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Barón Crespo : « Pour une alternative progressiste face à l’hégémonie conservatrice et néolibérale »

 

Enrique Baron Crespo est candidat à la Présidence du Parti Socialiste européen face au sortant Sergei Stanishev. Ancien Président du Parlement européen et du groupe socialiste européen, il nous accord un entretien pour nous exposer les raisons de sa campagne.

 

Vous avez été président du Parlement européen il y a quinze ans. Comment voyez-vous l’évolution du système politique de l’Union européenne ? La démocratisation est-elle sensible ?

Ma Présidence a duré de 1989 à 1992. Elle a commencé en tant que Communauté Européenne et a fini avec la naissance de l’Union Européenne avec le Traité de Maastricht. Le Parlement Européen a réussi à introduire la citoyenneté européenne à côté de la monnaie unique, la codécision, un mandat de cinq ans pour la Commission avec la participation du Parlement dans l’investiture du Président et la reconnaissance des Partis politiques européens.

Après quatre traités et deux conventions, la citoyenneté et la monnaie existent, la codécision est la règle, les partis européens sont nés. Enfin les élections européennes de 2014 ont établi un lien direct entre le vote citoyen et l’investiture du Président de la Commission. Ce n’est parfait mais ce n’est pas négligeable. Les démocraties ont l’avantage qu’elles sont toujours imparfaites.

 

Vous êtes candidat à la présidence du Parti socialiste européen. Comment souhaitez-vous le rendre audible et visible ?

Je me suis présenté avec un programme de 10 engagements pour réussir à construire un PSE qui fasse la connexion avec une majorité progressiste. Une convention pour le programme et l’élection ouverte du candidat ou candidate en sont des points essentiels.

 

Aujourd’hui les militants adhèrent au parti socialiste ou social-démocrate de leur pays et ce sont ces partis nationaux qui sont membres du PSE. Ne faudrait-il pas faire du PSE le parti d’adhésion des socialistes européens, les partis nationaux devenant des sections nationales du PSE, afin d’européaniser vraiment la politique ?

Le PSE a une logique de construction fédérale, mais on n’est pas encore dans les Etats Unis d’Europe. Ceci n’empêche pas l’adhésion et le travail actif de beaucoup de jeunes activistes.

 

Quel est votre premier bilan de la Commission Juncker ?

Le fait d’avoir réussi a imposer le système du Spitzenkandidat est une grande avancée. Elle a un profil plus politique que la précédente. Mais elle doit être plus active sur la relance de l’économie et le social. L’adoption du fonds d’investissement Juncker proposé par Hollande et soutenu par Renzi est un pas en avant, il faut suivre ce chemin.

 

Quel regard portez-vous sur l’état de la gauche européenne ?

Quand l’ambition est de lutter pour l’émancipation de l’humanité on a toujours un regard critique. Mais plutôt que se plaindre, je crois que le moment est venu de se ressaisir et de travailler pour une alternative progressiste à l’hégémonie conservatrice et néolibérale.

 

Partout en Europe, les extrémistes progressent. Quelle est votre analyse de la situation ?

C’est vrai qu’il crient beaucoup plus mais il ne sont pas capables de construire des alternatives. Farage et la famille Le Pen sont installés au Parlement Européen payés par le Budget Européen. Nous devons être capables de montrer les avantages de l’Europe non seulement en termes de paix mais aussi sur le plan de l’économie, de l’emploi et du social.

À propos Arthur

Arthur est vice-président de Sauvons l'Europe, rédacteur en chef du site
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