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L’Europe allemande ?

Nous publions ici deux articles contraires et complémentaires issus de trop libre, la voix de nos amis de la Fondapol. Alors, la prééminence allemande, effet d’une volonté de puissance pangermanique affirmée? Effacement de la France? Symptôme d’une transition vers une Europe fédérale?

 

L’Europe allemande : désastre français et mort de la vision européenne de Jean Monnet

Par Bruno Alomar, spécialiste des ques­tions eu­ro­péennes à Sciences Po Paris

L’Union eu­ro­péenne, telle qu’elle se met en ordre de ba­taille avec l’élec­tion du Par­le­ment eu­ro­péen en juin 2014 et la no­mi­na­tion de la Com­mis­sion Jun­cker, se ca­rac­té­rise par l’ef­fa­ce­ment de la France en Eu­rope et par l’avè­ne­ment de la toute-puis­sance de l’Al­le­magne. Ce fai­sant, c’est bien une étape de plus dans le pro­ces­sus de des­truc­tion de l’Eu­rope ima­gi­née par Jean Mon­net.

L’ef­fa­ce­ment de la France est in­édit dans his­toire de la construc­tion eu­ro­péenne. Si l’on on­si­dère la com­po­si­tion de la nou­velle Com-is­sion Jun­cker, l’on est frappé, mal­gré la pu­bli-ité que Paris a voulu don­ner à la no­mi­na­tion ‘un Fran­çais aux af­faires éco­no­miques et mo-étaires, par la fai­blesse de notre pays. Le por-feuille confié à la France est faible : le com­mis-aire aux af­faires éco­no­miques et fi­nan­cières, on­trai­re­ment aux com­mis­saires qui exercent ne com­pé­tence dé­lé­guée à l’Eu­rope (concur-ence, com­merce), ne pos­sède aucun pou­voir éri­table, autre que le Mi­nis­tère de la pa­role (les is­po­si­tions du « Six Pack » nous sem­blant ne as pou­voir être mises en œuvre ou de ma­nière suf­fi­sante pour in­flé­chir ce diag­nos­tic). Il est à e sujet assez pi­quant que la France se soit, de anière si vé­hé­mente, op­po­sée à la sug­ges­tion lle­mande de don­ner à l’Eu­rope des pou­voirs ccrus pour contrô­ler les bud­gets na­tio­naux. De ur­croît, et en dépit des dé­né­ga­tions de Paris, il era bien placé sous la tu­telle d’un « super com-is­saire ».

Au-delà du poste de com­mis­saire, c’est-à-dire au sein de la Com­mis­sion pro­pre­ment dite, là où l’in­fluence de long terme se construit, le dé­sastre est consommé. Seule­ment un chef de ca­bi­net de com­mis­saire sur 28 sera fran­çais. Quand l’on sait à quel point l’es­sen­tiel du pou­voir s’y concentre (avec les postes de Di­rec­teurs gé­né­raux), l’on fré­mit. De même, l’époque semble loin­taine où les com­mis­saires vou­laient coûte que coûte qu’un Fran­çais soit pré­sent dans leur équipe. En un mot, il n’y avait pas d’in­fluence sans la France.

L’Al­le­magne, pour sa part, ré­colte au­jour­d’hui les fruits d’un long tra­vail d’in­fluence qui, au-delà de sa si­tua­tion éco­no­mique ob­jec­ti­ve­ment meilleure que celle de la France, tra­duit sa vo­lonté claire de prendre le pou­voir en Eu­rope. Avec la no­mi­na­tion de Mon­sieur Tusk (Po­lo­nais qui ne parle pas le fran­çais !) à la pré­si­dence du Conseil, la com­po­si­tion de la Com­mis­sion, en dépit de la re­la­tive dé­cep­tion pour Ber­lin qu’a consti­tué le por­te­feuille de l’éco­no­mie nu­mé­rique à Günther Oet­tin­ger, marque le triomphe de l’Al­le­magne : dé­pla­ce­ment des res­pon­sa­bi­li­tés les plus es­sen­tielles vers l’Est de l’Eu­rope (por­te­feuilles des com­mis­saires po­lo­nais et slo­vène) ; no­mi­na­tion aux deux postes éco­no­miques es­sen­tiels (concur­rence et com­merce) de deux Scan­di­naves dont les concep­tions éco­no­miques sont clai­re­ment al­le­mandes ; oc­troi au Royaume-Uni – hors zone euro, alors que le tra­vail de conso­li­da­tion et de sau­ve­tage de la mon­naie unique n’est pas achevé – en dépit de son mau­vais es­prit per­ma­nent et d’un can­di­dat de peu d’en­ver­gure, du seul por­te­feuille qui in­té­resse Londres, celui des ser­vices fi­nan­ciers, ma­nœuvre évi­dente (déses­pé­rée ?) de la part de l’Al­le­magne pour gar­der coûte que coûte le Royaume-Uni en Eu­rope.

