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ROMARIC OLLO HIEN / AFP
ROMARIC OLLO HIEN / AFP

L’Union Européenne et le Mali

La crise politique, humanitaire et sécuritaire que traverse le Mali engendre une situation inacceptable pour le pays et fait peser une grave menace sur la région et sur l’Europe.

Mais que fait l’Union européenne ? Tentons de donner quelques réponses à cette question :

La situation :

Le Mali est coupé en deux avec au Nord l’apparition de bases contrôlées par des groupes terroristes nationaux et internationaux et au Sud, un processus de transition fragile.

Depuis le déclenchement des combats au début de l’année 2012 dans le Nord du Mali, les violences ont contraint environ 400.000 maliens à fuir leur pauvre foyer tout en aggravant considérablement la crise alimentaire qui affecte plus de 18 millions de personnes à travers l’ensemble de la région sur les douze derniers mois.

L’emprise des terroristes, djihadistes et trafiquants de toutes sortes ne cesse de se renforcer, avec comme conséquence la mise en place d’une zone terroriste, le développement de l’économie criminelle, les violations des droits de la personne, autant d’aspects qui rendent la population de plus en plus vulnérable et entraînent un risque de déstabilisation dans toute la région du Sahel.

Cette situation dégradée renforce la menace qui pèse sur la sécurité des citoyens de l’Union européenne, dans la région du Sahel mais aussi plus largement – voir les graves évènements qui se sont déroulés en Algérie –

Les intérêts stratégiques de l’Union européenne sont fragilisés, y compris la sécurité de l’approvisionnement en énergie, la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de drogue.

L’aide de L’Union européenne :

Les autorités maliennes ont demandé l’aide de l’Union européenne. La France en concertation avec ses partenaires européens, un peu trop timides, à immédiatement réagi dans l’urgence et à juste titre. Dès le 13 janvier, une mission de la « Politique de Sécurité et Défense Commune »- PSDC – a été mise en place visant à restaurer l’autorité de l’Etat dans tout le Mali et tenter d’apporter une solution durable à la crise actuelle.

Il s’agit, en lien avec les populations et les autorités maliennes, de :

 – Rétablir l’ordre constitutionnel et démocratique au Mali,

– De restaurer l’autorité de l’Etat dans l’ensemble du pays et de réconcilier les communautés dans le respect de l’Etat de droit et des droits de la personne humaine,

– De neutraliser la criminalité organisée et la menace terroriste.

 La mission de l’Union européenne ne participera pas à des opérations de combats. Elle sera utilisée pour répondre aux besoins opérationnels de l’armée malienne en fournissant ;

 – La formation des unités des forces armées malienne,

– Des formations et des conseils en ce qui concerne le commandement et le contrôle, la chaîne logistique et les ressources humaines,

– Accroître le domaine du droit humanitaire international, assurer la protection des civils et veiller au respect des droits des femmes et des hommes.

Approche globale :

Depuis mars 2011, l’Union européenne a adopté une approche globale face à la crise qui concerne toute la région du Sahel.

C’est dans ce cadre que l’Union européenne a affecté 600 millions d’euro à la région du Sahel. En complément elle a mobilisé des ressources financières supplémentaires en faveur de projets liés au développement et à la sécurité pour un montant de 167 millions d’euro

 Mission de formation :

Ce 17 janvier le Conseil de l’Union européenne, sur proposition de la Commission européenne, a instauré une mission relevant toujours de la Politique de Sécurité et de Défense Commune – PSDC – qui vise à appuyer la formation et la réorganisation des forces armées maliennes.

Cette mission de formation de l’Union européenne au Mali a pour objectif de contribuer à améliorer les capacités militaires des forces armées maliennes afin de permettre, sous autorité civile, le rétablissement de l’intégrité du territoire du pays.

Le Conseil de l’Union européenne a nommé le général de brigade français François Lecointre au poste de Commandant de la mission. Une estimation de 12,3 millions d’euro a été fixée pour la durée de son mandat qui est de quinze mois.

Entre les missions civiles et celles militaires engagées par l’Union européenne, il s’agit de 26 pôle d’aides humanitaires et/ou militaires déployés en Afrique, en lien avec les bureaux des délégations de représentation de l’Union européenne, présents sur le terrain.

La situation est bien sûr suivie de près. L’Union européenne est engagée auprès des populations de ces pays en guerre contre le fanatisme organisé

L’objectif premier fixé à la construction européenne dès ses premiers pas: Garantir la Paix.

C’est aussi ce que nous voulons pour le reste du monde !!

 

Jean-Pierre Bobichon

Ancien fonctionnaire européen

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Il na faut pas avoir de complexe. Il faut admettre que l’UE, et pas seulement la France, possèdent un intérêt stratégique à défendre l’accès aux ressources minières actuelles et potentielles de l’ensemble du Sahel. Les USA et la Chine ne s’en cachent pas.
    Ce qu’il faudrait serait mieux associer les populations locales aux exploitations de ces ressources. ..pas seulement en pourboires aux gouvernements

    • Sauvons l’Europe

      Nous allons évoquer cette question la semaine prochaine à propos du Congo

  • DREVET Jean-François

    On a dit pendant des années aux Maliens de ne pas trop dépenser pour leur armée, alors que les pays du Golfe financent sans vergogne des groupements soi-disant religieux qui font en réalité du narco-terrorisme. Il était inévitable que ce déséquilibre finisse par apparaître au grand jour.
    La chute de Kadhafi a fourni à ces groupements les armes nécessaires (mais qui donc les a vendues à la Libye?). Maintenant, seule un force armée immédiatement opérationnelle, comme la France et le Royaume-Uni sont actuellement seuls à en posséder, peut venir à bout du problème.
    Un élément très inquiétant, c’est l’absence du battle group européen: comment le mobiliser, si les Etats membres ne sont pas d’accord sur l’opportunité d’une intervention? ça sert à quoi de le constituer s’il n’est pas mobilisable pour des opérations de cette nature, qui sont nécessaires à la sécurité de l’Europe dans son ensemble?

  • Christian

    D’accord avec les précédents commentaires.

    Là encore, seule une Europe fédérale peut répondre à ces questions essentielles.

    Mais où sont nos hommes d’Etat; en a-ton seulement?

  • Sauvons l’Europe

    Un article sur ce point la semaine prochaine!

  • Jox

    What is difference between you and the american neocon? No one. France wants to defend an imperialistic power in the north of Africa. Ok, I understand it. But please don’t pretend to different than Bush, when he invaded Iraq.

    Why Europe don’t support France in this occasion? Because the spectacle of the attack over Libia was so horrible, it embarrased every sensible european citizen.

  • catherine v

    this does not help much, Bush was a worldwide disaster, taking everybody as hostage to his fight against Evil. We are in a different world… but i agree we have not yet found a sustainable way to fight this indirect war and restore a durable democratic system

  • I hate war and I have always been opposed to all wars including Sarkozy’s war in Lybia. But there are circumstances in which we have no choice but war.

    One was the struggle against Nazism; no arrangement was possible with people like Hitler; no arrangement is possible either with religious fanatics who cut off children’s hands and stone women or beat them up when they refuse to wear the burka.

    As a former colonial power, France has a debt towards Mali and the Malian people it exploited for so many years. I lived in Senegal and had (& still have friends in Mali). And I am very glad that France is – at last – paying part of its debt.

    Instead of comparing Hollande with Bush, I suggest you asked the people in Mali what they think about it.

    This being said we mustn’t overlook the fact that there is a real problem with the Tuareg: they too are entitled to have their own country, or at least some form of self-government.

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