance ou de soumission à des liens de coopération. Après des discussions avec des Croates et des Slovaques j’ai vu que pour eux cela leur avait permis de passer d’un lien de dépendance des Serbes et des Tchèques à un lien d’égalité avec eux et que maintenant ils pouvaient renouer d’étroites relations (pour les Slovaques) avec eux. D’après ce que j’ai vu là-bas, c’est ce que pensent les Catalans, c’est un peuple qui veut traiter d’égal à égal avec les Espagnols et ne pas leur être soumis, et c’est dans les régions rurales pas vraiment riches et non à Barcelone que le sentiment est le plus fort.
      – Les régions riches ont toujours besoin des régions pauvres, pour faire venir leurs diplômés (dans les cadres travaillant dans les grandes villes en expansion, combien en sont originaires?), pour y installer leurs sous-traitants exploités, comme les USA font venir des diplômés du Monde entier.
      – L’intégrité immuable des états me laisse songeur, cela me fait penser à la France une et indivisible de Dunkerque à Tamanrasset, le divorce existe, tout évolue, les états aussi, quand ce n’est pas à la suite de guerres c’est quand même mieux pour tout le monde.

      • Marco29

        – « si l’URSS ne s’était pas effondrée, rien n’aurait justifié
        que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie retrouvent la liberté? »

        En théorie oui mais en pratique non dans un système
        plus ou moins totalitaire !
        Il en est de même pour le Xinjiang en Chine
        (soit disant autonome).
        Il n’y a que dans les pays démocratiques où
        cela peut se passer, éventuellement, à l’amiable.

      • Marco29

        « Les indépendances ou autonomies peuvent justement permettre de passer de liens de dépendance ou de soumission à des liens de coopération. »
        Oui sauf que la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie
        ont noué des liens très étroits dans l’UE mais pas du tout avec la Russie qu’ils craignent toujours autant…
        .
        « D’après ce que j’ai vu là-bas, c’est CE QUE PENSENT LES CATALANS, c’est un peuple qui veut traiter d’égal à égal avec les Espagnols et ne pas leur être soumis »

        Il n’est pas possible de dire cela car les Catalans n’existent pas comme un bloc, une unité.
        Ils sont au moins divisés 50/50.
        Si ce sont les plus pauvres les plus indépendantistes, cela fait penser au Brexit où il en en allait de même.
        Avec l’écroulement de leur pouvoir d’achat ils sont aujourd’hui les dindons de la farce !

        La Catalogne, LA RÉGION LA PLUS RICHE D’ESPAGNE serait soumise au pouvoir central ?

        L’élément déterminant dans cette affaire est
        ce que j’appelle la « maladie identitaire ».
        Puigdemont en est l’exemple type, gavé qu’il
        est d’idéologie identitaire depuis la maternelle !
        Si seulement ils n’étaient pas aussi idéologisés ils auraient pu être plus influant à Madrid.
        Là ils se sont mis le reste de l’Espagne à
        dos pour au moins 30 ans…

      • Marco29

        « Les régions riches ont toujours besoin des régions pauvres, pour FAIRE VENIR LEURS DIPLÔMÉS (dans les cadres travaillant dans les grandes villes en expansion, combien en sont originaires?)  »
        .
        Oui, mais ce pillage des cerveaux justifie justement qu’ils participent plus fiscalement.
        Mais ils aimeraient avoir le beurre et l’argent du beurre…

        Une des valeurs essentielles de l’Europe est la SOLIDARITÉ déjà bien difficile à mettre en œuvre entre pays (mais elle existe : Pologne, Hongrie etc. et avant Espagne, Portugal) alors si en plus on veut la mettre à mal à l’intérieur même des États !
        Il nous faut quand même essayer de dépasser un peu l’esprit colonial…

      • Marco29

        « L’intégrité immuable des états me laisse songeur, cela me fait penser à la France une et indivisible… »
        .
        Oui, moi je veux bien absorber la Wallonie même si
        cela ne nous enrichit pas, sauf culturellement !

        L’UE n’acceptera jamais qu’une région riche se proclame indépendante de façon agressive.
        Ce qui sera toujours le cas puisque les autres régions ne voudront jamais la lâcher (l’Italie du Sud passerait dans le tiers monde, si ce n’est dans un monde totalement mafieux !).