Le por­te­feuille confié à la France est faible : le com­mis­saire aux af­faires éco­no­miques et fi­nan­cière ne pos­sède aucun pou­voir vé­ri­table

Au sein de la Com­mis­sion, le poste de chef de ca­bi­net du Pré­sident (qui cor­res­pond peu ou prou en termes d’in­fluence à celui du Se­cré­taire gé­né­ral de l’Ely­sée) re­vient à un al­le­mand de ta­lent et de réelle au­to­rité, alors même que l’Al­le­magne noyaute in­tel­li­gem­ment les ca­bi­nets des com­mis­saires. Au Par­le­ment eu­ro­péen, l’Al­le­magne a su éga­le­ment pla­cer ses hommes, et com­pris, plus vite et mieux que la France, le rôle que les par­tis po­li­tiques joue­rait dans la no­mi­na­tion de la Com­mis­sion (le « Spit­zen­kan­di­da­ten »).

Tout ceci, à la vé­rité n’a rien de sur­pre­nant. La France, ses élites po­li­tiques, ad­mi­nis­tra­tives, éco­no­miques, mé­dia­tiques, à quelques trop rares ex­cep­tions, ne s’in­té­ressent pas à l’Eu­rope. Elle a perdu toute stra­té­gie d’in­fluence de­puis vingt ans. Elle consi­dère que l’Eu­rope lui a échappé avec l’élar­gis­se­ment de 1995 et avec le fu­neste traité de Nice de 2001, né­go­cié sous co­ha­bi­ta­tion Chi­rac–Jos­pin, qui a brisé ce qui fai­sait l’ADN de la construc­tion com­mu­nau­taire, l’iden­tité de puis­sance ri­gou­reuse entre Ber­lin et Paris au Conseil, au pro­fit de l’Al­le­magne. Qu’il est loin le temps où, consa­crant l’exis­tence d’un veto fran­çais de fait à l’Union eu­ro­péenne, Hel­mut Kohl, im­pré­gné de la res­pon­sa­bi­lité de l’Al­le­magne face à l’His­toire ré­cente di­sait, à peu près en ces termes : « Si l’Al­le­magne sait que la France s’op­pose, l’Al­le­magne se dé­fend de pro­po­ser. » Au-delà de la France et des Fran­çais, aussi peu dignes à jouer les mau­vais per­dants qu’à aller ré­gu­liè­re­ment men­dier à Bruxelles un délai sup­plé­men­taire en ma­tière bud­gé­taire, la prise de pou­voir pro­gres­sive de l’Al­le­magne vient at­ta­quer le prin­cipe même de la construc­tion com­mu­nau­taire à la ra­cine, de deux ma­nières. Pre­miè­re­ment, le simple bon sens veut que la construc­tion eu­ro­péenne per­mette d’évi­ter qu’un pays im­pose sa loi aux autres pays. Conti­nent tra­gique, l’Eu­rope de 1957, à cet égard, n’a qu’un but, qui au­rait ravi la di­plo­ma­tie bri­tan­nique : évi­ter qu’une puis­sance conti­nen­tale écrase les autres. La crise de la zone euro et le sen­ti­ment anti-al­le­mand qui s’est dé­ve­loppé au sud de l’Eu­rope au­raient dû être com­pris en ce sens : les peuples n’ac­ceptent pas qu’on leur dise quoi faire ! A cet égard, l’Al­le­magne, consciente de ses in­té­rêts, a d’ailleurs assez cou­ra­geu­se­ment ac­cepté d’en­dos­ser pour par­tie (mais la France contri­bue au MES à hau­teur de son PIB) le rôle de « Père la Ri­gueur ».

L’Al­le­magne ré­colte les fruits d’un long tra­vail d’in­fluence qui tra­duit sa vo­lonté claire de prendre le pou­voir

