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L’Europe contre les populismes

«Populisme ou Europe», voilà le choix majeur que trancheront les citoyens européens lors de chacune de leurs consultations nationales, scrutin après scrutin, d’ici la fin de la décennie.

Face au défi majeur de la globalisation et de la digitalisation du monde, face aux dérèglements financiers et climatiques, face aux peurs et aux fanatismes, nos démocraties vont redéfinir par leur vote le degré d’ouverture ou de fermeture de nos nations et de notre continent. Soit l’Europe contre les populismes.

Dans ce contexte, le choix de la France et des français sera déterminant. Depuis un siècle, se sont succédées les tentatives sincères d’Aristide Briand pour éviter la guerre, les intuitions novatrices de Robert Schuman et Jean Monnet, la geste gaullienne de la réconciliation vis à vis de l’Allemagne. Jusqu’au testament de François Mitterrand « Le nationalisme c’est la guerre »…

A la sortie du désastre de 39-45, les européens choisissent d’explorer une voie non meurtrière de vie commune autour d’un nouvel Esprit européen. Ils inventent de nouvelles formes de solidarité et mettent en place une série de sécurités collectives contre la vieillesse, le chômage, la maladie, la dictature et la guerre. Fondatrices de l’après-guerre, indissociables, ces solidarités constituent le coeur battant de ce nouvel Esprit européen. Avec 9 mai 50, s’articule un projet de société à l’échelle d’un continent qui substitue aux dieux de la guerre et des frontières, un nouveau mode de vivre ensemble autour du triptyque « Solidarité, Liberté, Europe ».

A ce triptyque, s’oppose la triste alternative: « Protection-Prédation-Populisme ». L’Histoire rappelle que le besoin humain de protection et de bien être peut aussi s’incarner dans un élan vital de prédation : nation contre nation, groupes contre groupe. Nous connaissons le coût tragique des promesses électorales du parti nazi à ses électeurs…

Longtemps, tant que la construction européenne a été perçue comme consolidant l’Esprit Européen et le renouveau des valeurs de l’après guerre, elle a bénéficié d’un soutien réel et constant des peuples. Ce n’est que lorsque le projet européen a divergé de cette promesse implicite pour se faire le complice facile d’une vague de mondialisation et de libéralisation à sens unique, que les populismes se sont à nouveau invités à la table de l’histoire. Aujourd’hui, le triptyque Protection, Prédation, Populisme se nourrit de l’immobilisme des acquis et de l’incapacité d’une génération politique à transcender le dilemme entre la légitimité nationale et l’efficacité de l’action commune européenne.

Voici donc venu le temps d’adresser frontalement la menace populiste par une réponse politique qui présente l’UE comme le garant visible et direct auprès des citoyens des solidarités issues de l’Histoire européenne, soit le cœur de l’Esprit Européen : la sécurité par la solidarité; la démocratie par les classes moyennes, la liberté par le droit.

Face aux populismes, l’esprit européen doit plus que jamais retrouver son élan et sa fécondité. Il est la seule force jamais opposée avec succès à la montée de nos violences collectives. Il est notre meilleure arme pour faire face à la part d’ombre de notre continent.

 

 

Arthur ColinArthur Colin – @ArthurColin

henri lastenouseHenri Lastenouse

Article initialement publié dans Ouest France du 15 avril 2015

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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