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Les Etats généraux de l’Europe par les organisateurs

Aux Etats généraux de l’Europe, Sauvons l’Europe a cherché à recueillir l’opinion des organisateurs de la manifestation sur son rôle et son importance.Gaëtane Ricard Nihoul, Secrétaire générale de Notre Europe

Pourquoi avoir organisé les Etats généraux de l’Europe ?

Alors déjà, c’est la troisième édition des Etats généraux. On avait démarré à Lille en 2007 au moment de l’anniversaire de 50 ans du traité de Rome, on a fait une session à Lyon en 2008, et là Strasbourg 2010. La raison pour laquelle on a choisi ce moment, c’était les 60 ans de la déclaration Schuman en fait, et donc on a choisi le thème de la responsabilité parce qu’on se posait la question : est-ce qu’on a suffisamment endossé cette responsabilité que l’on a par rapport aux pères fondateurs d’une part et par rapport aux générations futures d’autre part ?

Comment se déroulent les Etats généraux de l’Europe ?

Le principe des Etats généraux, c’est que c’est une construction participative. On a une centaine de partenaires, et on leur propose – tous ne le font pas – on leur propose de concevoir un atelier et on leur demande de faire ça, pas tout seul mais avec une ou deux autres organisations minimum. Donc ça veut dire que les sujets remontent vers nous ; ce n’est pas nous qui les imposons aux organisations partenaires et c’est intéressant d’ailleurs de voir ce qu’ils choisissent. On constate par exemple qu’ils choisissent beaucoup le côté social. Il y a pas mal évidemment vu l’actualité sur finance, industrie, mais ce n’est effectivement pas nous, nous on choisi juste le fil rouge, celui de la responsabilité, autre fil rouge, la déclaration Schuman, et donc tous les ateliers ont été un peu pensés avec ce fil rouge, mais chacun avec la liberté qu’ils ont en tant que pilote d’un atelier.

Les Etats généraux de l’Europe permettent donc de mieux appréhender les attentes de la société civile ?

La société civile, mais en dialogue avec les citoyens, parce que c’est vraiment un événement qui se veut être un relai entre la société civile organisée et le citoyen qui est invité, c’est une journée pour lui où il peut aller choisir ce qu’il veut, des ateliers, des activités parallèles. C’est vraiment conçu pour qu’on ait une journée globalement conviviale et festive sur les questions européennes et tout le monde est invité à y participer. C’est tâter le pouls, effectivement, de la société civile organisée en dialogue avec les citoyens et en dialogue bien sûr aussi avec les personnalités politiques, du monde économique, etc., qui viennent intervenir dans ces ateliers et plénières.

En dehors de la crise économique, quelles différences de thèmes voit-on émerger entre les trois éditions des Etats généraux ?

Je crois qu’on voit quand même toujours les mêmes thématiques émerger. Ce qui est différent, je crois, chaque fois, c’est quand même le contexte. Là, on a un contexte où on a un nouveau Traité, une nouvelle Commission, un nouveau Parlement, on a un contexte international évidemment qui interroge tout le monde sur les choix de politique publique qui doivent être faits demain, on a la question du changement climatique qui pose la question de comment on fait concrètement pour créer une économie à émission de carbone limitée, etc., donc là je crois que le contexte, vraiment, plus que jamais, donne un sentiment d’urgence. Et ça se ressent vraiment d’année en année, il y a une interpellation qui est de plus en plus forte de la part des citoyens et de la société civile.

Guillaume Klossa, Président d’EuropaNova

Pourquoi les Etats généraux de l’Europe ?

Pourquoi EuropaNova a voulu fonder lancer en 2006 les Etats généraux de l’Europe, tout simplement parce que la société civile européenne a besoin, dans sa diversité, de mieux se rencontrer et de rencontrer les dirigeants de l’Union. Et il n’y avait pas vraiment ces lieux. Des lieux où débattre, dialoguer, proposer, qui permettent d’aboutir à des propositions concrètes qui servent de base à un dialogue avec le Président de la Commission européenne. Aujourd’hui, par exemple, le Président Barroso vient de nous dire qu’il attendait ces propositions et qu’il essaierait, dans la mesure du possible, de voir lesquelles pourraient se transformer en réalité. Ça, c’est l’objectif des Etats généraux de l’Europe, et c’est aussi créer un élan qui fasse que la société civile européenne dans sa diversité, les entreprises, les syndicats, les associations, tout simplement les gens, les citoyens, ait envie, ait la possibilité de se retrouver lors d’un grand rendez-vous annuel, qui soit à la fois convivial, fondé sur le débat d’idées, et fondé sur l’intelligence collective.

Quel rôle voyez-vous pour la génération des jeunes européens dans la construction de l’Europe ?

Nous venons de publier, avec Cynthia Fleury et avec beaucoup d’autres jeunes Européens, ce sont des trentenaires pour la plupart, une prise de position dans Le Monde. Il nous semble en fait que le monde tel qu’il est change très vite, que la génération des pères fondateurs européens a disparu et qu’il faut une nouvelle génération de petit-fils fondateurs. Celle-là n’existe pas encore, et notre souhait avec cette tribune, c’est de continuer à la mobiliser pour qu’elle soit en mesure de prendre ses responsabilités et de faire avancer une Europe plus puissante, plus influente, qui pèse sur la gouvernance mondiale et qui ait aussi une vraie âme.

Quel avenir Pour EuropaNova ?

EuropaNova existe depuis 2003. On a été une des premières organisations à proposer un nouveau traité sans référendum dès 2005. On s’est engagé, et nos membres dans leur situation professionnelle respective se sont engagés, pour qu’il y ait un accord sur la mobilité professionnelle des jeunes européens en 2008, qu’on a eu. On va continuer, pour un gouvernement économique européen, à se mobiliser, on va continuer à organiser des Etats généraux de l’Europe, on va promouvoir des programmes pour les leaders d’opinion européens de tous horizons professionnels. EuropaNova est une démarche ouverte et tous ceux qui veulent s’y associer, apporter leur énergie, sont bienvenus.

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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