Deuxiè­me­ment, et de ma­nière beau­coup plus fon­da­men­tale, la stra­té­gie al­le­mande at­taque le sub­strat idéo­lo­gique de la construc­tion com­mu­nau­taire, tel que pensé par Mon­net, Schu­mann, Gas­peri et quelques autres : l’idée de Na­tion eu­ro­péenne, l’idée qu’il existe un peuple eu­ro­péen. C’est de cette idée, com­bat­tue par le Gé­né­ral de Gaulle puis par Mar­ga­ret That­cher, que pro­cède toute la construc­tion eu­ro­péenne et que cette der­nière tire sa dy­na­mique. C’est cette idée qui jus­ti­fie les aban­dons de sou­ve­rai­neté au pro­fit d’ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes su­pra­na­tio­nales, non élues, telles que la Com­mis­sion eu­ro­péenne ou la Cour de Jus­tice. C’est cette idée qui jus­ti­fie un Par­le­ment eu­ro­péen puis­sant parce qu’il est (se­rait) le Par­le­ment d’un peuple eu­ro­péen. Si l’Al­le­magne pen­sait « Eu­rope » au sens de Jean Mon­net, elle n’éprou­ve­rait nul­le­ment le be­soin de la noyau­ter. Avec la crise de l’euro, l’af­fai­blis­se­ment de la France, les masques tombent : l’Eu­rope, pour Ber­lin, est bien sûr une syn­thèse, mais au sein de la­quelle les rai­son­ne­ments, la forme de pen­sée al­le­mande doit pré­va­loir : le droit plu­tôt que la po­li­tique, la concur­rence et le libre mar­ché plu­tôt que l’in­ter­ven­tion­nisme, la ri­gueur bud­gé­taire et le mo­né­ta­risme, etc. Et le but est clair, ré­sumé par un haut res­pon­sableø al­le­mand qui, dans son en­thou­siasme, a vu la nu­dité du roi : toute l’Eu­rope se por­tera mieux quand l’Eu­rope par­lera al­le­mand…

L’on ob­jec­tera, à rai­son, que l’Al­le­magne, joue son jeu. L’on re­con­naî­tra que sur de nom­breux as­pects de po­li­tique éco­no­mique, c’est bien l’Al­le­magne qui a rai­son, et que nous se­rions avi­sés, Fran­çais, de faire comme elle, non pas pour conten­ter Bruxelles ou Ber­lin, mais bel et bien dans notre seul in­té­rêt. Plus fon­da­men­ta­le­ment, les connais­seurs de l’Eu­rope savent com­bien les autres pays se battent bec et ongles pour im­po­ser leurs idées, au pre­mier rang des­quels le Royaume-Uni, om­ni­pré­sent de­puis quinze ans qu’il n’a de cesse de cri­ti­quer Bruxelles, se bat­tant pied à pied pour chaque poste, pous­sant à un élar­gis­se­ment di­rec­te­ment contraire à l’idée d’Eu­rope puis­sance, mais flat­tant le désir al­le­mand de re­cons­ti­tu­tion d’une Mit­te­lEu­ropa. Les plus an­ciens se rap­pel­le­ront com­bien, dans les pre­miers temps, et jus­qu’au an­nées 1990, la France elle aussi se bat­tait pour que son point de vue et ses hommes pré­valent.

Pré­ci­sé­ment, la roue a tourné, trop et de­puis trop long­temps. L’af­fai­blis­se­ment de la France et l’om­ni­pré­sence al­le­mande, ré­sul­tats d’une évo­lu­tion l o n g u e, sont aussi et sur­tout le signe avant-cou­reur de l’échec de la vi­sion de la Grande Na­tion eu­ro­péenne que seule la France, mère de l’idée de Na­tion, pou­vait en­fan­ter. Avec un « non » au ré­fé­ren­dum de 54,7% en 2005 (une se­maine plus tard, les Pays-Bas, mo­dèle de pays pro eu­ro­péen, re­je­tait le texte à 62 %), un Front Na­tio­nal à 25 % aux élec­tions eu­ro­péennes de 2014, une scène po­li­tique na­tio­nale qui risque – Front na­tio­nal oblige – pour les an­nées à venir de res­sem­bler à un sys­tème ita­lien de com­bi­na­zione, il est à craindre que l’écart entre Paris et Bruxelles ne consti­tue un fossé in­fran­chis­sable. Trop en re­tard – s’il l’on pense que Mon­net avait tort – trop en avance – si l’on pousse la lo­gique al­le­mande ac­tuelle à son ex­tré­mité, la France ne trouve dé­ci­dé­ment plus à sa place dans l’Eu­rope d’au­jourd’­hui. C’est une si­tua­tion ex­trê­me­ment dan­ge­reuse, qui ne pourra pas se main­te­nir long­temps. Ceux qui aiment l’Eu­rope, à Paris et Ber­lin, se­raient avi­sés d’y ré­flé­chir.

 

« Europe allemande » ou fin d’une double exception: française… et allemande ?

Par @ChristophedeVoogd

L’évolution des rapports de puissance au sein de l’Europe suscite un phénomène frappant et transversal dans l’opinion française : un regain de nationalisme blessé devant un double constat de déclin d’influence de notre pays et, inversement, d’affirmation des positions allemandes. Nul doute que ce phénomène n’en est qu’à ces débuts et qu’à la faveur d’un raidissement de la Commission sur notre « budget à trous » il ne s’amplifie, tant à droite qu’à gauche. Il n’est d’ailleurs pas impossible que le gouvernement y trouve, voire y cherche, un certain « réconfort » politique en ces temps d’impopularité record… Qu’en est-il vraiment ?

