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Violences européennes : le premier mort français

 

Un vent mauvais balaye aujourd’hui l’Europe. Déchu de son emprise sur le monde, paralysé par ses institutions dysfonctionnelles et incapable de s’échapper de la crise économique, le continent ne voit plus d’avenir vers lequel se projeter. Ce déclassement nourrit l’abstention et les réactions extrémistes, les partis populistes de droite réunissant à présent environ un cinquième des votants dans plusieurs pays.

Et la gangrène prend de nombreux membres. Ce qui n’était qu’un mécontentement et une défiance devient un rejet, un discours violent Puis viennent les actes.

En Grèce, un parti neo-nazi et des milices d’extrême-droite ont conduit de nombreuses agressions sur les migrants, les demandeurs d’asile et les homosexuels. Puis sont venues les morts, de plus en plus nombreuses. En Hongrie, un parti d’extrême-droite et sa milice ont désigné le Rom comme l’ennemi public avec la complicité de la droite conservatrice. S’y sont ajouté les agressions contre les roms, homosexuels et les juifs. Puis les morts. En France le débat démocratique s’est organisé depuis ces dernières années autour de la question de l’identité nationale puis du mariage pour tous. Les agressions sont devenues de plus en plus nombreuses contre les musulmans et les juifs d’abord, puis contre les homosexuels. Et hier un homme est mort.

Qui peut sérieusement parler d’un acte isolé ? Les violences physiques sont devenues fréquentes et ce n’était qu’une question de temps avant que l’une d’entre elle se solde par un mort.

Qui peut sérieusement prétendre qu’un large spectre du monde politique n’a pas soufflé sur les brandons ? A retrancher de la nation une partie de ses enfants, renvoyés à l’Etranger ou au Monstre, à répéter en boucle l’illégitimité du gouvernement démocratiquement élu, à parler de dictature, à prophétiser le sang qui coule, on autorise tous les fantasmes à prendre corps. Les discours de violence, de chaque bord, finissent par se rencontrer, par se féconder.

L’Europe de la paix est une vieille blague poussiéreuse, une tarte à la crème périmée. Nous y sommes pourtant. La démarche communautaire est née de la guerre, de la barbarie, mais aussi de la crise des années 30 qui fut autant morale qu’économique. Avant de mettre en commun l’acier et le charbon, les Européens se sont dotés d’une convention européenne des droits de l’homme et d’une Cour pour les faire respecter. L’Europe est le fruit d’un idéal d’humanisme. Ce n’est pas un hasard si elle est combattue par tous les extrêmistes.

C’est cette inspiration qu’il nous faut retrouver. Au plan moral, la défense des libertés publiques, la protection des faibles, la construction d’un bien commun qui n’exclue personne doivent être notre boussole. Au plan matériel, l’Europe doit sortir de son incapacité politique. Elle doit se doter d’un gouvernement démocratique, qui lui permette d’agir et d’être légitime pour mener d’ambitieuses politiques. Nous sommes le seul ensemble du monde développé encalminé dans la crise, précisément parce que nous avons neutralisé entre nous les mécanismes de marché monétaires sans construire de mécanismes politiques pour les remplacer. Cette impuissance collective est une source majeure de notre détresse sociale et morale, et libère la voie à tous les errements. En tant qu’Européens, il est de notre devoir de nous y opposer fermement.

 

 

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
  • Christian

    Tout à fait d’accord.

    Il est grand temps que le parti socialiste se réunifie autour de l’idée d’une Union politique Européenne Fédérale.

    C’est en effet la seule voie pour lutter efficacement contre les tentations d’isolationnisme des états.

    C’est aussi la seule voie pour protéger les citoyens européens contre le capitalisme apatride et incontrôlable.

    C’est enfin la seule solution pour protéger le modèle de protection sociale européen contre les dumpings sociaux et environnementaux venus de Chine ou des USA.

  • denis

    Je recommande la lecture de l’ouvrage « Debout L’Europe » de Cohn-Bendit et Verhofstadt aux éditions André Versaille
    Bonne lecture

  • Dans quel pays d’Europe existe t-il ce modèle idéal ?
    « Posséder la vérité ne fait que perturber le déploiement de toutes les virtualités humaines, entrave la tolérance qu’exige ce développement, détourne le regard du seul objet qu’il doit prendre en compte : l’Homme. »
    H. Arendt. 1930

