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Pour Monica Frassoni, présidente des Verts européens, « Le Parlement Européen doit se réveiller ! »

Comment se développe le réseau des verts en Europe dans le contexte de crise actuel ?

Naturellement, je ne vais pas nier  que la crise a un impact réducteur sur le débat public. Il y a une polarisation autour de la question du « Welfare State », que les PSE défend tandis que le PPE se focalise sur les excès de dépenses publiques.

Néanmoins,  je reste persuadée que notre « Green New Deal » élaboré pour les élections européennes de 2009 est toujours pertinent. Plus que jamais d’ailleurs.

Nous avions alors proposé une plateforme d’avant-garde autour de propositions de qualité et d’une grande cohérence globale. Notamment, nous anticipions les alliances à construire autour de nos propositions sur les marchés financiers et sur une nouvelle offre énergétique . C’était du solide ! Nous sommes donc en adéquation avec les sujets politiques du moment.

En Europe, les opinions publiques demandent aujourd’hui de nouvelles offres politiques. Mais toute nouvelle offre politique -et notamment celle des Verts- reste très dépendante du système électoral en vigueur. En particulier en ce qui concerne le financement des partis et l’accès aux médias. Le succès des Verts allemands est là pour le montrer qu’une fois cette barrière franchie, il y a un bien un espace politique.

Hongrie… Roumanie… voire Grèce, comment réagissent les verts européens dans ces contextes de “démocratie fragilisée”?

Les Verts sont la famille politique ayant le moins de complexes sur ce sujet !  Nous nous sommes fait des ennemis à gauche comme au centre-droit sur cette question, car la Commission et le Parlement sont otages des amitiés politiques des uns et des autres… Donc ces crises démocratiques ont des impacts dévastateurs sur la crédibilité de l’Union. Avant tout,  nous n’en serions pas si, dès le départ, nous avions régit ferment face à Silvio Berlusconi quand il bâillonnait les médias en Italie.

L’exemple de la  Hongrie et de la Roumanie démontrent que si l’élargissement est un moteur puissant pour les réformes internes, ces réformes tendent à s’arrêter à l’entrée du nouvel état membre… Les Verts avaient été très isolés quand il s’interrogeaient sur l’agenda de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie !

De plus, ce sujet n’est abordé par Barroso qu’au travers du prisme financier (notamment les sanctions financières). Or, il s’agit bien plus d’un enjeux démocratique… versus une volonté politique de court terme à l’égard d’« amis » politiques.

 Crise de la zone Euro et gouvernance européenne, les Verts européens sont-ils pour les Etats Unis d’Europe ?

 

Les Verts ont adopté le principe d’une « Union fédérale de l’Europe » dans un document de référence adopté  à Copenhague. Une stratégie est nécessaire qui permette le changement des institutions en lien avec une nouvelle majorité politique.

 

Justement… comment battre les conservateurs aux élections européennes de 2014 ? Peut on imaginer un programme commun de gouvernement europrogressiste pour 2014 ?

Tout à fait !

Mais qu’en est-il pour le PSE ? Il existe en son sein deux lignes, l’une pour le « tout PSE » et l’autre considérant que le PSE ne suffira pas pour l’emporter en 2014 et qu’il faut construire un front progressiste. En 2009, il y avait une demande de converger vers un candidat unique pour la présidence de Commission, mais le PSE a préféré sauvegarder la présidence du Parlement.

Il faut un véritable processus. Par exemple, un projet du type de celui proposé par le député britannique Andrew Duff  (listes transnationales ) serait un élément fondamental pour débloquer la situation. 10 % des députés élus viendraient de listes transnationales proposées par les partis politiques.  Les têtes de listes choisies incarneraient naturellement  l’offre de chaque parti pour la présidence de la Commission Européenne. La société civile pourrait accentuer la pression dans cette direction…

Pour préparer 2014, il faut commencer tout de suite avec la société civile autour du double objectif de sortir de l’austérité et d’enclencher une dynamique de propositions dont le point de chute serait le Parlement européen. Ce sont les membres du Parlement européen qui doivent porter cette alternative, et pour l’instant ils dorment. Il faut les réveiller ! Ils doivent encadrer le débat avec la société civile.

Cessons de nous lamenter ! Tout le monde n’est pas eurosceptique !

Mais, une solution portée par une majorité alternative en Europe sera nulle et non avenue si elle se limite aux seules questions institutionnelles sans proposer  de changer aussi les politiques européennes. L’enjeux n’est donc pas forcément la question de nouveaux pouvoirs.

La ligne de front, c’est la réouverture des réformes de l’Union, et nous ne pouvons pas accepter que cette question reste  le monopole des Etats Membres.

La distinction Union économique / Union démocratique n’est pas tenable. Nous ne pouvons pas poser la question de l’ouverture d’une Convention sans discuter de politique extérieure, des droits fondamentaux et du budget.

Rencontre avec Henri Lastenouse, le 16 juillet 2012 à Bruxelles

Texte A.Colin & H.Lastenouse

 

 

 

 

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Les problèmes soulevés par Madame Frassoni valent la peine d’en discuter, car en grande partie c’est les réponses adoptées qui conditionneront l’avenir de l’Europe que je ne peux concevoir que fédérale.
    Mais il ne faut pas croire que la question se résume à celle de « l’état providence », qui n’était de providence que pour une certaine couche de la population. Le mal est bien plus profond que cela et ses racines sont à chercher dans notre culture hédoniste, du triomphe de l’individu sur la personne libre et responsable. De la priorité des avoirs sur l’être, mais qui veut aujourd’hui admettre honnêtement que nous sommes en face d’une crise de civilisation ?
    Je suis persuadé que la crise actuelle n’est que le sommet de l’iceberg qu’ils s’agisse des crises politiques de la Hongrie, comme de la Roumanie et bien d’autres nouveaux membres qui n’aspirèrent a être membre de l’Union que pour participer au plus vite à la société de consommation à crédit. Depuis les années 50 nous vivons tous à crédit, d’où le problème de l’endettement et la crise financière.
    Mais nous vivons également à crédit au niveau des ressources naturelles et cet surendettement sera bien pire que la crise financière. Si nous ne pouvons pas faire face à cette dernière que ferons-nous au moment où le système écologique commencera à s’effondrer ? A la vitesse ou vont les choses c’est pour demain.
    Voilà la question de fond, la société civile est tout aussi incapable, et repose elle aussi sur des intérêt et égoïsmes individuels et ressemble étrangement aux partis, de résoudre sans admettre et surtout sans le dire que l’avenir de l’humanité tient à la conversion de l’individu en personne acceptant librement les limites imposées par l’écosystème.
    L’idée comme la civilisation européenne a dérapé car l’économie a pris le dessus sur l’idéal et la bureaucratie sur l’homme. Nous devons tout reprendre depuis l’éducation et la formation, de la base des petites communautés jusqu’à l’échelle planétaire.

  • Monica Damian Eyrignoux

    Bonjour
    Je vous ai vu dans une émission à la Tv , sur la radioactivité et je me permette de vous poser un question:
    « tous les produits BIO qui sont apparus sur le marche sont-ils controlés pour leur radioactivité? »
    Avec toute mon estime
    Monica Eyrignoux
    6 rue des Pinsons
    40530 LABENNE
    France

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