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Marianne éborgnée

La France ne lève plus qu’un oeil blasé sur le Front National. Certes, on ne souhaite pas vraiment le voir arriver au pouvoir, ce n’est le souhait que d’un tiers – un TIERS – des Français. Mais on ne fera pas grand-chose pour l’éviter. Qu' »ils » se débrouillent, comme si « ils » ce n’était pas nous tous.

Le FN a t’il tant changé depuis qu’il a cessé de mettre en vitrine les facéties du Pen Père? Même pas. On essaye de montrer un peu de retenue quand les caméras tournent, mais en arrière-boutique, là où se comptent les billets, Marine Le Pen s’entoure de préférence d’anciens néo-nazis. Et encore, « anciens » n’est ici qu’une précaution de langage. Ils ne s’expriment plus guère. Quand la candidate cherche à prendre de la hauteur et à se détacher du Front, on trouve un homme de paille pour garder la vieille maison. Ce sera Jean-François Jalkh, négationniste et admirateur de Pétain, ils n’ont pas grand chose d’autre en magasin.

Le FN a t’il fait sa mue vers un parti de gouvernement, musclé mais sérieux? Même pas. C’est le seul grand parti à n’avoir pas cherché à faire semblant de se doter d’un programme économique. La suppression de l’aide médicale aux immigrés pourvoira à tout: les dépenses sociales, le bouclage du déficit et la réinstallation des postes dans les hameaux de trois habitants. A la veille de l’élection, nous ne savons même plus s’il est question de sortir de l’Euro pour revenir au Sesterce, ou si deux monnaies circuleront en parallèle comme à Cuba. Ou si rien ne bouge. La Sortie permettra de réduire à rien le chômage, de sauver nos PME et de résorber le déficit commercial, mais ce n’est pas un préalable. En gros, foutons tous les étrangers, noirs, arabes et européens dehors. La suite se fera toute seule.

Mais il semble qu’on s’en moque mollement. Les défilés du premier mai ont rassemblé dix fois moins de monde qu’en 2002. C’était à vrai dire une affaire réservée aux syndicats divisés, qui peinent à trouver une position claire. Nous ne le disons pas ici parce que nous avons appelé à voter Macron dès le premier tour, au vu de la situation de second tour qui se profilait déjà: nous sommes scandalisés par les contorsions de ceux qui ne donnent pas de consigne de vote, ou de ceux qui refusent de prononcer un nom en appelant à ne pas déposer un bulletin FN mais en laissant le choix entre Macron, le vote blanc ou la pêche à ligne. C’est précisément dans ce genre de cas qu’on essaye d’entraîner sa base, pas de la suivre.

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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