Nul doute non plus que ce double constat ne repose sur des faits peu contestables : rareté extrême des Français aux postes clefs tant au Parlement qu’à la Commission, présidence allemande du Parlement, forte présence des  Allemands à la tête des cabinets de commissaires ; poids renforcé des pays d’Europe centrale et orientale, supposés « amis de Berlin ». A quoi surtout s’ajoutent bien sûr la BCE à Francfort et les règles d’équilibre budgétaire qui tiennent tant à cœur à nos voisins et que nous redoutons tant.

A partir de quoi les opinions divergent : effet inexorable d’un déclin français ? Ou simple capitulation de nos gouvernants ? Volonté de puissance de l’Allemagne, souhaitant imposer ses règles voire sa « pensée » ? Ou effet logique d’une puissance économique sans égale et sans rivale en Europe?

On souhaiterait ici relever d’abord le vocabulaire militaire utilisé et que l’on vient de reproduire (« puissance », positions « domination ») qui montre à quel point l’imaginaire collectif  français est encore imprégné de notre passé guerrier, malgré des décennies d’amitié « franco-allemande » chantée sur tous les tons.

On soulignera ensuite les contradictions internes de l’argumentation. Déplorer tout d’abord le recul de « l’Europe à la française », en évoquant simultanément les deux figures de Monnet et de de Gaulle se heurte à une considération majeure : le Général pensait très exactement le contraire de Monnet en matière européenne. Pour de Gaulle, l’Europe ne devait être qu’une « France en grand », dont Paris demeurerait le moteur central et l’inspirateur sans partage. Pour Monnet, l’Europe n’était française que par le cartésianisme de sa construction, si prégnant dans la CECA ; pour le reste, la souveraineté de la « grande nation » était bel et bien dans son esprit, proche des conceptions américaines, promise à de fondre dans une ensemble supranational. S’affliger dès lors du « déclin de notre influence », c’est s’inscrire dans l’héritage nationaliste gaulliste, tout à fait respectable chez nous, mais dont on peut difficilement exiger de nos partenaires qu’il le partage ! La racine du grand malentendu entre la France et ses partenaires réside bel et bien là : au nom de quoi nos 27 partenaires devraient ils adhérer à nos propres intérêts et conceptions ? Et au nom de quoi, si nous sommes nous-même animés par une volonté hégémonique, serions-nous en droit de critiquer une telle aspiration (supposée) chez les autres ?

Mais justement une telle volonté de puissance (Wille zur Macht, comme disait Nietzsche !) est-elle vraiment ce qui caractérise l’attitude allemande, qui plierait l’Europe à ses règles et à ses doctrines? C’est oublier des faits têtus et récents: L’Allemagne était défavorable au sauvetage de la Grèce, au MES, à la diminution et à la monétarisation partielle des dettes publiques, à l’activisme de la BCE etc…Simples anecdoctes ? Elles invitent au passage à réviser une version trop noire du déclin français : car sur tous ces points c’est bien… la France qui a été suivie ! Dater le recul français d’une vingtaine d’années c’est donc aller vite en besogne : tous les observateurs de « Bruxelles» savent combien Nicolas Sarkozy y était écouté (non pas aimé !) naguère…Et même sous la présidence actuelle, la France a pu pousser des feux efficaces en matière d’union bancaire et de renforcement des investissements. Mais voilà : la panne actuelle de tout grand dessein européen venu de Paris et porté avec l’Allemagne, la concentration de nos efforts sur la nomination « intuitu personae » d’un Commissaire à un poste important, ont déçu nos partenaires qui attendaient plus et mieux d’un pays fondateur et si longtemps inspirateur !

Quant à exiger de la France qu’elle respecte sa signature dix fois répétée en matière budgétaire, est-ce vraiment lui faire insulte ? Est-ce s’en prendre à sa « grandeur » ? Et en quoi l’observation des règles communes et l’acceptation des responsabilités partagées sont-ils synonymes d’un « diktat » allemand ? A moins que l’on entende par « exception française », la liberté de rompre, à volonté, nos engagements et de déroger, quand bon nous semble, au régime qui s’applique à tous?

C’est peut-être bien ce qui se produit actuellement dans une Europe à 28 : la fin d’une certaine « exception française », trop souvent  comprise par nous comme un « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! »

Et c’est peut-être aussi la fin d’une certaine « exception allemande », comprise inversement comme l’abaissement obligé de notre grand voisin, « géant politique et nain économique », selon la formule consacrée et désormais périmée.

Un peu de perspective historique montre que le grand retour de l’Allemagne est parfaitement logique et ne doit rien à une quelconque prétention nationaliste. Le trois déterminants de sa faiblesse politique antérieure sont en effet révolus : fin de la division du pays ; réouverture de son vaste « hinterland » d’Europe orientale ; et éloignement dans les brumes de l’histoire d’un passé nazi que les dirigeants actuels n’ont jamais connu, de même que la quasi-totalité de la population d’outre Rhin.