    • Gérard Padiou

      Oui, finalement, on construit les États Unis d’Europe avec l’Allemagne, ça fait 16 + 13 (ou 18 régions avec les territoires ultramarins) = 29 (ou 34). C’est bon.
      Deux nations en moins. Un peu de nationalisme disparu…
      La Pologne, la Hongrie et l’Autriche nous montre bien ce que nationalisme veut dire. Il revient au galop.
      Le régionalisme est-il pire ou si dangereux ?

      • Marco29

        « La Pologne, la Hongrie et l’Autriche nous montre bien ce que nationalisme veut dire. Il revient au galop.
        Le régionalisme est-il pire ou si dangereux ?  »

        Un régionalisme identitaire, sectaire et
        réclamant l’indépendance est bien proche du nationalisme.
        Le pire serait d’avoir les deux !

        Mais oui, les 3 pays cités (surtout la Pologne) c’est vraiment l’horreur.
        Il y a des pays qui, outre le dumping social, ne respectent pas les principes fondamentaux de l’UE.
        La POLOGNE avec son gouvernement ultra conservateur/catho/réac et semi-totalitaire ne respecte pas la moitié des Polonais et l’UE.
        Certes leurs gouvernants sont souverains :
        – pour acheter des hélicos US au lieu des Airbus…

        – pour mettre leur justice totalement sous la coupe de leur exécutif ce qui est contraire au pacte européen auquel ils ont adhéré.

        – pour nous expédier leurs « travailleurs détachés » à
        bas coût. Désormais (action de Macron) ils seront au même salaire que les nationaux (hors charges sociales). Les routiers ne sont pas
        encore concernés, hélas !

        – pour bloquer toute avancée de l’UE.

        – pour percevoir les subventions de l’UE, surtout.
        Fonds structurels :

        La Pologne est le premier État membre bénéficiaire en volume des fonds européens pour la période 2014-2020.
        Les 2 plus gros postes d’affectation des fonds européens sont la politique de cohésion (72,8 Mds€ pour le cadre financier 2014-2020) et la politique agricole commune (28 Mds€ en 2014-2020).

        La HONGRIE est un pays limite fasciste et qui le
        serait totalement si l’EU ne le bordait un peu (pas assez !). J’aurais trop à dire…

        CELA NE DOIT PLUS DURER.
        Les sanctions de l’UE contre la Pologne ne
        servent pas à grand-chose puisqu’il faut l’unanimité et que la Hongrie votera contre !
        Une solution serait que pour la prochain budget
        européen la France et d’autres pays leur disent dès maintenant que s’ils continuent le budget européen sera réduit des 3/4.
        Ce qui veut dire pour eux : finies les subventions.
        Notre intérêt est d’avoir une UE forte et soudée, au besoin RÉTRÉCIE si nous n’arrivons pas à ramener ces pays à la raison.

        Nous sommes tous dans le même bateau et il n’est pas acceptable que certains pays (ou régions) se la jouent trop perso.

        • Gérard Padiou

          Étant donné que l’UE est au bout du rouleau, pourquoi ne pas refonder petit : un duo allemand-français ?
          Pour avoir été en Pologne il y a 40 ans, j’y avais trouvé un attachement à la France qui n’avait étonné. Aujourd’hui, tout ça, c’est fini.
          La façon la plus sûr de couper les subventions que vous déplorez et de guérir l’immobilisme de l’UE, n’est-ce pas de construire une « petite UE » ?
          Il suffirait peut-être même de menacer de faire cette mini UE pour ramener certains pays ou certaines régions à plus de respect de la démocratie et à moins d’arrogance ?

          • Marco29

            Entièrement d’accord.
            Le Président du Conseil européen Donald TUSK a rassuré un représentant de la Pologne en affirmant que « lui président, jamais il n’y aurait une UE à 2 vitesses ».
            Malgré la sympathie que j’ai pour lui, il faudra
            au besoin passer outre.
            La menace, à condition d’être crédible, devrait suffire.
            Toutefois une UE à 6 me semble un minimum.
            Encore faudrait-il être sûr que les Allemands soient bien d’accord pour abandonner la règle de l’unanimité pour toutes les décisions et la remplacer par la majorité qualifiée.
            .
            La majorité qualifiée est obtenue à 2 conditions :
            * 55 % des pays de l’UE sont en faveur de la proposition, soit 16 sur 28
            * la proposition est soutenue par des pays représentant au moins 65 % de la population de l’UE.

