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Réagir face à Barroso : supprimer ses droits à pension

La nomination de Barroso en tant que vice-président non exécutif de Goldman Sachs, dans le contexte actuel de la finance européenne, choque beaucoup. Nous estimons nécessaire de marquer que de tels comportements sont contraires à l’éthique qui doit guider les responsables politiques et doivent conduire à des sanctions. Aussi, nous avons saisis plusieurs députés européens du projet de déclaration écrite suivant, pour une saisine de la Cour de justice et la déchéance de ses avantages financiers européens.

 

Déclaration écrite sur la mise en œuvre de l’article 245 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne à l’encontre de la prise d’activité de M. José Manuel Barroso au sein de la banque Goldman Sachs

Le Parlement européen,

– vu l’article 123 de son règlement,

A. considérant que l’Union Européenne se doit de présenter des standards de transparence et d’éthique de haut niveau,

B. considérant que les membres de la Commission, au cours et à l’issue de leurs fonctions, sont tenus de se conduire avec honnêteté et délicatesse,

C. considérant que la prise d’activités postérieure à des fonctions au sein du collège des commissaires fait à juste titre l’objet d’un contrôle, afin de pouvoir à la fois limiter les risques de conflit d’intérêts et répondre publiquement de l’honnêteté des commissaires dans la conduite de leurs missions ,

D. considérant que le Code de conduite impose des règles utiles en la matière, mais qui ne sauraient par elles-mêmes épuiser les obligations d’honnêteté et de délicatesse qui incombent à un membre de la Commission et que des cas exceptionnels peuvent requérir un examen particulier,

E. considérant que l’article 245 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne prévoit que la Cour de justice est compétente pour estimer, au delà des règles posées par le Code de conduite, si un Commissaire enfreint ses devoirs d’honnêteté et de délicatesse,

F. considérant que M. José Manuel Barroso a annoncé rejoindre la banque Goldman Sachs en qualité de Président non exécutif,

G. considérant que la banque Goldman Sachs est un acteur majeur du secteur financier européen, que M. José Manuel Barroso s’est en tant que Président de la Commission fortement investi dans la réforme de la régulation du secteur financier européen,

H. considérant que cette situation est de nature à créer des interrogations sur l’action passée de la Commission dans le secteur des services financiers, qu’en outre M. José Manuel Barroso conserve personnellement une influence certaine auprès des institutions européennes dont il ne semble pas adéquat qu’un acteur privé de cette importance puisse bénéficier, en particulier dans le contexte exceptionnel des incertitudes entourant la place financière de Londres ;

1. appelle M. Jose Manuel Barroso à renoncer à cette activité ;

2. considère dans le cas contraire qu’il appartient à la Cour de justice d’apprécier si les activités de M. José Manuel Barroso auprès de la banque Goldman Sachs constituent une violation de ses devoirs d’honnêteté et de délicatesse et le cas échéant de déterminer les conséquences qui doivent en découler au regard de ses droits à pension ou d’autres avantages en tenant lieu ;

3. demande à la Commission et au Conseil de saisir la Cour de justice de cette situation conformément à l’article 245 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne ;

4. demande à la Commission d’apporter un soin particulier au suivi des activités de M. José Manuel Barroso au bénéfice de la banque Goldman Sachs dans ses relations avec les institutions européennes ;

5. demande à la Commission de réaliser d’ici à fin 2017 un rapport public sur les activités des membres de la Commission à l’issue de leurs mandats et sur l’adéquation des règles actuelles du Code de conduite au regard des situations relevées ;

6. charge son Président de transmettre la présente déclaration, accompagnée du nom des signataires, à la Commission, au Conseil, aux États membres de l’Union européenne et à leurs parlements.

À propos Sauvons lEurope

Sauvons l’Europe, association pro-européenne et progressiste qui s’engage pour une Europe démocratique et solidaire
  • Jean-bernard koechlin

    Oui, c’est bien.
    Il faut envoyer ce projet à l’ensemble des députés européens.

  • Claude DERHAN

    Supprimer son argent de poche à cet aspirant agioteur ? J’ai l’impression que ça doit le faire rigoler. Non, cette bataille-là elle est perdue, on peut lui faire confiance pour s’être blindé de garanties juridiques. Au-delà de ce combat d’arrière-garde, ce qu’il faut maintenant c’est adapter le Code de Conduite pour l’avenir (votre point n° 5). Un délai de latence de dix-huit mois, par exemple, c’est peut-être léger. En tout cas l’image de l’Europe – ce qu’il en restait – vient de subir une fichue déchirure.

    • André Landesman

      Il est quand même très important que le Parlement Européen, chambre démocratiquement élue, réagisse au pantouflage de Barroso, alors que la Commission semble aux abonnés absents et que le Conseil qui fonctionne en toute opacité intergouvernementale n’est pas fiable.

  • lombard- cremieux

    FULL WSUPPORT !

  • Danielle Dinis Foucaut

    Essayons quand même… faisons du bruit autour de ça… qu’il sente un peu la honte le frôler. Ce type est indigne, et le montrer du doigt est un devoir!

  • Jlcatalan

    Barroso ne connait pas le mot honte
    A fortiori son sens
    Tout son passé le démontre
    Merci Sarkozy, merci Merkel, qui avez choisi ce gros nul malhonnête pour que la Commission ne vous fasse pas d’ombre.
    Pour Merkel on ne peut rien.
    Pour Sarkozy ne votez pas pour lui, la honte de Barroso lui revient.

  • Pierre Guiard

    Il ne faut pas rêver, la contrat est tellement flou qu’il y a rien a faire sauf si les politiques qui se disent choqués par ce triste personnage, lui claquent la porte au nez, le rendant inutile a ses escrocs d’employeurs.
    Mis la aussi il ne faut pas rêver, le politiques n’ont pas de figure, pour la grande majorité d’entre eux, surtout si il y a beaucoup d’argent a la clef

  • Eric

    L’ombre de Goldman Sachs n’est pas nouvelle dans les affaires politiques nationales et européennes. N’oublions pas que cette banque place ses pions un peu partout en vue de contrôler les marchés et les décisions des pays et de l’UE. Barroso n’est qu’un pion de plus, sauf que cette fois-ci la collusion est criante et amène à réagir. Question : est-ce que la réaction n’est pas un peu tardive ? n’est-elle pas un peu trop convenue face à l’énormité de la situation, alors qu’il aurait fallu dénoncer et contrer Goldman Sachs depuis des années ? Pourquoi n’avoir rien dit, et rien fait, quand au cours des crises financières de 2008-2009, il a été établi que Goldman Sachs était responsable d’au moins 250000 chômeurs de plus en Europe ?
    Le libéralisme effréné est destructeur et suicidaire … ce que 3 économistes du Fmi viennent – enfin ! – de constater.
    Condamner Barroso est une chose, mais contrer Goldman Sachs dans sa volonté de domination et de contrôle de l’Europe en est une autre. Nos politiques auront-ils le courage, loin de leurs petits intérêts personnels, de monter au créneau ?

  • palomby

    C’est quand l’élection au suffrage universel ? Europe de nuls et traitres trop payes…

  • JP Roro

    le problème ce n’est pas que Barroso aille chez Goldman Sachs, non, mais c’est l’illustration de la collusion entre ceux qui sont censés se soucier de l’intérêt pubmic et le monde de la finance et des malti nationales car des Barroso il y en a beaucoup

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