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Oui au candidat de l’Erasmus Euromed ! Sauvons l’Europe appelle à voter François Hollande le 6 mai 2012

Nous vivons une élection présidentielle singulière. L’Europe est en général un sujet technique, remisé dans un coin poussiéreux après que les candidats eurent été forcés de l’évoquer. Pas cette fois-ci. L’Euro montre des lézardes inquiétantes qui jettent les pro-européens front contre front sur les moyens du redressement et contraignent à des pas de clercs ceux qui promettaient avec impétuosité le retour au Franc. Surtout, nos désaccords franco-français traversent toute l’Europe. Que Nicolas Sarkozy cherche le soutien d’Angela Merkel et des autres conservateurs européens, que François Hollande de son côté mobilise les dirigeants sociaux-démocrates, c’est la confirmation de la naissance de l’Europe politique.

Le futur rapport de force entre les progressistes et les conservateurs au sein du Conseil européen, actuellement largement déséquilibré en faveur de ces derniers, engage tout le monde. Les équilibres de négociations du fonctionnement de l’Europe évolueront cependant en partie en fonction du nom du prochain président de la République.

Venu le second tour de l’élection présidentielle, il est de notre responsabilité de soutenir clairement l’un des deux candidats finalistes. Les partisans de l’Europe ne peuvent refuser de s’engager sur le noble champ de bataille démocratique, laissant les seuls nationalistes et eurosceptiques choisir leur camp, faisant semblant d’ignorer que l’austérité aveugle prônée par certains est aussi une offensive contre les idéaux européens de solidarité et de rapprochement des peuples.

Nicolas Sarkozy a un bilan en matière européenne. Il n’a vu dans l’Union européenne qu’un territoire plus vaste à présider, ou à co-présider avec l’Allemagne, méprisant ainsi les 25 autres États membres, le Parlement européen et même la pourtant peu rebelle Commission européenne. Il a certes promis la fin des paradis fiscaux et la régulation de la finance, mais il a consenti au carcan triste de la règle d’or, oubliant que depuis 10 ans au pouvoir, la droite française n’avait pas mis beaucoup d’entrain à respecter les critères de Maastricht. Prenant les rênes d’un rapprochement nécessaire avec le sud de la Méditerranée, il n’a pourtant rien fait pour en faire un espace de démocratie, de respect des droits de l’homme et de prospérité économique. Arc-bouté sur le refus des étrangers venus de l’autre rive, il s’en est rapidement pris aux citoyens européens avec les Roms hier, puis aujourd’hui en proposant de remettre de sympathiques douaniers aux frontières gauloises pour lutter contre les invasions barbares.

Si ses propositions ne sont peut-être pas aussi fortes et précises que nous l’espérions, nous nous reconnaissons cependant dans la vision de l’Europe développée par François Hollande, dans son engagement de renégocier le traité de stabilité, de défendre une perspective de croissance, dans sa mobilisation de nouveaux instruments comme des euro-bonds et d’un budget européen renforcé, dans sa défense d’une logique démocratique face au ballet des diplomates et des experts élevés en batterie. Nous nous félicitons surtout de sa reprise de notre proposition d’un Erasmus euroméditerranéen, combat que nous avions victorieusement porté au Parlement européen, notamment grâce aux eurodéputés Vincent Peillon et Françoise Castex. Nous notons enfin sa volonté de mettre l’Europe au service de la jeunesse, en suscitant une nouvelle dynamique comme nous le réclamons avec notre campagne « Qui va payer ? ».

Nous soutenons François Hollande car il est aujourd’hui le candidat capable de rassembler les progressistes et les pro-européens, mais ce soutien se veut aussi attentif. Passée le temps des élections, la crise économique, sociale et générationnelle ne se réglera que dans l’action résolue, dans des compromis difficiles, dans des décisions courageuses. Sauvons l’Europe, ainsi que tous nos partenaires de « Qui va payer ? », seront présents demain pour y veiller.

Le changement en France et en Europe, c’est maintenant !

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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