Au lieu de domination allemande et d’effacement français, parlons donc plutôt de « rééquilibrage naturel » de l’Europe. Et un rééquilibrage salutaire car on ne construit pas durablement sur le fantasme de la puissance et la peur du déclin.

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • dughera

    bonjour

    franchement je ne me retrouve dans aucune de ces analyses . peu m’importe que ce soit la France gaullienne ou l’Allemagne au marché libéral qui soit la tete de pont de l’europe . ce qui m’importe c’est ce qu’est devenue cette europe sous l’effet de politiques économiques qui vont dans le mur. un grand marché pour les multinationales . ce n’était aps le reve de jean monnet

    • Ed

      Tout à fait d’accord avec toi Dughera.
      Je ne vois pas comment à 28 Etats membres on peut espérer que tous les commissaires parle français. Le commissaire français parle-t-il polonais , slovène, bulgare, suédois, espagnol, grec …?
      C’est ridicule. Si on veut sortir des petites guerres entre nations il faudrait s’intéresser sérieusement à l’adoption comme langue commune ( pas unique évidemment, ce serait aussi ridicule et contraire à la devise « unité et diversité ») d’une langue neutre ( l’anglais ne peut prétendre à cette position, surtout si on tient compte du rôle globalement négatif que joue le Royaume-uni dans la construction européenne depuis son adhésion).
      Il est temps de comprendre qu’on ne peut pas vouloir que l’Europe soit la réincarnation de la France en plus grand, parlant français , pensant à la mode de nos dirigeants français formatés etc …
      Etre européen c’est sortir de sa coquille nationale.

  • FARGUES

    Les deux articles ci-dessus sont intéressants, mais ils ne renvoient pas à une des sources de la situation actuelle « prédominance allemande versus déclin de la France » au sein de l’UE, à savoir l’absence d’ambition européenne chez les politiques français de droite comme de gauche depuis des années. En trente années, voire plus, les partis ont-ils envoyés leurs meilleurs spécialistes, leur politiciens les plus charismatiques, des hommes et des femmes ayant une « vision » du rève européen à Bruxelles ou à Strasbourg? Avons-nous investi les administrations européennes à tous les échelons, comme ont pu le faire d’autres pays (dont les britanniques!). Bref, le monde politique français est resté dans son cocon hexagonal bercé par l’illusion que le passé des pionniers continuerait à maintenir notre place de leader donneur de leçons. Le constat est rude, mais il n’est que le reflet de la petitesse de vue d’une classe politique égocentrée et d’une opinion publique refusant d’admettre qu’à l’échelle du globe notre avenir se joue au niveau de l’Europe et que tout le reste n’est pas seulement accessoire mais sans issue.

  • Pattee

    Bien d’accord qu’ii n’est pas possible de construire une Europe solide et démocratique sans en appliquer les règles nous-mêmes et sans renoncer à nos prétendues « exceptions ». Elle sera durable si chaque pays constate qu’il y participe réellement et efficacement. L’épopée napoléonienne est passée. J’ai même des réticences sur le leadership franco-allemand tant proclamé chez nous. Qu’en pensent les 26 autres pays : n’auraient-ils qu’à suivre ?

  • Jacques ERNEST

    Je suis quand même obligé de reconnaître, moi qui ai voté pour lui, que la Présidence Hollande a complètement lâché le dialogue efficace avec l’Allemagne, tel qu’il a pu exister à l’époque des ‘couples’ Giscard/Schmidt,Mitterrand/Kohl, ou même Chirac/Schröder.
    Le dernier exemple de ce « divorce » est bien l’abandon sans aucune explication valable, de toute solution franco-allemande à la catastrophe industrielle d’Alstom : aucune discussion sérieuse avec Siemens, et on laisse un élément central de notre économie, l’électricité, aux mains de l’Américain General Electric, pour, au passage, le plus grand profit de l’actionnaire…M. Bouygues !
    Je souhaiterais vivement une explication de Sauvons l’Europe su le sujet.

    • PORTERET

      désolée la situation vient des patrons français du CAC40 qui donnent aux allemands ce qui survit de notre industrie !! nous avons des syndicats minables (car pas de syndiqués !) mais aussi des patrons idem (leur carrière personnel tout d’abord) –
      L’Europe des peuples aurait du se faire avant la chute du mur de BERLIN ! et maintenant les ETATS UNIS est leur marché vont finir de nous achever !
      une Europe Fédéraliste !!!!!

  • EU lover

    La France a perdu son influence ? Encore une fois, c’est la faute de l’autre, dans ce cas l’Allemagne !

