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L’Europe va t-elle se débloquer ?

Lorsqu’on réfléchit à propos de l’Europe, qu’on en parle ou qu’on milite pour elle, un impératif doit être respecté : ne pas le faire au travers d’une vision trop nationale des choses.

Pourtant, « Sauvons l’Europe » est née en France en réaction au choc du non au referendum du 29 mai 2005, et rassemble pour l’essentiel ceux qui ont voté oui et qui croient dans la construction progressive d’une Europe plus efficace et plus harmonieuse. Les clivages traditionnels gauche – droite doivent donc y être mis en veilleuse au profit d’actions menées en commun dans cet objectif, même si les signataires de la Charte du Mouvement sont très largement à gauche ou au centre gauche, et rarement à droite.

C’est pourquoi il faut bien dire, même si cela ne fait pas plaisir à la majorité des adhérents, qu’entre la position dangereuse et très idéologique d’une Ségolène Royal affichant sa volonté de renégocier un Traité complet d’ici à 2009, avec nouvelle consultation par referendum des citoyens français, et celle de Nicolas Sarkozy essayant de négocier tout de suite un mini-traité sur les points faisant consensus, avec ratification parlementaire, mon choix est fait : c’est Sarkozy qui a raison, et il faut oublier nos querelles franco-françaises au nom de l’efficacité pour faire avancer l’Europe. Et peu importe s’il coupe l’herbe sous le pied de ceux qui, à gauche, prônaient la même chose, c’est bien l’aspect concret des propositions qui compte.

Certains diront que c’est inacceptable, au nom du respect de la démocratie, et du respect de la volonté des citoyens qui ont dit non. Ceux là se trompent au moins sur trois plans :

1/ le non exprimé en 2005 portait sur le texte touffu du Traité Constitutionnel, et non sur la poursuite de la construction de l’Europe. S’il y a un autre texte, la référence au non de 2005 n’a plus lieu d’être.

2/ il ne faut pas assimiler démocratie et utilisation de la voie référendaire. Nous avons, ou nous allons avoir, des représentants élus au Parlement, sur un programme incluant explicitement, à droite, à gauche et au Centre, la poursuite de la construction européenne. Sauf à refuser la démocratie représentative, il n’y a aucune raison de contester l’utilisation du Parlement pour approuver un texte de ce genre : si on va voter le 10 juin pour élire son député, on accepte ce principe, sinon on ne va pas voter.

3/ enfin, on ne redira jamais assez que le non de 2005 était composite et associait dans une même réponse ceux qui ne voulaient pas du tout de l’Europe et ceux qui, au contraire, voulaient aller beaucoup plus loin que ce que le Traité leur proposait. Ces derniers n’ont donc pas le monopole du non politiquement (ou moralement) correct.

La situation aujourd’hui est la suivante : depuis les non français et néerlandais du 29 mai 2005, rien de visible n’a été entrepris, en France ni par les opposants au Traité ni par les pouvoirs publics, en Europe ni par les institutions européennes ni par les pays ayant déjà approuvé le texte. C’est l’immobilisme total.

C’est pourquoi l’activité déployée par notre nouveau président dès le jour de son investiture est porteuse de possibilités : en agissant ainsi sans tarder, en faisant de la construction européenne sa priorité affichée au travers d’un projet concret et réaliste, en rupture avec l’immobilisme voire le désintérêt de Chirac sur la question, il tranche avec la situation où s’était enlisée l’Europe depuis deux ans et rend possible la reprise d’un processus qui aurait été peu crédible auparavant.

Portons cela à son crédit, et voyons comment les choses évolueront après l’élection en France d’une nouvelle chambre, qui, seule, pourra concrétiser ce qui n’est malgré tout, pour l’instant, qu’un espoir d’avancée.

Jean-Jacques Vollmer

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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