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Tous les Etats membres de l’Europe doivent respecter les droit fondamentaux

Dans l’Union européenne, l’Etat de droit est la règle. La respecter doit être la pratique par tous et pour tous.

Le bras de fer entre la Pologne, mais aussi la Hongrie  sur le même sujet, et la Commission européenne se poursuit. Le respect des traités, de tous les traités est un des rôles de la Commission européenne et dans ces traités sont inclus, depuis celui de Lisbonne en 2007, la charte des droits fondamentaux pour laquelle de nombreuses manifestations se sont déroulées pour qu’il en soit ainsi.

Il n’y a pas de négociation possible. Les libertés d’information, de circulation, d’organisation ne se discutent pas. Que les dirigeants polonais se souviennent d’où vient ce beau et grand pays, ce qu’il est aujourd’hui provient pour l’essentiel de combats pour les libertés qui ont été menés par les Polonais eux-mêmes dès l’été 1980, avec la solidarité des sociétés civiles organisées de la plupart des Etats membres de l’époque.

Malgré le véto présidentiel polonais à propos de la loi de la réforme de la justice, la Commission européenne maintient sa pression et a engagé le processus prévu par l’article 7 du traité.

C’est une première !! Mais qu’il n’est pas évident de faire aboutir jusqu’au bout. C’est un avertissement solennel pour la Pologne.

Vous pouvez vous référer à un excellent article d’Alain Dauvergne – Conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors.

Et maintenant…

La Pologne dispose à présent de trois mois pour adopter les recommandations de la Commission européenne, qui comprennent la modification ou le retrait des réformes judiciaires controversées. Varsovie doit également « s’abstenir d’actes et de déclarations publiques susceptibles de saper davantage encore la légitimité du pouvoir judiciaire ».

En réponse à la Commission européenne, le nouveau Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclaré « La Pologne est aussi attachée à l’état de droit que l’Union Européenne. La réforme du système judiciaire polonais est nécessaire. Le dialogue entre Varsovie et la Commission européenne doit être ouvert et honnête ». Chiche !!

Le ministère des Affaires étrangères polonais a publié une communication. « Nous voulons continuer à réformer notre système judiciaire. Nous le devons à nos électeurs, ce sont des attentes sociales. Nous sommes ouverts à un débat social et politique sur cette réforme importante, et nous attendons de nos partenaires européens une évaluation complète, objective et une meilleure compréhension. »

Il est prématuré de savoir quels Etats membres soutiendront la Pologne au sein du Conseil de l’Union européenne. L’application de l’article 7, en fin de processus, requiert l’adoption à l’unanimité, et la Hongrie a déjà fait savoir qu’elle opposera son veto à la procédure conforme à l’article 7 des traités… Parmi les autres alliés de la Pologne figurent la République tchèque et la Slovaquie, ce qui rendra l’adoption des sanctions très difficiles, voire impraticables

Les droits des citoyens européens et la garantie du respect des libertés méritent la vigilance et la mobilisation de toutes et de tous. Reprenons les combats des libertés qui ont permis à la Pologne d’acquérir des droits fondamentaux, il y a 37 ans de cela…

 

À propos Jean-Pierre Bobichon

Jean-Pierre est membre fondateur de Sauvons l’Europe
  • Jean-Pierre Grillo

    il y a urgence à réformer les institutions pour que TOUS les votes se fassent à la majorité qualifiée!

  • BELTRAME

    je vous remercie de votre travail inlassable d’information vigilante .
    Concernant la violation de l’Etat de Droit, n’en va–il pas de même pour la Hongrie, les exemples ne manquent pas. les violations des Etats démocratiques sont même antérieures. Ne peut-on pas poursuivre les 2 Etats .? Il n’y aurait plus de problème d’unanimité !

  • Raphaël 78

    La première phrase est une belle incantation avant la suite du texte qui est un aveu d’impuissance dans le cadre européen actuel.
    Aucune solution n’est visible au bout du chemin, les valeurs démocratiques ne suffisent plus à convaincre dans certains pays face au nationalisme sous couvert de souveraineté.
    Des solutions sont toutefois évoquées depuis plusieurs années : conditionner les aides européennes au respect des valeurs de l’Union (ce qui parait dans un premier temps le plus simple à mettre en œuvre) ou réformer les institutions, soit pour que tous les votes se fassent à une majorité qualifiée, soit passer à une Europe à deux vitesses.
    Ce sont des changements fondamentaux, mais moins difficiles que le séisme du Brexit.
    Le regain d’intérêt actuel d’une majorité des peuples pour l’Europe est une opportunité qui ne reviendra peut-être plus de sitôt.

  • HUBIERE Daniel

    Daniel HUBIERE, 70 ans

    il est plus que temps que l’Europe réagisse. Ceux qui ne voient en elle qu’un tiroir caisse dans lequel il est confortable de puiser tout en rejetant leurs manquement sur elle n’ont qu’à faire comme les Anglais. ce qui se passe actuellement en Angleterre les fera peut être réfléchir. il est grand temps d’abandonner la règle de l’unanimité qui ne conduit qu’à la paralysie, et dont profitent des gens peu recommandables comme Orban en Hongrie, ou les ultra conservateurs polonais. Rappelons que l’Europe est d’abord une communauté de valeurs, avant d’être un espace économique.

  • jlcatalan

    tous ces commentaires sont pertinents
    l’UE a des règles qui ne sont pas obérées par le vote unanime
    appliquons-les!

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