    Je me rends compte avec retard que le rêve européen vu depuis la France n’était en fait qu’un rêve hégémonique français : dès lors que la France recule, l’Europe est responsable de tous nos maux.

    J’en ai honte au point de préférer être Européen-Allemand que Franco-Français.

  • Cette construction artificielle et antinomique avec la volonté des peuples vivant en Europe (cf référendum en France de 2005) a conduit à l’abandon de la souveraineté des pays intégrés dans un ensemble hétéroclite aux interets nationaux divergents. Ne parlons pas de J. Monnet qui était un agent américain . F Miterrand s’est trompé en toute bonne foi et nous avons, nous, Français , financé la réunification allemande. C’était le deal pour plus de guerre. Les peuples vivent sous la dictature des marchés qui est une dictature pas moins oppressive que les autres. Les dirigeants des pays européens ne font qu’appliquer les ordres et la feuille de route des multinationales contre les états et les peuples qu’ils sont censés protéger . Je pense que ce cauchemar se terminera bientôt . L’Allemagne a un plan de sortie de l’€ depuis 2011 et il semble que les marks déjà imprimés n’attendent que l’occasion de sortir. La Hongrie veut sortir, espérons , il est question de l’Italie, espérons que Renzi sera suffisamment patriote pour faire. Restera hollande, malheureusement , il parle et agit au nom « de la France » avec qq sous-fifres. Pour le moment, tout le monde gagne du temps.

  • C’est intéressant car le constat est désormais partagé à gauche comme à droite: la domination de l’Allemagne sur l’Europe risque de nuire au projet européen. Je suis personnellement convaincue que l’Allemagne aurait un grand intérêt à ne pas laisser l’Europe devenir allemande. Le consensus européen post-Seconde Guerre Mondiale serait brisé. Je constate avec inquiétude que la France, et son président actuel, ont quasiment déjà acté ce nouveau déséquilibre. Il faudra dire aux responsables politiques français que, plutôt que d’essayer de justifier les ratages de la politique économique, ce serait quand même drôlement bien d’ésquisser un nouveau projet politique et économique pour l’Europe – beaucoup de gens attendent la France sur ce sujet!

  • Marc Roisin

    Fargues a tout à fait raison.

    Nous ferions bien de sortir de l’hexagone et voir ce qui se passe à l’extérieur.

    Je rêve d’une Europe où on partage une stratégie commune dans la politique extérieur, de la défense, sociale, de l’énergie, des télécom… et que nous pesions sur ce monde comme on le faisait jusqu’au milieu du 20ème siècle. Je rêve que toutes les personnes puissent s’installer n’importe où en Europe…

    L’Allemagne n’est pas crédible sur le plan international, tout comme l’Angleterre, la France. Qu’elle est notre pouvoir de négociation vis à vis des grands pays comme USA, Chine, Russie…

    L’Europe n’est pas allemande parce que l’Allemagne n’a pas de vision européenne.

    Cette article est une vision à court terme montrant les influences internes des allemands dans la politique européenne. Cela ne va pas renforcer l’adhésion des européens dans cette Europe.

  • Mais de quelle « stratégie commune » pouvons-nous parler ? L’adoption du Traité Transatlantique contre la volonté populaire , par exemple ? La recolonisation de l’Afrique par la signature de traités commerciaux infâmes ? A nous leurs sous-sols bien riches, à eux nos produits exportés qui vont détruire leur agriculture et les plonger dans une misère exponentielle ? Une politique étrangère commune ? Laquelle ? Les interets de la France divergent totalement de la politique étrangère de l’UE. Nous avons intérêt à soutenir des relations apaisées et constructives avec la Russie et nous voici en guerre avec la Russie. Le peuple français se fiche royalement de la chute inévitable du $ que toute l’Europe soutient et entre autre hollande contre toutes les velléités d’indépendance des Brics par exemple. Là, la stratégie est commune, c’est vrai. Nous n’avons pas vocation à renverser le gouvernement Syrien, là , l’Europe est bq plus prudente mais hollande se jette dans cette guerre aux côtés des USA, il vous l’a dit lui-même « dans le poste »souvenez-vous : »nous avons eu ce choix terrible entre un dictateur et un groupe terroriste… » 1- qui est « nous »? 2- heureusement que l’Allemagne regarde ça de loin. L’Ukraine, la position de l’UE est commune, c’est vrai. C.-à-d que l’UE est entrée dans la guerre économique des USA qui veulent un monde unipolaire sous leur domination. C’est glorieux de soutenir des nazis ? Souvenez-vous, seconde guerre mondiale, les soldats boches voient ce que font les nazis ukrainiens, ils vomissent leurs tripes et refusent de rester à leurs côtés. Étant donné ce que faisaient les nazis boches, qu’est-ce que ça devait être !!! Ça doit être dans leurs gènes comme pour les allemands et position commune, vive Pravy Sector, vive Svoboda!!! Vive les ukrainiens de l’Est bombardés sans relâche , gazés, brulés vifs (Mauson des Syndicats ). Pensez-vous réellement que les peuples européens adhèrent à ce type d’union politique ? Personnellement , j’ai quelques doutes. Sans compter Mr Junker, grand initiateur de fraude sous l’Eternel et qui est bombardé Prez de la Commission. Mais comme l’a dit Mr Fillon, tous ceux qui ont mis un bulletin dans l’urne aux Européennes savaient très bien qu’ils votaient Junker. Ça vous apprendra à voter. (Je pense qu’il ne parlait que pour PS et UMP puisque les accords entre les 2 partis prévoyaient Junker, toujours « je te passe le séné , tu me passes la rhubarbe « ).
    Alors quelle union ? Pour aboutir à quoi ?