  • mceau

    Ah bon
    Quand est ce que notre présidence reprend la main Dr sa propreté famille ?
    Les dérapages, coup d état permanent existe depuis l ère Mitterrand n a t il pas dit après dieu. Il y avait lui @ l origine.E vous étonné vous même.
    Même des élites finissent par préférer leur maladies. Devant celles des enfants. La mucoviscidose, bien malheureuse pour ceux qui la vive au sein d une famille est laisser pour compte.
    Mais cela est un autre sujet dont nous verrons les effets dévastateurs bien trop tard après un énième rapport, ou copie bien rémunérer.
    À quand une loi européenne Sun suite la…
    Le sang contaminé, scandale voulue _
    Ne tentons pas de reproduire un second événement. Force de proposition, oui. Implication modéré.laissez proposer, il est plus que temps que les institutions jouent le rôle qu elle n aurait jamais dû quitter.

  • Bonjour :

    En politique en récolte toujours ce que l’on sème . La crise qui frappe l’Europe n’est pas seulement économique , elle est d’abord politique .L’Europe paie au prix fort le manque de lucidité , de courage , de volonté de ses dirigeants depuis des dizaines d’années . Les discours , les incantations n’y changeront rien . En politique seule compte la volonté .

  • HUBIERE Daniel

    L’Europe fédérale existe! C’est celle de la haine, haine contre les roms, les homos, les étrangers, que sais-je encore? Elle possède quelques idéologues solides, comme l’Eglise catholique, qui font flèche de tout bois dès qu’il s’agit d’exclure, de condamner, de contester la légitimité de la démocratie quand elle ne donne pas les résultats qu’ils désirent. par définition, ils possèdent la Vérité, supérieure à toute autre considération, et n’hésitent pas à dire tout et son contraire. En France, l’Eglise catholique demande un débat démocratique sur le mariage pour tous (il a eu lieu, mais elle ne veut pas le voir), et le refuse en son sein. Bilan : elle se comporte comme les extrémistes islamistes, qui n’acceptent la démocratie que lorsqu’elle va dans leur sens. Sinon, c’est « la loi de Dieu » qui doit s’appliquer. Jusqu’au meurtre! Mais ne leur dites pas qu’ils sont responsables de la montée de l’extrême droite : ils le savent parfaitement, et ne sont pas gênés pour autant. En la circonstance, ce n’est pas Mai 68 à l’envers qu’ils font, mais 1984 à l’endroit.

  • Olivier

    Je trouve très discutable de dire que l’Union européenne serait paralysée ou sans perspective d’avenir dès que l’on n’aime pas ce qui s’y passe. Il ne s’agit bien sûr pas de légitimer la violence d’extrême droite mais reconnaissons que le modèle conservateur et unitaire que nous avons en Europe actuellement (surtout en Europe catholique) représente une modalité d’unification européenne. Et bienvenue à nos concitoyens croates au 1er juillet.

  • Deprez-Audebert

    Hollande est actuellement une des chefs d’état les plus européens. IL a une carte à jouer en créant les conditions d’un meilleur climat et manifestant plus fort sa volonté . Cela passera par le choix des hommes …autant que les modifications des institutions.

    Tant que de vrais leaders européens ( tels Verhofstadt et Cohn-Bendit) ne pourront entraîner et impulser une politique européenne, l’Europe végétera.

  • stan

    Les anars grecs posent des bombes. Ne vous laissez pas influencer par l’extrême gauche: staline hodja kmer rouge, action directe… On n’a rien à voir avec ça ,ni avec sud cnt et autres antidémocrates

  • Yannis Chryssoverghis

    Je crains qu’il soit déjà trôp tard pour sauver l’Europe, telle qu’elle a été conçue aux années ’50.
    Le mouvement pour une Europe fédérale n’est que marginale dans toute l’Europe et, ce qui est pire, les peuples de l’Europe n’en veulent pas entendre parler.
    C’est identique avec l’absence d’audience qu’ont eu les appels de ceux qui voulaient reformer et dùemocratiser les régimes communistes dans les années ’80 en Europe orientale.
    On sait ce qui c’est passé. Ces gens là ont eu beau avoir plus ou moins raison (de toute façon ils étaient bien plus raisonables que tous les autres) ils n’ont pas pu être entendus par la population. L’initiative de Daniel Cohn Bedit et de Guy Verhofstadt est arrivée trôp tard à mon avis pour être enetendue. je souhaîte avoir tout à fait tort.

  • pépin

    Votre Europe vous l’avez déjà en face de vous…
    Regardez vers l’horizon.
    Les USA.
    Du chômage. Du capitaliste.De la misère.
    Cette UE on vous la laisse.
    Vous paierez le prix fort pour avoir voulu l’imposer aux humbles.

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