          • Gérard Padiou

            Je suis aussi tout à fait d’accord avec vous. Je poussais le bouchon un peu loin avec juste l’Allemagne et la France, mais les membres fondateurs me semblent une bonne base aussi.
            Le nombre de régions devient : 1 pour le Luxembourg, 3 pour la Belgique, 16 pour l’Allemagne, 20 en Italie, 13 en France métropolitaine ou 18 au total et 12 aux Pays-Bas soit 65 ou 70…
            Déjà beaucoup mais qui sais ?

  • Marco29

    Quand je dis plus bas qu’une Europe des régions serait aujourd’hui un rêve pour les LOBBIES :
    Henri Malosse 30ème Président du Comité Economique et Social européen (2013-2015) serait-il un de leurs représentants ?

  • Jean-bernard koechlin

    Mesdames et messieurs les indépendantistes, il faudrait quand même expliciter ce que peut signifier concrètement « indépendance », pour échapper au reproche d’enfumage au profit de puissances économiques ou politiques occultes (à qui profite le Brexit, par exemple?).
    Les états européens sont interdépendants, les régions à l’intérieur de ces pays sont interdépendantes et interdépendantes des états voisins. Les processus de fabrication de nos industries, par exemple, reposent sur des échanges intenses et multiples, que l’établissement de frontières ruinerait. La compétition fiscale, allant inéluctablement vers la diminution des impôts, entraine les « optimisations fiscales » diverses et surtout l’appauvrissement des Etats ou des gouvernements de région, donc la solidarité sociale, citée comme une compétence régalienne dans la prise de position de Malosse, se détruit. Au point de vue sécurité, on a bien compris que la coopération forte est indispensable. etc, etc.
    Et enfin, rapprocher la Catalogne de la Corse fait l’impasse sur la situation réelle de ces régions, c’est juste une construction idéologique.
    On peut comprendre que des groupes plus ou moins larges de citoyens ressentent une identité particulière, mais il faudrait commencer par la définir précisément, avant de jouer des institutions politiques.

  • Marco29

    * La bataille d’Espagne Par Laurent Joffrin
    L’OBSESSION DE L’IDENTITÉ qui mine l’Europe a trouvé une nouvelle illustration en Catalogne.
    Le mur du son de l’intolérance et du sectarisme a été largement franchi pendant la campagne qui s’achève.
    L’argumentation rationnelle a pratiquement disparu du discours public, désormais tissé principalement d’insultes sonores.

    Les «espagnolistes» tiennent les indépendantistes pour de dangereux hors-la-loi qui ne méritent que la prison; lesquels voient dans leurs adversaires des fascistes purs et simples.

    Tel le soleil sur le crâne de Don Quichotte, le nationalisme rend fou: ainsi ces habitants de Catalogne qui vivaient pacifiquement ensemble depuis des décennies tiennent désormais un langage de guerre civile.
    La violence n’est pas loin et on redoute les conséquences du scrutin, quel qu’en soit le résultat.
    ………………………………………….
    La défaite des indépendantistes mettrait sans doute un coup d’arrêt à la crise mais ne désarmera en rien leur virulence; leur victoire ouvrirait une nouvelle période d’affrontement avec Madrid.

    L’Union européenne regarde avec anxiété cette ÉLECTION DE LA HAINE; pour l’instant, elle soutient le gouvernement central au nom de la légalité.
    Mais si rien ne s’apaise, elle aura le devoir de s’interposer, sauf à courir le risque de voir l’un de ses membres s’enfoncer dans une bataille folle où tous perdront, à commencer par elle-même.
    http://www.liberation.fr/politiques/2017/12/20/la-bataille-d-espagne_1618061

  • Michel Carrière

    Eh bien voilà quelqu’un qui s’ingénie à démolir le socle de notre État de droit, de notre nation, de notre souveraineté et de notre indépendance nationales, en un mot les fondements de notre démocratie, en imaginant que les débris de notre pays se rassembleront ensuite dans cette dystopique « union » €uropéenne.
    Ce faisant, il se comporte comme un traître véritable, qui conchie fièrement l’héritage de nos aïeux, en revendiquant un acte de modernité, collabo d’une institution étrangère qui bafoue la plus élémentaire démocratie et pratique au quotidien une « soft » tyrannie « éclairée » au service exclusif des multinationales.

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