  • 3% de déficit, c’est ça le rêve européen ?
    Comment peut-on croire un seul instant que les citoyens d’Europe rêvent de cette Europe-là ?
    Nous nous sommes déjà faits avoir avec le « rêve americain », beaucoup plus « glamour » pourtant, mais qui s’est effondré avec la crise des « subprimes »
    Pourtant, nous laissons l’Europe aux mains de financiers, anciens de Goldmann Sachs… pas étonnant que tout le monde s’en détourne attirés par les sirènes populistes.

    Nous ne voulons ni d’une Europe allemande, ni d’une Europe française, ni d’une Euramérique, nous voulons une Europe européenne, indépendante, citoyenne et solidaire. C’est à nous, citoyens d’Europe, de la construire.

    Où est notre vision de l’Europe ?

  • Cessons de grâce de supputer, de regretter, de nous inquiéter : pour SAUVER L’EUROPE, même et surtout parce qu’elle est vieille – comme dit un fameux François sur le point de visiter ses deux assemblées parlementaires à Strasbourg, il s’agit bien d’éLARGir nos VUES selon son nom trois fois millénaire d’EUR-OPE, qui n’a pas fini de devenir le nôtre, ni de nous porter autant que nous le portons !

    Regardons ARTE, recourons et contribuons à l' »Eurojournalist(e) »[eurojournalist.eu ], travaillons à faire de nos régions d’Europe d’autres tissus conjonctifs capables de changer, par leurs infinies et fines jointures, le patchwork historico-linguistico-politique de notre continent en un corps attentif, actif, créatif, enfin vivant, mieux : qui soit en pleine possession de ses moyens, car conscient de ses valeurs et de ses fins… Bref – et si possible sans emphase, dans cet espace à la fois surprenant et familier mettons-nous en phase avec une confiance audacieuse.

  • Le problème , c’est justement « les valeurs « … Qui rejette l’Europe ? C’est le rejet de l’UE qui est patent et flagrant. Éthique et Démocratie portées par l’UE sont étiques . Faites un référendum simultané dans tous les pays de l’UE, pour ou contre. Vous verrez le résultat . Mais surtout pas, non ? Et peut importerait, comme en 2005, il se trouvera des élus pour voter le contraire entre eux.

  • Marc DUMAS

    L’Europe ne pourra naitre que d’une grande mutation des esprits – à commencer par nos politiques français – tous marqués du péché originel de notre hyper-centralisme et nos structures territoriales qui nous inondent d’élus d’un mille feuilles paralysant. Les cultures fédéralistes historiques de l’Allemagne n’explique pas tout à elles-seules le fait qu’elle y réussit à être le meilleur élève…mais en partie . L’Europe sera FEDERALE sans arrière pensées ou regrets nationalistes ou NE SERA PAS. Avant l’Euro , il eut fallut penser une organisation territoriale harmonisée en tenant compte par exemple combien de français
    travaillent déjà de l’autre côté du Rhin….Puis harmoniser nos lois fiscales
    et commencer à bâtir une armée européenne dans le cadre d’un bilinguisme voir d’un trilinguisme et dans ce domaine de la maitrise des langues… c’est sans commentaire sur le retard français !
    Utopie tout cela…alors acceptons notre déclin dans nos frontières car les utopistes d’aujourd’hui sont toujours les réalistes de demain.
    Et VIVE L’EUROPE FEDERALE des Régions transfrontalières !

