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L’Ukraine un désir d’Europe

Entretien entre:

Henri Lastenouse, secrétaire général de Sauvons l’Europe
et
Bernard Marchadier, linguiste, spécialiste des langues slaves.
Auteur de la pétition www.euromaidan.wesign.it/fr et co-auteur de l’article paru dans le Monde « l’Ukraine est Européenne »

 

Que veulent les Ukrainiens ?

Les Ukrainiens ont « un désir d’Europe », c’est à dire d’un Etat de droit qui ne soit pas corrompu. Contrairement à leurs voisins russes, les Ukrainiens ne sont pas fatalistes en matière de corruption…ils ne trouvent pas cela normal ! Le refus de signer l’accord d’association a comme sonné le glas de cet espoir d’Etat de Droit.

Sommes nous confrontés à un nouveau Sarajevo, à un conflit de mémoires historiques concurrentes ?

L’Ukraine et ses élites ont toujours eu leur place dans le système politique européen. C’est déjà le cas de la « Russie kiévienne » du Moyen-âge qui tisse des liens avec l’Europe notamment au travers du mariage « français » de Anne de Kiev.

C’est surtout le cas pendant plus de 3 siècles, quand Kiev et le territoire ukrainien sont une des composantes de la couronne de Pologne/Lituanie. C’est d’ailleurs un souverain lituanien qui libère Kiev des Mongols au 14e siècle et les élites ukrainiennes siègent à la Diète polonaise pendant trois siècles.

D’ailleurs l’émergence d’une Eglise uniate sur les territoires des actuelles Biélorussie et Ukraine sera un autre exemple de cette double identité . Le Métropolite de Kiev s’installera, lui, à Moscou au 14e siècle pour devenir le Métropolite de »Kiev et de toutes les Russies».

Une identité spécifique se construira autour des princes de Moscou qui se voudront les héritiers de Kiev et puis de Byzance.

Donc une pluralité de « culture russe » ?

C’est parce que l’Ukraine était un monde européen de langue russe (les deux langues, le russe et l’ukrainien, ne furent fixées distinctement qu’à partir du XVIIIe siècle) que la Moscovie vint y chercher les premiers fruits de la nécessaire Europe qui ne pouvaient pas venir sur son terrain : les traductions slavonnes des classiques grecs et latins, l’imprimerie, l’école, la musique, etc.

 Que pensez vous de la mobilisation actuelle sur la question Ukrainienne ?

D’abord, localement, j’ai été frappé par l’absence quasi complète de partis de gauche, alors qu’existent toutes les déclinaisons possibles de partis conservateurs, nationalistes, patriotiques etc….

Ensuite, je suis quand même frappé, ici en France, par la fascination de beaucoup, notamment à droite, pour les « régimes bottés » à la Poutine. J’y ai retrouvé les traces de cette idée prégnante de la culture russe : « la liberté est synonyme de licence ». D’où, cette idée de Constantin Léontiev, penseur du XIXe siècle: « le mieux à faire pour la Russie, c’est de la congeler » !

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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