  • Il me semble que la réflexion est surtout bâti sur des analyses tactiques, et tout spécialement sur les positionnements économiques, comme très souvent dans la littérature.
    Je crois que nous manquons, en France en particulier, de prospective stratégique sur le type de société, que postulent les uns et les autres si tant est que dans le court terme économique et financier il existe des analyses politiques dans ce sens.
    Il est vrai qu’il n’est pas complètement évident de repérer le projet français dans l’Europe et ce ne sont pas les élections européennes de cette année qui ont pu rassurer.
    Au-delà, comment l’Europe se projette-t-elle dans le monde global entre USA, Chine et BRIC et dans les ensembles géopolitiques en tension ?par rapport aux flux migratoires qui se dirigent vers l’ensemble communautaire?
    La France est fortement interventionniste sur son terrain d’influence traditionnel africain dans l’indifférence européenne. Mais en même temps ses élites ne croient plus, sans doute par une affligeante inculture, à sa capacité d’influence à travers sa langue, sa culture, ses valeurs son image.
    Pour les relations avec la frontière à l’est doiventt-elles se contenter de suivre une stratégie américaine qui semble dupliquer l’ambiance de la guerre froide, mais se retourne contre l’ensemble européen.
    Comment entend-on organiser une unification du marché assurant l’équité entre les différentes zones géographiques de l’espace européen, un équilibrage entre les zones de production de biens et de richesses plutôt qu’une spécialisation qui comptabilise gagnants et perdants. Ce qui implique un partage des savoirs faire, des investissements en R&D.
    Quels projets pour que la communauté tienne les promesses initiales et fondatrices de bien-être auprès des citoyens européens. Il s’agit probablement du levier décisif pour créer une adhésion à un projet senti comme essentiellement technocratique et élaboré par dessus la tête de la démocratie nationale; les taux de sous emploi, de pauvreté, de misère, la pression sur les salaires comme remède à la crise financière atteignent des niveaux incompatibles avec une adhésion politique. Ils alimentent la peur qui inspire le rejet.
    Cette question, aujourd’hui sans intérêt pour la pensée libérale dominante contient donc les poisons de la dissolution : voir le succès des partis anti Europe, mais aussi de conflits locaux dans la Mittle Europa, voir les revendications nationalistes manipulées comme des exutoires profitables politiquement.Cette dérive prend d’autant plus de force que l’horizon d’ensemble est soit illisible, soit hors sujet pour l’égoïsme anti État des libéraux radicaux.

    • Le souci, c’est que le nationalisme n’est pas « une dérive « .
      Pour le reste, le problème n’est pas qu’économique . Nous vivons une UE (pas Europe) façonnée par un et des agents CIA (aucun complotisme-là, c’est avéré et acté). Je n’ai pas vu le moindre procès contre ceux qui disent pour Monnet (dont Antenne 2 et etc…).
      On aurait bien ri…
      Donc, cette UE et l’€ sont une construction US
      Les corrollaires sont Delors et autres …
      On a les preuves de leur action et des « copier/coller » de leurs « pensée « …
      Ça , c’est sur le plan Economique parce que la guerre est économique , mais quand vous adoubez des gourous qui sautent en l’air comme des cabris « viva Europa  » ne vous attendez pas à autre chose.
      Mais pour remporter la guerre économique , on s’assoit sur l’éthique ou pas.
      Moi, je ne touche rien, ni de la Russie, ni de Poutine, ni d’El Assad, je suis libre. Et libre de dire : la guerre US n’est pas « ma » guerre.
      Je ne finance, ni entraîne ni arme aucun terroriste (non, j’ai tort, le gluant Marshmallow le fait en mon nom comme en votre nom « la France ») . Nous allons avoir un très gros problème avec votre UE, pas avec l’Europe. Et je ne sais si le résultat sera pacifique mais j’en doute fort.
      Apprenez déjà à être Francais.
      Si vous ne savez ou si les puissances étrangères opposées à notre intérêt national vous parlent plus, libre à vous et dites-le clairement.
      Quoique ce que vous avez écrit etait clair, me trompai-je ?
      On est plus dans l’à peu près

      • gerard vernier

        Non, le vrai souci est que le « nationalisme » tel que vous le concevez est une dérive… mais pas le patriotisme !

  • MORGANE

    Bonjour
    La plus part de ceux qui se disent prêteurs sont tous des faux je suis a la recherche de prêt ça fait 2 ans . Moi j’ai visité un site d’annonce de prêt entre particulier sérieux partout dans le monde et j’ai connu un monsieur formidable, du nom de Mr Jean.pierre Martel de nationalité Canadien habitant en France qui aide toute personne: habitant la France, Allemagne, Belgique, Angleterre , Pays-bas, Espagne etc…. , l’Allemagne et autres en leur faisant des prêts et qui m’a accordé un prêt de 390.000 euros avec un très faible intérêt de sa part soit 2% sur toute ma durée de prêt et là dans les 72h, j’ai reçu l’argent sur mon compte sans protocole. Besoin de crédit personnel ,vos banques refusent de vous accordez de prêt,vous êtes interdit bancaire et autres, adresser à lui et vous serez satisfait mais attention à vous qui n’aimez pas rembourser les prêts.

    Voici son e-mail: jean.pierre_martel@hotmail.fr

  • vallon

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